


{"id":710,"date":"2012-05-15T12:11:00","date_gmt":"2012-05-15T10:11:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=710"},"modified":"2012-05-15T12:11:00","modified_gmt":"2012-05-15T10:11:00","slug":"trans-europa-festival-dhildesheim","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/trans-europa-festival-dhildesheim\/","title":{"rendered":"Trans Europa festival d\u2019Hildesheim"},"content":{"rendered":"<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<em> <strong>Alors que le th\u00e9\u00e2tre universitaire europ\u00e9en n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi dynamique, il faut \u00e9galement faire le constat qu\u2019il n\u2019a pas les moyens d\u2019\u00eatre visible. Le plus souvent cantonn\u00e9 \u00e0 des manifestations qui ne sortent pas des campus, il est partiellement ignor\u00e9. A Hildesheim, les d\u00e9partements de th\u00e9\u00e2tre et de m\u00e9diation semblent vouloir rompre avec cet \u00e9tat de fait et investissent la ville devenue le lieu de rendez-vous de formations universitaires europ\u00e9ennes\u2026 Lituaniens, portugais, islandais (allemands, autrichiens)\u2026 Performances et projets trouvent \u00e0 se manifester dans diff\u00e9rents endroits de la ville de Basse-Saxe. Tout y est organis\u00e9 par les \u00e9tudiants soutenus par diff\u00e9rents partenaires et notamment l\u2019universit\u00e9.<\/strong> <\/em><br \/>\nC\u2019est autour de l\u2019Hauptbanhof (la gare) que se concentre une mosa\u00efque de lieux (La Fabrik) et de foyers (Theater haus) o\u00f9 se produisent les \u00e9v\u00e9nements. Le quartier g\u00e9n\u00e9ral (Festival Zentrum) : une ancienne friche industrielle reconvertie, a \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9 de longue date. Dehors une multitude de v\u00e9los indiquent la pr\u00e9sence massive d\u2019\u00e9tudiants qui circulent d\u2019un point \u00e0 un autre. Dedans, un zinc entour\u00e9 de plantes vertes vivotte dans la proximit\u00e9 des banquettes de r\u00e9cup. La musique y est forte, plut\u00f4t electro ou lointainement alternative. A tous les \u00e9tages (le b\u00e2timent en compte 5), il se passe quelque chose qui n\u2019a plus rien \u00e0 voir avec l\u2019\u00e9conomie du spectacle et tout \u00e0 voir avec une rupture de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9. Ici, une \u0153uvre plastique en mutation perp\u00e9tuelle voisine avec une pi\u00e8ce insalubre. Un peu plus loin des \u00e9tudiants d\u00e9coupent, poncent, assemblent\u2026 En bas, parmi les fils \u00e9lectriques et les pilones, une salle de conf\u00e9rence prend forme \u00e0 mesure que les chaises sont dispos\u00e9es et que la sono est mise en place. On y parlera tout \u00e0 l\u2019heure des projets \u00e9tudiants : ceux qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s, ceux qui sont en passe de l\u2019\u00eatre, ceux qui nourrissent les esprits d\u2019une communaut\u00e9 qu\u2019aucune contrainte ne semble pouvoir dissuader.<br \/>\nCe jour-l\u00e0, au dernier \u00e9tage, un groupe d\u2019une centaine de jeunes gens est assembl\u00e9 dans une grande salle toute blanche. Au mur des tentures, et des guirlandes confectionn\u00e9es \u00ab en interne \u00bb, au milieu des tables napp\u00e9es. Les petits g\u00e2teaux sont faits maison, le caf\u00e9 a \u00e9t\u00e9 achet\u00e9 aupr\u00e8s des commerces \u00e9quitables, les petites serviettes de table sont rouges et vertes. Chaque table est orn\u00e9e de pots de r\u00e9cup\u00e9ration o\u00f9 poussent quelques brins verts prometteurs. Et \u00e0 chaque table, un \u00e9tudiant qui ma\u00eetrise la langue d\u2019une des formations invit\u00e9es traduit pour les autres. Une communaut\u00e9 est l\u00e0 qui s\u2019est form\u00e9e qu\u2019aucune fronti\u00e8re, m\u00eame linguistique, ne peut mettre en \u00e9chec. C\u2019est leur force. Ou, disons autrement que ceux qui pensent la force comme une qualit\u00e9, c\u2019est une utopie r\u00e9alis\u00e9e. S\u2019il est une force (n\u2019abandonnons rien \u00e0 ceux qui d\u00e9forment la pens\u00e9e), c\u2019est celle qui donne \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 sa chance, celle qui entretient le r\u00eave quand il est un horizon qu\u2019il faut rejoindre.<br \/>\nIci, dans cette grande salle blanche, on est au lieu m\u00eame d\u2019un espace qui s\u2019est tourn\u00e9 vers l\u2019avenir \u00e0 construire, plus seulement un pass\u00e9 qu\u2019il faudrait faire primer. A l\u2019image des \u0153uvres dont ils parlent et qu\u2019ils fabriquent, des \u0153uvres de maintenant et de demain. Et pas un ne pr\u00e9tendra que celles-ci sont mieux, ou moins bien. Il y a longtemps qu\u2019ils ont abandonn\u00e9 l\u2019excellence au cercle des \u00ab initi\u00e9s \u00bb. Leur propos est autre\u2026 Ils cherchent, ils proposent, ils tentent\u2026 Ils essaient autrement. \u00ab Autrement \u00bb est sans doute le mot qui, ici, est devenu essentiel et qui les guide dans une aventure sans limites.<br \/>\nCe jour-l\u00e0, au cinqui\u00e8me \u00e9tage de cette friche, \u00e0 l\u2019angle de la Marheineke et de la Warmuthstrass, \u00e0 chaque table ensoleil\u00e9e, on parle du \u00ab festival \u00bb. Comprenons bien, on interroge la notion, la pratique, l\u2019id\u00e9e que l\u2019on peut se faire du festival. Et chaque \u00e9tudiant qui prend la parole, chaque question, chaque point de vue proc\u00e8dent d\u2019un espace dialectique en construction o\u00f9 la pens\u00e9e, plus que la d\u00e9finition, est le seul mouvement des mots qui s\u2019\u00e9changent.<br \/>\nA suivre le propos d\u2019Haiko Pfost et Anne Schutz (autrichiens) qui ont mont\u00e9 le festival Camp-Show-Steiermark, abrit\u00e9 par celui de Gratz ; ou le t\u00e9moignage de Laura Raber et Dorothee Halbrock qui ont d\u00e9velopp\u00e9 le Kunstcamp MS Dockville \u00e0 Hambourg, etc\u2026 on entend qu\u2019il y a dans l\u2019id\u00e9e de faire un festival ou de s\u2019agr\u00e9ger \u00e0 un festival existant, une autre id\u00e9e, une autre approche bien loin de celle que privil\u00e9gient les offices de tourismes et les stations estivales. Une id\u00e9e bien diff\u00e9rente de celle qui proc\u00e8de de l\u2019accueil et de la diffusion, de la saturation et de l\u2019\u00e9v\u00e9nement.<br \/>\nAlors se dessine autre chose dans ce questionnement et \u00e0 les entendre, on comprend ou on se rappelle ce que pourrait \u00eatre un festival :<br \/>\n            &#8212; Un lieu de rencontres ou disons un art de la rencontre comme lorsqu\u2019Haiko et Anne raconte la mani\u00e8re dont ils ont fait partir des dizaines de caravanes m\u00e9tamorphos\u00e9es \u00e0 travers le pays pour rencontrer les gens ; avant de revenir avec des histoires et de s\u2019installer \u00e0 Gratz pour le festival.<br \/>\n            &#8212; Un lieu de de pens\u00e9es o\u00f9 la question, entre autres, des modes de travail et des pratiques artistiques n\u2019est rien moins qu\u2019un enjeu qui proc\u00e8de d\u2019une mani\u00e8re de vivre ensemble.<br \/>\n<br \/>&mdash;&nbsp;Un lieu d\u2019utopies o\u00f9 commencer \u00e0 faire autrement implique d\u2019avoir la m\u00e9moire de \u00ab comment c\u2019\u00e9tait avant \u00bb.<br \/>\nTransfestival, c\u2019\u00e9tait un moment, dans le temps quotidien, o\u00f9 l\u2019on pouvait imaginer ensemble un autre art de vivre sa vie\u2026<\/p>\n<hr \/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;&#8212;- Alors que le th\u00e9\u00e2tre universitaire europ\u00e9en n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi dynamique, il faut \u00e9galement faire le constat qu\u2019il n\u2019a pas les moyens d\u2019\u00eatre visible. 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