


{"id":718,"date":"2011-11-19T12:34:00","date_gmt":"2011-11-19T11:34:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=718"},"modified":"2011-11-19T12:34:00","modified_gmt":"2011-11-19T11:34:00","slug":"de-leffet-que-ma-fait-leffet-king-kong","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/de-leffet-que-ma-fait-leffet-king-kong\/","title":{"rendered":"De l\u2019effet que m\u2019a fait l\u2019effet KING KONG"},"content":{"rendered":"<p>&#8212;&#8212;<br \/>\n<small><quote><em>\u00ab Tel qu\u2019il est, il me plait Il me fait de l\u2019effet \u2026Et je l\u2019ai- ai- me ! \u00bb<\/em><br \/>\nFr\u00e9hel chanteuse populaire<\/quote><\/small><br \/>\n<strong> <em>La proposition d\u2019Anna Ventura &#8211; danseuse de son \u00e9tat &#8211; et femme notoire, porte bien son titre : quel effet peut vous faire King Kong ? Le mythe, le film, la fable, le po\u00e8me (\u00ab l\u2019homme et la b\u00eate \u00bb version Cocteau)\u2026 \u00ab peau d\u2019\u00e2ne \u00bb version conte populaire ?   J\u2019ai choisi \u2013pour ma part- Fr\u00e9hel  et son c\u00e9l\u00e8bre \u00ab tel qu\u2019il est, il me plait \u2026 Et je l\u2019ai-ai-me! \u00bb<\/em> <\/strong><br \/>\nQue l\u2019homme de Fr\u00e9hel soit comme elle le dit \u00ab un vrai gringalet \u00bb, \u00ab un vrai tordu mal balan\u00e7\u00e9 \u00bb , le contraire d\u2019un \u00ab Apollon \u00ab  son jules \u00bb ne change rien \u00e0 l\u2019affaire\u2026 Elle \u00ab l\u2019ai ai me ! \u00bb. Ainsi en va-t-il du King Kong d\u2019Anna Venturaparfaitement incarn\u00e9 et assum\u00e9 par Jean-Marie Frin. Fr\u00e9helassume quant \u00e0 elle en chantant, Anna tout autant en dansant et je vais vous dire, au final, c\u2019est un enchantement !<br \/>\nIl suffit que personne ne se d\u00e9robe ! Que chacun assume son King Kong ! Que chacun ? Surtout nous, les hommes, que nous assumions ! Comment King Kong nous fait, ME FAIT \u2026Et me d\u00e9fait et  \u00ab\u2026 mon ombre se d\u00e9shabille<br \/>\n<em>Dans les bras semblables des filles<br \/>\nO\u00f9 j\u2019ai cru trouver un pays \u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nFerr\u00e9\/Aragon me rappellent \u00e0 ma r\u00e9alit\u00e9 : \u00ab Est-ce ainsi que les hommes vivent ? \u00bb Monstrueux et joyeux \u00e0 la fois : est-ce ainsi que je vis ?<br \/>\nEt comment faut-il s\u2019y prendre pour qu\u2019enfin l\u2019homme qui a fait l\u2019homme qui se croit l\u2019homme, se reconnaisse pour ce qu\u2019il est : un grand singe qui se veut absolument nanti d\u2019une grosse queue \u2026 \u00e0 laquelle, il a donn\u00e9 le nom savantissime de Phallus (je ne r\u00e9siste pas au \u00ab encore e\u00fbt-il phallus le croire \u00bb si galvaud\u00e9 soit-il!  \u2026variation \u00e9crite et symbolique du totem et\/ou du mat de cocagne.<br \/>\n<em>Une belle \u00e9criture<\/em><br \/>\nElle est bien bonne ! Quelle blague au doigt \u2026 Quelle entourloupe s\u2019est donn\u00e9e l\u00e0 l\u2019humanit\u00e9 ? Anna Ventura avec son \u00ab effet King Kong \u00bb nous ram\u00e8ne gentiment les pieds sur terre \u2026Bien vu pour une danseuse. Mieux que bien vu ! bien dit, bien senti, bien compris, bien \u00e9crit, BIEN DANS\u00c9 !<br \/>\nEnfon\u00e7ons le clou (la pointe) : la danse d\u2019Anna Ventura proc\u00e8de de l\u2019\u00e9criture, d\u00e9menti probant et cinglant (qui fouette le sang)  de la kingkonnerie affich\u00e9e au mental de l\u2019homme. ( tel que le texte historique offert en boucle, le sugg\u00e8re)<br \/>\nEn r\u00e9alit\u00e9 l\u2019homme fait tort \u00e0 King Kong car lui, le grand singe, \u00e0 la rigueur, passerait pour aimable \u2026Quand,  \u00e0 l\u2019\u00e9tage au dessus, l\u2019homme ne l\u2019est pas ! Il faut \u2013descendu du singe \u2013 que l\u2019homme ait la modestie d\u2019y remonter ! En v\u00e9rit\u00e9, je vous le dis : ce n\u2019est pas gagn\u00e9 !<br \/>\nEt c\u2019est pourquoi,Anna Venturas\u2019emploie \u00e0 la t\u00e2che de toutes les mani\u00e8res, en variant autant que possible, les angles de perception et en convoquant tous les sens et toutes les subtilit\u00e9s du langage artistique.<br \/>\nAnna Venturacondense et agence \u00e9criture, plasticit\u00e9, musicalit\u00e9, chor\u00e9graphie et calligraphie ! V\u00e9ritable feu d\u2019artifice s\u00e9miotique. Elle  nous invite \u00e0 l\u2019apprentissage d\u2019une langue nouvelle \u2026le corps s\u2019\u00e9crit, se scripte en une superbe condensation \u00ab calichor\u00e9graphi\u00e9e \u00bb ! Inventaire et joyeux d\u00e9cryptage de propositions multiples concoct\u00e9es comme une ma\u00efeutique socratique. Voici le questionnement : offrez-vous l\u2019intelligence des r\u00e9ponses.<br \/>\nDe l\u2019invention du langage  nous f\u00fbmes ainsi, joyeusement avertis. Comme quoi, il n\u2019est pas \u00e0 d\u00e9sesp\u00e9rer de tout, puisque la danse existe !<br \/>\nFaire acte d\u2019\u00e9criture au motif de la danse, beaucoup de chor\u00e9graphes y pr\u00e9tendent, tr\u00e8s peu y parviennent mais, heureuse consolation, c\u2019est l\u2019intention qui compte !<br \/>\nEntendez qu\u2019Anna Ventura y parvient, et il faut l\u2019en applaudir ; ce qui n\u2019emp\u00eache pas d\u2019appr\u00e9cier de tout autre, qu\u2019il puisse s\u2019y risquer.<br \/>\nEn toutes circonstances, la danse nous \u00e9claire de l\u2019inconnu(e)  qui nous hante. Inconnu(e) dont le sexe reste heureusement ind\u00e9termin\u00e9..<br \/>\n<em>Du corps \u00e0 l\u2019esprit et de l\u2019esprit du corps !<\/em><br \/>\nAller et retour et retour \u00e0 l\u2019envoyeur : de la t\u00eate au corps et du corps \u00e0 la t\u00eate ;l\u2019effet King Kongraconte quelque chose de cet ordre. De l\u2019ordre d\u2019un va-et-vient, d\u2019une t\u00eate d\u2019homme rempli ras la casquette de pr\u00e9jug\u00e9s tenaces, \u00e0 une femme qui emprunte au corps d\u2019avoir de l\u2019esprit \u2026 Qui s\u2019autorise de penser du lieu m\u00eame o\u00f9 l\u2019on aurait  voulu l\u2019enfermer et l\u2019assigner \u00e0 r\u00e9sidence. \u00c0 la femme : le corps (c\u2019est-\u00e0-dire le sexe) l\u2019animalit\u00e9 et \u00e0 l\u2019homme, l\u2019esprit, la conscience et le langage.  La femme serait un trou, un vide, un creux, un manque d\u2019\u00eatre homme ; voire un avatar d\u2019humanit\u00e9 d\u00e9faillante !<br \/>\nOn ne peut pas s\u2019offrir  une ligne de d\u00e9marcation et de partage plus b\u00eate et b\u00eatifiante  th\u00e9oris\u00e9e, historis\u00e9e et hyst\u00e9ris\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 plus soif par les religions dominantes !  Puisqu\u2019il fallait en passer par l\u00e0, nous y sommes pass\u00e9s : reste \u00e0 mettre les pendules \u00e0 l\u2019heure et nous y sommes. Le dominant domine, mais l\u2019avenir appartient au domin\u00e9 \u2026 Deleuze nous a tr\u00e8s bien expliqu\u00e9 cette affaire.<br \/>\nDonc voil\u00e0 que na\u00eet de la stigmatisation mill\u00e9naire des femmes, le langage d\u2019une pens\u00e9e nouvelle et \u2013 \u00e0 mon humble avis- la danse y concourt pour beaucoup ! Voil\u00e0 le grand, beau et pr\u00e9cieux renversement (de montagne) que nous offre Anna Ventura.<br \/>\nIl faut danser avec elle pour se donner une chance de penser autrement.<br \/>\nQuand la femme r\u00e9pond \u00e0 l\u2019homme, d\u2019homme \u00e0 homme, il y a maldonne, encore que \u00e7a peut se comprendre ! Mais  pour une bonne et subtile r\u00e9ponse qui soit irr\u00e9futable : elle doit  prendre corps \u2013c\u2019est le cas de le dire- dans l\u2019exploration d\u2019un nouveau langage configurant une pens\u00e9e utile et n\u00e9cessaire \u00e0 un nouvel \u00e9quilibre, une redistribution possible des r\u00f4les impartis.<br \/>\nLa danse contemporaine s\u2019occupe de \u00e7a. Il faut en \u00eatre : c\u2019est tout. Ne pas rater le coche : \u00e7a fait du bien d\u2019\u00e9clairer sa lanterne. Echapper \u00e0 l\u2019assignation des r\u00f4les convenus ; cela doit s\u2019appeler l \u2018\u00e9mancipation et l\u2019on peut appr\u00e9cier d\u2019y \u00e9marger ! Se sentir moins emp\u00each\u00e9. (s\u2019autres diraient plus brutalement : moins con). Plus libre et plus joyeusement libertin.<br \/>\n<em>D\u2019une culture conforme \u00e0 la nature<\/em><br \/>\nPour se sentir Omniprotub\u00e9rant, omnipotentat, l\u2019homme s\u2019inventerait le besoin d\u2019un inf\u00e9rieur (notre Jean-Paul Sartre national, de vieille m\u00e9moire, nous en fit la le\u00e7on).<br \/>\nDes inf\u00e9rieurs, il en est de toutes sortes ; la d\u00e9colonisation a rar\u00e9fi\u00e9 l\u2019indig\u00e8ne mais il reste encore, h\u00e9las, de beaux restes pour cultiver, par devers soi, un fort sentiment de sup\u00e9riorit\u00e9. Victimes d\u2019une minorisation et stigmatisation constantes seraient tous ceux qui manquent de quelque chose : de travail, de chez soi ou de papiers? Ch\u00f4meurs, SD, travailleurs immigr\u00e9s. Ces cat\u00e9gories viennent conforter  la place de celles qui pour n\u2019en avoir jamais eue, en manquent toujours, \u00e0 savoir : les femmes !<br \/>\nSi le r\u00e9prouv\u00e9 male est peu de chose et consid\u00e9r\u00e9 au plus bas, il a cependant la ressource de cohabiter avec une r\u00e9prouv\u00e9e femelle dont on dira sans trop se tromper qu\u2019elle est une moins que rien. Au bout de la cha\u00eene oppressive, toujours, une femme en lot de consolation.<br \/>\nToujours disponibles pour les t\u00e2ches subalternes, in\u00e9puisables servantes au grand c\u0153ur : les femmes !<br \/>\nPlus ou moins \u00ab bobonne \u00bb donc puisque la seule question qui vaille serait \u00ab qu\u2019elle soit bonne \u00bb \u00e0 tout faire et l\u2019assertion vaut pour la banlieue comme pour les beaux quartiers. L\u2019homme ne tient sa force et sa grandeur que de lui-m\u00eame. Pourtant vous pouvez, mesdames, compter sur lui pour la reconnaissance du ventre !<br \/>\nLors de la remise des prix et autres breloques qui honorent le grand homme, vous l\u2019entendrez dire faussement modeste, qu\u2019il lui doit tout !<br \/>\nIl doit tout \u00e0 sa ch\u00e8re et tendre \u00e9pouse ! Tout, tout ! Sans elle z\u00e9ro \u00e0 la barre, le bateau coule, il serait un z\u00e9ro plut\u00f4t qu\u2019un h\u00e9ros : il doit sa puissance et sa gloire \u00e0 l\u2019in\u00e9puisable d\u00e9vouement de sa modeste moiti\u00e9. Alors mesdames de quoi vous plaignez-vous ? On vous paie de mots ! Pi\u00e8tre salaire direz-vous pour camoufler la servitude et l\u2019oppression dont vous seriez victime. M\u2019enfin l\u2019honneur ! N\u00e9glige-t-on de vous honorer ? Vous exemptez  de la t\u00e2che de penser, d\u2019\u00e9crire, de vous instruire, n\u2019\u00e9tait-ce pas par respect pour vous ?  Dans l\u2019intention de vous soulager ! Pure bont\u00e9 d\u2019\u00e2me !<br \/>\nLe texte de Sylvain Mar\u00e9chalparlementaire du d\u00e9but du si\u00e8cle, portant d\u00e9fense d\u2019apprendre \u00e0 lire aux femmes, auquel se r\u00e9f\u00e8re Anna Ventura part d\u2019un bon sentiment et d\u2019une haute bienveillance. Donc en retenir ceci que l\u2019homme est innocent  d\u2019un \u00e9tat de chose qu\u2019il voudrait simplement conforme \u00e0 la nature. Au plus pr\u00e8s de ses lois. D\u2019une juste observation des grands singes ! Ah mais oui tout se tient \u2026L\u2019\u00e9volution des esp\u00e8ces \u00e9tant ce qu\u2019elle est.<br \/>\nLa qualit\u00e9 de membre inf\u00e9rieur passe par le constat bio ! Membre inf\u00e9rieur ? Il n\u2019est que de consid\u00e9rer celui de ces dames qui serait trop \u2026Trop petit ! Impossible d\u2019\u00e9crire avec \u00e7a sans se faire un sang d\u2019encre ! Dans la dialectique de l\u2019\u00e9criture, il y a la lecture \u2026Interdite d\u2019\u00e9criture, sauf exception historiquement et culturellement notoire, les femmes n\u2019auraient pas plus \u00e0 s\u2019adonner \u00e0 la lecture \u2026 Car comme le disait Deleuze \u00ab lire, vous savez, c\u2019est tenir le livre d\u2019une main et de l\u2019autre, vous savez\u2026 \u00bb.<br \/>\nVoil\u00e0 un \u00e9cho bien singulier du discours qui s\u2019entend dans\u00ab l\u2019effet King Kong \u00bb. Reprenons la main. Ben, oui on s\u2019en branle !<br \/>\nDisons-le, franc du collier, homme ou femme, on s\u2019en branle \u2026Il faut au moins se r\u00e9concilier avec soi-m\u2019aime.<br \/>\n<em>Comment \u00e7a se joue ?<\/em><br \/>\nPoser la question du jeu, renvoie \u00e0 interroger la pr\u00e9sence de l\u2019acteur dans cette occurrence. Revenons, illico presto, \u00e0 ce grand singe dont Anna Ventura explore les arcanes comme on visite la tour Effel ! Je n\u2019ai pas encore dit que l\u2019humour court tout le long du propos et la prestation d\u2019icelui et icelle est bien souvent, savoureusement rigolotte ! Pas le fou rire\u2026 mais un rire dans le fr\u00e9missement et la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Un rire \u00ab in fine \u00bb quoi ! Pour s\u2019offrir l\u2019ivresse des sommets, Anna jouit d\u2019un partenaire, cela va de soit \u2026\u00c0 la hauteur !<br \/>\nJean-Marie Frin en impose comme on dit ! Solide au poste, disponible (comme on dit de certains fonctionnaires qu\u2019ils se mettent en disponibilit\u00e9) \u2026 il goguenarde, moque gentiment  (fait l\u2019idiot)  sa bonne volont\u00e9 affich\u00e9e. Goguenargue, pourrait \u00eatre le mot \u2026 la bonne fa\u00e7on de dire : \u00ab qu\u2019est-ce qui m\u2019arrive ? Mon dieu \u2026 Bon, ben, allons-y, \u00ab puisque \u00e7a se joue comme \u00e7a ; dansons le comme \u00e7a !\u00bb<br \/>\nN\u2019est-ce pas ainsi que se termine \u00ab fin de partie \u00ab  de Samuel Beckett ? Se reconna\u00eetre jouet d\u2019une fatalit\u00e9. C\u2019est comme \u00e7a ! Vaut mieux en rire.Pieds de nez ?<br \/>\nBen oui, le pied sur lequel l\u2019acteur ne sait danser devient malicieusement de nez. Sorte de figure de non-danse en forme d\u2019aveu de Jean-Marie Frin. Clin d\u2019\u0153il \u00e0 sa digne partenaire qui, quant \u00e0 elle, fait rimer pied avec tout ce que la danse peut autoriser.<br \/>\nAu final, pas d\u2019usurpation : chacun y va de sa gamme et de son registre. Pas de triche. Mais une tr\u00e8s efficace \u00ab distanciation \u00bb qui souligne l\u2019\u00e9tranget\u00e9, voire la magie et l\u2019irrationnel d\u2019un propos qui n\u2019est pas cl\u00f4s sur lui-m\u00eame mais plut\u00f4t de l\u2019ordre de l\u2019invitation : \u00e0 savoir de quel pied faut-il danser quand l\u2019amour et le d\u00e9sir r\u00e8glent nos pas de deux.<br \/>\nD\u00e9licieux moment du spectacle que le \u00ab pas de deux \u00bb n\u00e9goci\u00e9 entre elle et lui ! Comment faut-il s\u2019y prendre ? ou s\u2019\u00e9prendre ? ou s\u2019entendre ? Bref  s\u2019accorder ! La danse m\u00e9dium du langage amoureux.<br \/>\nDr\u00f4lerie tendre que celle d\u2019observer  un couple en ces premiers \u00e9mois (il n\u2019y a \u2013 semble-t-il -d\u2019\u00e9moi que premier. Le trouble n\u2019a pas d\u2019ant\u00e9c\u00e9dent) \u2026Quand la maladresse et la timidit\u00e9  fa\u00e7onnent les comportements, quand il faut se d\u00e9clarer en outrepassant  les incertitudes.<br \/>\nDans l\u2019ombre port\u00e9e de \u00ab l\u2019effet King Kong \u00bb, elle et lui rendent compte avec pudeur et d\u00e9licatesse, du rituel amoureux. Puisque \u00e7a se joue et se danse comme \u00e7a, \u00e7a nous touche et nous \u00e9meut comme \u00e7a : la partie ne fait que commencer ! Sortir des pr\u00e9jug\u00e9s et d\u2019un ordre convenu r\u00e9glant le rapport Homme\/femme permet un commencement\u2026de partie. Donne du jeu au jeu des diff\u00e9rences. Ou bien encore, il n\u2019y aurait de diff\u00e9rence que par jeu. Juste\u2026\u00c0 se laisser transport\u00e9. Du transport au port\u00e9, l\u00e0 encore, il n\u2019y a qu\u2019un pas \u00e0 faire, encore faut-il savoir lequel  ? De la figure du port\u00e9 joyeusement brocard\u00e9, on retient que la danse (ou l\u2019amour)  se rapporte \u00e0 une \u00e9treinte. Un \u00e9garement calcul\u00e9. Pas facile de porter quelqu\u2019un aux nues. Oui ? Non ? Tu veux ou tu veux pas ? Le transport \u2026 ou le port\u00e9,  suppose le synchronisme des actions, la coordination et l\u2019ajustement des corps.<br \/>\nBref il faut s\u2019entendre pour ne pas dire s\u2019aimer. Si on n\u2019occulte pas les diff\u00e9rences, la diff\u00e9rence \u2026Ben, ce n\u2019est pas de la tarte ! L\u2019effet King Kongnous met en face de cette  r\u00e9alit\u00e9 incommode que de la femme \u00e0 l\u2019homme il nous faudrait g\u00e9rer un diff\u00e9rentiel et  que l\u2019une n\u2019est pas r\u00e9ductible \u00e0 l\u2019autre.<br \/>\nLe constat d\u2019une diff\u00e9rence irr\u00e9ductible, Anna Ventura en propose une juste appr\u00e9hension en travaillant la distorsion et la disproportion tant du point de vue spatiotemporel (jeux des images et  rythme de leurs apparitions) que dans l\u2019usage des effets sonores (jeux d\u00e9form\u00e9s des voix). Un univers se structure qui proc\u00e8de de la magie et de l\u2019enchantement : monde d\u2019enfance et du fantastique.  Lib\u00e9rer l\u2019imaginaire et les possibles.<br \/>\nEnchantement ; Qu\u00eate d\u2019enchantement \u2026Se laisser prendre par la main. Invitation. Il s\u2019agit bien de s\u2019accorder.  Se dire Oui.<br \/>\nAnna Ventura propose une \u00ab Bejahung \u00bb, la Lebensbejahung (affirmation de la vie, joie de vivre) ch\u00e8re \u00e0 Nietzsche. Affirmation de la vie au b\u00e9n\u00e9fice de la diff\u00e9rence. Joie d\u2019\u00e9prouver et cultiver la diff\u00e9rence. C\u2019est donc comme cela que nos vies se jouent et que s\u2019affirme un certain bonheur de vivre.<br \/>\n<em>    De quel trouble King Kong est-il le nom ?<\/em><br \/>\nC\u2019est avec King Kong, une histoire d\u2019amour ou d\u2019union, impossible, improbable, incompr\u00e9hensible, secr\u00e8te dont il s\u2019agit ! Une histoire nourrie d\u2019intimit\u00e9s peu socialisables \u2026Entendons par l\u00e0 que la soci\u00e9t\u00e9 y perd son latin et n\u2019y trouve pas son compte. La petite histoire s\u2019accommode mal de la grande et c\u2019est pourquoi cela finira mal. King Kong sera massacr\u00e9. Nous avons donc \u00e0 consid\u00e9rer un amour qui sort des sentiers battus. L\u2019amour ne conna\u00eet que les chemins buissonniers. En tout cas, celui-l\u00e0. Radicalisons : un amour hors la loi, interdit et tabou qui nous conduit \u00e0 la question : de quel trouble King Kong est-il le nom ?<br \/>\nR\u00e9ponse : du mien ! ( pardon de l\u2019arrogance narcissique qu\u2019implique une telle r\u00e9ponse).  Cela veut dire quoi ? De ce que, de p\u00e8re en fils, et de m\u00e2le en m\u00e2le en passant par la case d\u00e9part d\u2019une femelle, j\u2019ai fini par m\u2019appeler par mon nom ! Il n\u2019est de trouble, que le nom que je porte. Homme ou femme, nous n\u2019avons pour tout viatique que le nom du p\u00e8re.<br \/>\n Depuis King Kong de p\u00e8re en fils, je m\u2019appelle Dupuy \u2026Que King Kong soit devenu  Dupuy au gr\u00e9 de l\u2019histoire, c\u2019est du pipi de sansonnet \u2026un \u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne                    King Kong je fus, King Kong resterai-je. Si, il y a trouble, il pointe \u00e0 cet endroit pr\u00e9cis o\u00f9 je le suis, o\u00f9Jean-Marie Frin peut l\u2019\u00eatre.<br \/>\nMon nom comme garde fou de la b\u00eate. Mon nom affirmant la primaut\u00e9 du langage pour exorciser la b\u00eate. Reste qu\u2019elle n\u2019est pas loin. Et qui serait le plus animal de l\u2019homme ou de la femme ? Chacun conna\u00eet la r\u00e9ponse. La femme serait un bel animal \u2026Accessoirement.<br \/>\nQuoiqu\u2019on dise de la distribution des attributs, le prodige est constitu\u00e9 par la rencontre : C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019 homme ou femme d\u2019origine animal- on puisse se penser aimable ! Qu\u2019il puisse arriver cette improbabilit\u00e9 extr\u00eame de s\u2019entr\u2019aimer. Incroyable, nom ou non ?  Troublant, non ou nom?<br \/>\nReste \u00e0 consid\u00e9rer ou reconsid\u00e9rer ce qui fonde la g\u00e9g\u00e9ne-h\u00e9g\u00e9monie  du nom du p\u00e8re ? Il faudrait alors, revisiter les origines du mal ou du m\u00e2le. Interroger et renommer. trouver  une issue \u00e0 l\u2019insu. La femme est un homme mais elle n\u2019en sait rien ! Voil\u00e0 l\u2019insu ! Non, je rigole. Je livre ici, une Kingkonnerie de plus, extraite  du d\u00e9lire o\u00f9 m\u2019entra\u00eene ma complaisance au ma\u00eetre. Ce charabia-l\u00e0 vaut pour homme-onatop\u00e9es : de celles dont Anna use pour balbutier son \u00ab hasard objectif \u00bb. La rencontre impr\u00e9vue. De l\u2019autre.<br \/>\nNous avons le mal de l\u2019autre. C\u2019est du r\u00e2le bol, de la r\u00e2lit\u00e9 incessante\u2026Une souffrance qui cherche \u00e0 se nommer ? Et puis sait-on d\u2019o\u00f9 l\u2019on vient ?  de deux, d\u2019eux, d\u2019eux deux. Ils se sont temps aim\u00e9s. Et si l\u2019on s\u2019\u00e9tait tromp\u00e9 de route, en l\u2019esp\u00e8ce ? On appelle un chat un chat et l\u2019homme un singe en premi\u00e8re intention puis homme aux degr\u00e9s suivants de son \u00e9volution !<br \/>\n\u00ab L\u2019effet King Kong \u00bbd\u2019Anna Ventura,nous proposerait de diff\u00e9rer quelques instants d\u2019appeler l\u2019homme : homme ! Quelques instants, ce n\u2019est pas le P\u00e9rou ! Une petite heure et quelques minutes \u2026Telle fut la dur\u00e9e de \u00ab l\u2019effet King Kong \u00bbque l\u2019on pouvait voir le jeudi 20 octobre 2011, au CCN de Caen. En m\u00eame temps, faire abstraction de l\u2019homme pour un examen aspirant \u00e0 une clart\u00e9 quasi scientifique, c\u2019est de l\u2019ordre de l\u2019impossible.<br \/>\n<em>Dilemme. Qui doit-on sacrifier de l&rsquo;homme ou la b\u00eate ?<\/em><br \/>\nIl faut donc s\u2019y r\u00e9soudre : c\u2019est \u00e0 travers une cohabitation explosive de l\u2019homme et la b\u00eate que doit se conduire l\u2019examen. Il fallait trouver un sp\u00e9cimen pour se pr\u00eater au jeu, en assumant risques et dangers : Jean-Marie Frin s\u2019y pr\u00eata  etAnna Ventura s\u2019y risqua.<br \/>\nLe trouble viendrait d\u2019une cohabitation des contraires et de la soutenance de quelques paradoxes ? Dans la conjointure de l\u2019id\u00e9alit\u00e9 sentimentale la plus sublime et la bestialit\u00e9 la plus innommable ? Choisir entre une conscience trouble \u00e0 l\u2019opacit\u00e9 certaine et  le trouble de conscience \u2026Ce n\u2019est pas la m\u00eame chose, m\u00eame sil\u2019effet King Kongnous convoque \u00e0 l\u2019une et l\u2019autre hypoth\u00e8se.<br \/>\nLe trouble de conscience nous permet de botter en touche et de retomber sur nos pieds, c\u2019est la culture de la bonne conscience qui se met l\u00e0 en perspective.<br \/>\nPour s\u2019en tenir \u00e0 la premi\u00e8re hypoth\u00e8se, (conscience trouble) il faut s\u2019identifier \u00e0 la b\u00eate : King Kong c\u2019est moi organiquement et symboliquement, je suis cet homme qui fait le singe.<br \/>\n<em>Violeur potentiel, sauvage et patent\u00e9.<\/em><br \/>\nMon appareil g\u00e9nital est un appareil d\u2019\u00e9tat. Appareil d\u2019\u00e9tat dominant diraitAlthusser qui finit comme l\u2019on sait \u2026 En proie \u00e0 l\u2019effet King Kong ?<br \/>\nC\u2019est dire la folie de l\u2019esp\u00e8ce \u00e0 l\u2019instant T. o\u00f9  nous sommes.  Oserait-on se raconter que nous serions sortis de la folie de l\u2019esp\u00e8ce, c\u2019est-\u00e0-dire  du r\u00e8gne animal ?<br \/>\nJe ne prendrais pas ce risque \u2026 Qui semble-t-il, serait celui qu\u2019on prend \u00e0 \u2026S\u2019entr\u2019aimer, en d\u00e9pit de. nos diff\u00e9rences. Troublant.<br \/>\nLe travail  d\u2019Anna Ventura m\u2019aura \u00e9mu et je crois jusqu\u2019ici en avoir t\u00e9moign\u00e9. Mais \u00e0 vrai dire, m\u2019aura aussi, donn\u00e9 \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir, en quoi, la suite de ce propos va trouver son emploi.<br \/>\n\u00ab Mais je t\u2019ai-ai-me ! \u00bb<br \/>\nS\u2019en tenir aux aspects sociaux, moraux, culturels de l\u2019effet King Kong serait \u2013selon moi- tout \u00e0 fait r\u00e9ducteur. Et j\u2019ai bien le sentiment sinon la certitude qu\u2019Anna V. et Jean-Marie F. n\u2019ont pas souhait\u00e9 en rester l\u00e0. En rester \u00e0 l\u2019ordre moral des choses. Certes, ils eussent pu \u2013par l\u00e0- se faciliter la vie, mais de leur confrontation, ils eussent perdu le sel et les parfums.<br \/>\nC\u2019e\u00fbt manquer de charmes, or de charmes et mal\u00e9fices, leur travail nous comble. \u00c0 quel moment un foutu d\u00e9sordre dans la reproduction a pu configurer  l\u2019attrait sexuel comme r\u00e9alit\u00e9 senti-mentale ?<br \/>\n\u00c0 partir de quoi va na\u00eetre l\u2019amour et  la bizarrerie de voir une esp\u00e8ce animale \u00e9chapper \u00e0 son destin ? L\u2019effet King Konginterroge les origines de l\u2019amour et c\u2019est bien d\u2019une \u00e9nigme dont on s\u2019empare alors. En r\u00e9alit\u00e9 l\u2019\u00e9nigme nous poss\u00e8de.<br \/>\nEnigme reconduite \u00e0 chaque fois qu\u2019un homme ou une femme d\u00e9clare aimer l\u2019autre, homme ou femme \u2026bi ou h\u00e9t\u00e9ro \u2026Qu\u2019importe !<br \/>\nVoil\u00e0 pourquoi le propos de \u00ab l\u2019effet King Kong \u00bb ne saurait  se satisfaire des bornes \u00e9troites d\u2019une morale fut-elle  assortie de la juste cause de l\u2019\u00e9mancipation des femmes. Nous est offert un po\u00e8me \u2026Un acte po\u00e9tique, par cons\u00e9quent une vision \u2026Un geste artistique, un don \u2026 Un Mais \u2026Un \u00ab mais je t\u2019ai-ai- me ! \u00bb qui donne sa pleine mesure et intensit\u00e9 \u00e0 la question pos\u00e9e.<br \/>\nCe que faisant nous allons sur un terrain min\u00e9, faisant foin des certitudes et barri\u00e8res de s\u00e9curit\u00e9.Nous entrons en zone de turbulences, au plus sombre du sujet.<br \/>\n<center>                                     morceau de supporter de rugby, en transe. <\/center><br \/>\n              <center>                L\u2019amour vache. Masochisme et mauvais coups.<\/center><br \/>\nC\u00f4t\u00e9 lumi\u00e8re, il existe une l\u00e9gislation qui -\u00e0 tr\u00e8s juste titre- prot\u00e8ge les femmes de la brutalit\u00e9 des hommes. S\u2019aventurer dans l\u2019ombre, interroger l\u2019\u00e9nigme, n\u2019implique pas en quoi que ce soit que les pr\u00e9dateurs (les salauds qui oppriment les femmes) y trouvent caution ou alibi. (suivez mon regard !). L\u2019arri\u00e8re plan de l\u2019effet King Kong se sont des milliers de femmes opprim\u00e9es, battues et viol\u00e9es dans le monde entier et \u00e0 la porte d\u2019\u00e0-c\u00f4t\u00e9. Pas question d\u2019occulter cette r\u00e9alit\u00e9. Le contexte ainsi pos\u00e9, accordons-nous de t\u00e2tonner dans la nuit de l\u2019amour invent\u00e9. Il fut \u00ab courtois \u00bb , il reste  dans beaucoup de culture d\u2019ordre \u00ab courtois \u00bb \u2026Il reste m\u00eame courtois quand on le dit \u00ab vache \u00bb \u2026 Et le qualificatif  vache nous r\u00e9introduit directement \u00e0 l\u2019effet King Kong.<br \/>\nAu \u00ab tel qu\u2019il est, je l\u2019ai-ai-me ! \u00bb deFr\u00e9hel\u2026L\u2019amour fou, inconditionnel, qui implique l\u2019acceptation du r\u00e9veil de la b\u00eate aussi bien chez l\u2019homme que chez la femme, n\u2019\u00e9marge pas n\u00e9cessairement au viol ou \u00e0 la violence des coups.<br \/>\nL\u2019amour vache a ses ic\u00f4nes : la m\u00f4me Piaf et son Marcel (Cerdan champion de boxe de son \u00e9tat ) en furent. Plus r\u00e9cemment  la Dalle (B\u00e9atrice) illustra le catalogue. C\u00f4t\u00e9 m\u00e2le, on a le malheureux exemple de Joey Starr  fort int\u00e9ressant \u00e0 consid\u00e9rer. Dans son genre b\u00eate de sc\u00e8ne, fauve de plateau  (de cin\u00e9ma ou autres) le Joey fait fort \u2026Malheureusement  le plateau ne lui  donne pas la force symbolique de s\u2019y tenir ! Sa violence en d\u00e9borde le cadre \u2026 Qu\u2019est-ce qui est d\u00e9faillant lui ou le cadre ? Les deux ? L\u2019affaire est grave.<br \/>\nNon pas qu\u2019il soit forc\u00e9ment n\u00e9cessaire d\u2019assommer de lourde gravit\u00e9, l\u2019exploration de l\u2019\u00e2me humaine (on l\u2019a dit et le r\u00e9p\u00e8te \u00ab L\u2019effet King Kong \u00bb d\u2019Anna Ventura  d\u00e9borde de finesse et d\u2019humour)  \u00ab mais  je t\u2019aime \u00bb n\u2019est pas qu\u2019une distraction, non plus qu\u2019un passe-temps  pour tromper son d\u00e9soeuvrement.<br \/>\nQuand Anna Ventura danse, son questionnement de l\u2019humain peut aller jusqu\u2019\u00e0 sugg\u00e9rer l\u2019espace de m\u00e9ditation de la danse indienne ou  les fondements du Kabuki japonais. De l\u2019anthropomorphisme \u00e0 l\u2019anthropologie il n\u2019y a qu\u2019un pas que Anna Ventura a voulu de danse.<br \/>\nEn cela, un cadre symbolique trouve sa l\u00e9gitimit\u00e9 et sa rigueur. Anna Ventura porte cette ambition. Cela force le respect et m\u00e9rite l\u2019admiration.<br \/>\n<em>L\u2019\u00e9nigme et le sacr\u00e9<\/em><br \/>\nSans doute l\u2019une ne va pas sans l\u2019autre. Poser le principe de l\u2019\u00e9nigme  implique de prendre en consid\u00e9ration le sacr\u00e9.<br \/>\nQuand on \u00e9rige l\u2019amour d\u2019un homme \u00e0 la dimension d\u2019aimer un dieu &#8230; Il n\u2019est pas incongru d\u2019\u00e9voquer le sacr\u00e9. Le \u00ab mon homme \u00bb de Bertrand Blier avec la sublissime Anouk Grinberg et le tout autant m\u00e9morable G\u00e9rard Lanvin ( prototype reconnu de la brute au grand c\u0153ur) offre un condens\u00e9 probant  de ce \u00e0 quoi l\u2019amour \u00ab sacr\u00e9 \u00bb peut conduire.<br \/>\nNous sommes dans le d\u00e9tour et peut-\u00eatre le d\u00e9tournement de l\u2019effet King Kong, mais prenons la libert\u00e9 de tels \u00e9carts. Nous \u00e9loigner en nous rapprochant, d\u2019abord de Virginie Despenteset de  son \u00ab King Kong th\u00e9orie \u00bb.Virginie Despentesrenverse la donne : du mec, salaud, violeur, connard ; elle fait son beurre, et de l\u2019horreur fait homme, son bonheur !<br \/>\nElle cultive l\u2019art de tendre la joue droite quand on lui gifle la gauche  ou de rendre coup pour coup ! Faut que \u00e7a cogne ! Bref, sur le terrain du sacr\u00e9 et de la r\u00e9demption, la Virginie brave puritanisme et pudibonderie et propose  qu\u2019on la baise sans m\u00e9nagement.<br \/>\nFa\u00e7on provocante d\u2019aller jusqu\u2019au bout du bout et de la phallocratie ambiante. Diable !<br \/>\nVoil\u00e0, une Virginie\/Marie-Madeleine  revue et corrig\u00e9e qui reprend du service et nous fait sa passe. Impossible d\u2019\u00e9voquer la violence fa\u00eetes aux femmes sans \u00ab lever le voile \u00bb sur l\u2019emprise religieuse dans nos soci\u00e9t\u00e9s. L\u2019emprise n\u2019est pas d\u2019y croire mais d\u2019\u00eatre structur\u00e9 pour y croire.<br \/>\nLa pens\u00e9e religieuse peut donc op\u00e9rer sans nommer ses sources. Accordons \u00e0 Virginie Despentes le b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une certaine ambivalence que nous n\u2019accorderons pas \u00e0 la bible \u2026Cette derni\u00e8re \u00e9marge \u00e0 la violence irr\u00e9cusablement comme s\u2019ose \u00e0 la dire et la montrer, Rom\u00e9o Castellucci. L\u2019int\u00e9r\u00eat du sacr\u00e9 tient dans sa relation \u00e0 l\u2019horreur. La connivence du sublime et du trivial. La r\u00e9versibilit\u00e9 du bien en mal et r\u00e9ciproquement. Ainsi, en est-il de l\u2019histoire d\u2019amour de Marie Lou, h\u00e9ro\u00efne de la pi\u00e8ce culte de l\u2019auteur canadienMichel Tremblay : \u00ab  \u00c0 toi pour toujours, ta Marie lou\u00bb.<br \/>\nBelle et path\u00e9tique confession testamentaire d\u2019une femme, valant pour un cri d\u2019amour.<br \/>\nMarie Lou interpellant l\u2019homme de sa vie, disant en substance (citation de m\u00e9moire) : \u00ab Ah ! tu m\u2019auras souvent prise, toutes ces ann\u00e9es de vie commune, tu m\u2019auras fait de beaux enfants, t\u2019auras bien profit\u00e9 de mon corps sans jamais te poser de question, t\u2019inqui\u00e9ter de moi, de ce que je pouvais ressentir, tu m\u2019auras viol\u00e9e sans rien savoir, nuit apr\u00e8s nuit \u2026<br \/>\nEt moi, ta marie Lou ne t\u2019ai jamais rien dit, je t\u2019aimais ! Qu\u2019aurais-je pu te dire puisque je t\u2019aimais ! \u00bb Voil\u00e0 comment Marie lou v\u00e9cut sa vie de femme opprim\u00e9e pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9.<br \/>\nMichel  Tremblayd\u00e9nonce, la soumission et la fatalit\u00e9 d\u2019une servitude  qui n\u00e9antise des vies enti\u00e8res. Vies de femme. Et cette n\u00e9antisation est une histoire d\u2019amour ! La bible toujours. Viol et amour divin.Le 29 Janvier 1664, Moli\u00e8re pr\u00e9sente au Louvre \u00ab le mariage forc\u00e9 \u00bb.<br \/>\nUne autre parole tisse et trame sa toile. Un rideau de th\u00e9\u00e2tre pour lever le voile ? C\u2019est l\u2019affaire du po\u00e8te que d\u2019arracher au commun du langage, une parole inou\u00efe. \u00ab \u2026recevoir la part de myst\u00e8re de l\u2019autre sans en r\u00e9pandre le secret \u00bb dit si justement Ren\u00e9 Char.<br \/>\nEntre le clair et l\u2019obscur, \u00ab l\u2019effet King Kong \u00bb m\u2019a donn\u00e9 une juste appr\u00e9hension de ce que je ne sais pas et ne saurais sans doute jamais.N\u2019aurais rien compris.<br \/>\nPeut-\u00eatre ceci : On ne peut que se manquer l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, l\u2019une pour l\u2019autre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;&#8212; \u00ab Tel qu\u2019il est, il me plait Il me fait de l\u2019effet \u2026Et je l\u2019ai- ai- me ! \u00bb Fr\u00e9hel chanteuse populaire La proposition d\u2019Anna Ventura &#8211; danseuse de son \u00e9tat &#8211; et femme notoire, porte bien son titre : quel effet peut vous faire King Kong ? Le mythe, le film, la fable, le po\u00e8me (\u00ab l\u2019homme et la b\u00eate \u00bb version Cocteau)\u2026 \u00ab peau d\u2019\u00e2ne \u00bb version conte populaire ? 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