


{"id":735,"date":"2011-07-21T19:15:00","date_gmt":"2011-07-21T17:15:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=735"},"modified":"2011-07-21T19:15:00","modified_gmt":"2011-07-21T17:15:00","slug":"l-indestructible-madame-richard-wagner","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/l-indestructible-madame-richard-wagner\/","title":{"rendered":"L&rsquo; \u00ab\u00a0In\u00a0\u00bbdestructible Madame Richard Wagner"},"content":{"rendered":"<hr \/>\n<p><em> <strong>Un peu loin de brouhaha de centre ville d\u2019Avignon, qui bouillonne de l\u2019air festif, le th\u00e9\u00e2tre hors-mur de Chartreuse de Villeneuve lez Avignon, appel\u00e9 Tinel de Chartreuse, attend les spectateurs \u00ab exil\u00e9s \u00bb du centre. Dans le temps doux apr\u00e8s un orage, le th\u00e9\u00e2tre ouvre ses portes aux gens, pour la premi\u00e8re repr\u00e9sentation \u00e0 cette ville de L\u2019Indestructible Madame Richard Wagner. L\u2019\u00e9pop\u00e9e d\u2019une femme, Cosima Wagner, admir\u00e9e et ha\u00efe, est maintenant racont\u00e9 au 65\u00e8me Festival d\u2019Avignon, par quatre com\u00e9diennes-r\u00e9citante et un com\u00e9dien-r\u00e9citant, avec un souffle de \u00ab rock \u00bb et d\u2019h\u00e9licopt\u00e8res de F.F.Coppola&#8230;<\/strong> <\/em><br \/>\n Traversant le grand fleuve du Rh\u00f4ne en Bustival (la ligne de bus sp\u00e9cial pour le festival), j\u2019arrive au Chartreuse de Villeneuve lez Avignon. Il se trouve dans une petite commune calme, belle et sympa, qui me donne envie de me promener un peu, il fait beau&#8230; Bref. Ce beau b\u00e2timent historique, class\u00e9 du XIVe si\u00e8cle, accueille r\u00e9guli\u00e8rement les artistes en \u00e9tant le Centre National des Ecritures du Spectacle (CNES). Le 18 juillet, \u00e0 18h30, la cr\u00e9ation de mars 2011 de Christophe Fiat L\u2019Indestructible Madame Richard Wagner embarque dans ce lieu, pour 65\u00e8me Festival d\u2019Avignon.<br \/>\nSorti du champs philosophique, Christophe Fiat est aujourd\u2019hui performeur, metteur en sc\u00e8ne, chor\u00e9graphe, auteur, compositeur, et il est un \u00e9crivain associ\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre de Gennevilliers depuis 2009, et aux ateliers d\u2019\u00e9criture et de lecture. L\u2019\u00e9criture et la lecture. Ces deux actes sont toujours au c\u0153ur de ses travaux. L\u2019\u00e9criture de po\u00e8mes, de r\u00e9cits romanesques, d\u2019\u00e9pop\u00e9es, etc., et la lecture d\u2019une mani\u00e8re singuli\u00e8re, l\u2019articulation distincte et la prononciation insistante de la fin de phrase, etc. Et aussi, n\u2019oublions pas son esprit \u00ab rocker \u00bb toujours pr\u00e9sent, que repr\u00e9sente symboliquement sa partenaire pr\u00e9cieuse la guitare \u00e9lectrique. Les sujets vari\u00e9s de ses \u0153uvres sont surtout occup\u00e9 de ce qu\u2019on appelle \u00ab la culture de masse \u00bb : Batman, Stephan King, Peter Pan, Princesse Diana&#8230; Il renvoie son regard \u00e9galement vers l\u2019actualit\u00e9 mondiale tragique, comme sur le 11 septembre 2001 (New York 2001), ou sur le centre nucl\u00e9aire de Fukushima : visitant r\u00e9cemment le lieu d\u2019accident, il cr\u00e9e Daikaiju Eiga (Films de monstres, soit Godzilla).<br \/>\nEt un personnage chant\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises ces derni\u00e8res ann\u00e9es, tout avec des h\u00e9licopt\u00e8res de F.F.Coppola en arri\u00e8re-plan : c\u2019est Richard Wagner. Apr\u00e8s Laurent Sauvage n\u2019est pas une Walkyrie (un des s\u00e9ries \u00ab projet Wagner \u00bb) qu\u2019il a pr\u00e9sent\u00e9 dans le cadre de 64\u00e8me Festival d\u2019Avignon il y a un an, il revient \u00e0 cette ville en tournant sa t\u00eate, cette fois-ci, alentour de cet homme, un des compositeurs plus importants dans le monde. Madame Richard Wagner, soit Cosima Wagner, la fille de Franz Liszt, et la deuxi\u00e8me \u00e9pouse de Richard Wagner. Elle h\u00e9rite de la direction du Festival de Bayreuth en 1883, suite au d\u00e9c\u00e8s de son mari. Le gong r\u00e9sonne. D\u00e9sormais, elle s\u2019engage \u00e0 combattre dans le monde masculin, dans le monde troubl\u00e9 \u00e0 la fin de XIXe si\u00e8cle et au d\u00e9but de XXe si\u00e8cle. Christophe Fiat compose cette \u00e9pop\u00e9e autour d\u2019un journal intime qu\u2019elle a \u00e9crit de 1869 jusqu\u2019\u00e0 la mort de son \u00e9poux.<br \/>\nMadame RICHARD Wagner<br \/>\nA 18h30 un peu (ou bien, beaucoup ?) pass\u00e9. Sur la sc\u00e8ne brute o\u00f9 on voit un grand \u00e9cran en haut, sous la lumi\u00e8re plat, se trouvent quatre femmes debout. Les jambes un peu \u00e9cart\u00e9es pour qu\u2019elles puissent \u00eatre bien stables comme rock-singer, derri\u00e8re les micros attribu\u00e9s \u00e0 chacune. Un homme se situe au centre, seul qui a le droit de faire des aller-retour entre dehors et dedans tandis que les femmes sont plant\u00e9es sur le plateau, et il, Laurent Sauvage, face aux spectateurs, ouvre ses l\u00e8vres au premier : \u00ab Voil\u00e0, vous naissez en 1837&#8230; \u00bb. Commencer par \u00ab vous \u00bb, et puis \u00ab elle \u00bb, \u00ab je \u00bb, \u00ab tu \u00bb ou \u00ab ma grand-m\u00e8re \u00bb, Madame Cosima Wagner est ainsi habilement racont\u00e9e de multiples aspects. Un r\u00e9citant et quatre r\u00e9citantes prennent leur micro tour \u00e0 tour, avec un ton \u00e9nigmatique, digne, claire, froid, qui rend le lyrisme \u00e0 cette l\u00e9gende. A travers de personnages r\u00e9els ou irr\u00e9els qui l\u2019entourent, on voit \u00e9merger les visages divers qu\u2019elle a gard\u00e9s tout au m\u00eame temps : la fille de Franz Liszt, la m\u00e8re, la femme de Wagner, la protectrice de son mari&#8230; La furie de la guerre, la menace de nazisme, la difficult\u00e9 du Festival de Bayreuth, le calme spirituel de bouddhisme, etc., les \u00e9l\u00e9ments divers, comme des pi\u00e8ces de puzzle qui s\u2019embo\u00eetent les unes apr\u00e8s dans les autres, reconstituent, point par point, un portrait de cette vie inou\u00efe.<br \/>\nL\u2019essai de Christophe Fiat pour la mise en sc\u00e8ne, qui ressemble les mati\u00e8res \u00e9clectiques, donne \u00e9trangement une harmonie d\u00e9licate. Une l\u00e9g\u00e8re touche de la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 colore le chant d\u2019\u00e9pop\u00e9e. Au c\u00f4t\u00e9 non-verbal, le piano, la guitare \u00e9lectrique, le vid\u00e9o de portraits familiaux, de paysage de Bayreuth, ou de le bouddha, qui est enregistr\u00e9e \u00e0 la mani\u00e8re de film de science-fiction am\u00e9ricain des ann\u00e9es 70\u2019, etc., tous ces ingr\u00e9dients donnent au r\u00e9cit un rythme agr\u00e9able. Et l\u2019ambiance qui couvre la totalit\u00e9 est, sans oublier, celle de \u00ab rock \u00bb, du costume de T-shirt\/jean des com\u00e9diens jusqu\u2019\u00e0 un petit concert, qui pourrait \u00eatre symbolis\u00e9e par un mot merveilleusement prononc\u00e9 : \u00ab mother fucker \u00bb&#8230; \u00ab Pourquoi le rock ? Parce qu\u2019il est aujourd\u2019hui un art musical aussi important que l\u2019\u00e9tait l\u2019op\u00e9ra \u00e0 cet \u00e9poque[1] \u00bb, affirme Christophe Fiat.<br \/>\nQuant \u00e0 l\u2019histoire, une vie de Mme. Wagner prolong\u00e9e jusqu\u2019apr\u00e8s sa mort, \u00e9merge sur les contextes abondants. La relation avec son p\u00e8re est repr\u00e9sent\u00e9e par un monologue de forme dialogique qui exprime finement ce lien fragile, mais fort et si proche. Comment on a v\u00e9cu le d\u00e9sarroi de nazisme ? Par biais de \u00ab choix de la langue \u00bb sur lequel la petite-fille Friedelinde se pose la question, Christophe Fiat trace l\u2019identit\u00e9 troublant de cet \u00e9poque.<br \/>\nCertes, ce n\u2019est pas une simple biographie qui trace s\u00e8chement un chemin d\u2019une vie. C\u2019est plus complexe et plus complet. C\u2019est bien fait, c\u2019est propre. Propre&#8230;, oui, c\u2019est bizarrement propre. Malgr\u00e9 l\u2019anormalit\u00e9 de la surabondance de texte in\u00e9puisable, int\u00e9gr\u00e9s dans l\u2019harmonie saugrenue, l\u2019ensemble de fractions donne une impression de l\u00e9g\u00e8re fantaisie. Fantaisie, pourquoi pas ? On traverse le monde historique, personnel, spirituel ou sur-r\u00e9el, en touchant un peu \u00e0 tout&#8230; Ici, l\u2019\u00ab indestructibilit\u00e9 \u00bb de madame Wagner, qui, comme y fait allusion le texte ou autres choses, devrait \u00eatre si profonde et splendide, est r\u00e9duite \u00e0 une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 fantastique, \u00e0 une harmonie sans \u00e9paisseur&#8230;<br \/>\nL\u2019\u00ab indestructible \u00bb : \u00ab Le terme d\u2019 \u00cbindestructible\u00cb m\u2019int\u00e9resse parce qu\u2019il sonne comme un attribut de super h\u00e9ros de comics am\u00e9ricains \u00bb, constate Christophe Fiat.<br \/>\nEt, si je trouve une pi\u00e8ce de puzzle, qui se distingue brillamment dans cette histoire, \u00e7a sera un homme, qui appara\u00eet \u00e0 point, comme un h\u00e9ros qui r\u00e9pond \u00e0 \u00ab au secours ! \u00bb : c\u2019est Laurent Sauvage, qui apporte des h\u00e9licopt\u00e8res de F.F.Coppola. \u00ab Quand je pense \u00e0 Richard Wagner, j\u2019entends des h\u00e9licopt\u00e8res de F.F.Coppola que j\u2019ai vu \u00e0 15 ans au cin\u00e9ma&#8230; \u00bb. C\u2019est, bien entendu, des fameux h\u00e9licopt\u00e8res destructeurs d\u2019un film masculin, Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, qui volent avec La Chevauch\u00e9e des Walkyries de Richard Wagner. Etant prononc\u00e9e par lui, par cette pr\u00e9sence et sa voix  si calme, si douce, et si imposante, avec la profondeur myst\u00e9rieuse sans limite, cette phrase r\u00e9p\u00e9titive, non seulement ici mais aussi ailleurs, se donne l\u2019\u00e9clat accus\u00e9, devient fascinante et peut-\u00eatre dominante. Et, au dernier, c\u2019est lui qui pr\u00eache \u00e0 sa petite-fille un peu perdu, la vie spirituelle de Cosima, tout en \u00e9tant \u00e0 l\u2019\u00e9tat calme, qui ressemble \u00e0 celui de Nirvana&#8230;<br \/>\nR\u00e9veille-toi, et cours !<br \/>\n\u00ab Pourquoi vous parlez comme \u00e7a ? Vous parlez comme un r\u00eave&#8230; \u00bb, questionne Friedelinde \u00e0 Laurent Sauvage, presque \u00e0 la fin&#8230; Et voil\u00e0, comme un r\u00eave. Sa fa\u00e7on de parler, qui ressemble \u00e0 celle des autres, et aussi \u00e0 celle d\u2019autres performances de Christophe Fiat, et \u00e0 laquelle les gens ont affect\u00e9 tant d\u2019adjectifs, est maintenant nomm\u00e9 : comme un r\u00eave. Mais. Quand m\u00eame. J\u2019avoue que, en effet, \u00e0 ce moment l\u00e0, j\u2019ai l\u2019impression d\u2019avoir entendu le d\u00e9voilement de magie&#8230;<br \/>\nLa salle s\u2019allume. Je me r\u00e9veille de r\u00eave, comme Alice. Il est 20h10. Avant m\u00eame de l\u2019applaudissement, pas mal de gens commence d\u00e9j\u00e0 \u00e0 partir. Sur la sc\u00e8ne, les com\u00e9diens saluent le public. Juste devant, il y a la foule qui pr\u00e9cipite \u00e0 la sortie. Mon amie qui \u00e9tait assise \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, me pousse : \u00ab allez, on y va ! Le bus partira dans 5 minutes ! \u00bb Quelle fin ! Quelle histoire ! Indestructible, maintes fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9s sur la sc\u00e8ne. Mais le moment peut-\u00eatre le plus impressionnant du th\u00e9\u00e2tre, la fin de L\u2019Indestructible Madame Wagner n\u2019a pas pu r\u00e9sister \u00e0 l\u2019organisation g\u00e9niale de Bustival. Cours ! Attrappe le bus ! Sinon, il faut attendre encore 1h&#8230;<br \/>\n[1] Entretien avec Christophe Fiat, propos recueillis par Jean-Fran\u00e7ois Perrier, dans le programme de salle<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un peu loin de brouhaha de centre ville d\u2019Avignon, qui bouillonne de l\u2019air festif, le th\u00e9\u00e2tre hors-mur de Chartreuse de Villeneuve lez Avignon, appel\u00e9 Tinel de Chartreuse, attend les spectateurs \u00ab exil\u00e9s \u00bb du centre. Dans le temps doux apr\u00e8s un orage, le th\u00e9\u00e2tre ouvre ses portes aux gens, pour la premi\u00e8re repr\u00e9sentation \u00e0 cette ville de L\u2019Indestructible Madame Richard Wagner. 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