


{"id":738,"date":"2011-07-19T19:18:00","date_gmt":"2011-07-19T17:18:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=738"},"modified":"2011-07-19T19:18:00","modified_gmt":"2011-07-19T17:18:00","slug":"ouramdane-la-levee-de-la-conscience","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/ouramdane-la-levee-de-la-conscience\/","title":{"rendered":"Ouramdane : la lev\u00e9e de la conscience"},"content":{"rendered":"<hr \/>\n<p><em> <strong>Soir de G\u00e9n\u00e9rale au Clo\u00eetre des C\u00e9lestins o\u00f9 le chor\u00e9graphe et danseur Rachid Ouramdane, accompagn\u00e9 sur sc\u00e8ne par le compositeur Jean-Baptiste Julien, pr\u00e9sente Exposition Universelle. Une pi\u00e8ce chor\u00e9graphique d\u2019une heure qui d\u00e9veloppe une atmosph\u00e8re \u00e9trange, au rythme d\u2019une partition chor\u00e9graphique et musicale parfaitement ma\u00eetris\u00e9e. Impression de quelque chose qui ressortirait de la lecture de Blanchot, peut-\u00eatre Thomas l&rsquo;obscur, o\u00f9 aux premi\u00e8res pages du roman, Thomas, sortant pour la premi\u00e8re fois dans la rue, se fait bousculer et prend conscience de la fragilit\u00e9 et de l&rsquo;hostilit\u00e9 qui sont ins\u00e9parables&#8230; Pi\u00e8ce bousculante qu&rsquo; Exposition Universelle.<\/strong> <\/em><br \/>\n<em> Rachid Ouramdane ou l\u2019enjeu du contre-emplacement<\/em><br \/>\n\u00ab My works starts where the words fail \u00bb dit Meg Stuart. Et Rachid Ouramdane de citer l\u2019une des chor\u00e9graphes (comme il aurait pu citer aussi Odile Duboc entre autres) avec qui il a travaill\u00e9 et avec laquelle il partage cette perception de son art : \u00ab mon travail commence l\u00e0 o\u00f9 les mots \u00e9chouent \u00bb. Phrase complexe qui dit pr\u00e9cis\u00e9ment que la parole, qui ne peut tout, trouve un relais dans le mouvement qui la prolonge sous d\u2019autres formes. Phrase qu\u2019il faut aussi lire pour ce qu\u2019elle nomme : l\u2019\u00e9chec de la parole \u00e0 faire entendre ce qu\u2019il y a comprendre ou \u00e0 saisir du r\u00e9el. La danse, chez Rachid Ouramdame, est ainsi per\u00e7ue comme une autre voie, et elle est peut-\u00eatre ce qu\u2019il appelle \u00ab un bain sensoriel \u00bb. Un endroit du r\u00e9el o\u00f9 le corps aux prises avec d\u2019autres codes, o\u00f9 le corps d\u00e9plac\u00e9 autrement dans l\u2019espace, en contact diff\u00e9remment avec la lumi\u00e8re, avec l\u2019espace sonore\u2026 manifeste d\u2019autres signes qui sont autant de phrases signifiantes. Danser, d\u00e8s lors, ce serait \u00e0 nouveau parler. C\u2019est-\u00e0-dire occuper un endroit du langage o\u00f9 le mouvement du corps manifestera et exprimera, \u00e0 travers une s\u00e9rie d\u2019image dans\u00e9e, ce que les discours n\u2019arrivent pas ou plus \u00e0 formuler ; ce que le discours trahit aussi.<br \/>\nCar le chor\u00e9graphe et danseur, quand il pense la danse, quand il organise le mouvement, quand il cherche un espace sensible\u2026 r\u00e9fl\u00e9chit simultan\u00e9ment \u00e0 la port\u00e9e de son mouvement, \u00e0 sa vis\u00e9e, \u00e0 sa finalit\u00e9. Il l\u2019inscrit dans l\u2019Histoire, lui all\u00e8gue un r\u00f4le et une fonction. Conscient qu\u2019il n\u2019est de formes esth\u00e9tiques et po\u00e9tiques, plastiques et chor\u00e9graphiques qui ne soient elles-m\u00eames des soutiers du politique, Rachid Ouramdane entend interroger la mani\u00e8re dont le politique mod\u00e8le les processus de repr\u00e9sentation que l\u2019espace social entretient avec lui-m\u00eame. Dit autrement, Ouramdane s\u2019inqui\u00e8te de voir l\u2019esth\u00e9tisation du champ social livr\u00e9e au politique. Il s\u2019inqui\u00e8te des formes de m\u00e9diatisation, des formes d\u2019exclusion, des formes d\u2019infiltration du politique et des processus d\u2019ali\u00e9nation qui, au m\u00e9pris de la pluralit\u00e9, tendent \u00e0 n\u2019entretenir que des mod\u00e8les appauvris, binaires. Cette instrumentalisation de l\u2019art ou cette mise au service de l\u2019art \u00e0 des fins politiques, il la contrarie en proposant des mondes chor\u00e9graphiques qui sont autant de mod\u00e8les diff\u00e9rents, entrant dans une dialectique du renouvellement des champs perceptifs.<br \/>\nLa danse, chez Rachid Ouramdane, est donc moins politique que mise en place de nouveaux espaces dialectiques. C\u2019est-\u00e0-dire dialogues, questionnements, interpellations par l\u2019image, sensibilisation \u00e0 des mondes sonores. Si le travail de Rachid Ouramdane est politique, c\u2019est donc, et principalement, parce que le recours \u00e0 une po\u00e9tique du geste et du son s\u2019entend et se regarde comme une r\u00e9ponse \u00e0 une politique de la langue et du geste de bois. Sur le plateau, Rachid Ouramdane montre la rencontre entre l\u2019un et l\u2019autre.<br \/>\nLa cr\u00e9ation d\u2019Exposition universelle s\u2019inscrit dans cette r\u00e9flexion o\u00f9 l\u2019histoire l\u2019art croise celle de l\u2019histoire politique. \u00ab Ma nouvelle cr\u00e9ation s\u2019articule autour des esth\u00e9tiques officielles. Je m\u2019empare de divers courants artistiques et mod\u00e8les corporels qui ont permis d\u2019asseoir une id\u00e9ologie. Il s\u2019agit d\u2019observer  comment ces mod\u00e8les se d\u00e9posent peu \u00e0 peu dans le corps, de constater ce qui se passe quand les individus adh\u00e9rents \u00e0 ces id\u00e9aux ou, au contraire, ne parviennent pas \u00e0 les \u00e9pouser \u00bb dit-il.<br \/>\nApr\u00e8s Les Morts pudiques (2004), Surface de r\u00e9paration ou Des t\u00e9moins ordinaires (2009)\u2026 Exposition universelle, de l\u2019aveu de Rachid Ouramdane, se con\u00e7oit comme un \u00ab voyage libre dans l\u2019histoire des rapports entre corps et pouvoir \u00bb. Et d\u2019ajouter que c\u2019est cet amalgame fait de contraintes, d\u2019influences, de relations qui passent par l\u2019image, par la machine, par les formes discursives\u2026 qui sera questionn\u00e9.<br \/>\n\u00ab Ce qui m\u2019int\u00e9resse, ce n\u2019est pas de d\u00e9noncer frontalement ces processus autoritaires, plus ou moins visibles\u2026 ce qui m\u2019int\u00e9resse c\u2019est de comprend les constructions politiques qui fa\u00e7onnent la sensibilit\u00e9 individuelle ou comment les discours publics infiltrent nos comportements (\u2026) ce qui m\u2019int\u00e9resse, c\u2019est la fa\u00e7on dont l\u2019individu r\u00e9agit face \u00e0 elles, la fa\u00e7on dont cette iconographie laisse progressivement des stigmates sur les corps (\u2026) Dans une \u00e9poque de  sur-m\u00e9diatisation, o\u00f9 r\u00e8gne le principe  d\u2019impact et de s\u00e9duction, comment est-il encore possible de douter des images ? \u00bb. Et Ouramdane de conclure : \u00ab C\u2019est, en fait, un travail sur les processus de fascination et la possibilit\u00e9 de les d\u00e9sosser \u00bb.<br \/>\nSoit, un espace chor\u00e9graphique qui entretiendrait un rapport \u00e0 l\u2019h\u00e9t\u00e9rotopie. Un contre-espace ou, comme l\u2019\u00e9crivait Michel Foucault dans un texte \u00e9crit en 1967, un \u00ab contre-emplacement \u00bb\u2026 qui fait de la danse un lieu qui s\u2019ouvre non pas sur un espace d\u2019illusion, mais un territoire de compensation.<br \/>\nExposition Universelle<br \/>\nOu \u00ab exposer \u00bb ce qui serait commun, \u00e9ternel, infiniment reconductible. \u00ab Exposition \u00bb, tout d\u2019abord ou un mot qui d\u00e9signe un mode d\u2019apparition concentr\u00e9. \u00ab Exposer \u00bb, c\u2019est mettre \u00e0 vue, montrer, souligner. C\u2019est mettre en avant. C\u2019est-\u00e0-dire prendre le temps d\u2019un d\u00e9veloppement. Aussi comprenons-nous que le premier mot du titre de la chor\u00e9graphie de Rachid Ouramadane jouera sur les deux tableaux de l\u2019exposition et de la narration. Soit un rapport entre une forme, une mati\u00e8re et la mani\u00e8re d\u2019en faire la d\u00e9clinaison, d\u2019en produire des variations. Et ajouter un adjectif : \u00ab universelle \u00bb. Adjectif des cat\u00e9gories totalisantes et uniformisantes que l\u2019on trouve ici et l\u00e0 comme ce qui souderait les choses&#8230; ou les fermerait. Adjectif suspect, en d\u00e9finitif, qui exclut le pluriel, pour tout ramener au singulier c\u00e9l\u00e9br\u00e9. D\u00e8s le titre, donc, Ouramdane nous assure d\u2019un parcours et d\u2019une trajectoire dans ce qui pourrait d\u00e8s lors se nommer : exploration d\u2019un singulier c\u00e9l\u00e9br\u00e9. Attenant \u00e0 une \u00e9tude sur les esth\u00e9tiques officielles, Exposition universelle traduit ainsi le souci du chor\u00e9graphe d\u2019aller chercher dans l\u2019horizon historique quelques-unes de ces formes singuli\u00e8res.<br \/>\nEspace partiellement vide abritant des machines, des plots technologiques, des poids et contre-poids. Impression de domination de la technologie&#8230;y compris les ombres qui se d\u00e9coupent sur la sc\u00e8ne. Sur un socle circulaire en rotation, Ouramdane a gagn\u00e9 le plateau. C\u2019est un temps de concentration, d\u2019immersion sur un fond sonore qui pourrait tout \u00e0 fait s\u2019apparenter au son d\u2019un glas dans le lointain. Temps de descente dans une profondeur int\u00e9rieure bient\u00f4t rythm\u00e9e par un m\u00e9tronome que Jean-Basptiste Julien pose sur la sc\u00e8ne des c\u00e9lestins. Le m\u00eame met en mouvement une perche, un balancier qui, tout au long de la pi\u00e8ce chor\u00e9graphique, fonctionnera comme la gigantesque aiguille d\u2019une montre sans cadran, une sorte de bras qui semble autonome, un vague alien&#8230; Deux mouvements : l\u2019un vertical, l\u2019autre circulaire agencent d\u00e8s lors l\u2019espace qui va petit \u00e0 petit \u00eatre satur\u00e9 par Julien qui superpose les sons, les rythmes, la hauteur des d\u00e9cibels\u2026 Ouramdane, dans une plong\u00e9e toute int\u00e9rieure, est au c\u0153ur de ce dispositif centrifuge et centrip\u00e8te o\u00f9 sons et mouvements s\u2019amalgament pour, semble-t-il, mesurer le temps. Prendre la mesure du temps. Comprenons aussi saisir l\u2019air du temps.<br \/>\nDans ce qui n\u2019est pas encore un chaos sonore, le penseur quitte alors son socle et ex\u00e9cute une s\u00e9rie de mouvements tranchants. Gestes totalement ma\u00eetris\u00e9s et sym\u00e9triques des bras qui se regardent \u00e0 leur tour comme un autre balancier. Gestes pr\u00e9cis et r\u00e9p\u00e9t\u00e9s o\u00f9 chaque muscle est visible pour ce qu\u2019il expose : une tension. Car ici la r\u00e9p\u00e9tition semble souligner un carcan qui prive le geste de ses extensions. Dans quelques instants, soudainement, un portrait sur un \u00e9cran hiss\u00e9 par Ouramdane laisse appara\u00eetre un visage peint d\u2019une croix noire. Image hostile de supporters ou de skin. Ouramdane danse au pied de cette ic\u00f4ne violente. Il titube, tombe, se rel\u00e8ve. L\u2019espace sonore, lui, est satur\u00e9 de notes qui courent dans la nuit. Effet de r\u00e9verb\u00e9ration, de percussion, d\u2019ondulation qui souligne un espace occup\u00e9. Une zone conquise par une violence sonore qui pourrait elle aussi s\u2019\u00e9couter comme l\u2019expression tonale de chants guerriers des stades. Le dialogue chor\u00e9graphique tourne court. Ouramdane, dans une danse faite de reculs et d\u2019avanc\u00e9es, de jambes qui plient et d\u2019\u00e9chines qui se courbent\u2026 jette l\u2019\u00e9ponge, et s\u2019\u00e9clipse. Julien, \u00e0 la man\u0153uvre, en capitaine de l\u2019oc\u00e9an des sons, substitue \u00e0 ces aboiements phoniques, le phras\u00e9 d\u2019un piano. Nouveau portrait d\u2019un homme sans visage sur l\u2019\u00e9cran vid\u00e9o. Puis un autre, celui de l\u2019homme au visage noir muet ou plus tard pr\u00e9sent\u00e9 bouche ouverte \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un Cri de Munch. Puis un autre, celui de l\u2019homme au visage blanc. Ouramdane, face recouverte d\u2019un blanc de c\u00e9ruse, est \u00e0 l\u2019\u00e9gal d\u2019un mime ou d\u2019un monsieur loyal : figures mi-na\u00efves, mi-secr\u00e8tes. Et sa mani\u00e8re d\u2019imposer ces regards de portraits pris \u00e0 des mus\u00e9es improbables perp\u00e9tue l\u2019impression d\u2019une galerie de visages anonymes.<br \/>\nComme lui-m\u00eame qui, dans un num\u00e9ro de claquettes, s\u2019\u00e9puise. Point rupture o\u00f9 le rythme feint des com\u00e9dies musicales finit par rendre son corps bancal. Le mime revient, il pose en faune et prend une allure de Nijinski. D\u00e9j\u00e0 une autre image appara\u00eet d\u2019un \u0153il qui re\u00e7oit une lentille bleue. Sensation d\u2019\u00eatre devant le geste de Bunuel et de son Chien andalou. A la derni\u00e8re image, la m\u00e9lodie d\u2019oiseaux accompagne l\u2019ultime portrait d\u2019un visage au puzzle bleu, blanc, rouge (dit comme \u00e7a on y voit un drapeau. Dit autrement rouge, bleu, blanc\u2026on voit diff\u00e9remment). Visage aux mouvements brusques de \u00ab piaf \u00bb en alerte\u2026qui semble s\u2019effrayer d\u2019une bande son qui mixe diff\u00e9rents hymnes nationaux. C\u2019est, et c\u2019est depuis le d\u00e9but, le visage d\u2019Ouramdane aux aguets.<br \/>\nConstruit sur une interaction entre vide, espace sonore\/musical et geste chor\u00e9graphique, Exposition Universelle d\u00e9veloppe une tension inqui\u00e9tante, sugg\u00e8re  un d\u00e9nuement continu, une forme d&rsquo;apesanteur ralentie au point que la fragilit\u00e9 du geste humain appara\u00eet. Jouant de la compl\u00e9mentarit\u00e9 des forces sonores et visuelles, Jean-Baptiste semble donner des directions sonores et Ouramdane les accomplir. Marchant, d\u00e9ambulant, dansant&#8230; Ouramdane livre alors une partition chor\u00e9graphique o\u00f9, la parole absente, c&rsquo;est un monde de forces violentes, d&rsquo;images \u00e9tranges et de mouvements fragilis\u00e9s qui se c\u00f4toient dans un espace au blanc spectral. C&rsquo;est surtout aussi un rapport au visage, \u00e0 cette mani\u00e8re que Ouramdane a de proposer une lecture de ceux-ci. Visages isol\u00e9s, rendus \u00e9trangers au visage du danseur sur sc\u00e8ne. Visage et d\u00e9visagement&#8230; qui appuient l&rsquo;id\u00e9e du viol qu&rsquo;est tout regard qui d\u00e9visage, puisque d\u00e9visager quelqu&rsquo;un c&rsquo;est le priver du lieu de son intimit\u00e9. Avec Exposition&#8230;, s&rsquo;il fallait souligner un seul point de cette cr\u00e9ation o\u00f9 se m\u00ealent intensit\u00e9 visuelle et densit\u00e9 sonore, peut-\u00eatre faudrait-il alors tout simplement saluer le travail de Rachid Ouramdane comme celui qui dit qu&rsquo;une menace p\u00e8se sur le visage : ce lieu priv\u00e9 et singulier. Lieu anonyme \u00e0 qui le chor\u00e9graphe conf\u00e8re une pr\u00e9sence essentielle. Et comprendre alors que ce danseur solo, quand il eut choisi le titre de cette cr\u00e9ation, imaginait que chacun d&rsquo;entre nous est Exposition universelle.<br \/>\nS&rsquo;exposant sur la sc\u00e8ne au rayonnement d&rsquo;une lumi\u00e8re blanche froide qui donne au plateau un aspect de banquise, dansant \u00e0 la merci d&rsquo;un bras al\u00e9atoire (celui-ci n&rsquo;a plus rien \u00e0 voir avec celui d&rsquo;Enfant qui \u00e9tait t\u00e9l\u00e9guid\u00e9), s&rsquo;ex\u00e9cutant \u00e0 travers une s\u00e9rie de tableaux fragment\u00e9s dans\u00e9s \u00e9clectiques tous reli\u00e9s par une fragilit\u00e9, par un mouvement de chute lasse, de jambes qui se d\u00e9robent&#8230; au moment o\u00f9 Rachid Ouramdane se retire de la sc\u00e8ne alors que Jean-Baptiste Julien joue au piano une m\u00e9lodie aux accents m\u00e9lancoliques en boucle, aux accords changeants, Exposition universelle s&rsquo;ach\u00e8ve soudainement sans que la derni\u00e8re image ne l\u00e8ve le voile sur cette \u00e9pure \u00e9nigmatique. Comme s&rsquo;il ne pouvait y avoir de fin, mais juste une suspension, un jeu de poids et de contrepoids incertain appelant un regard sur l&rsquo;\u00e9tiolement de la vie. Et qui sait, peut-\u00eatre la lev\u00e9e de la conscience, dans l&rsquo;instant o\u00f9 l&rsquo;exposition dissout la repr\u00e9sentation pour livrer passage \u00e0 un monde sensible&#8230;<br \/>\n<quote>Les 20, 22, 23, 24 juillet, Clo\u00eetre des C\u00e9lestins, \u00e0 22H00<\/quote><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soir de G\u00e9n\u00e9rale au Clo\u00eetre des C\u00e9lestins o\u00f9 le chor\u00e9graphe et danseur Rachid Ouramdane, accompagn\u00e9 sur sc\u00e8ne par le compositeur Jean-Baptiste Julien, pr\u00e9sente Exposition Universelle. Une pi\u00e8ce chor\u00e9graphique d\u2019une heure qui d\u00e9veloppe une atmosph\u00e8re \u00e9trange, au rythme d\u2019une partition chor\u00e9graphique et musicale parfaitement ma\u00eetris\u00e9e. Impression de quelque chose qui ressortirait de la lecture de Blanchot, peut-\u00eatre Thomas l&rsquo;obscur, o\u00f9 aux premi\u00e8res pages du roman, Thomas, sortant pour la premi\u00e8re fois dans la rue, se fait bousculer et prend conscience de<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-738","article","type-article","status-publish","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/738","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=738"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=738"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}