


{"id":749,"date":"2011-07-17T19:31:00","date_gmt":"2011-07-17T17:31:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=749"},"modified":"2011-07-17T19:31:00","modified_gmt":"2011-07-17T17:31:00","slug":"levee-des-conflits-execution-dun-canon","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/levee-des-conflits-execution-dun-canon\/","title":{"rendered":"Lev\u00e9e des conflits : ex\u00e9cution d\u2019un canon"},"content":{"rendered":"<hr \/>\n<p><em> <strong>Apr\u00e8s \u00ab Enfant \u00bb pr\u00e9sent\u00e9 dans la cour d\u2019honneur, Boris Charmatz et son \u00e9quipe nous invitent \u00e0 d\u00e9couvrir ou red\u00e9couvrir \u00ab Lev\u00e9e des conflits \u00bb au stade de Bagatelle sur l\u2019\u00eele de la Barthelasse. Une proposition qui se joue aux pieds des remparts d\u2019Avignon, un abandon du centre pour se retrouver \u00e0 danser sur l\u2019herbe d\u2019un stade de football. Un confort mis de c\u00f4t\u00e9 pour chercher une libert\u00e9 adolescente d\u2019une danse en plein champ. Espace choisi qui fait du pont le lien du festival et de la danse. Une installation dans\u00e9e \u00e0 laquelle on est convi\u00e9 mais qui se pr\u00e9sente comme un spectacle en quadri frontal. Ce projet a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 il y a deux ans pour le festival \u00ab Mettre en sc\u00e8ne \u00bb \u00e0 Rennes. Charmatz raconte qu\u2019il l\u2019imagine comme une installation plastique pour un collectif de 24 danseurs. \u00ab Lev\u00e9e des conflits \u00bb s\u2019appui sur l\u2019id\u00e9e que cette chor\u00e9graphie pourrait \u00eatre vu dans son enti\u00e8ret\u00e9 \u00e0 chaque seconde. Ce spectacle est compos\u00e9 de 25 mouvements que chaque danseur en d\u00e9calage ex\u00e9cute. Ce qui produit un tableau vivant donnant \u00e0 voir \u00e0 chaque instant la totalit\u00e9 des gestes qui compose l\u2019ensemble de la chor\u00e9graphie. Une installation qui nomme la fin d\u2019un combat et qui se fabrique en canon.<\/strong> <\/em><br \/>\nC\u2019est en effet la fin d\u2019un combat, o\u00f9 une pause des batailles vu ou \u00e0 voir \u00e0 l\u2019auditorium de l\u2019\u00e9cole d\u2019art dans la mesure o\u00f9 les danseurs rejoignent un \u00e0 un l\u2019espace sc\u00e9nique pour recommencer la m\u00eame phrase chor\u00e9graphique. Ils entrent dans la danse en acceptant ses codes et ses r\u00e8gles. La phrase qui compose ce spectacle se r\u00e9p\u00e8te et est constitu\u00e9e de mouvements qui sont eux m\u00eames r\u00e9p\u00e9titifs et fonctionnent comme un d\u00e9clencheur du mouvement suivant. C\u2019est un engrenage dans lequel le danseur est autant l\u2019objet que le sujet. En effet, la phrase, la succession des gestes est ordonn\u00e9e et millim\u00e9tr\u00e9e. Le sujet est englouti dans cette machine collective mais se distingue par sa mani\u00e8re pr\u00e9cise et singuli\u00e8re d\u2019ex\u00e9cuter chaque mouvement. La danse oscille entre mouvement de caresse, de douceur et une extr\u00eame intensit\u00e9 de d\u00e9pense d\u2019\u00e9nergie et de violence. Violence qui n\u2019est pas li\u00e9e au conflit mais qui est proche d\u2019une ardeur, d\u2019une fougue et d\u2019une force. Ce bouillonnement est li\u00e9 aussi \u00e0 l\u2019\u00e9coute de chacun des danseurs vis \u00e0 vis du groupe. Cette \u00e9coute li\u00e9e n\u00e9cessairement \u00e0 cette danse en canon se retrouve dans l\u2019occupation et la gestion de l\u2019espace. Les danseurs d\u2019\u00e2ge et d\u2019horizon divers sont au service du collectif et se d\u00e9ploient individuellement dans la phrase qu\u2019ils prof\u00e8rent. Une phrase qui est une kyrielle de geste qui dans la dur\u00e9e et dans la fatigue des interpr\u00e8tes rappelle les derniers mot de l\u2019Innommable de Beckett : \u00ab il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer \u00bb. \u00c0 ceci pr\u00eat que chez Beckett, cela nous \u00e9voque un \u00e9puisement, une fin d\u2019un \u00ab je \u00bb quand chez Charmatz c\u2019est une finalit\u00e9 du collectif, la d\u00e9finition du \u00ab nous \u00bb. Cette pi\u00e8ce, \u00ab Lev\u00e9e des conflits \u00bb, le chor\u00e9graphe la pense comme la repr\u00e9sentation d\u2019un collectif qui saurait communier et danser ensemble. Mais ce danser ensemble est \u00e9galement une repr\u00e9sentation de l\u2019ali\u00e9nation de l\u2019individu. Une ali\u00e9nation consentie et accept\u00e9e par les danseurs qui d\u00e9veloppe un trouble entre l\u2019id\u00e9e de collectif et sa capacit\u00e9 \u00e0 enfermer les individualit\u00e9s. Boris Charmatz r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er, \u00e0 emmener dans ses aventures artistiques un groupe, une communaut\u00e9. Une communaut\u00e9 \u00e0 l\u2019\u0153uvre qui travaille dans l\u2019exigence et dans l\u2019\u00e9coute.<br \/>\nCette phrase chor\u00e9graphique s\u2019est construite d\u00e9j\u00e0 dans une communaut\u00e9, empruntant des mouvements comme des citations \u00e0 Merce Cunningham, Odile Duboc et Vincent Druguet, utilisant des gestes invent\u00e9s au cours de stage avec des amateurs au Mus\u00e9e de la danse et ceux invent\u00e9s pour cette cr\u00e9ation. Une chor\u00e9graphie aux multiples facettes et aux diverses couleurs qui sont les singularit\u00e9s et disparit\u00e9s des danseurs et de leurs costumes. Un spectacle qui s\u2019inscrit dans un mouvement, un seul mais qui est interpr\u00e9t\u00e9, r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9, partag\u00e9. Une phrase accompagn\u00e9e \u00e9pisodiquement de brefs extraits sonores qui racontent les bruits du monde. L\u2019espace dans lequel se d\u00e9roule cette proposition c\u00f4toie la r\u00e9alit\u00e9 et ses bruit de voitures, de bus, de passants qui commentent en haut du pont qui surplombe le stade : -\u00ab qu\u2019est ce que c\u2019est ? Qu\u2019est-ce qu\u2019ils font ? \u00bb<br \/>\nMouvement de la danse, qui pense la cr\u00e9ation en rapport au pass\u00e9, au pr\u00e9sent et au r\u00e9el. Ce spectacle fait \u00e9cho au travail men\u00e9 par Boris Charmatz autour de l\u2019\u00e9criture de Christophe Tarkos. (cf photo du livre) En effet, avec un groupe de danseur, il cherchait \u00e0 travers \u00ab Hauteur \u00bb1  du po\u00e8te \u00e0 mettre les mots en mouvement dans ce qu\u2019il appelait le \u00ab Tarkos training \u00bb2. C\u2019est dans une recherche ou un processus de travail que s\u2019inscrit \u00ab Lev\u00e9e des conflits \u00bb. Effectivement les danseurs nous proposent plus une installation qu\u2019un spectacle autour de laquelle nous aurions du nous d\u00e9placer mais notre conservatisme nous a habitu\u00e9 \u00e0 notre place de spectateurs immobiles et sages et c\u2019est sous forme de spectacle que nous le recevons.<br \/>\n1- \u00ab\u00a0Hauteur\u00a0\u00bb de Christophe Tarkos dans \u00ab\u00a0\u00c9crits po\u00e9tiques\u00a0\u00bb aux \u00e9ditions POL<br \/>\n2- \u00ab\u00a0Je suis une \u00e9cole\u00a0\u00bb de Boris Charmatz aux \u00e9ditions Les Prairies Ordinaires<br \/>\nhttp:\/\/culturebox.france3.fr\/all\/29713\/boris-charmatz-cree-levee-de-conflits-au-festival-mettre-en-scene#\/all\/29713\/boris-charmatz-cree-levee-de-conflits-au-festival-mettre-en-scene<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s \u00ab Enfant \u00bb pr\u00e9sent\u00e9 dans la cour d\u2019honneur, Boris Charmatz et son \u00e9quipe nous invitent \u00e0 d\u00e9couvrir ou red\u00e9couvrir \u00ab Lev\u00e9e des conflits \u00bb au stade de Bagatelle sur l\u2019\u00eele de la Barthelasse. 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