


{"id":760,"date":"2011-07-14T19:44:00","date_gmt":"2011-07-14T17:44:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=760"},"modified":"2011-07-14T19:44:00","modified_gmt":"2011-07-14T17:44:00","slug":"life-and-times-autant-en-emporte-du-vent","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/life-and-times-autant-en-emporte-du-vent\/","title":{"rendered":"Life and Times : Autant en emporte du Vent"},"content":{"rendered":"<hr \/>\n<p><em> <strong>Clo\u00eetre des C\u00e9lestins, Kelly Copper&amp; Pavol Liska qui ont fond\u00e9 la Nature theater of Oklahoma proposent ce qui ressemble \u00e0 une com\u00e9die musicale : Life and Times (chroniques d\u2019une vie) \u00e9pisodes 1 et 2. Soit pas loin de 5H30 de chansons dans\u00e9es, en deux temps, qui obligent Kelly and Pavol, en pr\u00e9ambule de l\u2019\u00e9pisode 1, \u00e0 demander au spectateur de ne pas partir \u00e0 l\u2019entracte, et de rester pour le 2nd \u00e9pisode. Pr\u00e9caution vaine puisque l\u2019espace des C\u00e9lestins se videra partiellement au motif, sans doute, que ce type de \u00ab performance \u00bb fantaisiste ressemble \u00e0 son titre : long et r\u00e9p\u00e9titif. Comme la conversation t\u00e9l\u00e9phonique qu&rsquo;elle restitue&#8230;<\/strong> <\/em><br \/>\n<em>Au programme<\/em><br \/>\nA vrai dire, \u00e0 la lecture du programme plusieurs \u00e9l\u00e9ments du programme auraient de quoi retenir le spectateur. Pas aveugle et instruit, il ne peut \u00eatre insensible \u00e0 ce qu\u2019il lit et aux r\u00e9f\u00e9rences prestigieuses qui sont convoqu\u00e9es. A lire le programme, mentionner l\u2019influence des principes al\u00e9atoires de John Cage comme un \u00e9l\u00e9ment structurant ce travail th\u00e9\u00e2tral ; souligner la parent\u00e9 de celui-ci avec les r\u00e9alisations plastiques de Marcel Duchamp et Andy Warhol \u00ab qui ont \u00e9lev\u00e9 le quotidien vers les hauteurs de l\u2019art \u00bb lit-on (un peu surpris tout de m\u00eame par ce commentaire qui rend bien mal compte de l\u2019int\u00e9r\u00eat que l\u2019on pr\u00eate \u00e0 l\u2019un et \u00e0 l\u2019autre) ; d\u00e9couvrir que Merce Cunningham, l\u2019un des p\u00e8res de la Modern Dance, fait lui aussi partie de l\u2019espace r\u00e9f\u00e9rentiel de cette compagnie \u2026 ne pouvaient qu\u2019alerter le spectateur.<br \/>\nA lire le programme, donc, il y avait l\u00e0 une proposition qui relevait d\u2019une invitation \u00e0 se souvenir d\u2019un ensemble de cr\u00e9ateurs plasticien, musicien, chor\u00e9graphe, gens de th\u00e9\u00e2tre qui ont r\u00e9volutionn\u00e9 la repr\u00e9sentation de l\u2019art. Notamment, en privil\u00e9giant de nouveaux processus de cr\u00e9ation, en rompant avec le mim\u00e9tisme ou les paradigmes d\u00e9volus \u00e0 la cr\u00e9ation artistique tels que :le beau, le vrai ; etc.<br \/>\nAinsi ces noms appelaient une histoire qui, au tournant du vingti\u00e8me si\u00e8cle, celui que l\u2019on nomme \u00ab le tournant esth\u00e9tique \u00bb, dans l\u2019influence du Bauhaus, puis celui du New Bauhaus \u00e0 Chicago (apr\u00e8s que l\u2019exil marque cette communaut\u00e9) ouvre la voie vers la postmodernit\u00e9 et un art vivant. Au compte de cette orientation, le spectateur pouvait sans doute imaginer, \u00e0 lire le programme, qu\u2019il y aurait l\u00e0 une influence d\u00e9terminante sur la proposition sc\u00e9nique de Life an Times. Et de r\u00eaver ainsi \u00e0 quelques processus qui ne seraient pas sans faire \u00e9cho au travail de laboratoire du Black Moutains College, n\u00e9 en 1933. Que les exp\u00e9riences de Cage et Cunningham seraient aussi li\u00e9s \u00e0 ceux, par exemple d\u2019Yvonne Rainer. Yvonnes Rainer qui dans Terrain (1963), pi\u00e8ce chor\u00e9graphique fond\u00e9e sur le tirage au sort de lettres ou de chiffres, invitait les danseurs \u00e0 cr\u00e9er des formes n\u00e9es du hasard. Spectacle qu\u2019elle con\u00e7oit comme un Manifeste qui dit : \u00ab non au spectacle, non \u00e0 la virtuosit\u00e9 et au merveilleux et au trompe-l\u2019\u0153il, non \u00e0 la fascination et \u00e0 la transcendance de l\u2019image de la star, non \u00e0 l\u2019h\u00e9ro\u00efque non \u00e0 l\u2019anti-h\u00e9ro\u00efque, non aux images de pacotille, non \u00e0 l\u2019engagement du performer ou du spectateur, non au style, non au mani\u00e9r\u00e9, non \u00e0 la s\u00e9duction du spectateur par les artifices de l\u2019interpr\u00e8te, non \u00e0 l\u2019excentricit\u00e9, non \u00e0 l\u2019\u00e9mouvant et \u00e0 l\u2019\u00e9mu\u2026 \u00bb. Soit, comme l\u2019\u00e9crivait Jean Dubuffet, la fin et la condamnation de \u00ab l\u2019asphyxiante culture \u00bb et de la \u00ab culture des veuves \u00bb. Ou pourquoi pr\u00e9f\u00e9rer le titre original d\u2019un des c\u00e9l\u00e8bres tableaux de Picasso, \u00ab Le bordel d\u2019Avignon \u00bb, \u00e0 celui qui est expos\u00e9 comme les \u00ab Demoiselles d\u2019Avignon \u00bb.<br \/>\nQue dire encore, quand le programme fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 L\u2019Am\u00e9rique de Kafka ? Ce roman initiatique ou d\u2019apprentissage inachev\u00e9, abandonn\u00e9 en 1912, intitul\u00e9 Le disparu et que Max Brod, en 1927, publiera sous le titre Amerika ? Roman o\u00f9 le jeune Karl Rossmann (en allemand homme cheval), apr\u00e8s avoir engross\u00e9 la bonne, se voit imposer l\u2019exil aux USA. Et y d\u00e9couvre l\u2019errance, les petits boulots, la condition du migrant\u2026jusqu\u2019\u00e0 ce que, au dernier chapitre, il soit recrut\u00e9 au Grand Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Oklahoma. Th\u00e9\u00e2tre qui, \u00e0 l\u2019image du frontispice du Globe \u00ab Totus mundus agit histrionem \u00bb, affiche un \u00ab slogan \u00bb de bienvenue \u00ab Tout le monde a sa place \u00bb. Roman critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019Am\u00e9rique &#8211; pas autant que le po\u00e8me Amerika de Ginsberg &#8211; qui, du point de vue litt\u00e9raire, est consid\u00e9r\u00e9 comme un \u0153uvre fondatrice, ouvrant la voie \u00e0 un nouveau mode d\u2019\u00e9criture\u2026 Karl, \u00e9tant peut-\u00eatre le fant\u00f4me, ou l\u2019ombre de \u00ab Joseph K \u00bb dans le Proc\u00e8s, livre suivant.<br \/>\nPour autant que le programme dessinait le spectre d\u2019une histoire, et que l\u2019on ne pouvait douter d\u00e8s lors de la filiation du Nature Theater Of Oklahoma, la soir\u00e9e m\u00eame sous le vent fort qui s\u2019engouffrait dans le Clo\u00eetre des C\u00e9lestins s\u2019annon\u00e7ait fabuleuse\u2026<br \/>\nAutant en emporte du Vent<br \/>\nC\u2019\u00e9tait sans compter sur une r\u00e9alit\u00e9. Le programme, comme en politique, n\u2019est jamais que parole et papier. \u00ab Papier qui ne refuse pas l\u2019encre \u00bb comme dit le proverbe. C\u2019est-\u00e0-dire, que vous pouvez \u00eatre abus\u00e9 par l\u2019encre. Entre deux \u00e9crans plats sur lesquels d\u00e9fileront les kilom\u00e8tres de texte en fran\u00e7ais et en anglais, sur la surface blanche de la sc\u00e8ne o\u00f9 se chantera Life and Times, \u00e0 m\u00eame un groupe musical qui orchestre le tout\u2026 Life and Times s\u2019\u00e9ternisera, dans un geste monos\u00e9mique, des poses mono chor\u00e9graphiques, voire malgr\u00e9 l\u2019inflation d\u2019anecdotes et d\u2019histoires secondaires qui obligent la m\u00e2choire \u00e0 articuler, un son mono syllabique qui tient \u00e0 \u00ab Hum \u00bb. Sorte de ponctuation qui marque, dans le propos, une h\u00e9sitation, un doute, un arr\u00eat\u2026 mais que l\u2019on finit par confondre \u00e0 une boursouflure rh\u00e9torique.<br \/>\nAvant d\u2019en arriver \u00e0 ce commentaire, les 3H30, de Episode 1 (pas le courage d\u2019avaler le 2 qui est la suite, mais au College. Donc, contraint de jeter l\u2019\u00e9ponge avant le Ko. Je reste avec mon Ticket du n\u00b02, et n\u2019ai pas la force de le revendre. Trop de concurrence \u00e0 la porte des c\u00e9lestins o\u00f9 on casse les prix, \u00e0 moins qu\u2019un sentiment moral m\u2019interdise de spolier un spectateur de son temps.)\u2026<br \/>\nAvant d\u2019en arriver \u00e0 ce commentaire donc, il aura fallu encaisser un comique de r\u00e9p\u00e9tition qui tourne au cauchemar de situation. Il aura fallu regarder 6 chanteurs ou, ce qui se donne comme une com\u00e9die musicale, fini par produire une com\u00e9die nasale. Une com\u00e9die lyrico-comique, rocococomique\u2026 Il aura fallu supporter le r\u00e9cit de A \u00e0 Z, d&rsquo;un sujet aux diff\u00e9rents personnages, de la naissance \u00e0 plus tard, \u00e0 travers le d\u00e9tail d\u2019anecdotes qui ont autant d\u2019int\u00e9r\u00eat que le fond d\u2019une couche-culotte (aucune injure ici, c\u2019est \u00e0 peu de chose pr\u00e8s ce qui est \u00e9voqu\u00e9 dans le r\u00e9cit). Il aura fallu survivre \u00e0 cette forme qui, pour autant qu\u2019elle peut sembler distancier, est en d\u00e9finitive, incapable de rompre avec l\u2019\u00e9ducation campus. Aussi, \u00e7a ressemble vraiment, et je n\u2019y vois rien d\u2019autre, \u00e0 un Karaok\u00e9 (suis tent\u00e9 de chanter le texte qui d\u00e9file sur les \u00e9crans). A moins que les 3 Pompoms Girls en d\u00e9monstration (jupe grise d\u2019infirmi\u00e8re, fichu rouge sur cr\u00e2ne, ou autour du cou) ne soient pas autre chose qu\u2019une bande de danseuse de foire revisit\u00e9e par les Monty Python. Et que le mouvement d\u2019avant en arri\u00e8re, flexion de genou, ne me rappelle qu\u2019elles sont \u00e0 cheval (nom du h\u00e9ros Karl Rossmann) ou, incapable de se soustraire au st\u00e9r\u00e9otype du \u00ab Poor long son Cow boy). L\u2019interpr\u00e8te d\u00e9guis\u00e9 en lapin ach\u00e8ve le spectateur que je suis\u2026 Disney ? Caroll ? Play boy\u2026 c\u2019est le cou du lapin ressenti.<br \/>\nSentiment de gueule de bois, ou d\u2019avoir v\u00e9cu une Danse marathon des ann\u00e9es 30\u2026 \u00e9puis\u00e9 quoi.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Clo\u00eetre des C\u00e9lestins, Kelly Copper&amp; Pavol Liska qui ont fond\u00e9 la Nature theater of Oklahoma proposent ce qui ressemble \u00e0 une com\u00e9die musicale : Life and Times (chroniques d\u2019une vie) \u00e9pisodes 1 et 2. Soit pas loin de 5H30 de chansons dans\u00e9es, en deux temps, qui obligent Kelly and Pavol, en pr\u00e9ambule de l\u2019\u00e9pisode 1, \u00e0 demander au spectateur de ne pas partir \u00e0 l\u2019entracte, et de rester pour le 2nd \u00e9pisode. 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