


{"id":764,"date":"2011-07-13T19:51:00","date_gmt":"2011-07-13T17:51:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=764"},"modified":"2011-07-13T19:51:00","modified_gmt":"2011-07-13T17:51:00","slug":"sacre-off","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/sacre-off\/","title":{"rendered":"Sacr\u00e9 Off !"},"content":{"rendered":"<p>&#8212;&#8211;<br \/>\n<em> <strong>Dans la vieille rue des Teinturiers, o\u00f9 le monde avignonnais circule difficilement, il faut se frayer un passage pour arriver jusqu\u2019au petit th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Albatros. L\u00e0-bas, toute la journ\u00e9e, les spectacles s\u2019encha\u00eenent. A 18h30, tous les jours jusqu\u2019au 23 juillet, le public peut se risquer \u00e0 d\u00e9couvrir \u00ab\u00a0Cecilem le Cin\u00e9ma !\u00a0\u00bb, un concert-spectacle mis en sc\u00e8ne par Michel Vivier. Point de cin\u00e9ma au programme de ce concert d\u20191h15 mais bien de la chanson. Vari\u00e9t\u00e9.<\/strong> <\/em><br \/>\nAu dos de la petite carte de publicit\u00e9, Cecilem est pr\u00e9sent\u00e9e comme une artiste qui tourne en France et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger : plus de 850 concerts nous dit-on. Elle est aussi l\u2019auteure d\u2019une B.O. : celle du dernier film de la com\u00e9dienne-humoriste Isabelle Mergault, Donnant, donnant. De souvenir, le site internet pr\u00e9cise que la jeune femme a vendu plus de 15 000 albums&#8230; Bref, de quoi assoir la l\u00e9gitimit\u00e9 de l\u2019artiste dans le paysage culturel.<br \/>\n Sur la sc\u00e8ne de l\u2019Albatros, ils sont trois : C\u00e9cile au piano et au chant, Alain Richard \u00e0 la batterie et Fran\u00e7ois Muguet-Notter \u00e0 la guitare. Quatre avec l\u2019\u00e9cran de cin\u00e9ma qui couvre le fond de sc\u00e8ne.<br \/>\nSi C\u00e9cile aime le cin\u00e9ma, malheureusement le cin\u00e9ma ne le lui rend pas. Les six\/sept s\u00e9quences film\u00e9es qui ponctuent le concert fonctionnent en interaction avec l\u2019instant T de la sc\u00e8ne. Un dialogue au sens propre s\u2019installe entre les trois comp\u00e8res et leurs doubles pr\u00e9sents \u00e0 l\u2019\u00e9cran : les musiciens interpellent leur image et vice versa. Au tout d\u00e9but du spectacle, point d\u2019image, juste des voix off cacophoniques qui finissent par lancer un \u00ab Action ! \u00bb : vous aurez compris que c\u2019est ici le d\u00e9but du concert\u2026<br \/>\nConstruit sur l\u2019alternance entre les morceaux, les interm\u00e8des parl\u00e9s-jou\u00e9s et les s\u00e9quences film\u00e9es, le spectacle essaye vraisemblablement de naviguer entre les trois arts que sont la musique, le th\u00e9\u00e2tre et le cin\u00e9ma. Mais est-ce bien raisonnable ? Dynamiser et rendre un concert divertissant est une volont\u00e9 tout \u00e0 fait honorable mais devient suicidaire lorsque l\u2019on nie et ignore les enjeux esth\u00e9tiques propres \u00e0 chaque m\u00e9dium. Est-ce bien raisonnable de mettre, sur sc\u00e8ne, un fauteuil de r\u00e9alisateur qui regarde vers l\u2019\u00e9cran en forme de pellicule alors qu\u2019une bo\u00eete \u00e0 fum\u00e9e crache de minuscules cumulus de brume ? Est-ce bien raisonnable de faire couler des bulles de savon pour imiter la neige, de montrer l\u2019image d\u2019une femme seule dans la rue pour parler de la solitude, de mettre un k\u00e9pi pour jouer au flic pagnolesque, de s\u2019absenter de sc\u00e8ne pour montrer \u00e0 l\u2019\u00e9cran l\u2019arri\u00e8re du th\u00e9\u00e2tre afin d\u2019illustrer la mise en abyme ? Est-ce bien raisonnable ?<br \/>\nAuteure, compositeur et interpr\u00e8te, Cecilem est certainement une artiste \u00e0 la sensibilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9reuse. Sa voix est cristalline, puissante, monte facilement dans les aigus. Incontestablement, elle sait jouer du piano \u2013 non pas debout mais assise \u2013 et chanter en m\u00eame temps. On la sent, en revanche, moins \u00e0 l\u2019aise sur les interventions parl\u00e9es et les sketchs qui laissent percevoir son \u00e9motivit\u00e9&#8230; Quant \u00e0 ses musiciens, lorsque le piano (clavier) n\u2019est pas omnipr\u00e9sent, ils se d\u00e9fendent plut\u00f4t bien avec leurs instruments respectifs. Se d\u00e9gage de tout \u00e7a un son vari\u00e9t\u00e9 qui alterne chansons sautillantes, enlev\u00e9es et m\u00e9lodies douces. Le set est construit selon un encha\u00eenement de chansons th\u00e9matiques sur l\u2019amour, la solitude, la libert\u00e9, la r\u00e9gion d\u2019enfance, la nature, la guerre, les femmes battues, l\u2019autod\u00e9rision physique, l\u2019artiste aux prises avec les m\u00e9dias&#8230;<br \/>\nL\u2019\u00e9criture est particuli\u00e8rement travaill\u00e9e mais reste classique, ignorant des effets po\u00e9tiques modernes, oubliant de creuser le langage&#8230; Vous \u00e9couterez donc, avec Cecilem, des chansons qui sont presque toutes \u00e9crites en rimes \u2013 crois\u00e9es, embrass\u00e9es, pauvres, riches\u2026 \u2013 et qui racontent, bien s\u00fbr, des histoires\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;&#8211; Dans la vieille rue des Teinturiers, o\u00f9 le monde avignonnais circule difficilement, il faut se frayer un passage pour arriver jusqu\u2019au petit th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Albatros. 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