


{"id":777,"date":"2011-07-09T20:14:00","date_gmt":"2011-07-09T18:14:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=777"},"modified":"2011-07-09T20:14:00","modified_gmt":"2011-07-09T18:14:00","slug":"terra-nova","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/terra-nova\/","title":{"rendered":"Terra Nova"},"content":{"rendered":"<p>&#8212;&#8211;<br \/>\n<em> <strong>Install\u00e9 \u00e0 la Chartreuse de Villeneuve Lez Avignon, Terra Nova1 est un parall\u00e8le entre l&rsquo;exploration de notre perception et la qu\u00eate dramatique du p\u00f4le Sud par Robert Falcon Scott. Eric Joris co-met en sc\u00e8ne avec Stef de Paepel un genre th\u00e9\u00e2tral inqui\u00e9tant et fascinant. A partir des textes du po\u00e8te belge Peter Verhelst, la langue prend un aspect incantatoire. Le projet a pour d\u00e9marche singuli\u00e8re de d\u00e9placer le spectateur, par l&rsquo;exp\u00e9rience des corps plus que par celle des mots, vers un espace personnel inconnu.<\/strong> <\/em><br \/>\n<em>Un th\u00e9\u00e2tre scientifique<\/em><br \/>\nDepuis 1998, la compagnie CREW travaille l&rsquo;alliance entre un dispositif technologique et une \u00e9criture dramaturgique du plateau. Le projet artistique est n\u00e9 de la rencontre entre Eric Joris, Philippe Bekaerts et Kurt Vanhoutte1 qui ont imagin\u00e9 ensemble le d\u00e9veloppement de logiciels et de nouveaux mat\u00e9riaux technologiques. La recherche s&rsquo;axe sur un travail de prise de conscience du spectateur, de son environnement, et par l\u00e0 m\u00eame de sa propre identit\u00e9. L&rsquo;objectif n&rsquo;est pas de se r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 soi-m\u00eame, mais davantage de faire l&rsquo;exp\u00e9rience de la cr\u00e9dulit\u00e9 de sa perception. Peut-on faire confiance \u00e0 notre corps en tant qu&rsquo;interface entre la r\u00e9alit\u00e9 et notre \u00ab soi \u00bb?2<br \/>\nEric Joris cherche \u00e0 jouer sur le trouble de nos r\u00e9ceptions physiques et mentales du monde, qui peuvent \u00eatre tromp\u00e9es par nos sens. En effet, les \u00e9l\u00e9ments per\u00e7us dans la r\u00e9alit\u00e9 se composent de mati\u00e8re tant\u00f4t inconnue, tant\u00f4t incompr\u00e9hensible qui, pour exister au regard humain, doivent \u00eatre \u00e9prouv\u00e9s sensiblement et cognitivement. Car la connaissance vient de l&rsquo;exp\u00e9rience.<br \/>\nParadoxalement, la pr\u00e9sence illusoire du r\u00e9el par diff\u00e9rents m\u00e9dias virtuels (\u00e9couteurs, micro, vid\u00e9o, capteurs) vient renforcer le vivant th\u00e9\u00e2tral. La compagnie cr\u00e9e ces exp\u00e9rimentations en collaboration avec l&rsquo;Expertise Centre for Digital Media de l&rsquo;Universit\u00e9 de Hasselt en Belgique. Elle s&rsquo;entoure \u00e9galement pour ses recherches de neuro-scientifiques sp\u00e9cialistes en \u00e9tudes sur la notion de conscience.<br \/>\nEric Joris s&rsquo;est enti\u00e8rement accapar\u00e9 la salle du Tinel de la Chartreuse pour y faire \u00e9merger son laboratoire humain. Ce projet est, en cela, bien plus qu&rsquo;une simple installation, et prend son sens dans ce que Bertolt Brecht appelait d\u00e9j\u00e0 \u00ab un th\u00e9\u00e2tre scientifique \u00bb.<br \/>\nUn th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 le spectateur devient l&rsquo;instant d&rsquo;une exp\u00e9rience, acteur sortant du monde virtuel dans un \u00e9tat diff\u00e9rent de celui dans lequel il est entr\u00e9.<br \/>\nUn th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 la pr\u00e9sence du spectateur est prise dans l&rsquo;imm\u00e9diatet\u00e9 de ses r\u00e9actions.<br \/>\nLe monde que propose Terra Nova propulse le public entre le virtuel et le r\u00e9el. L&rsquo;ou\u00efe, la vue et le toucher sont mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve de soi et des autres. Et c&rsquo;est ici que se joue l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du spectacle : amener chacun dans l&rsquo;intime par l&rsquo;immersion dans un environnement virtuel. Ainsi Eric Joris interroge les codes traditionnels du th\u00e9\u00e2tre, en chamboulant la place de l&rsquo;acteur, du spectateur et de l&rsquo;usage des technologies \u00e9mergeantes. Le dispositif faisant du spectateur le protagoniste, semble favoriser un ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9.<br \/>\nTerra Nova une immersion technologique<br \/>\nL&rsquo;immersion d\u00e9bute par un c\u00e9r\u00e9monial qui consiste \u00e0 \u00e9quiper les spectateurs d&rsquo;\u00e9couteurs. D\u00e9s cet instant toute parole humaine imm\u00e9diate est rompue. La communication se traduit uniquement par des gestes et des voix enregistr\u00e9es. Chacun dans son propre casque per\u00e7oit sans le savoir vraiment, les m\u00eames donn\u00e9es que son voisin. Le spectateur est sans cesse habit\u00e9 d&rsquo;une bande son qui cr\u00e9pite, le coupant de l&rsquo;environnement r\u00e9el. Amass\u00e9e en un tas compact le long d&rsquo;un couloir, la foule est photographi\u00e9e par un homme. Tout se passe comme si nous \u00e9tions les \u00e9lus d&rsquo;une exp\u00e9rience inconnue. Une voix d&rsquo;homme nous enseigne les mesures de pr\u00e9cautions \u00e0 prendre avant l&rsquo;immersion dans le dispositif. L&rsquo;exp\u00e9rience annonc\u00e9e, l&rsquo;excitation fait place \u00e0 l&rsquo;angoisse. La foule est alors divis\u00e9e en plusieurs groupes, par une femme qui nous d\u00e9leste de nos affaires. Ainsi, le passage dans l&rsquo;espace sc\u00e9nique est ritualis\u00e9 par une d\u00e9personnalisation des spectateurs.<br \/>\nDans la p\u00e9nombre d&rsquo;une sc\u00e8ne, deux hommes attendent assis, le regard pench\u00e9 sur un carr\u00e9 blanc d\u00e9pos\u00e9 au sol. Le blanc de la glace, de la terre immacul\u00e9e, cette Terra Nova que donna Robert Scott comme nom \u00e0 son navire. L&rsquo;homme se place au centre du carr\u00e9 blanc lumineux. Il commence \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un micro auriculaire, le r\u00e9cit de ses angoisses, avant la d\u00e9couverte de l&rsquo;Antarctique et apr\u00e8s avoir constat\u00e9 que l&rsquo;\u00e9quipage n&rsquo;\u00e9tait pas le premier arriv\u00e9 en terre promise. Le texte appara\u00eet dans le dispositif habill\u00e9 de bruits de bateaux, de vent et d&rsquo;\u00e9cho. Les sens mis en perp\u00e9tuel \u00e9veil dans cet environnement sonore, provoquent une attention flottante et r\u00eaveuse \u00e0 la parole.<br \/>\nPeter Verheslt rel\u00e8ve l&rsquo;oralit\u00e9 du langage qui permet \u00e0 l&rsquo;imaginaire de chacun de voyager au gr\u00e9 des mots. Le casque isole le spectateur du collectif. Il se sent \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;histoire, \u00e0 l&rsquo;inverse du th\u00e9\u00e2tre traditionnel qui la joue face \u00e0 lui. De la repr\u00e9sentation on passe \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e en pr\u00e9sence du spectateur dans la fiction.<br \/>\n\u00ab Le but du voyage est de se faire un endroit. Nous sommes nous-m\u00eame l&rsquo;endroit \u00bb d\u00e9clare l&rsquo;acteur. Ce projet est une invitation \u00e0 explorer son intimit\u00e9. Intimit\u00e9 renforc\u00e9e par la r\u00e9verb\u00e9ration de la voix de l&rsquo;acteur. Le r\u00e9cit se transforme en une sorte d&rsquo;incantation rythm\u00e9e par une multitude d&rsquo;interrogations : Qui suis-je? Dans quel \u00e9tat vais-je revenir? L&rsquo;homme les adresse \u00e0 un technicien qui manipule les sons que nous entendons. Par une voix douce, il insuffle \u00e0 l&rsquo;acteur Scott de poursuivre ou de stopper l&rsquo;histoire. A certains moments, le technicien ausculte avec une lampe torche le corps de l&rsquo;acteur en pleine immersion dans le r\u00e9cit.<br \/>\nLe spectateur se transforme alors en t\u00e9moin d&rsquo;une analyse scientifique, faite \u00e0 partir d&rsquo;un homme en proie au doute, \u00e0 l&rsquo;inconnu et \u00e0 la qu\u00eate de son identit\u00e9. La pr\u00e9sence humaine appara\u00eet comme une mati\u00e8re pensante, incompr\u00e9hensible. Des bruits de souffle prolongent cette narration int\u00e9rieure et s&rsquo;arr\u00eatent net pour laisser place au silence. Joris utilise les nouvelles technologies au sein m\u00eame de l&rsquo;\u00e9criture sc\u00e9nique. C&rsquo;est \u00e0 dire qu&rsquo;il accorde \u00e0 la technologie une place de cr\u00e9ateur au c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;acteur, ne la soumettant plus \u00e0 une fonction de d\u00e9cor ou d&rsquo;illustration du propos.<br \/>\nTerra Nova ou l&rsquo;immersion vers un autre soi<br \/>\nChaque changement d&rsquo;espace d\u00e9bute syst\u00e9matiquement par le silence. Des techniciens nous invitent \u00e0 poursuivre l&rsquo;itin\u00e9raire du voyage dans une nouvelle salle, con\u00e7ue en un laboratoire humain. Une table de techniciens fait face \u00e0 un mur de projection. Ils observent la foule tels des scientifiques en pleine exp\u00e9rimentation. Certains spectateurs se font \u00e9quiper sous le regard des autres, avec des cam\u00e9ras omnidirectionnelles3 qui couvrent le visage. Ils sont attach\u00e9s sur une planche, un \u00e9cran sur leur torse laisse voir le cadrage choisi. Ces m\u00eames spectateurs sont alors manipul\u00e9s par les acteurs en blouse dans l&rsquo;espace th\u00e9\u00e2tral. Retourn\u00e9s, allong\u00e9s, assis&#8230; Les techniciens ex\u00e9cutent des gestes sur les spectateurs immerg\u00e9s qui co\u00efncident avec les \u00e9l\u00e9ments de la vid\u00e9o. Tous les contacts physiques qu&rsquo;elle propose sont produits r\u00e9ellement.<br \/>\nNous autres observons avec trouble et fascination le spectacle. Le public devient de ce fait l&rsquo;observateur de la perception et des r\u00e9actions physiques de l&rsquo;autre. Il est compl\u00e8tement libre de se d\u00e9placer dans l&rsquo;espace pour suivre un immerg\u00e9, le quitter et en rattraper un autre. L&rsquo;environnement de chacun devient l&rsquo;environnement de l&rsquo;autre. La retransmission en direct inclut le public dans le processus th\u00e9\u00e2tral, tout en maintenant l&rsquo;\u00e9quilibre entre ceux qui sont immerg\u00e9s et ceux qui regardent. A la fin de la vid\u00e9o, les spectateurs-observateurs prennent la place des utilisateurs. Mais cette fois il s&rsquo;agit d&rsquo;une autre vid\u00e9o, d&rsquo;un autre environnement, d&rsquo;une autre manipulation. Ce spectacle rev\u00eat diff\u00e9rents canevas virtuels donnant ainsi une dramaturgie hybride et plurielle.<br \/>\nChaque spectateur participe \u00e0 son propre spectacle. La captation \u00e0 360\u00b0 enveloppe le corps qui se meut dans l&rsquo;image qu&rsquo;il incarne. Je per\u00e7ois tant\u00f4t le monde \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;un rat de laboratoire, et tant\u00f4t \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle humaine. L&rsquo;exploration \u00e0 partir de son propre corps m\u00e9tamorphos\u00e9 en le corps d&rsquo;un autre, est fascinante. Inclu dans le virtuel, le spectateur \u00e9prouve l&rsquo;\u00e9trange sensation d&rsquo;y \u00eatre d\u00e9sincarn\u00e9. Le corps est en perp\u00e9tuel glissement entre l&rsquo;attention de ce qu&rsquo;il re\u00e7oit et comment il le re\u00e7oit. L&rsquo;immersion fonctionne tant pour l&rsquo;utilisateur que pour l&rsquo;observateur. Paradoxalement, en s&rsquo;engageant dans les pas de l&rsquo;autre, l&rsquo;observateur est renvoy\u00e9 \u00e0 sa singularit\u00e9. Le partage de l&rsquo;environnement virtuel cr\u00e9e un ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 qui bouleverse le rapport traditionnel \u00e9tabli entre les spectateurs au th\u00e9\u00e2tre. L&rsquo;immersion interroge l&rsquo;utilit\u00e9 de la participation des spectateurs pour une interaction sensible.<br \/>\nCe voyage rend l&rsquo;illusion plus vraie que le r\u00e9el . N&rsquo;est-ce pas au fond sur cela que repose l&rsquo;art th\u00e9\u00e2tral : la fiction comme un d\u00e9tour par l&rsquo;ailleurs pour mieux \u00e9prouver le r\u00e9el qui nous entoure. Mais le passage de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre manque de fluidit\u00e9. Selon l&rsquo;angle de vision choisi, les images apparaissent brouill\u00e9es, inachev\u00e9es. Par ailleurs l&rsquo;inconv\u00e9nient du multim\u00e9dia, est que les actions accomplies par les techniciens sur le corps de l&rsquo;immerg\u00e9 sont diff\u00e9r\u00e9es dans le temps par rapport \u00e0 la vid\u00e9o. Cette dissociation emp\u00eache le spectateur de confondre pleinement virtuel et r\u00e9el. Le cerveau peut donc difficilement associer l&rsquo;activit\u00e9 physique \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 cognitive. Telle est le risque \u00e0 prendre dans ce dispositif livr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;al\u00e9atoire de la manipulation des techniciens.<br \/>\nTerra Nova : un besoin de parole<br \/>\nPendant l&rsquo;exp\u00e9rience aucune communication n&rsquo;est possible, car chacun est sollicit\u00e9 dans sa propre perception. Il est troublant d&rsquo;\u00eatre au th\u00e9\u00e2tre mais de ne pas entendre les r\u00e9actions du public, car pour que l&rsquo;immersion fonctionne nous devons \u00eatre isol\u00e9s. Toutefois chacun est reli\u00e9 par les m\u00eames sons et images. \u00ab Le r\u00eave d&rsquo;habiter le corps et la pens\u00e9e de l&rsquo;autre \u00bb4 reste impraticable \u00e0 cause de cette absence de langage. Les mots manquent pour qu&rsquo;aboutisse la rencontre avec l&rsquo;autre.<br \/>\nLa langue se r\u00e9v\u00e8le alors n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience. En fin de voyage, tous les spectateurs se sont mis \u00e0 se parler, \u00e0 se raconter, comme si l&rsquo;immersion r\u00e9clamait la parole. \u00ab Vers la fin du spectacle, lorsque l&rsquo;on \u00e9merge, on est \u00e0 m\u00eame de percevoir l&rsquo;ensemble des pi\u00e8ces du puzzle et de lier la narration avec l&rsquo;exp\u00e9rience v\u00e9cue \u00bb confirme Joris. Force est de constater que la participation vivante du public au th\u00e9\u00e2tre augmente la pr\u00e9ciosit\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 chacun.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9chec d&rsquo;interaction entre l&rsquo;activit\u00e9 physique et mentale n&#8217;emp\u00eache pas que corps et psychique soient tous deux en proie au trouble de l&rsquo;illusion. Sensible et intelligible sont fondamentalement li\u00e9s pour que toutes exp\u00e9riences puissent avoir lieu. Ils doivent leur autonomie \u00e0 leur inter-d\u00e9pendance. Les captations sensibles communiquent avec leurs propres signaux \u00e0 l&rsquo;instar des captations cognitives. Mais c&rsquo;est par la rencontre des deux que la perception se r\u00e9alise. Tout comme le spectateur a besoin d&rsquo;\u00e9prouver puis de dialoguer.<br \/>\nFinalement le proc\u00e9d\u00e9 de la compagnie CREW fonctionne malgr\u00e9 un syst\u00e8me d\u00e9faillant. L&rsquo;imperfection n&rsquo;\u00f4te pas \u00e0 l&rsquo;ambition du concept sa pertinence et son \u00e9claircissement. Joris en fait l&rsquo;affirmation lorsqu&rsquo;il d\u00e9clare dans une interview r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 la Chartreuse que : \u00ab L&rsquo;\u00e9chec fait donc partie int\u00e9grante du processus \u00bb.<br \/>\nAu del\u00e0 d&rsquo;un d\u00e9placement physique, le spectateur est t\u00e9l\u00e9port\u00e9 de l&rsquo; \u00ab ici et maintenant \u00bb vers un \u00ab maintenant mais pas ici \u00bb ou un \u00ab ici mais pas maintenant \u00bb. Joris d\u00e9fie ainsi les lois du th\u00e9\u00e2tre.<br \/>\nGr\u00e2ce \u00e0 la grande libert\u00e9 laiss\u00e9e au spectateur d&rsquo;explorer les limites de la perception, il fait du th\u00e9\u00e2tre une terre neuve d&rsquo;exploration.<br \/>\n1Philippe Bekaerts est chercheur au Centre for Digital Media de l&rsquo;Universit\u00e9 de Hasselt en Belgique.<br \/>\nKurt Vanhoutte est professeur du d\u00e9partement th\u00e9\u00e2tre, film et litt\u00e9rature de l&rsquo;Universit\u00e9 de Antwerp en Belgique.<br \/>\n2Citation Eric Joris note d&rsquo;intention du programme \u00ab La Chartreuse \u00bb<br \/>\n3La cam\u00e9ra omnidirectionnelle place le visionneur physiquement dans une image captur\u00e9e de vid\u00e9o.<br \/>\n4Citation Eric Joris dans la note d&rsquo;intention du programme de \u00ab La Chartreuse \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;&#8211; Install\u00e9 \u00e0 la Chartreuse de Villeneuve Lez Avignon, Terra Nova1 est un parall\u00e8le entre l&rsquo;exploration de notre perception et la qu\u00eate dramatique du p\u00f4le Sud par Robert Falcon Scott. Eric Joris co-met en sc\u00e8ne avec Stef de Paepel un genre th\u00e9\u00e2tral inqui\u00e9tant et fascinant. A partir des textes du po\u00e8te belge Peter Verhelst, la langue prend un aspect incantatoire. 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