


{"id":783,"date":"2011-07-07T20:15:00","date_gmt":"2011-07-07T18:15:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=783"},"modified":"2011-07-07T20:15:00","modified_gmt":"2011-07-07T18:15:00","slug":"sun-les-enfants-du-paradis","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/sun-les-enfants-du-paradis\/","title":{"rendered":"SUN : Les enfants du paradis"},"content":{"rendered":"<p>&#8212;-<br \/>\n<em> <strong>Annonc\u00e9 comme l\u2019un des th\u00e8mes de cette 65\u00e8me \u00e9dition du Festival d\u2019Avignon, \u00ab l\u2019enfant \u00bb, \u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019agisse de \u00ab l\u2019enfance \u00bb (mais \u00e7a n\u2019appelle pas les m\u00eames r\u00e9flexions) aura \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur de SUN, pr\u00e9sent\u00e9 dans la salle Beno\u00eet XII par Cyril Teste. D\u2019une dur\u00e9e d\u2019une heure et une quinzaine de minutes, SUN offre un spectacle visuel et sonore o\u00f9 la construction des images est la principale attraction\u2026 le principal d\u00e9cor.<\/strong> <\/em><br \/>\n<em>Esquisse d\u2019un projet<\/em><br \/>\nN\u00e9 en septembre 2000, le collectif MxM appara\u00eet comme le lieu d\u2019un chantier qui croise les champs disciplinaires et les pratiques. L\u2019interdisciplinarit\u00e9 est ainsi, pour Cyril Teste, un espace \u00e0 part enti\u00e8re de recherches et d\u2019exp\u00e9rimentations jusque dans les modalit\u00e9s de travail puisque la \u00ab communaut\u00e9 \u00bb MxM permet \u00e0 chacun de ses membres d\u2019agir sur le projet. Nomade dans cette approche de leur pratique, MxM interroge, questionne, r\u00e9fl\u00e9chit ainsi tant sur l\u2019acte de cr\u00e9ation que sur la p\u00e9dagogie, et privil\u00e9gie les dispositifs plut\u00f4t que le cadre des s\u00e9minaires. En septembre dernier, en r\u00e9sidence au CENTQUATRE, il \u00e9tait alors \u00e0 l\u2019\u0153uvre sur la notion d\u2019exp\u00e9rience ou \u00ab comment situer la violence comme exp\u00e9rience ? \u00bb. Rompu \u00e0 l\u2019emploi des nouvelles technologies, MxM aborde d\u00e8s lors la cr\u00e9ation en croisant les mat\u00e9riaux (textes, acteurs, auteurs, film\u2026) avec les outils qu\u2019offre la technique.<br \/>\nLa nouvelle cr\u00e9ation de Cyril Teste, SUN, n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 ces lois et ses modalit\u00e9s de travail.<br \/>\nIci et l\u00e0 dans la presse festivali\u00e8re et notamment sur le site d\u2019MxM, on peut lire le projet de SUN qui se d\u00e9cline comme suit : \u00ab Si l\u2019on rencontre l\u2019enfant qu\u2019on a \u00e9t\u00e9, que se passe-il ? Est-on \u00e0 la hauteur de ses r\u00eaves, de ses espoirs, de ses d\u00e9sirs ? Comment croiser son regard ? Comment vivre cet instant d\u2019\u00e9ternit\u00e9 (sic). A l\u2019origine de ces questions, un fait divers. Et l\u2019\u00e9motion qu\u2019il provoque. Hanovre, 1er janvier 2009. Un gar\u00e7on et une fille de 6 et 7 ans, r\u00e9unis par le hasard d\u2019une famille recompos\u00e9e, s\u2019aiment. Ils veulent se marier au plus proche du soleil. A l\u2019aube, alors que leurs parents dorment encore ils partent pour l\u2019Afrique (\u2026) (et de construire) un voyage amoureux qui interroge l\u2019un de nos territoires intimes les plus secrets : l\u2019enfance. Temps des peurs, temps des possibles, temps o\u00f9 imaginaire et r\u00e9el se m\u00ealent, o\u00f9 l\u2019animal humain exprime pleinement son myst\u00e8re et sa gr\u00e2ce. Cette m\u00eame gr\u00e2ce dont adulte, nous cherchons tous \u00e0 retrouver l\u2019essence. Il faut exercer sa m\u00e9moire. Il faut trouver cette capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9passer ses peurs pour laisser, pour aimer, pour cr\u00e9er. Il faut trouver le chemin qui m\u00e8ne \u00e0 la rencontre de l\u2019enfant (\u2026) Le collectif MxM organise l\u2019espace du rendez-vous, de ce voyage introspectif de l\u2019adlute vers l\u2019enfant qu\u2019il a \u00e9t\u00e9, de l\u2019enfant vers l\u2019adulte qu\u2019il deviendra. Des sons, des images, des volumes et des mots pour construire un po\u00e8me th\u00e9\u00e2tral. Un po\u00e8me qui s\u2019\u00e9crit avec toutes les technologies, des plus archa\u00efques aux plus contemporaines, pour tenter d&rsquo;ouvrir l&rsquo;espace-temps du plateau du th\u00e9\u00e2tre vers un univers singulier o\u00f9 chacun se retrouve.<br \/>\n\u00ab\u00a0L\u2019enfant est le plus myst\u00e9rieux, le plus passionnant, le plus troublant des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels. Une sorte d\u2019animal privil\u00e9gi\u00e9 que nous devinons habit\u00e9s des dieux\u00a0\u00bb (\u00e9crivait Andr\u00e9 Bazin) \u00bb<br \/>\nDessein de mise en sc\u00e8ne<br \/>\nDans un espace ralenti, une voix off d\u00e9livre quelques avertissements po\u00e9tiques o\u00f9 l\u2019\u00e9vocation des fleurs, des dieux\u2026 forme une constellation po\u00e9tique na\u00efve, soutenue par un espace sonore constant. \u00ab Quand j\u2019\u00e9tais enfant \u00bb, \u00ab un dieu m\u2019a sauv\u00e9 \u00bb\u2026. \u00ab Je comprenais le silence \u00bb. \u00ab J\u2019\u00e9tais l\u2019\u00e9l\u00e8ve des sons harmonieux \u00bb\u2026 Reprises en boucle ou dispers\u00e9es au long de ce po\u00e8me visuel, ces paroles qu\u2019on dirait extraites d\u2019une m\u00e9moire, font \u00e9cho au dialogue de deux jeunes enfants (fille et gar\u00e7on) qui se questionnent \u00e0 demi mots : entre pudeur, innocence et d\u00e9sir. Au d\u00e9tour d\u2019un dessin que forme par magie un recours \u00e0 la technologie, deux silhouettes enfantines prennent forme et se tiennent par la main, quand leur double de chair osseux, en front de sc\u00e8ne, se tient dans la distance d\u2019un aveu amoureux. Plus loin, un d\u00e9dale de lumi\u00e8re comme un escalier figure un passage. M\u00e9taphore d\u2019une mutation et d\u2019un temps r\u00e9volu, sans doute doit-on y voir une topographie initiatique. Et Cyril Teste de multiplier les vues et les images qui, au fur et \u00e0 mesure de SUN, racontent les pens\u00e9es int\u00e9rieures et les relations adultes de deux enfants pris dans un voyage de lumi\u00e8re, d\u2019ombres, de t\u00e9n\u00e8bres, de joies et parfois de peurs. Une nuit \u00e9toil\u00e9e vient couver des \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me naissant. Une image un peu plus floue qu&rsquo;un pochoir s\u2019imprime sur une surface blanche spectrale. Une boite g\u00e9ante pos\u00e9e comme un vase de Pandore attend de r\u00e9v\u00e9ler l\u2019\u00e2ge adulte de la conscience.<br \/>\nAu vrai, Cyril Texte aura travaill\u00e9 \u00e0 faire sentir une disparition, voire une mutation en recourant \u00e0 une lumi\u00e8re qui joue entre exposition et surexposition afin qu\u2019appara\u00eet le lot de toutes vies. Soit une histoire o\u00f9 l\u2019exp\u00e9rience et l\u2019aventure sont aussi le signe d\u2019un vieillissement ou d\u2019une d\u00e9sillusion. A l\u2019image des bo\u00eetes (une petite, une moyenne, une immense) qui sont comme des secr\u00e9taires \u00e0 tiroirs et \u00e0 secrets, Teste aura invers\u00e9 les \u00e9chelles des mondes que peuplent les enfants, \u00e0 cheval toujours entre celui des adultes et celui qu\u2019ils fabriquent. Entre une r\u00e9alit\u00e9 et un imaginaire, entre un concret (faire un n\u0153ud de cravate) et un univers plus abstrait o\u00f9 tout est possible.<br \/>\nSUN se regarde ainsi comme une petite d\u00e9ambulation, une r\u00eaverie d\u2019enfants, un va et vient entre deux \u00e2ges o\u00f9 l\u2019enfance est le territoire d\u2019espoirs que l\u2019adulte aura perdu, aura gagn\u00e9.<br \/>\nEn soi, l\u2019id\u00e9e est g\u00e9n\u00e9reuse m\u00eame si elle rend l\u2019enfant \u00e9tranger \u00e0 une complexit\u00e9 qui ne para\u00eet plus ici. Car d\u2019une certaine mani\u00e8re, les \u00ab enfants de Teste \u00bb sont au paradis, au creux d\u2019un triptyque (trois formes rectangulaires soulign\u00e9es par un trait fluo blanc) comme enserr\u00e9s dans les pages d\u2019un livre o\u00f9 la vie semble s\u2019\u00eatre d\u00e9finitivement absent\u00e9e, pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 un monde int\u00e9rieur. Tout comme le recours \u00e0 la technologie proc\u00e8de ici davantage d\u2019une mani\u00e8re de \u00ab gonfler l\u2019artifice \u00bb plus que de rendre la complexit\u00e9 d\u2019univers mentaux que le projet annon\u00e7ait comme lieu de questionnement. Du coup, et pour autant que la f\u00e9erie et le merveilleux n\u2019est pas \u00e9tranger \u00e0 ce conte contemporain, SUN surprend parfois par son innocence, sa bienveillance, sa gentillesse\u2026 Et la lumi\u00e8re \u00e9clatante et rayonnante, ici, est pour tout dire moins une couleur de v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e qu\u2019un aveuglement comme la traduisait Canetti.<br \/>\nSUN est ainsi le r\u00e9cit des beaux sentiments, des belles histoires\u2026 Un premier jet qui m\u00e9riterait que l\u2019on esp\u00e8re quelque violence qui vienne contrarier cette iconographie bien douce. Sauf \u00e0 vouloir faire de l\u2019enfant et de l\u2019enfance l\u2019espace id\u00e9al des utopies perdues, des nostalgies convenues, etc\u2026 Ce qui n\u2019est jamais \u00e7a.<br \/>\nDu 8 au 13 juillet, \u00e0 15H00, Salle Beno\u00eet XII (rel\u00e2che le 10)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;- Annonc\u00e9 comme l\u2019un des th\u00e8mes de cette 65\u00e8me \u00e9dition du Festival d\u2019Avignon, \u00ab l\u2019enfant \u00bb, \u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019agisse de \u00ab l\u2019enfance \u00bb (mais \u00e7a n\u2019appelle pas les m\u00eames r\u00e9flexions) aura \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur de SUN, pr\u00e9sent\u00e9 dans la salle Beno\u00eet XII par Cyril Teste. D\u2019une dur\u00e9e d\u2019une heure et une quinzaine de minutes, SUN offre un spectacle visuel et sonore o\u00f9 la construction des images est la principale attraction\u2026 le principal d\u00e9cor. 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