


{"id":804,"date":"2010-07-24T18:35:00","date_gmt":"2010-07-24T16:35:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=804"},"modified":"2010-07-24T18:35:00","modified_gmt":"2010-07-24T16:35:00","slug":"this-is-how-you-will-disappear-de-gisele-vienne-quand-ca-disparait-ca-existe-encore","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/this-is-how-you-will-disappear-de-gisele-vienne-quand-ca-disparait-ca-existe-encore\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0This is how you will disappear\u00a0\u00bb de Gis\u00e8le Vienne. Quand ca disparait ca existe encore !"},"content":{"rendered":"<p>&#8212;&#8211;<br \/>\n<em> <strong>La chaleur nous accable pour cette 64\u00e8me \u00e9dition du festival d&rsquo;Avignon. Nous entrons dans le gymnase Aubanel o\u00f9 nous accueille la fra\u00eecheur de la performance de Gis\u00e8le Vienne : \u00ab This is how you will disappear \u00bb. Malgr\u00e9 un titre inqui\u00e9tant, c&rsquo;est le lieu o\u00f9 nous nous sentons revivre. Cette fra\u00eecheur est sans doute li\u00e9e \u00e0  la sc\u00e9nographie que nous propose ce spectacle : une for\u00eat. Nous sommes face \u00e0  un paysage qui nous invite \u00e0  la contemplation. Les quatre premiers m\u00e8tres devant les gradins laisse appara\u00eetre un espace vide qui renforce ce dispositif. Ce proscenium, ce vide entre les spectateurs et le spectacle enjoint le public \u00e0  observer \u00e0  distance. Apr\u00e8s cette distanciation, apr\u00e8s cet espace sombre et vide appara\u00eet la for\u00eat. C&rsquo;est une for\u00eat dense. C&rsquo;est dans cet espace \u00e0  taille r\u00e9elle que la repr\u00e9sentation se d\u00e9roule. Nous pouvons y voir le cadre d&rsquo;un tableau ou bien un plan de cin\u00e9ma avec dans les deux cas le choix d&rsquo;une courte focale. Dans cet espace concret, le cadre ne nous laisse pas entrevoir la cime des arbres mais comme en peinture, en photo ou au cin\u00e9ma, le cadre donne \u00e0  voir au-del\u00e0  de ce qu&rsquo;il montre. Cette impression d&rsquo;un espace r\u00e9aliste dont la sc\u00e8ne ne nous permet pas d&rsquo;entrevoir tout est confort\u00e9e par l&rsquo;absence de profondeur et de perspective. Tout ce qui n&rsquo;est pas l\u00e0  sous nos yeux est hors-cadre mais existe inexorablement. La cime des arbres par exemple est le premier \u00e9l\u00e9ment qui a disparu. \u00e7a dispara\u00eet et \u00e7a existe encore.<\/strong> <\/em><br \/>\nCette for\u00eat \u00e0 laquelle il manque une totalit\u00e9 est accentu\u00e9e par l\u2019omnipr\u00e9sence de brume, de brouillard et de fum\u00e9e sur sc\u00e8ne qui d\u00e9coupent, recoupent, re-d\u00e9coupent l\u2019espace et le cadre. L\u2019\u00e9l\u00e9ment a\u00e9rien permet avec la lumi\u00e8re de faire dispara\u00eetre une partie de la for\u00eat, de faire surgir un personnage. Tous les personnages qui se retrouvent sur sc\u00e8ne semblent arriver de nulle part. Ils apparaissent, c\u2019est tout. Ils sont l\u00e0. Que cherchent-ils ? Pourquoi sont-ils ici ? Ce sont des questions que le spectacle ne cherche pas \u00e0 \u00e9claircir m\u00eame si le montage permet aux spectateurs de construire des hypoth\u00e8ses.<br \/>\nNous sommes des observateurs de ce coin de for\u00eat. Giselle Vienne propose un montage de diff\u00e9rentes s\u00e9quences qui se sont d\u00e9roul\u00e9es \u00e0 cet endroit du bois. Nous assistons alors \u00e0 une s\u00e9rie de micro histoires, de micro \u00e9v\u00e9nements qui sans \u00eatre li\u00e9s narrativement participent \u00e0 la construction d\u2019une histoire complexe. Une histoire de trois figures, trois personnages qui naviguent entre qu\u00eate et envie de disparition. C\u2019est une recherche d\u2019absolu qui guide ces personnages. La gymnaste se construit un corps exemplaire, recherche une perfection. Le coach tente d\u2019assouvir le fantasme de la fabrication d\u2019un mod\u00e8le. La rock-star cherche dans la for\u00eat un lieu expiatoire et un lieu de d\u00e9sexposition.<br \/>\nLa for\u00eat surtout qui, t\u00e9moin de \u00e7a, en est aussi le d\u00e9clencheur. C\u2019est elle qui travaille les personnages dans plusieurs directions, qui les guides \u00e0 la fois vers une beaut\u00e9, vers un chaos, vers un pr\u00e9cipice et vers une harmonie. Elle les tiraille \u00e0 la fois vers des pulsions primaires et vers une qu\u00eate d\u2019absolu. Ce sont aussi les spectateurs qui regardant ce spectacle d\u00e9veloppent \u00e0 travers l\u2019imaginaire de la for\u00eat, une forte charge \u00e9motive. Nous naviguons de la beaut\u00e9 de l\u2019espace \u00e0 une inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 due \u00e0 sa charge symbolique. La for\u00eat est \u00e0 la fois lieu de refuge et lieu de disparition. Dans cette for\u00eat embrum\u00e9e, nous pouvons faire surgir de notre imaginaire en fonction des ombres fabriqu\u00e9es par la lumi\u00e8re : des cerfs, des spectres, des samoura\u00efs ou une niche \u00e0 pri\u00e8re. Il faut sans doute beaucoup d\u2019imagination, mais il me semble que Gis\u00e8le Vienne nous laisse le temps et le loisir de voir son travail avec nos projections.<br \/>\n\u00c0 la mani\u00e8re de David Lynch qui dans <em>Lost Highway <\/em> nous plonge dans une atmosph\u00e8re, Gis\u00e8le Vienne sans spectacularisme outrancier trouve le moyen de nous faire traverser toutes les for\u00eats ; passant de la ballade paisible \u00e0 celle d\u2019Hansel et Gretel, rencontrant nos d\u00e9mons et des monstres insoup\u00e7onn\u00e9s. Gis\u00e8le Vienne nous emm\u00e8ne avec une sc\u00e9nographie de la nature dans un univers de la culture, du culturel en nous promenant \u00e0 travers nos inconscients collectifs et particuliers. Elle pose aussi la question de ce qui dispara\u00eet dans le spectacle vivant. En effet, elle fait \u00e9merger du vivant quand des faiseurs de spectacles s\u2019enferment \u00e0 retrouver une authenticit\u00e9 pass\u00e9iste. En cela, cette proposition participe d\u2019un renouvellement des formes et des proc\u00e9d\u00e9s.<br \/>\n<br \/>&mdash;&nbsp;&#8211;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;&#8211; La chaleur nous accable pour cette 64\u00e8me \u00e9dition du festival d&rsquo;Avignon. Nous entrons dans le gymnase Aubanel o\u00f9 nous accueille la fra\u00eecheur de la performance de Gis\u00e8le Vienne : \u00ab This is how you will disappear \u00bb. Malgr\u00e9 un titre inqui\u00e9tant, c&rsquo;est le lieu o\u00f9 nous nous sentons revivre. 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