


{"id":807,"date":"2010-07-16T19:01:00","date_gmt":"2010-07-16T17:01:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=807"},"modified":"2010-07-16T19:01:00","modified_gmt":"2010-07-16T17:01:00","slug":"this-is-how-you-will-disappear-64eme-edition-du-festival-davignon","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/this-is-how-you-will-disappear-64eme-edition-du-festival-davignon\/","title":{"rendered":"Gis\u00e8le Vienne,\u00a0une proph\u00e9tie"},"content":{"rendered":"<p>&#8212;&#8211;<br \/>\n<em> <strong>\u00ab Voil\u00e0 comme vous dispara\u00eetrez \u00bb&#8230;\u00c2\u00ab C&rsquo;est comme cela que \u00e7a va dispara\u00eetre \u00bb&#8230; C&rsquo;est \u00ab comme cela que tu dispara\u00eetras \u00bb&#8230; Comment traduire sinon que \u00ab This is how you will disappear \u00bb de Gis\u00e8le Vienne, pr\u00e9sent\u00e9 au Gymnase Aubanel, est une pi\u00e8ce qui finalement pointe un passage. Peut-\u00eatre une mutation. Peut-\u00eatre encore une transformation&#8230;voire une proph\u00e9tie ou un avertissement \u00e9trange.<\/strong> <\/em><br \/>\nDans une for\u00eat morte, de troncs morts et secs aux pieds desquels des feuilles rouillent ; dans un coin de for\u00eat embrass\u00e9 par un cr\u00e9puscule, un ensemble d\u2019arbres forment une p\u00e9pini\u00e8re fun\u00e8bre inattendue. Il y a l\u00e0, peut-\u00eatre, l\u2019arbre claud\u00e9lien dont la cime caresse les cieux et les dieux. Celui de Bachelard qui vaut aux r\u00eaves quelques pouvoirs. Il y a l\u00e0, peut-\u00eatre aussi, l\u2019arbre beckettien o\u00f9 s\u2019\u00e9changent des paroles \u00e9nigmatiques. Peut-\u00eatre aussi la for\u00eat qui abrite Walden et ses id\u00e9es de r\u00e9sistance \u00e0 la pens\u00e9e st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e. Peut-\u00eatre encore le seul arbre aux alentours de l\u2019a\u00e9roport que d\u00e9crit M\u00fcller\u2026 ou celui encore, qui traverse la gueule d\u2019Artaud dans un autoportrait de 1946. Il y a donc des arbres qui, dans le brouillard \u00e9pais d\u2019une journ\u00e9e ou dans la brume matinale, sont comme autant de spectres et d\u2019id\u00e9es lointaines. Sujets majestueux et d\u00e9catis abritant l\u2019ordre r\u00e9volu des l\u00e9gendes auxquelles, sans y croire, on continue de penser. Sujets bris\u00e9s aux branches amput\u00e9es. La for\u00eat de Vienne est une for\u00eat de moignons litt\u00e9raires et philosophiques qui n\u2019en finit pas d\u2019accueillir quelques errants, quelques secrets, quelques \u00eatres perdus et d\u00e9boussol\u00e9s sur des chemins trac\u00e9s de m\u00e9moire.<br \/>\nL\u00e0, au croisement de deux souches, une gymnaste au corps plastique livre un combat presque chor\u00e9graphique avec un assaillant ou un coach. Le corps est malmen\u00e9, soumis \u00e0 une tension g\u00e9om\u00e9trique. L\u00e0, un jogger perdu dans les brumes fait un slalom sans autre comp\u00e9titeur que la peur qui le poursuit. Ici, un rocker g\u00e9mit sur l\u2019irr\u00e9parable qu\u2019il a commis. Et d\u2019ajouter qu\u2019aux d\u00e9tours de ces courses solitaires, un archer priv\u00e9 de tout costume de Cupidon ou d\u2019habits plus nobles, d\u00e9cochent des fl\u00e8ches sans but. Lui, serait comme un lointain \u00e9cho \u00e0 la figure de Z\u00e9non d\u2019\u00e9l\u00e9e qui soutiendrait l\u2019id\u00e9e de l\u2019impossible mouvement. Ou comment souffrir l\u2019inertie.<br \/>\n\u00ab This is how you will disappear \u00bb vaut ainsi pour une pi\u00e8ce o\u00f9 l\u2019art du mouvement, l\u2019art visuel, l\u2019art rh\u00e9torique sont aux ordres d\u2019un \u00e9tat immobile o\u00f9 l\u2019esth\u00e9tique du tableau l\u2019emporte sur la po\u00e9tique de l\u2019action. O\u00f9 ce qui est surlign\u00e9 vaut pour une \u00e9tude abstraite de choses qui inqui\u00e8tent. Un monde en sursis se d\u00e9ploie. Un monde virtuel aussi.<br \/>\nEt de voir dans ce peuple mineur, une communaut\u00e9, aussi, de clandestins qui vivent en des pays \u00e9tranges et recul\u00e9s. Un peuple de campeurs \u00e0 l\u2019ann\u00e9e qui a trouv\u00e9 dans la for\u00eat un asile, un abris, un foyer. Et dans la for\u00eat un moyen de dispara\u00eetre. \u00ab This is how you will disappear \u00bb vaut d\u00e9s lors, encore, pour la m\u00e9taphore d\u2019un monde d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 o\u00f9 la tente Quechua est la pi\u00e8ce ma\u00eetresse et reconnaissable \u2013 la cath\u00e9drale \u2013 du pauvre, du rejet, de l\u2019abandon, de l\u2019exil\u00e9\u2026For\u00eat de campements sauvages, aux r\u00e8gles sordides, aux d\u00e9r\u00e8glements humains, aux violences primaires, aux passions agressives. Lieu d\u2019expression et toile de fond de toutes les mis\u00e8res o\u00f9 ne s\u2019entend plus aucun Miserere. Refuge des bannis, des disparus et de ceux qui ne doivent pas se montrer, qui doivent aux yeux du monde dispara\u00eetre.<br \/>\nGis\u00e8le Vienne \u00e9crit ainsi une performance violente, adoptant la lenteur o\u00f9 se d\u00e9ploient toutes les couleurs du d\u00e9sarroi dans la solitude. Des g\u00e9missements aux vibrations angoissantes de la cr\u00e9ation musicale de Stephen O\u2019Maley et Peter Rehberg, du lamento de Copper aux sculptures de brume de Fujiko Nakaya\u2026 Elle met en place un principe de saturation qui est, au vrai, un miroir du sensible. Un tableau o\u00f9 la concentration des \u00e9motions appelle celle du spectateur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;&#8211; \u00ab Voil\u00e0 comme vous dispara\u00eetrez \u00bb&#8230;\u00c2\u00ab C&rsquo;est comme cela que \u00e7a va dispara\u00eetre \u00bb&#8230; C&rsquo;est \u00ab comme cela que tu dispara\u00eetras \u00bb&#8230; Comment traduire sinon que \u00ab This is how you will disappear \u00bb de Gis\u00e8le Vienne, pr\u00e9sent\u00e9 au Gymnase Aubanel, est une pi\u00e8ce qui finalement pointe un passage. Peut-\u00eatre une mutation. Peut-\u00eatre encore une transformation&#8230;voire une proph\u00e9tie ou un avertissement \u00e9trange. Dans une for\u00eat morte, de troncs morts et secs aux pieds desquels des feuilles rouillent ; dans<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-807","article","type-article","status-publish","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/807","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=807"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=807"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}