


{"id":811,"date":"2010-02-15T19:15:00","date_gmt":"2010-02-15T18:15:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=811"},"modified":"2010-02-15T19:15:00","modified_gmt":"2010-02-15T18:15:00","slug":"la-compagnie-frappe-tete-theatre-presente-son-bestiaire-de-la-pensee","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/la-compagnie-frappe-tete-theatre-presente-son-bestiaire-de-la-pensee\/","title":{"rendered":"La compagnie Frappe-T\u00eate Th\u00e9\u00e2tre pr\u00e9sente son Bestiaire de la pens\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>&#8212;-<br \/>\n<em> <strong>La compagnie Frappe-T\u00eate Th\u00e9\u00e2tre pr\u00e9sentait le 2 f\u00e9vrier 2010, la premi\u00e8re de sa derni\u00e8re cr\u00e9ation : Bestiaire de la pens\u00e9e. Cette unique repr\u00e9sentation \u00e9tait visible \u00e0 l&rsquo;Archipel, sc\u00e8ne conventionn\u00e9e de Granville, adoss\u00e9e au casino. Apr\u00e8s cette premi\u00e8re, la compagnie reprendra ce spectacle dans deux mois pour une repr\u00e9sentation unique encore \u00e0 Ifs, dans la salle Jean Vilar. Cette tourn\u00e9e se poursuivra \u00e0 la fin avril et au d\u00e9but mai par trois repr\u00e9sentations. Deux d&rsquo;entre elles auront lieu au Tanit Th\u00e9\u00e2tre- La Filature de Lisieux dirig\u00e9e par \u00c9ric Louviot et une \u00e0 l&rsquo;Eclat, Pont-Audemer. A travers l&rsquo;exposition de cette tourn\u00e9e, nous mettons l&rsquo;accent sur la difficult\u00e9 pour une compagnie de montrer son travail dans des conditions optimum. La compagnie Frappe-T\u00eate Th\u00e9\u00e2tre va pr\u00e9senter son spectacle cinq fois dans la r\u00e9gion dans quatre lieux diff\u00e9rents et dans un intervalle de trois mois. Cela montre aussi le choix des programmateurs de n&rsquo;accueillir qu&rsquo;une repr\u00e9sentation se coupant imm\u00e9diatement d&rsquo;un bouche-\u00e0-oreille possible.<\/strong> <\/em><br \/>\nDans \u201cBestiaire[[Bestiaire :  1- Celui qui devait combattre contre les b\u00eates f\u00e9roces, ou leur \u00e9tait livr\u00e9 au cours des jeux du cirque.<br \/>\n2- Recueil de fables, de moralit\u00e9s sur les b\u00eates.<br \/>\n]]de la pens\u00e9e\u201d, la compagnie Frappe-T\u00eate Th\u00e9\u00e2tre met en sc\u00e8ne une communaut\u00e9 de marginaux, de monstres. Tous ces personnages monstrueux sont emprunt\u00e9s, d\u00e9riv\u00e9s, d\u00e9clin\u00e9s des univers de Tim Burton, de David Lynch dans \u201c\u00c9l\u00e9phant Man\u201d, de Jean-Pierre Jeunet dans \u201cLa cit\u00e9 des enfants perdus\u201d, des s\u00e9ries \u201cCarnivale\u201d o\u00f9 de \u201cLa Famille Adams\u201d, comme l\u2019annonce le programme. Mais tous ces personnages semblent issus de l\u2019imagination d\u2019un homme. Cet homme jou\u00e9 par  Fran\u00e7ois-Xavier Malingre, tout aussi monstrueux que ces cr\u00e9atures est \u00e0 mi-chemin entre le fou, la m\u00e8re d\u00e9vorante et l\u2019enfant destructeur de ses jouets. Il cr\u00e9e des jouets, des Frankensteins. Il est entour\u00e9 par la femme serpent (Sylvia Marzolini), la poup\u00e9e d\u00e9sarticul\u00e9e et manchote (\u00c9lodie Foubert), la borgne (Maguy Guillot) et l\u2019homme-femme (Gr\u00e9gory Guilbert). Il y a aussi un personnage \u00e9nigmatique (Guillaume Hermange) qui traverse cet espace puisqu\u2019il repr\u00e9sente \u00e0 la fois le temps, un cul-de-jatte, un nouveau-n\u00e9, le double de ce fou d\u00e9lirant. Dans ce brouillage, il appara\u00eet que cette petite communaut\u00e9 est r\u00e9unie comme un cirque de foire qui traversant les espaces s\u2019arr\u00eate dans des villages pour montrer des num\u00e9ros ou se montrer en tant que sp\u00e9cimens. Nous avons donc une mise en ab\u00eeme de cette compagnie qui met en sc\u00e8ne un cirque devant pr\u00e9senter des num\u00e9ros. Nous n\u2019assisterons \u00e0 aucun num\u00e9ro, ni du cirque, ni des Frappe-T\u00eate Th\u00e9\u00e2tre, parfois un chant tra\u00eenera, des siamoises appara\u00eetront, un duel de flamenco d\u00e9butera, mais les s\u00e9quences pr\u00e9sent\u00e9es nous diront surtout la difficult\u00e9 de faire et d\u2019\u00eatre en marge. C\u2019est ce cirque qui ne peut pas produire des num\u00e9ros parce que se joue un combat intestin entre l\u2019inventeur de ces cr\u00e9atures et les cr\u00e9atures elles-m\u00eames. Ce sont les relations des personnages qui sont mis en sc\u00e8ne. Ce g\u00e9nie fou est le p\u00e8re, le dompteur, l\u2019amant de ses monstres. Il ne semble pas avoir les moyens pour \u00eatre le metteur en sc\u00e8ne de la m\u00e9nagerie qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9.  C\u2019est ce flou, cette absence de moyens sur lequel nous devons nous appuyer pour comprendre que la compagnie Frappe-T\u00eate Th\u00e9\u00e2tre dit cette m\u00eame chose et m\u00eame plus que \u00e7a, elle crie le manque de moyen pour mettre en sc\u00e8ne, pour cr\u00e9er un objet. Une sc\u00e8ne de ce spectacle est assez repr\u00e9sentative, c\u2019est Fran\u00e7ois-Xavier Malingre, l\u2019inventeur fou qui en avant sc\u00e8ne r\u00e9ussie la performance de faire un num\u00e9ro dr\u00f4le et grin\u00e7ant avec le seul mot MOI. Voil\u00e0, d\u2019une certaine mani\u00e8re les Frappe-T\u00eate Th\u00e9\u00e2tre affirment que la compagnie n\u2019a les moyens que de se servir que d\u2019un mot.<br \/>\n<em>La cicatrice<\/em><br \/>\nC\u2019est l\u2019endroit o\u00f9 se situe le travail, \u00e7a parle de la cicatrice, de la f\u00ealure, de cette tentative d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de s\u00e9duire et de plaire quand on est vilain, \u00e9trange, curieux, difforme ou marqu\u00e9 par des cicatrices. C\u2019est en filigrane tout au long du spectacle,. C\u2019est approch\u00e9, c\u2019est pr\u00e9sent mais pas assez exploit\u00e9. La compagnie n\u2019a sans doute pas pu prendre de recul sur ce qu\u2019elle produit comme objet et n\u2019a pas pu se laisser traverser par l\u2019inconscient que porte son projet. Du coup, la relation entre l\u2019inventeur et chacune de ses cr\u00e9atures n\u2019est pas affirm\u00e9e. Tout navigue en m\u00eame temps entre le d\u00e9go\u00fbt et la s\u00e9duction. Ce qui brouille les choses et ne permet pas de cr\u00e9er des relations et des espaces singuliers entre chaque personnage et son cr\u00e9ateur. La dimension sexuelle, sensuelle existe, mais n\u2019est pas assez mis en \u00e9vidence. c\u2019est flagrant dans le duo entre le cr\u00e9ateur et la poup\u00e9e manchote o\u00f9 nous ne voyons qu\u2019une s\u00e9rie de manipulation sur un rythme r\u00e9gulier o\u00f9 finalement c\u2019est la performance des acteurs qui est au centre de la sc\u00e8ne. La relation trouble d\u2019inceste, de d\u00e9sir, de violence qui pourrait passer par un changement de rythme, par des images nettes : de viol, de d\u00e9sesp\u00e9rance et de tendresse. La performance d\u2019\u00c9lodie Foubert qui joue cette poup\u00e9e est impressionnante dans sa capacit\u00e9 \u00e0 avoir un regard avec une seule expression. C\u2019est aussi, un refuge et une fa\u00e7ade, l\u2019\u00e9tape suivante c\u2019est \u00e0 travers cette seule expression vivre plusieurs \u00e9motions.<br \/>\nDans ce spectacle, la compagnie installe un univers entre le cabaret des ann\u00e9es trente et le cirque, aid\u00e9 par la lumi\u00e8re de Thalie Guibout. La sc\u00e9nographie de Trambert Regard est efficace et inscrit les acteurs dans un dispositif clair, m\u00eame si elle para\u00eet un peu trop propre. Les acteurs semblent un peu embarrass\u00e9 par ce rideau bleu nuit  sur roulettes qu\u2019ils font naviguer entre l\u2019avant et le fond de la sc\u00e8ne pour masquer les changements d\u2019accessoires. Cela alourdit le spectacle et produit un manque de simplicit\u00e9. Les acteurs d\u00e9veloppent une \u00e9nergie et d\u00e9montrent une envie de plateaux qui fait plaisir \u00e0 voir m\u00eame si on pouvait les sentir un peu f\u00e9brile pour cette premi\u00e8re repr\u00e9sentation. On attend avec impatience la reprise \u00e0 Ifs, pour appr\u00e9cier comment le spectacle se sera d\u00e9pos\u00e9 et d\u00e9velopp\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;- La compagnie Frappe-T\u00eate Th\u00e9\u00e2tre pr\u00e9sentait le 2 f\u00e9vrier 2010, la premi\u00e8re de sa derni\u00e8re cr\u00e9ation : Bestiaire de la pens\u00e9e. Cette unique repr\u00e9sentation \u00e9tait visible \u00e0 l&rsquo;Archipel, sc\u00e8ne conventionn\u00e9e de Granville, adoss\u00e9e au casino. Apr\u00e8s cette premi\u00e8re, la compagnie reprendra ce spectacle dans deux mois pour une repr\u00e9sentation unique encore \u00e0 Ifs, dans la salle Jean Vilar. Cette tourn\u00e9e se poursuivra \u00e0 la fin avril et au d\u00e9but mai par trois repr\u00e9sentations. 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