


{"id":819,"date":"2009-11-11T19:42:00","date_gmt":"2009-11-11T18:42:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=819"},"modified":"2009-11-11T19:42:00","modified_gmt":"2009-11-11T18:42:00","slug":"une-vie-de-theatre-paris-bratislava","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/une-vie-de-theatre-paris-bratislava\/","title":{"rendered":"Une vie de th\u00e9\u00e2tre, Paris &#8211; Bratislava"},"content":{"rendered":"<hr \/>\n<p><em> <strong>Il est rare de pouvoir exposer directement et concr\u00e8tement pour un public de non sp\u00e9cialistes ce que l&rsquo;on pense vraiment du th\u00e9\u00e2tre. Non de ses performances actuelles, mais de ce qu&rsquo;il repr\u00e9sente pour nous, pour notre vie quotidienne, notre vie \u00ab pour continuer \u00bb. Il est d\u00e9licat de faire le moindre bilan de notre vie dans ou pour le th\u00e9\u00e2tre. Mais on devrait tout de m\u00eame se poser la question de temps en temps. Cette occasion rare m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e lors de la remise d&rsquo;un doctorat honoris causa \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Bratislava en Slovaquie en juin 2009. J&rsquo;ai essay\u00e9 de dire ce qui me lie \u00e0 ce petit pays et \u00e0 cet immense territoire. Comme toujours le th\u00e9\u00e2tre n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un pr\u00e9texte pour r\u00e9fl\u00e9chir sur le monde et tenter de s&rsquo;y ins\u00e9rer.<\/strong> <\/em><br \/>\n<em>Chers Amis,<br \/>\nCh\u00e8re grande famille slovaque,<br \/>\n<\/em><br \/>\nJe ne puis vous dire \u00e0 quel point je me sens \u00e9mu et reconnaissant de l\u2019honneur qui m\u2019est fait d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 Docteur Honoris Causa de cette universit\u00e9. J\u2019en remercie du fond du c\u0153ur les autorit\u00e9s universitaires et tous les coll\u00e8gues de l\u2019\u00e9cole sup\u00e9rieure d\u2019art dramatique  et de musique de Bratislava.<br \/>\nJe savais que j\u2019\u00e9tais un peu slovaque, mais je n\u2019aurais jamais pens\u00e9 l\u2019\u00eatre devenu \u00e0 ce point ! A votre pays, \u00e0 votre culture, \u00e0 votre langue me lie une d\u00e9j\u00e0 longue histoire qui prend les traits de plusieurs visages. Ces visages se superposent, se confondent en moi, mais au fond ce sont toujours les visages du th\u00e9\u00e2tre.<br \/>\nMon premier contact avec la vie culturelle slovaque passe par un visage humain. Il remonte \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 1967, lorsque j\u2019ai rencontr\u00e9, puis plus tard carr\u00e9ment \u00e9pous\u00e9, celle qui ne connaissait pas alors le th\u00e9\u00e2tre \u2013pas plus que moi d\u2019ailleurs\u2014mais qui n\u2019allait pas tarder \u00e0 faire connaissance avec lui : Elena Zahradnikova.<br \/>\nDepuis cette premi\u00e8re rencontre du visage de l\u2019autre, je reviens r\u00e9guli\u00e8rement en Slovaquie, un peu comme l\u2019assassin revient lui aussi toujours, dit-on, sur les lieux du crime\u2014mais il s\u2019agit d\u2019un crime th\u00e9\u00e2tral : rien n\u2019est parfait ! J\u2019y reviens notamment pour voir le th\u00e9\u00e2tre tel qu\u2019il se fait, tel qu\u2019il se r\u00e9g\u00e9n\u00e8re pour survivre devant nos yeux. M\u00eame de loin, m\u00eame par intermittence, j\u2019ai toujours tent\u00e9 de suivre son \u00e9volution, au rythme de ses espoirs,  de ses contradictions, de ses interdictions et de ses soubresauts. Je l\u2019ai accompagn\u00e9 aux heures les plus sombres de son histoire, depuis la \u00ab normalisation \u00bb apr\u00e8s 1968 jusqu\u2019\u00e0 sa renaissance en 1989, en passant par toutes ses ruses sc\u00e9niques pour tromper le censeur tout en faisant semblant d\u2019\u00e9pater le prol\u00e9taire. Je m\u2019efforce \u00e0 pr\u00e9sent de le retrouver au moins tous les deux ans lors du festival des \u00e9coles de th\u00e9\u00e2tres d\u2019Istropolitana. J\u2019ai l\u2019impression\u2014ou est-ce une illusion ?\u2014de reconna\u00eetre l\u2019\u00e9volution d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 travers les m\u00e9tamorphoses de son th\u00e9\u00e2tre. \u00ab Dis-moi quel type de th\u00e9\u00e2tre tu souhaites promouvoir et je te dirai qui tu es ! \u00bb, semble dire le fl\u00e2neur culturel. J\u2019aime aller au th\u00e9\u00e2tre en Slovaquie et en Europe centrale, car  le rituel et l\u2019apparat th\u00e9\u00e2tral y sont encore sensibles. Aller au th\u00e9\u00e2tre, chez vous, ce n\u2019est pas une sortie banale, c\u2019est une affirmation de la culture et du th\u00e9\u00e2tre comme signe et condition d\u2019\u00e9ducation. C\u2019est aussi une marque de respect que j\u2019admire, tout comme j\u2019appr\u00e9cie le rituel qui nous r\u00e9unit aujourd\u2019hui.<br \/>\nPour moi, le th\u00e9\u00e2tre n\u2019est donc pas un simple divertissement, une partie de plaisir vite oubli\u00e9e, c\u2019est une activit\u00e9 qui engage l\u2019individu et la collectivit\u00e9 dans leurs fondements m\u00eames. Le th\u00e9\u00e2tre nous met p\u00e9riodiquement en cause et en crise. Il nous contraint \u00e0 faire retour sur nous-m\u00eame. Chaque ann\u00e9e, \u00e0 Avignon, tous les deux ans \u00e0 Bratislava, j\u2019ai l\u2019impression de me retrouver un peu et je me demande toujours alors qui, du th\u00e9\u00e2tre ou de moi, a le plus chang\u00e9. Tout un ensemble de facteurs objectifs et subjectifs du changement p\u00e8se sur nos fr\u00eales \u00e9paules d\u2019observateur de la vie th\u00e9\u00e2trale. Ils nous obligent \u00e0 r\u00e9gler en m\u00eame temps tous les petits probl\u00e8mes de notre existence quotidienne et toutes les grandes questions esth\u00e9tiques et philosophiques, \u00e0 penser toutes les choses ensemble, \u00e0 faire une \u00ab tentative  pour vivre dans la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb, comme dit Vaclav Havel. Dans le meilleur des cas, cette diversit\u00e9 des t\u00e2ches, cette multiflexibilit\u00e9, selon la formule actuelle, nous \u00e9vite (en principe) de devenir trop vite un Fachidiot : un sp\u00e9cialiste born\u00e9.<br \/>\nQuoique ponctuelle et inconstante, ma relation au th\u00e9\u00e2tre slovaque n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 infid\u00e8le, car j\u2019ai toujours eu le d\u00e9sir de  suivre de pr\u00e8s la mise en sc\u00e8ne, de comprendre comment elle a su maintenir une haute tenue et une tradition de jeu remarquables, tout en se jouant des censures politiques ou \u00e9conomiques. Sa chance r\u00e9side peut-\u00eatre dans sa fragilit\u00e9. Sa position g\u00e9o-culturelle, sa place unique \u00e0 la crois\u00e9e des langues et des cultures slaves, germanique, mais aussi hongroise et tsigane, est une chance car il peut devenir un laboratoire pour l\u2019Europe centrale et l\u2019Europe tout court. S\u2019il parvient \u00e0 maintenir sa tradition de \u00ab Th\u00e9\u00e2tre d\u2019art \u00bb, son professionnalisme, son amour du travail bien fait, il saura prolonger et faire fructifier les exp\u00e9riences postmodernes ou postdramatiques venues d\u2019Europe occidentale et des Am\u00e9riques, sans tomber dans l\u2019imitation servile, sans sacrifier \u00e0 l\u2019usage purement d\u00e9coratif et incantatoire de  ces termes. Les festivals de Nitra et de Bratislava sont un mod\u00e8le d\u2019int\u00e9gration de ces exp\u00e9riences occidentales nouvelles dans la tradition centro-europ\u00e9enne. Professionnalisme  et amabilit\u00e9, respect et fantaisie, s\u00e9rieux et all\u00e9gresse : on retrouve l\u00e0 toutes les qualit\u00e9s contrast\u00e9es de la vie sociale slovaque.<br \/>\nMais bien au-del\u00e0 du visage souriant et m\u00e9lancolique de la Slovaquie et de son th\u00e9\u00e2tre contemporain, je me trouve confront\u00e9, ici devant vous, au visage de l\u2019autre, dans la mesure o\u00f9, pour le dire avec Emmanuel L\u00e9vinas, le visage de l\u2019\u00eatre humain qui me fait face est celui de ma rencontre avec l\u2019autre. Mais \u2013nous avertit L\u00e9vinas&#8211; \u00ab l\u2019autre, l\u2019unique, ne supporte pas le jugement, il passe d\u2019embl\u00e9e avant moi, je suis en all\u00e9geance par rapport \u00e0 lui \u00bb. Or, ce visage en face de moi, nous dit encore L\u00e9vinas, c\u2019est l\u2019autre dont je suis responsable sans attendre de r\u00e9ciprocit\u00e9, m\u00eame si je dois mourir pour cela. Le th\u00e9\u00e2tre n\u2019est-il pas en effet cet autre-l\u00e0, face \u00e0 nous, pour qui l\u2019on est pr\u00eat \u00e0 donner sa vie ? Mais sommes-nous pr\u00eats \u00e0 mourir pour le th\u00e9\u00e2tre ? Peut-\u00eatre pas, en tout cas pas au sens litt\u00e9ral du terme. Pourtant si l\u2019on consid\u00e8re que le th\u00e9\u00e2tre nous d\u00e9visage autant que nous le d\u00e9visageons, il nous faut admettre qu\u2019il est bien le lieu par excellence o\u00f9 nous voyons l\u2019autre en nous, et r\u00e9ciproquement, et que nous ne pouvons pas tricher avec lui, si nous voulons que l\u2019on ne triche pas avec nous. Le th\u00e9\u00e2tre nous aide \u00e0 nous regarder, non pas de mani\u00e8re narcissique, mais en consid\u00e9rant l\u2019autre en nous et nous en l\u2019autre. Cette exp\u00e9rience de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, nous la faisons \u00e9galement avec les autres spectateurs. Leur opinion nous importe. Le public, nous dit Jean-Paul Sartre, est \u00ab avant tout une assembl\u00e9e. C\u2019est-\u00e0-dire que chaque membre du public se demande ce qu\u2019il pense de la pi\u00e8ce et en m\u00eame temps ce que son voisin en pense \u00bb.<br \/>\nPourtant, le visage que nous renvoie le miroir th\u00e9orique est beaucoup plus flou, comme s\u2019il \u00e9tait devenu impossible d\u2019y refl\u00e9ter l\u2019avenir de la th\u00e9orie th\u00e9\u00e2trale et comme si le th\u00e9\u00e2tre \u00e9tait devenu  indescriptible et introuvable. Derri\u00e8re cette image postmoderne, je discerne encore, fort heureusement, les d\u00e9buts de la s\u00e9miologie th\u00e9\u00e2trale dans la Tch\u00e9coslovaquie des ann\u00e9es 1930. J\u2019y reconnais tout ce que la mise en sc\u00e8ne et sa th\u00e9orie doivent \u00e0 la s\u00e9miologie du Cercle linguistique de Prague, aux travaux de Mukarovsky, Honzl ou Veltrusky, que j\u2019ai pu lire sur les conseils du regrett\u00e9 Miroslav Prochazka, lui-m\u00eame gendre de Felix Vodicka. A Miroslav, je dois le rep\u00e9rage de ces textes fondateurs de la s\u00e9miologie th\u00e9\u00e2trale, qu\u2019il ne manquait pas de me signaler, lorsque je faisais halte chez lui sur le chemin de Paris \u00e0 Bratislava. Je dois aussi \u00e0 l\u2019institut d\u2019esth\u00e9tique de Nitra, notamment \u00e0 Frantisek Miko et Anton Popovic, de passionnantes discussions lors de mes conf\u00e9rences l\u00e0-bas, en 1984. Ces bases esth\u00e9tiques et s\u00e9miotiques ne m\u2019ont jamais abandonn\u00e9. Aujourd\u2019hui encore, quand pour la \u00e9ni\u00e8me fois je dois analyser une repr\u00e9sentation ou un texte dramatique, je m\u2019efforce de me replacer sur ce premier niveau de la production et de l\u2019analyse des signes. Toute ph\u00e9nom\u00e9nologie, toute r\u00e9flexion d\u00e9constructive ou postdramatique ne peuvent se passer de cette base, contrairement \u00e0 ce qu\u2019elles affirment. En ce sens, je reste fermement ancr\u00e9 dans la s\u00e9miotique tch\u00e9coslovaque, ce qui me donne un look archa\u00efque qui n\u2019est pas pour me d\u00e9plaire.<br \/>\nA pr\u00e9sent, soixante-dix ans apr\u00e8s Prague, vingt-cinq ans apr\u00e8s Nitra, les traits de la th\u00e9orie, et pas  seulement s\u00e9miotique, sont beaucoup plus flous. Ce n\u2019est pas qu\u2019elle se soit arr\u00eat\u00e9e en chemin, ou que les r\u00e9flexions m\u00e9thodologiques se soient taries, bien au contraire ; c\u2019est plut\u00f4t que les notions de postmodernit\u00e9, de poststructuralisme ou de postdramatique estompent ou mettent en doute les notions et les analyses dramaturgiques ou s\u00e9miotiques. La question est de savoir si l\u2019on peut encore penser le th\u00e9\u00e2tre dans le cadre des Cultural Performances (terme anglo-am\u00e9ricain aussi intraduisible en fran\u00e7ais qu\u2019en slovaque), si le regard anthropologique, qui se prive du regard esth\u00e9tique, nous aide ou nous emp\u00eache de commenter les mises en sc\u00e8ne. Le fait est, \u00e0 lire certains coll\u00e8gues anglais ou am\u00e9ricains, que la r\u00e9flexion th\u00e9orique est \u00e0 la tra\u00eene, qu\u2019elle est pass\u00e9e de mode, voire qu\u2019elle a jet\u00e9 l\u2019\u00e9ponge (et m\u00eame, selon moi, qu\u2019elle a  jet\u00e9 le b\u00e9b\u00e9 avec l\u2019eau du bain).<br \/>\nJe con\u00e7ois souvent mon travail au cours de ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es comme un rocher de Sisyphe que je dois perp\u00e9tuellement remonter vers les sommets th\u00e9oriques, alors qu\u2019il serait si simple de rouler vers le bas avec lui vers les fausses profondeurs postdramatiques du scepticisme et du renoncement. Je m\u2019accorde ces facilit\u00e9s seulement dans les moments de v\u00e9ritable cr\u00e9ation artistique que je m\u2019octroie sans vergogne, et pour ainsi dire \u00e0 titre priv\u00e9. Et je n\u2019oublie pas que c\u2019est \u00e0 la radio slovaque et \u00e0 Beata Panakova que je dois ma premi\u00e8re exp\u00e9rience de th\u00e9\u00e2tre radiophonique. Le travail artistique me para\u00eet d\u2019autant plus licite maintenant que je ne suis plus charg\u00e9 de faire remonter la pente th\u00e9orique aux \u00e9tudiants ou aux coll\u00e8gues en les conduisant vers les sommets de notre art. Toutefois, la rigueur th\u00e9orique, m\u00eame dans la production d\u2019oeuvres d\u2019art, m\u2019appara\u00eet toujours aussi n\u00e9cessaire et indispensable \u00e0 la formation des artistes comme des enseignants. Cr\u00e9ation th\u00e9orique et cr\u00e9ation th\u00e9\u00e2trale ne sont pas n\u00e9cessairement antith\u00e9tiques. Et le plus souvent elles vont de pair.<br \/>\nQuel sera le visage de la th\u00e9orie et du th\u00e9\u00e2tre en Slovaquie dans un an, dans dix ans, dans cinquante ans ? Nul ne le sait, et moi moins que quiconque. Il m\u2019aura suffi d\u2019\u00eatre un maillon dans la cha\u00eene des spectateurs et peut-\u00eatre aussi dans la cha\u00eene, moins solide,  des th\u00e9oriciens franco-slovaques\u2026 Et c\u2019est de cela que pour l\u2019instant je me contente\u2014je veux dire : dont je suis content. Je suis particuli\u00e8rement heureux de percevoir le visage net et pr\u00e9cis, vif et r\u00e9fl\u00e9chi, fid\u00e8le mais engag\u00e9, de mes diff\u00e9rents traducteurs. Qu\u2019il me soit permis de leur exprimer publiquement ma reconnaissance : \u00e0 Milos Mistrik, Sona Simkova, Elena Flaskova, Martina Simova, Maria Krasnohorska, Lydia Magerciakova,   Darina Petkova, Ingrid Hrubanicova.<br \/>\nNotre visage n\u2019a de sens que si l\u2019autre n\u2019est l\u00e0 que pour s\u2019y r\u00e9fl\u00e9chir. Une th\u00e9orie n\u2019a de  port\u00e9e que si elle est appliqu\u00e9e par d\u2019autres et dans des contextes diff\u00e9rents. Une langue n\u2019\u00e9largit son audience que si elle est traduisible en d\u2019autres langues, pour d\u2019autres lecteurs qui voyaient les choses probablement diff\u00e9remment.<br \/>\n  Monsieur le Recteur, Mesdames et Messieurs, l\u2019honneur qui m\u2019est fait aujourd\u2019hui, rejaillit sur toute une g\u00e9n\u00e9ration de th\u00e9\u00e2trologues, et, \u00e0 travers eux, d\u2019artistes et de cr\u00e9ateurs, une g\u00e9n\u00e9ration qui n\u2019a pas cess\u00e9 de vouloir comprendre et servir le th\u00e9\u00e2tre, chacun \u00e0 sa mani\u00e8re. C\u2019est donc aussi en leur nom et sous leur mille visages que j\u2019accepte cet hommage avec gratitude.<br \/>\nFace \u00e0 la recherche, \u00e0 la cr\u00e9ation th\u00e9\u00e2trale et maintenant \u00e0 cette distinction honorifique, je me trouve un peu comme le metteur en sc\u00e8ne (vu par Copeau) face \u00e0 l\u2019\u0153uvre dramatique qu\u2019il doit monter :<br \/>\n\u00ab son r\u00f4le n\u2019est pas de dire :\u2019qu\u2019est-ce que je vais en faire ?\u2019, son r\u00f4le est de dire :\u2019qu\u2019est-ce qu\u2019elle va faire de moi ?\u2019 \u00bb<br \/>\nQu\u2019est-ce que le th\u00e9\u00e2tre va faire de nous ?<br \/>\nLaissons nous surprendre par les mille visages du th\u00e9\u00e2tre !<br \/>\nJeho uloha nie je povedat : \u2018Co s tym urobim, jeho uloha je povedat\u2019 : co to urobi so mnou \u2018.<br \/>\nCo urobi divadlo s nami ?<br \/>\nNechajme sa prekvapit jeho tisicimi tvarami !\u2019<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est rare de pouvoir exposer directement et concr\u00e8tement pour un public de non sp\u00e9cialistes ce que l&rsquo;on pense vraiment du th\u00e9\u00e2tre. Non de ses performances actuelles, mais de ce qu&rsquo;il repr\u00e9sente pour nous, pour notre vie quotidienne, notre vie \u00ab pour continuer \u00bb. Il est d\u00e9licat de faire le moindre bilan de notre vie dans ou pour le th\u00e9\u00e2tre. Mais on devrait tout de m\u00eame se poser la question de temps en temps. Cette occasion rare m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-819","article","type-article","status-publish","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/819","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=819"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=819"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}