


{"id":821,"date":"2009-11-03T20:38:00","date_gmt":"2009-11-03T19:38:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=821"},"modified":"2009-11-03T20:38:00","modified_gmt":"2009-11-03T19:38:00","slug":"david-bobee-gilles-traversees","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/david-bobee-gilles-traversees\/","title":{"rendered":"David Bob\u00e9e : Gilles \/ Travers\u00e9es"},"content":{"rendered":"<hr \/>\n<p><em> <strong>Il y a un an, en Septembre 2008, \u00e0 Roubaix, David Bob\u00e9e menait un stage avec les acteurs de L&rsquo;Oiseau-Mouche. Ce stage se terminait par une pr\u00e9sentation dans le studio de la compagnie nordiste. Un studio comme un grand grenier, tout en bois avec la quinzaine d&rsquo;acteurs qui traversent l&rsquo;univers de la compagnie Rictus. Dans cette pr\u00e9sentation, les acteurs, avec l&rsquo;innocence et la f\u00e9brilit\u00e9 d&rsquo;un premier pas nous proposaient un cabaret d\u00e9cousu et d\u00e9j\u00e0 plein d&rsquo;humanit\u00e9. Un premier pas qui devait conduire quatre acteurs de L&rsquo;Oiseau-Mouche et la compagnie Rictus \u00e0 construire \u00ab Gilles \u00bb au Th\u00e9\u00e2tre du Peuple de Bussang. Un spectacle construit comme un cabaret m\u00e9lancolique et joyeux autour de la figure d&rsquo;un homme.<\/strong> <\/em><br \/>\nEn retra\u00e7ant l\u2019histoire de cet homme, Gilles, touche \u00e0 tout, jamais bien nulle part, clown dans l\u2019\u00e2me, David Bob\u00e9e revient sur dix ans de travail. Il emprunte \u00e0 \u00ab Toute la vie \u00bb de Pascal Rambert[[Pascal Rambert : metteur en sc\u00e8ne et directeur du Th\u00e9\u00e2tre de Gennevilliers, centre dramatique national de cr\u00e9ation contemporaine. David Bob\u00e9e a jou\u00e9 comme acteur dans Paradis, After\/Before, Pan et Toute la vie mis en sc\u00e8ne par Pascal Rambert]] le r\u00e9cit d\u2019un personnage de A \u00e0 Z, retrouvant par l\u00e0 m\u00eame la dramaturgie de N13 issue des \u00ab Laboratoires d\u2019imaginaire social[[Les Laboratoires d\u2019imaginaire social: Le Centre dramatique de Caen a r\u00e9pondu en 2003 \u00e0 la proposition de trois compagnies l\u2019Astrakan, CHanTier21TH\u00e9\u00e2Tre et Rictus de collaborer pour donner des formes th\u00e9\u00e2trales \u00e0 une r\u00e9flexion d&rsquo;ordre politique. Le Laboratoire d&rsquo;imaginaire social \u00e9tait n\u00e9. En mai 2004, N13 \u00e9tait le cinqui\u00e8me  \u00ab Labo \u00bb depuis f\u00e9vrier 2003. Le Laboratoire d&rsquo;imaginaire social de Caen est constitu\u00e9 d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;artistes emmen\u00e9s par M\u00e9d\u00e9ric Legros, Antonin M\u00e9nard et David Bob\u00e9e respectivement metteur en sc\u00e8ne des trois compagnies. ]] \u00bb, se ressource \u00e0 ses derniers spectacles \u00ab Petit fr\u00e8re \u00bb, ou \u00ab Cannibale \u00bb, et revient sur le travail choral de Lacascade. Ces liens avec les dix ans \u00e9coul\u00e9s sont d\u2019autant d\u2019amicaux clins d\u2019\u0153il et pourtant la dramaturgie du spectacle r\u00e9siste \u00e0 l\u2019accumulation de ces r\u00e9f\u00e9rences. Le spectacle affranchi de tout cela donne le r\u00e9cit simple d\u2019un vieil homme en fin de route ou au bout de la for\u00eat.<br \/>\nDurant tout le mois d\u2019ao\u00fbt 2009, la Compagnie Rictus pr\u00e9sentait \u00ab Gilles \u00bb au Th\u00e9\u00e2tre du peuple de Bussang. C\u2019est dans un cadre tout en bois, un vaste grenier de pr\u00e8s de 900 places que se d\u00e9roulaient les repr\u00e9sentations. En cette fin ao\u00fbt, dans les montagnes vosgiennes, le public est venu nombreux et de tous les horizons pour d\u00e9couvrir le spectacle. Un travail populaire et humble o\u00f9 l\u2019enjeu est de raconter l\u2019histoire d\u2019un homme : Gilles. C\u2019est un retour sur son parcours men\u00e9 par un narrateur ni complaisant ni complice qui tente de comprendre avec ironie et malice les choix qui ont guid\u00e9 sa vie. Dans ce travail, David Bob\u00e9e montre sa capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 un espace et \u00e0 lui donner une dimension po\u00e9tique. En effet, ce th\u00e9\u00e2tre est r\u00e9put\u00e9 pour son mur de fond de sc\u00e8ne qui s\u2019ouvre sur la for\u00eat vosgienne. C\u2019est une contrainte pour les \u00e9quipes qui jouent dans ce th\u00e9\u00e2tre d\u2019utiliser cette particularit\u00e9. Ce qui rend la singularit\u00e9 de ce travail, c\u2019est qu\u2019en ouvrant le mur du fond, la Cie Rictus a donn\u00e9 \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te : la for\u00eat, une dimension de d\u00e9cors. Faisant ainsi du r\u00e9el, une sorte de paysage en carton p\u00e2te,  donnant une dimension onirique \u00e0 cet espace. Cette dimension est renforc\u00e9e par diverses apparitions : un ours en peluche g\u00e9ant, un jeune couple ang\u00e9lique et pour finir l\u2019image extr\u00eamement fine et cin\u00e9matographique d\u2019un enterrement.<br \/>\nC\u2019est d\u2019ailleurs la dimension cin\u00e9matographique qui est soign\u00e9e dans ce spectacle. L\u2019image y est tr\u00e8s pr\u00e9sente et le travail de lumi\u00e8re de St\u00e9phane Babi Aubert y est remarquable. C\u2019est impressionnant de se rendre compte qu\u2019en n\u2019utilisant pas la vid\u00e9o comme support \u00e0 la sc\u00e8ne cela renforce les images sc\u00e9niques. Elles peuvent s\u2019y exprimer compl\u00e8tement sans \u00eatre \u00ab pollu\u00e9es \u00bb par l\u2019image vid\u00e9o. C\u2019est le cas d\u2019une des premi\u00e8res images o\u00f9 le narrateur \u00ab \u00c9ric Fouchet \u00bb et Gilles \u00ab Gilles Defacques \u00bb sont assis sur le capot d\u2019une voiture \u00e9chou\u00e9e sur le plateau, \u00e9clair\u00e9s par un r\u00e9verb\u00e8re. C\u2019est dans cette simplicit\u00e9 que s\u2019inscrit ces images cin\u00e9matographiques. Une simplicit\u00e9 qui induit une image et appelle l\u2019imaginaire.<br \/>\nDans ce cabaret, nous voyons la succession de num\u00e9ros comme les bribes de la vie de cet homme. Ce sont ces s\u00e9quences qui nous racontent son histoire simplement et b\u00eatement humaine. On s\u2019attache \u00e0 Gilles dans les diff\u00e9rentes facettes de sa vie mais surtout dans ce quelle a de plus commun, de moins extraordinaire.<br \/>\nDavid Bob\u00e9e r\u00e9ussit son pari en racontant l\u2019histoire d\u2019un homme qui a toujours envie de fuir en mettant un point d\u2019honneur \u00e0 fuir lui-m\u00eame le destin tragique de son personnage. Ce sont ces tableaux successifs qui permettent de ne jamais s\u2019attarder sur le pathos d\u2019une situation. Avec Gilles, David Bob\u00e9e raconte l\u2019itin\u00e9raire d\u2019une travers\u00e9e retra\u00e7ant par l\u00e0-m\u00eame son histoire th\u00e9\u00e2trale.<br \/>\nTexte C\u00e9dric Orain, mise en sc\u00e8ne David Bob\u00e9e, avec Gilles Defacque, Tanguy Simonneaux, David Amelot, Pierre Cartonnet, Elza Davidson, Cl\u00e9ment Delliaux, Eric Fouchet, St\u00e9phane Hainaut, Caroline Leman \/ Cr\u00e9ation lumi\u00e8re St\u00e9phane Babi Aubert, cr\u00e9ation son Jean-No\u00ebl Fran\u00e7oise, r\u00e9gie g\u00e9n\u00e9rale Thomas Turpin, construction et conception du d\u00e9cor Salem Ben Belkacem Ateliers Akelnom<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a un an, en Septembre 2008, \u00e0 Roubaix, David Bob\u00e9e menait un stage avec les acteurs de L&rsquo;Oiseau-Mouche. Ce stage se terminait par une pr\u00e9sentation dans le studio de la compagnie nordiste. 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