


{"id":826,"date":"2009-10-13T21:02:00","date_gmt":"2009-10-13T19:02:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=826"},"modified":"2009-10-13T21:02:00","modified_gmt":"2009-10-13T19:02:00","slug":"blanche-neige-la-plus-belle-dansee","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/blanche-neige-la-plus-belle-dansee\/","title":{"rendered":"Blanche Neige : la plus belle dans\u00e9e&#8230;"},"content":{"rendered":"<p>&#8212;-<br \/>\n<em> <strong>Spectacle cr\u00e9\u00e9 en r\u00e9sidence au Grand Th\u00e9\u00e2tre de Provence d&rsquo;Aix, Blanche Neige d&rsquo;Angelin Preljocaj, en un peu moins de deux heures, invite la po\u00e9sie et le style sur le plateau. De Disney, il ne reste peut \u00eatre plus que ce que la m\u00e9moire du spectateur en conserve. Et c&rsquo;est r\u00e9solument dans la modernit\u00e9 que ce conte dans\u00e9 entre. Comme s&rsquo;il \u00e9tait guid\u00e9 par un vers de Walser : \u00c2\u00ab Prends du mouvement, saute et cours \u00c2\u00bb.<\/strong> <\/em><br \/>\n<em>Souvenirs d&rsquo;enfance et de plus tard&#8230;<\/em><br \/>\nLa nuit s\u2019affirme et la chaleur proven\u00e7ale demeure une caresse en cet automne. Un verre de coteau d\u2019Aix en main, une cigarette dans l\u2019autre, la t\u00eate dans les bambous qui cernent la terrasse du bar du Grand Th\u00e9\u00e2tre de Provence qui jouxte la silhouette \u00e9norme du Pavillon Noir\u2026 je songe \u00e0 Blanche Neige. J\u2019ai vu celle de Barker qui n\u2019\u00e9tait plus, me semble-t-il, qu\u2019un pr\u00e9texte. J\u2019ai lu celle r\u00e9\u00e9crite par Robert Walser. Mort une nuit de No\u00ebl 1956, alors intern\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital psychiatrique de Waldau, en Suisse, qui, lors d\u2019une de ses promenades, tombe mort dans la neige. On dit qu\u2019il \u00e9tait habill\u00e9 d\u2019un costume noir \u00e9b\u00e8ne et qu\u2019un peu de sang coula le long de ses l\u00e8vres. Troublant\u2026 Il venait d\u2019\u00e9crire sa version de Blanche-Neige. Chez lui, Blanche Neige, po\u00e8me ou th\u00e9\u00e2tre, se lit comme une enqu\u00eate o\u00f9 l\u2019on rel\u00e8ve les non-dits. Influence sans doute de la Psychanalyse des contes de f\u00e9e de Bettheleim qui nourrira ce \u00ab dramelet \u00bb comme l\u2019\u00e9crivait Walser. Blanche Neige ou \u00ab l\u2019une des \u0153uvres les plus profond\u00e9ment significatives de la po\u00e9sie r\u00e9cente \u00bb comme l\u2019\u00e9crira Walter Benjamin, d\u00e8s 1929.<br \/>\nJe r\u00eave qu\u2019une salle de cin\u00e9ma programme, un jour, la Branca de Neve, toujours in\u00e9dite en France, du r\u00e9alisateur portugais Jo\u00e0o Cesar Monteiro, mort en 2003. Un film compos\u00e9 \u00e0 partir de la Blanche Neige de Walser qui, pendant 75 minutes, pr\u00e9sente une image noire, \u00e0 peine \u00e9clair\u00e9e par la projection de photogrammes (quatre ciels bleus et quatre images de Walser mort dans la neige) et les sous-titres. Film o\u00f9 s\u2019entendent seulement les voix des cinq com\u00e9diens portugais. Exp\u00e9rience R\u00e9gienne \u2026<br \/>\nEt je me souviens encore de l\u2019\u00e9pisode Blanche Neige dans Turing-Machine de Jean-Fran\u00e7ois Peyret[[Cr\u00e9ation \u00e0 la MC93 de Bobigny en 1999. Pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e en 1993, par le metteur en sc\u00e8ne d\u2019une petit forme titr\u00e9e \u00ab Le loup et les sept Blanche Neige \u00bb.]]. De la projection, au cours de la mise en sc\u00e8ne, d\u2019un extrait de Blanche Neige r\u00e9alis\u00e9 par Walt Disney. C\u2019est \u00e0 Cambridge, avec Wittgenstein, en 1937, que Turing d\u00e9couvre ce film qui le passionnait. Au point que son suicide reprendra le motif de la pomme empoisonn\u00e9e.<br \/>\nEt, avouons-le encore, alors que je quitte le bar et m\u2019offre une derni\u00e8re lamp\u00e9e de ce rouge intense dans ce qui est maintenant une nuit noire, je songe aussi \u00e0 cette Blanche Neige, vue enfant, dans un cin\u00e9ma de bord de mer, pendant les grandes vacances. Je me rappelle ces hauts de joues rouges, ces rubans noirs sur ce tablier bleu, ces animaux qui s\u2019occupaient si tendrement d\u2019elle recueillie par des nains aux pifs \u00e9normes qui m\u2019avaient amus\u00e9. Je me souviens de ces interminables chansons que les am\u00e9ricains ont en affection et qui, de la Com\u00e9die musicale au moindre dessins anim\u00e9s, n\u2019en finissent pas de revenir en boucle sous des semblants de modernit\u00e9. Je me souviens de cette image artificielle o\u00f9 le bonheur final est la solution banale.<br \/>\nEt petit, d\u00e9j\u00e0 sale gosse, il se promet de d\u00e9gommer les oiseaux qui chantent. De mettre les nains au travail pour qu\u2019ils aient le visage terreux de mineurs rattrap\u00e9s par la silicose. D\u2019\u00e9viter de rencontrer une Blanche Neige parce que \u00e7a doit \u00eatre invivable un corps sans pens\u00e9e. Etc\u2026 Et plus tard, lisant M\u00fcller, le vilain m\u00f4me sait pourquoi il n\u2019aimait pas le cin\u00e9ma de Disney qui appauvrit les mythes et les contes pour commercialiser des dramaturgies Fast Good.<br \/>\nLa fabrique d&rsquo;images<br \/>\nDu fond de sc\u00e8ne, dans la p\u00e9nombre, suivant une diagonale lumineuse, une reine presque d\u00e9j\u00e0 morte se tra\u00eene au sol, le ventre gros, les bras tirant l\u2019air sous elle, rampante et agonisante, \u00e0 l\u2019\u00e9preuve d\u2019un souffle qui vient \u00e0 lui manquer&#8230; Tel un animal en fin de vie qui ob\u00e9irait \u00e0 un instinct ignor\u00e9, la reine morte met bas, dans une ultime contorsion. Elle fait son devoir de m\u00e8re qui jette au monde Blanche Neige. Mort ind\u00e9passable et vie fragile viennent ainsi, dans les premi\u00e8res secondes de la pi\u00e8ce chor\u00e9graphique d\u2019Angelin Preljocaj, se c\u00f4toyer. Bien loin du verbe et de \u00ab Il \u00e9tait une fois \u00bb, bien loin des gouttes de sang sur la neige et de toute broderie, c\u2019est par l\u2019image et l\u2019oc\u00e9an sonore de Mahler que le chor\u00e9graphe ouvre ce \u00ab ballet narratif \u00bb muet o\u00f9 pas un des danseurs n\u2019expriment autrement ses passions que par le corps et ses vibrations. Instant visuel et musical qui sera conserv\u00e9 d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de ce mythe fait de multiples rebondissements, jusqu\u2019au bal radieux o\u00f9, au nez d\u2019une sorci\u00e8re terrass\u00e9e, Blanche Neige danse avec son prince. Entre ces deux morts, entre la mort de la m\u00e8re et l\u2019ex\u00e9cution de la belle-m\u00e8re, entre la disparition de celle qui laisse un vide et le jugement de celle qui fut avide, le ballet aura multipli\u00e9 les \u00e9pisodes et les formes d\u2019une histoire dont on croyait \u00ab tout savoir \u00bb depuis que Walt Disney avait fig\u00e9 la repr\u00e9sentation du conte des fr\u00e8res Grimm.<br \/>\nAu nombre de ces s\u00e9quences, il faut alors souligner l\u2019intelligence de certaines d\u2019entre elles. Celle, par exemple, o\u00f9 Preljocaj substitue aux trois gouttes de sang d\u2019une naissance f\u00e9erique, la narration en trois temps, en trois mouvements, des trois \u00e2ges de Blanche Neige. Tout d\u2019abord nouveau n\u00e9 berc\u00e9 au creux des bras de son p\u00e8re. Sorte de figure tut\u00e9laire habill\u00e9e de noir, en deuil, qui surplombe la d\u00e9pouille de la m\u00e8re. Puis, jouant d\u2019un paravent, se glissant et tourbillonnant sur lui-m\u00eame, le p\u00e8re tient la main d\u2019une petite fille, un petit rat blanc, toute de candeur et de douceur. On dirait qu\u2019elle fait l\u00e0 ses premiers pas. Enfin, alors qu\u2019il a reconduit l\u2019enfant dans l\u2019obscurit\u00e9, par un artifice \u00e0 peine enchanteur, r\u00e9appara\u00eet une jeune femme (Virginie Caussin), de blanc v\u00eatu, sensuelle, \u00e0 la chevelure d\u2019\u00e9b\u00e8ne. La beaut\u00e9 de Blanche Neige ne sera donc pas un mythe\u2026<br \/>\nEt de regarder ces premiers instants comme ceux qui s\u2019\u00e9cartent du merveilleux pour laisser place \u00e0 une th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 et \u00e0 une illusion construites sur l\u2019inattendu. Premi\u00e8re sc\u00e8ne magnifique, en d\u00e9finitive, qui donne le \u00ab la \u00bb d\u2019une partition humble o\u00f9 le chor\u00e9graphe, habile, va \u00e0 l\u2019essentiel. Habile, dis-je, car Preljocaj commet l\u00e0 un geste dramaturgique d\u2019une grande finesse, preuve d\u2019une lecture sans faille. Une lecture pr\u00e9cise. Comme, par exemple encore, quand il choisit de montrer un meurtre, violent, cruel, physique, terriblement agressif. Moment, o\u00f9 la belle-m\u00e8re (C\u00e9line Galli) se jette litt\u00e9ralement sur la jeune femme pour lui planter la pomme dans la bouche, dans la gorge. Instant o\u00f9 la pomme pourrait \u00eatre la m\u00e9taphore d\u2019un couteau que l\u2019on fiche dans l\u2019innocente. Rarement la danse aura atteint pareille violence et cruaut\u00e9. Et de comprendre que le chor\u00e9graphe s\u2019est d\u00e9barrass\u00e9 d\u2019un mythe de la tentation o\u00f9 Blanche Neige c\u00e9d\u00e9 \u00e0 son envie pour lui substituer le motif d\u2019un assaut, l\u2019argument d\u2019un assassinat animal, l\u2019\u00e9pisode d\u2019une ex\u00e9cution sans \u00e9chappatoire. Violence que le corps \u00e0 corps surprenant des deux danseuses rend plus intense, plus sensible. Ou encore, et c\u2019est l\u2019un des instants marquant de ce ballet, lorsque le prince recueille le corps inerte de Blanche Neige \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une \u00ab danse de mort \u00bb. Instant d\u2019une po\u00e9sie incroyable o\u00f9 tel un pantin d\u00e9sarticul\u00e9, telle une marionnette coup\u00e9e de ses fils, tel un corps invert\u00e9br\u00e9 Blanche Neige danse dans les mains du prince, rebondit sur les muscles de ce corps qui lui insufflent une \u00e9nergie ext\u00e9rieure, un semblant de vie.<br \/>\nSc\u00e8ne enfin o\u00f9 Blanche Neige inerte sur le sol est recouverte de l\u2019affection de sa m\u00e8re revenue d\u2019entre les morts. Suspendue \u00e0 un filin, descendant d\u2019un ciel dans l\u2019obscurit\u00e9 du plateau\u2026 Il y avait l\u00e0 suffisamment d\u2019\u00e9l\u00e9ments pour que l\u2019on crie \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique du clou. Sauf que\u2026 Sauf qu\u2019ici, Preljocaj rend le spectaculaire \u00e9nigmatique, n\u2019en joue pas, mais s\u2019en sert.<br \/>\nEntre temps, entre ces \u00e9pisodes, le conte aura impos\u00e9 \u00e0 Preljocaj une iconoclastie extraordinaire o\u00f9 le th\u00e9\u00e2tral est le lieu du fantastique. Une for\u00eat de bouleaux appara\u00eetra comme dans les brumes d\u2019un r\u00eave. Sept nains alpins sortiront d\u2019un mur caverneux suspendu \u00e0 des filins telles des araign\u00e9es entamant un ballet a\u00e9rien. Plus tard, aupr\u00e8s de quelques rochers color\u00e9s d\u2019un vert moussu, un ou plut\u00f4t trois chasseurs \u00e9choueront dans leur mission. Un cerf d\u2019illusion sortira de ce d\u00e9cor sylvestre pour offrir son c\u0153ur. Blanche Neige morte ou endormi reposera sur une plaque de verre. Et devant un miroir immense o\u00f9 le reflet de la belle-m\u00e8re et de ces gargouilles n\u2019en finit de r\u00e9fl\u00e9chir une r\u00e9ponse qui entretient sa haine, devant ce miroir sans glace qui offre pourtant un d\u00e9doublement, les danseurs impressionnent par leur coordination, leur mim\u00e9tisme, leur incroyable facult\u00e9 \u00e0 \u00eatre l\u2019un, le m\u00eame et n\u00e9anmoins l\u2019autre.<br \/>\nDramaturgie\u2026<br \/>\n\u00ab Narratif \u00bb insiste Angelin Preljocaj quand il \u00e9voque ce ballet. \u00ab Narratif \u00bb et pourtant loin d\u2019\u00eatre simplement figuratif, et parfois proche d\u2019un certain symbolisme qui est le seul geste v\u00e9ritable pour rendre sensible l\u2019invisible. De fait, le chor\u00e9graphe qui agit les 26 danseurs et danseuses de sa compagnie aura su tailler dans ce conte. S\u2019\u00e9cartant d\u2019une lecture subsum\u00e9e \u00e0 la repr\u00e9sentation qu\u2019en donna Walt Disney, il aura travaill\u00e9 l\u2019ellipse, l\u2019all\u00e9gorie, la m\u00e9tamorphose, l\u2019entaille\u2026Pr\u00e9f\u00e9rant au sch\u00e9ma narratif stable, une image et un geste o\u00f9 l\u2019invention est, de fait, une cr\u00e9ation. Et c\u2019est de cela dont on est le spectateur. Preljocaj renouvelle ainsi la m\u00e9moire que nous avions de Blanche Neige. Non qu\u2019on y retrouve pas la trace st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e d\u2019un conte connu de tous. Comment \u00e9chapper \u00e0 la silhouette de la m\u00e9chancet\u00e9 ? Comment ignorer qu\u2019il y a une forme \u00e0 ces personnages de cour ? Comment s\u2019\u00e9carter de la physionomie d\u2019une garce magnifique ? Comment r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer nos mod\u00e8les de la beaut\u00e9, de la candeur, de l\u2019humanit\u00e9 ? Lisant ce conte, le rictus et la blancheur, la cruaut\u00e9 et la na\u00efvet\u00e9, la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et l\u2019avidit\u00e9, le bonheur et le ch\u00e2timent\u2026 ont n\u00e9cessairement des formes qui ont leur si\u00e8ge dans l\u2019inconscient collectif. L\u2019invention du chor\u00e9graphe est donc ailleurs.<br \/>\nDans les costumes que lui offre Jean-Paul Gaultier.Dans la tunique blanche de Blanche Neige, remontant sur le haut de sa hanche, qui l\u2019\u00e9rotise. La princesse est alors un corps d\u00e9sirable, une plastique sensuelle, loin de cette ic\u00f4ne chantonnante et na\u00efve dont les spectateurs h\u00e9rit\u00e8rent avec Disney. Dans le v\u00eatement noir des rois et reines, coiff\u00e9s de couronnes aux pics aigus, que l\u2019on pourrait confondre avec des figures de jeu d\u2019\u00e9chec. Le p\u00e8re y perd sa bonhomie, la reine-m\u00e8re gagne en temp\u00e9rament gothique. Ils se regardent comme le signe d\u2019une architecture m\u00e9di\u00e9vale que devra fuir Blanche Neige r\u00e9fugi\u00e9e chez dame nature. Et de voir les \u00e9toffes et ces habits comme les \u00e9piph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019un melting pot d\u2019images prises \u00e0 l\u2019histoire r\u00e9cente du cin\u00e9ma. De voir dans les nains coiff\u00e9s d\u2019une lampe de mineur, une assembl\u00e9e souterraine sortie de la \u00ab Cit\u00e9 des enfants \u00bb. De voir dans la Belle-m\u00e8re, une \u00ab Cat-Women \u00bb \u00e9rotique et machiav\u00e9lique accompagn\u00e9e de ses chats noirs aux gestes sournois. De voir dans la repr\u00e9sentation du p\u00e8re, l\u2019ombre errante d\u2019un roi du \u00ab Seigneur des anneaux \u00bb en proie \u00e0 une douleur ind\u00e9passable. De regarder Blanche-Neige comme la Lilou du \u00ab Septi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment \u00bb, elle qui, in fine, peut incarner le bien menac\u00e9, mais triomphant. Et de voir les commandos en charge de la tuer comme les miliciens improbables d\u2019un cin\u00e9ma galactique\u2026<br \/>\nLes influences de Preljocaj sont ainsi moins prises \u00e0 l\u2019histoire litt\u00e9raire (qu\u2019il n\u2019ignore pas), qu\u2019elles ne participent d\u2019abord du septi\u00e8me art[[Angelin Preljocaj a, entre autres, collabor\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alisation de plusieurs films ou documentaires. Notamment Les Raboteurs avec Cyril Collard, d\u2019apr\u00e8s l\u2019\u0153uvre de Gustave Caillebotte en 1988. Pavillon noir avec Pierre Coulibeuf en 2006 et en 2007 Eldorado\/Preljocaj avec Olivier Assayas.]]. Celui qui fut visuel avec tout. Celui qui fut muet au commencement. Et de regarder Blanche Neige, d\u00e8s lors, comme un ensemble de s\u00e9quences o\u00f9 le monde virtuel des images, associ\u00e9 \u00e0 l\u2019espace musical (le \u00ab romantisme des symphonies \u00bb de Mahler et la musique additionnelle de 79D), produit un territoire o\u00f9 la chor\u00e9graphie est s\u00e9quences de cin\u00e9ma, m\u00ealant de lointaines images invent\u00e9es par Disney, \u00e0 des sc\u00e9narios contemporains qu\u2019il mod\u00e8le \u00e0 nouveau.<br \/>\nChor\u00e9graphie muette comme le cin\u00e9ma le fut, Blanche Neige vaut ainsi pour une adresse au spectateur. A son esprit, \u00e0 sa m\u00e9moire, \u00e0 son imagination\u2026 qui sont sollicit\u00e9s simultan\u00e9ment, convoqu\u00e9s en m\u00eame temps, opposant chez lui la connaissance d\u2019un conte et l\u2019\u00e9nigme sur laquelle repose la construction de ce ballet. M\u00e9lodrame muet encore o\u00f9 le silence qui renvoie \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique filmique des ann\u00e9es 20 se trouve relay\u00e9 par celle, po\u00e9tique et moderne, de la danse d\u2019aujourd\u2019hui[[Lire \u00e0 propos du chor\u00e9graphe et directeur du Pavillon noir : Angelin Preljocaj (2003), Pavillon noir (2006) et Angelin Preljocaj, topologie de l\u2019invisible (2008).]] et ses images mentales.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;- Spectacle cr\u00e9\u00e9 en r\u00e9sidence au Grand Th\u00e9\u00e2tre de Provence d&rsquo;Aix, Blanche Neige d&rsquo;Angelin Preljocaj, en un peu moins de deux heures, invite la po\u00e9sie et le style sur le plateau. De Disney, il ne reste peut \u00eatre plus que ce que la m\u00e9moire du spectateur en conserve. Et c&rsquo;est r\u00e9solument dans la modernit\u00e9 que ce conte dans\u00e9 entre. 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