


{"id":828,"date":"2009-09-14T18:14:00","date_gmt":"2009-09-14T16:14:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=828"},"modified":"2009-09-14T18:14:00","modified_gmt":"2009-09-14T16:14:00","slug":"lyceens-en-avignon-temoignages-2","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/lyceens-en-avignon-temoignages-2\/","title":{"rendered":"Lyc\u00e9ens en Avignon |\u00a0t\u00e9moignages 2"},"content":{"rendered":"<p>&#8212;&#8211;<br \/>\n10 juillet, 10h00.<br \/>\nNous arrivons \u00e0 Avignon quelques heures avant nos jeunes camarades critiques. Nous venons de passer deux jours \u00e0 penser et imaginer notre atelier critique. Nous ne connaissons pas ceux avec qui nous allons fabriquer cet espace critique, ni dans quel cadre, ils s&rsquo;inscrivent. Nous savons que c&rsquo;est un partenariat entre la r\u00e9gion de Basse-Normandie, des \u00e9tablissements scolaires, culturels ou sociaux et les CM1. Nous sommes dans la rue principale d&rsquo;Avignon ou s&rsquo;affichent commerces et spectacles dans l&rsquo;effervescence du d\u00e9but de ce 63e festival. Nous sommes accueillis par le soleil et le mistral. C&rsquo;est justement \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole du petit mistral que nous allons rencontrer l&rsquo;\u00e9quipe des C\u00c9M\u00c9A[[Centre d\u2019entra\u00eenement aux m\u00e9thodes d\u2019\u00e9ducation active. Ce mouvement d\u2019\u00e9ducation nouvelle encadre des groupes durant tout le festival d\u2019Avignon. Cette association est depuis la cr\u00e9ation du festival le seul partenaire qui met en place les s\u00e9jours \u00e9ducatifs et culturels autour des spectacles du in.]] qui encadre les jeunes bas-normands. C&rsquo;est aussi dans cet espace \u00e0 deux pas de l&rsquo;agitation festivali\u00e8re que nous prendrons nos quartiers dans une \u00e9cole maternelle d&rsquo;une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et d&rsquo;un calme propice \u00e0 la r\u00e9flexion et \u00e0 la discussion. Dans une cour, encadr\u00e9e par trois b\u00e2timents o\u00f9 se trouvent les classes, la cantine et un pr\u00e9au pour quatri\u00e8me mur. L&rsquo;\u00e9quipe encadrante des C\u00c9M\u00c9A nous accueille, Annie, \u00c9ric, St\u00e9phanie, Emeline, Pauline, Karine, Guillem, Pascale. Ils finalisent leur pr\u00e9paratif d&rsquo;accueil. Les groupes qui arrivent de Basse-Normandie sont les premiers de cette \u00e9dition. Tout le monde a l&rsquo;air heureux de d\u00e9buter et en m\u00eame temps un peu tendu parce que des param\u00e8tres modifient les habitudes. En effet, la r\u00e9gion Basse-Normandie est la seule r\u00e9gion a mix\u00e9 les participants, \u00e0 savoir, mettre en relation des lyc\u00e9ens et des personnes en situation de handicap comme on dit. Notre atelier critique qui s&rsquo;ajoute \u00e0 leurs ateliers. Nous discutons un peu pour savoir comment l&rsquo;\u00e9quipe des C\u00c9M\u00c9A a pr\u00e9vu ce s\u00e9jour. Nous sommes conscients que l&rsquo;organisation pour cinq jours est complexe. Nous d\u00e9cidons que nous ferons notre atelier critique dans les interstices, les espaces non investis par l&rsquo;organisation des C\u00c9M\u00c9A. Les ateliers critiques auront lieu tous les apr\u00e8s-midi de 14 \u00e0 16 heures.<\/p>\n<hr \/>\n<p>10 juillet<br \/>\nVers midi, les groupes d\u00e9barquent. Ils se sont lev\u00e9s entre 3h30 et 5h du matin. Ils viennent de passer 6 heures dans le train. Ils d\u00e9couvrent le ciel et la chaleur avignonnais. C\u2019est s\u00fbr, \u00e7a a commenc\u00e9. Lors du d\u00e9jeuner, premi\u00e8re rencontre informelle au cours du repas. Nous remarquons quatre cat\u00e9gories de groupes. La premi\u00e8re, celle qui nous avions imagin\u00e9 \u00e0 savoir un groupe d\u2019adolescents venant des lyc\u00e9es (d\u2019Argentan). Une seconde qui est li\u00e9e \u00e0 un projet audacieux du CDR de Vire. En effet, dans le cadre d\u2019une cr\u00e9ation de Fabrice Melquiot au printemps 2010, cinq adolescents de 14 \u00e0 17 ans vont \u00eatre les acteurs de ce spectacle. Ils viennent des diff\u00e9rents \u00e9tablissements scolaires de Vire. La troisi\u00e8me, ce sont des trisomiques qui ont une pratique de th\u00e9\u00e2tre durant l\u2019ann\u00e9e avec notamment \u00c9milie Horcholle. La quatri\u00e8me, ce sont des pr\u00e9 \u00e9tudiants des environ de Cherbourg qui pr\u00e9parent un s\u00e9jour \u00e0 Avignon en 2010. Apr\u00e8s le repas, l\u2019\u00e9quipe des C\u00c9M\u00c9A organise un atelier pratique permettant \u00e0 nous tous de se rencontrer. C\u2019est aussi une mani\u00e8re d\u2019entrer en contact avec le spectacle de Maguy Marin que nous d\u00e9couvrirons \u00e0 18 heures. Nos amis, oui d\u00e9j\u00e0, c\u2019est sans doute leur amical accueil qui nous rend si proche. Nos amis donc ont le soucis en pr\u00e9parant ces ateliers d\u2019\u00eatre dans un \u00e9change concret et imm\u00e9diat sans forc\u00e9ment passer par le discours mais plut\u00f4t \u00eatre dans la parole et le dialogue. Ils sont attentifs \u00e0 ce que leurs ateliers soient une entr\u00e9e en mati\u00e8re pour le spectacle que nous allons d\u00e9couvrir.<br \/>\n17h30<br \/>\nToute cette petite caravane se met en route. Une communaut\u00e9 qui traverse Avignon pour se rendre au gymnase Aubanel, l\u00e0 o\u00f9 \u00e0 lieu le premier spectacle : Description d\u2019un combat de Maguy Marin.<br \/>\n20h00<br \/>\nRetour au petit Mistral o\u00f9 grondent les lyc\u00e9ens. Les d\u00e9bats sont agit\u00e9s, l\u2019atelier critique commence avec de l\u2019avance. Les jeunes spontan\u00e9ment viennent vers Yannick et moi pour discuter, pour dire leur col\u00e8re. Cette col\u00e8re est li\u00e9e au spectacle de \u00ab danse \u00bb de Maguy Marin. Ils ne retrouvent pas la danse. Ils s\u2019attendaient pourtant \u00e0 de la danse. Mais il y a un bonheur \u00e0 les \u00e9couter discuter, parce que leur col\u00e8re montre une incompr\u00e9hension. C\u2019est cette incompr\u00e9hension qu\u2019ils veulent percer. Ils ne se r\u00e9signent pas \u00e0 ce que quelque chose leur \u00e9chappe. C\u2019est donc par la parole, par la discussion qui veulent avancer. Yannick et moi, nous sentons que cette n\u00e9cessit\u00e9 de dialogue, d\u2019\u00e9changes manifeste que malgr\u00e9 l\u2019incompr\u00e9hension par rapport au travail de Maguy Marin, ils pensent qu\u2019ils ont vu \u00ab quelque chose \u00bb.<\/p>\n<hr \/>\n<p>11 juillet<br \/>\n8h00<br \/>\nLes Grillons sont au rendez-vous, Yannick a disparu \u00e0 l\u2019Am\u00e9ricain, le troquet, bar, snack, caf\u00e9, karaok\u00e9 du coin de la rue Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral et de l\u2019avenue de la R\u00e9publique. Il compte les rescap\u00e9s de la nuit Mouawad qui sortent de la Cour d\u2019honneur et redescendent l\u2019avenue de la R\u00e9publique emmitoufl\u00e9s dans leurs sacs de couchage.<br \/>\n10h00<br \/>\nNos amis, c\u2019est l\u2019\u00e9quipe C\u00c9M\u00c9A que j\u2019appelle comme \u00e7a. Nos amis donc ont pr\u00e9par\u00e9 le premier retour sensible sur le spectacle d\u2019hier. Malgr\u00e9 les discussions farouches contre la proposition de Maguy Marin et de son \u00e9quipe, l\u2019atelier est pris \u00e0 bras le corps par tout le monde. C\u2019est sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 que nous nous retrouvons tous, lyc\u00e9ens, personnes en situation de handicap comme il faut dire, accompagnateurs, critiques\u2026 C\u2019est avec soin que les propositions physiques pour rendre compte du spectacle sont ex\u00e9cut\u00e9es. Yannick et moi voyons aussi avec quelle attention, ils ont regard\u00e9 le spectacle. C\u2019est aussi admiratif que je regarde Tiphaine (en situation de handicap comme on dit) savoir aussi bien tomber. Je dis \u00e0 Yannick que pour tous les danseurs professionnels, il faudrait qu\u2019ils apprennent de Tiphaine. Elle a un rapport \u00e0 son corps et au sol, une chose unique et terriblement difficile \u00e0 trouver. Un danseur lui travaillerait ce geste quand il semble \u00e9vident pour elle. \u00c0 la suite, de ce retour sensible, nous commen\u00e7ons l\u2019atelier de sensibilisation autour du spectacle de Denis Marleau : \u00ab Une f\u00eate pour Boris \u00bb.<br \/>\n14h00<br \/>\nOuverture de notre premier atelier critique. Nous sommes impatients et un peu inquiets. C\u2019est un atelier qui ne comporte aucune obligation. Ceux qui veulent viennent. Nous nous regroupons sous le pr\u00e9au, nous sommes une bonne douzaine autour d\u2019une table basse \u00e0 avoir brav\u00e9 l\u2019envie d\u2019une sieste pour discuter de ce que nous avons vu. La premi\u00e8re chose que nous affirmons, c\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas question pour nous de dire d\u2019un spectacle s\u2019il est bien ou mauvais. Notre envie et notre axe critique est de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce que nous voyons. Yannick et moi d\u00e9fendons aussi l\u2019id\u00e9e que la critique n\u2019\u00e9met pas une v\u00e9rit\u00e9. D\u2019ailleurs tout au long de ces ateliers nous ne pr\u00e9senterons pas aux adolescents notre jugement sur tel ou tel spectacle. Il nous semble essentiel qui puisse avoir une r\u00e9flexion qui ne soit pas brouill\u00e9e par celle de ceux qui saurait. Ce premier atelier est une r\u00e9ussite puisque dans la discussion et l\u2019\u00e9change, les avis, les critiques s\u2019affinent, se modifient.<br \/>\n16h00<br \/>\nNous nous pr\u00e9parons pour \u00ab Une f\u00eate pour Boris \u00bb. c\u2019est \u00e0 Villeneuve lez Avignon. Le transport se fait en bus, une organisation impeccable de nos amis pour les tickets etc&#8230; Un peu entass\u00e9 dans le bus nous partons enthousiastes au spectacle. Nous d\u00e9couvrons la chartreuse qui est un lieu magnifique.<br \/>\n18h00<br \/>\nDans le bus du retour, nous sommes encore plus entass\u00e9s. Contrairement \u00e0 la veille, il n\u2019y a presque pas de r\u00e9action apr\u00e8s le spectacle. Certains disent juste que cela leur a plu, pas plus. R.A.S. je suis surpris par ce silence qui tranche avec la n\u00e9cessit\u00e9 de parler de la veille.<\/p>\n<hr \/>\n<p>12 juillet<br \/>\n10h00<br \/>\nPour \u00eatre efficace, il faut \u00eatre organis\u00e9. C\u2019est pourquoi, comme la veille, nous faisons un retour sensible sur la pi\u00e8ce de la veille \u00ab\u00a0Une f\u00eate pour Boris\u00a0\u00bb. C\u2019est assez l\u00e9ger, nos retours ne sont pas exaltants. Ils sont aussi plus dans le discours, la parole ce qui freine sans doute un peu les choses. La pi\u00e8ce d&rsquo;hier ne nous inspire pas beaucoup. Il y a aussi, une fatigue qui commence \u00e0 se ressentir et surtout ce soir nous assistons \u00e0 la nuit Mouawad. Douze heures de spectacles dans la Cour d\u2019honneur, trois pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, une trilogie de l\u2019artiste associ\u00e9 au Festival d\u2019Avignon, de 20h \u00e0 8h du matin, au moins vingt-cinq com\u00e9diens, cinquante techniciens, de la musique, 2000 spectateurs, caf\u00e9 et th\u00e9 distribu\u00e9s gratuitement, couvertures itou, on imagine qu\u2019il faut garder de l\u2019\u00e9nergie pour tout cela.<br \/>\n14h00<br \/>\nNous commen\u00e7ons notre atelier. Un groupe est parti voir un spectacle du festival off, un autre, une exposition. Mais \u00e0 dix nous critiquons le spectacle de Denis Marleau avec passion et interrogation.<br \/>\n(R\u00e9sum\u00e9 en \u00e9coute de ces deux heures de discussion)<br \/>\n19h00<br \/>\nCollation et pr\u00e9paratifs avant cette exp\u00e9dition, cette exp\u00e9rience d\u2019une nuit de th\u00e9\u00e2tre.<br \/>\nNuit du 12 juillet au 13 juillet <em>Littoral<\/em>, <em>Incendies<\/em>, <em>For\u00eats<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>13 juillet<br \/>\n8h00<br \/>\nYannick et moi descendons l\u2019avenue de la r\u00e9publique, emmitoufl\u00e9s dans nos cernes et notre d\u00e9ception. Nous nous arr\u00eatons \u00e0 l\u2019Am\u00e9ricain prendre un allong\u00e9 pour faire passer la nuit.<br \/>\n14h00<br \/>\nQuelques braves camarades bradent encore la sieste pour participer \u00e0 l\u2019atelier critique et faire le point sur cette nuit. Ils s\u2019interrogent sur le fait que ces trois pi\u00e8ces soient pr\u00e9sent\u00e9es comme une trilogie. Ils sont contents d\u2019avoirs faits cette exp\u00e9rience, ces douze heures de th\u00e9\u00e2tre. Voir le coucher du soleil d\u2019un c\u00f4t\u00e9 de la Cour d\u2019honneur et sentir de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 un nouveau jour commenc\u00e9.<\/p>\n<hr \/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;&#8211; 10 juillet, 10h00. Nous arrivons \u00e0 Avignon quelques heures avant nos jeunes camarades critiques. Nous venons de passer deux jours \u00e0 penser et imaginer notre atelier critique. Nous ne connaissons pas ceux avec qui nous allons fabriquer cet espace critique, ni dans quel cadre, ils s&rsquo;inscrivent. Nous savons que c&rsquo;est un partenariat entre la r\u00e9gion de Basse-Normandie, des \u00e9tablissements scolaires, culturels ou sociaux et les CM1. Nous sommes dans la rue principale d&rsquo;Avignon ou s&rsquo;affichent commerces et spectacles dans<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-828","article","type-article","status-publish","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/828","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=828"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=828"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}