


{"id":832,"date":"2009-07-24T18:24:00","date_gmt":"2009-07-24T16:24:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=832"},"modified":"2009-07-24T18:24:00","modified_gmt":"2009-07-24T16:24:00","slug":"tandem-auteur-metteur-en-scene","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/tandem-auteur-metteur-en-scene\/","title":{"rendered":"Tandem : auteur \/ metteur en sc\u00e8ne"},"content":{"rendered":"<hr \/>\n<p><strong><em>Le festival d&rsquo;Avignon, c&rsquo;est bien entendu les spectacles qui fourmillent, qui se multiplient, qui s&rsquo;affichent. Mais ce sont aussi les rencontres et d\u00e9bats autour du th\u00e9\u00e2tre et des arts de la sc\u00e8ne. Cet art l\u00e0 qui se questionne sans cesse sur ce qu&rsquo;il est, ce qu&rsquo;il devrait \u00eatre, ce qu&rsquo;il devient. \u00c9videmment les metteurs en sc\u00e8nes, les chor\u00e9graphes tentent \u00e0 travers leurs esth\u00e9tiques, leurs exigences, leurs propositions de donner les directions vers lesquelles ils emm\u00e8nent leur art. Mais c&rsquo;est un art au pr\u00e9sent, qui a besoin pour circuler de paroles, de dialogues, de d\u00e9finitions. Ces rencontres, ces d\u00e9bats sont un lieu o\u00f9 se manifeste cette n\u00e9cessit\u00e9 de mots, ce besoin de parler, de dire m\u00eame pour rien mais avec la volont\u00e9 en tout cas de dialoguer et surtout il s&rsquo;agit de faire histoire, pour donner une existence au-del\u00e0 de la sc\u00e8ne. \u00c7a existe puisqu&rsquo;on en parle, et ces paroles sont n\u00e9cessaires pour d\u00e9fendre les arts vivants et leur \u00e9ph\u00e9m\u00e8re r\u00e9alit\u00e9. C&rsquo;est en parlant, que La classe morte de Kantor, le Caf\u00e9 M\u00fcller de Pina Bausch, La M\u00e8re de Brecht continuent \u00e0 exister et \u00e0 \u00eatre des r\u00e9f\u00e9rences ou des \u00ab mod\u00e8les \u00bb. Ce quinze juillet apr\u00e8s midi, o\u00f9 la chaleur \u00e9crasait ceux qui se risquaient dehors, la fra\u00eecheur du conservatoire \u00e9tait l\u00e0 pour accueillir un d\u00e9bat public. Ce d\u00e9bat avait pour titre : Le metteur en sc\u00e8ne et l&rsquo;auteur : un tandem \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve du temps ? et pour sous titre comment une \u0153uvre se construit-elle \u00e0 deux : des rencontres dans quelles circonstances ? quelles m\u00e9thodes de travail ?<br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3706 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2009\/07\/tandem-600x330.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"330\" \/><br \/>\n&nbsp;<br \/>\nPour animer ce d\u00e9bat la journaliste Ma\u00efa Bouteiller. Dans un premier temps, un tour de table est fait pour que chacun des invit\u00e9s se pr\u00e9sente : il y a autour de la table Ronan Ch\u00e9neau, auteur et David Bob\u00e9e, metteur en sc\u00e8ne, Ludovic Lagarde, metteur en sc\u00e8ne pour son exp\u00e9rience avec Olivier Cadiot, Dieudonn\u00e9 Niangouna et Jean-Paul Delore tous deux auteurs, metteurs en sc\u00e8ne et acteurs travaillant parfois ensemble.<br \/>\nC\u2019est Ronan Ch\u00e9neau et David Bob\u00e9e qui s\u2019engagent \u00e0 r\u00e9pondre en vrac aux interrogations de ce d\u00e9bat public. Ils racontent leur rencontre \u00e0 la fac de Caen, l\u2019un en philosophie et l\u2019autre en arts du spectacle. Ronan explique qu\u2019il s\u2019interrogeait sur une d\u00e9structuration de l\u2019\u00e9criture. Et en m\u00eame temps qu\u2019il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 dans une n\u00e9cessit\u00e9 de prendre en compte le r\u00e9el pour cr\u00e9er. C\u2019est pour lui, deux axes, la d\u00e9structuration et le r\u00e9el, qui forme : \u00ab une \u00e9criture du pr\u00e9sent. \u00bb David raconte ensuite leur premier \u00ab flirt \u00bb comme il dit : \u00ab Ent\u00eate \u00bb, qui sera pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque en lecture et projection photo. De cette premi\u00e8re collaboration na\u00eetront sept autres cr\u00e9ations. \u00c0 partir de l\u00e0, ils d\u00e9crivent leur fa\u00e7on de proc\u00e9der et quels axes ils ont privil\u00e9gi\u00e9. Leur souci est, comme ils disent \u00ab l\u2019\u00e9tude de notre g\u00e9n\u00e9ration, son implication sociale et politique \u00bb et les cr\u00e9ations ont toujours d\u00e9but\u00e9 par des discussions, des d\u00e9bats justement pour cerner un sujet, un th\u00e8me. Ensuite, Ronan \u00e9crit et David travaille \u00e0 la sc\u00e9nographie. Aux premiers jours des r\u00e9p\u00e9titions, les textes de Ronan, les propositions des acteurs, de David, du cr\u00e9ateur lumi\u00e8re, du vid\u00e9aste, du musicien permettent la r\u00e9\u00e9criture de certains textes, l\u2019\u00e9criture de nouveaux textes et surtout la construction d\u2019un axe dramaturgique, d\u2019une direction claire. Ils expliquent : \u00ab au d\u00e9but, les textes sont en vrac, les acteurs s\u2019en emparent, Ronan r\u00e9\u00e9crit, ils discutent, il \u00e9crit, les acteurs font une improvisation, il \u00e9crit, les acteurs transforment\u2026 \u00bb. L\u2019\u00e9criture suit au m\u00eame titre que la lumi\u00e8re, la musique et la vid\u00e9o le processus de cr\u00e9ation. Cela parce que David Bob\u00e9e con\u00e7oit les diff\u00e9rents composants d\u2019un spectacle de la m\u00eame mani\u00e8re. On peut alors se poser la question du choix d\u2019un th\u00e8me qui met au centre l\u2019\u00e9criture et la mise en sc\u00e8ne en invitant une compagnie qui refuse cette hi\u00e9rarchie ? En ce qui concerne la publication du texte, Ronan met en ordre les textes pour en faire une dramaturgie claire, en fonction du spectacle cr\u00e9\u00e9 mais pas seulement. Certains textes sont ajout\u00e9s ou paraissent dans leur \u00e9criture initiale.<br \/>\nEnsuite, c\u2019est Dieudonn\u00e9 Niangouna et Jean-Paul Delore qui se pr\u00e9sentent et tentent de d\u00e9finir leur fa\u00e7on de travailler, ensemble et s\u00e9par\u00e9ment. Ils se croisent une premi\u00e8re fois en 1996, \u00e0 Brazzaville, mais c\u2019est en 2001 qu\u2019ils se rencontrent et d\u00e9cident de travailler ensemble. C\u2019est leur \u00ab int\u00e9r\u00eat commun pour la d\u00e9couverte des po\u00e8tes et de po\u00e8mes \u00bb qui les conduisent \u00e0 faire ensemble du th\u00e9\u00e2tre. On sent dans leur prise de parole, qu\u2019il n\u2019y a pas de cadre, de r\u00e8gle pour leur collaboration. C\u2019est une envie, une id\u00e9e qui engage le spectacle. C\u2019est aussi parce qu\u2019ils travaillent beaucoup \u00e0 l\u2019\u00e9tranger que l\u2019endroit et les gens avec qui ils font, induisent quelque chose du projet. Dieudonn\u00e9 explique que l\u2019\u00e9criture n\u2019arrive pas toujours au d\u00e9but mais que c\u2019est sur le plateau, le concret du travail que le spectacle commence \u00e0 s\u2019articuler. Il dit : \u00ab \u00e7a invente \u00e0 un endroit (l\u2019acteur par exemple) et du coup \u00e7a invente \u00e0 un autre endroit (l\u2019\u00e9criture) et \u00e7a invente encore (la musique) et \u00e7a transforme la premi\u00e8re invention \u00bb. Et au final, une proposition ou un spectacle n\u2019est possible que par toutes ces inventions et transformations successives. Pour ce qui est de son rapport \u00e0 son \u00e9criture et \u00e0 la mise en sc\u00e8ne de ses propres textes, Dieudonn\u00e9 Niangouna est tr\u00e8s clair et fait une diff\u00e9rence importante. Il raconte que quand il fait une mise en sc\u00e8ne d\u2019un de ses textes, il cherche \u00e0 retranscrire au plateau l\u2019\u00e9nergie, la n\u00e9cessit\u00e9 qui est dans son \u00e9criture. Cela implique pour lui des transformations, des diff\u00e9rences, des am\u00e9nagements. Il ne con\u00e7oit pas que son texte publi\u00e9 soit identique au texte dit pendant le spectacle. D\u2019une certaine mani\u00e8re, il cherche que son texte qui parait soit \u00e0 l\u2019image de son texte dit sur sc\u00e8ne, mais que cette image comme tout reflet soit diff\u00e9rent, transform\u00e9. Il affirme que l\u2019\u00e9criture et la mise en sc\u00e8ne : \u00ab c\u2019est une autre histoire \u00bb.<br \/>\nPuis c\u2019est Ludovic Lagarde qui d\u00e9crit sa collaboration avec Olivier Cadiot. C\u2019est encore une autre histoire, un autre rapport metteur en sc\u00e8ne \/ auteur qui se d\u00e9finit. Olivier Cadiot n\u2019\u00e9crit pas pour le th\u00e9\u00e2tre, il \u00e9crit. Et c\u2019est d\u2019abord une commande : \u00ab S\u0153urs et fr\u00e8res \u00bb que Ludovic passe en 1993 \u00e0 Olivier Cadiot apr\u00e8s une rencontre dans un bar. Ensuite ce sont des adaptations des livres comme \u00ab Le Colonel des zouaves \u00bb, \u00ab Retour d\u00e9finitif et durable de l\u2019\u00eatre aim\u00e9 \u00bb ou encore \u00ab Fairy Queen \u00bb que Ludovic a mis en sc\u00e8ne. Il exprime que c\u2019est une \u0153uvre litt\u00e9raire qu\u2019il met en sc\u00e8ne, qu\u2019il retranscrit sur le plateau. Olivier Cadiot dit de Ludovic Lagarde : \u00ab Je continue \u00e0 essayer d\u2019\u00e9crire des livres d\u00e9di\u00e9s \u00e0 l\u2019oral qu\u2019il adapte, transforme, prolonge et ampute \u00bb. Il raconte que c\u2019est aussi une rencontre \u00e0 trois, l\u2019\u00e9criture d\u2019Olivier Cadiot, le com\u00e9dien Laurent Poitrenaux et son implication qui a permis que cette collaboration dure. \u00ab Olivier Cadiot : Le th\u00e9\u00e2tre peut \u00eatre la phase bienheureuse, \u00e9piphanique du travail d\u2019\u00e9criture. \u00c7a marche par trois bandes au billard, mais \u00e7a n\u2019emp\u00eache pas de faire des choses tr\u00e8s classiques, comme de d\u00e9dier un texte \u00e0 un acteur, de le tailler sur mesure pour lui. C\u2019est le cas avec Laurent Poitrenaux, avec qui Ludovic travaille mes textes comme un ex\u00e9g\u00e8te. \u00bb Ludovic Lagarde explique qu\u2019il a besoin de d\u00e9couper le texte. C\u2019est m\u00eame physiquement qu\u2019un jour, il a pris des ciseaux pour d\u00e9couper \u00e0 m\u00eame le livre en pr\u00e9alable du travail de plateau. Ludovic exprime aussi que cette relation, cette collaboration n\u2019est pas dans un rapport de faire ensemble. C\u2019est plut\u00f4t cr\u00e9er \u00e0 c\u00f4t\u00e9, parce que les probl\u00e9matiques de mise en sc\u00e8ne n\u2019ont rien \u00e0 voir avec celles de l\u2019\u00e9criture. Il lui semble tr\u00e8s important d\u2019avoir cela \u00e0 l\u2019esprit quand il choisit de donner \u00e0 entendre l\u2019\u00e9criture d\u2019Olivier Cadiot.<br \/>\nDe cette rencontre, nous retiendrons ces histoires singuli\u00e8res dues aux circonstances des rencontres autant qu\u2019\u00e0 ceux qui se racontent. Et comme dans toute histoire, dans tout souvenir, il y a une tentation de romancer, de rendre compte et d\u2019\u00eatre compris. Nous aurons \u00e0 la fin de cette apr\u00e8s-midi \u00e0 l\u2019esprit que le th\u00e9\u00e2tre est avant tout affaire de rencontre et de dialogue.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le festival d&rsquo;Avignon, c&rsquo;est bien entendu les spectacles qui fourmillent, qui se multiplient, qui s&rsquo;affichent. 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