


{"id":849,"date":"2009-02-19T18:58:00","date_gmt":"2009-02-19T17:58:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=849"},"modified":"2009-02-19T18:58:00","modified_gmt":"2009-02-19T17:58:00","slug":"rictus-et-les-baninga-a-gennevilliers","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/rictus-et-les-baninga-a-gennevilliers\/","title":{"rendered":"Rictus et Les Baninga \u00e0 Gennevilliers"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>Le Th\u00e9\u00e2tre2Gennevilliers dirig\u00e9 par Pascal Rambert a propos\u00e9 \u00e0 Ronan Ch\u00e9neau et \u00e0 David Bob\u00e9e, la production et l&rsquo;accueil de la derni\u00e8re cr\u00e9ation de la compagnie Rictus, dont les repr\u00e9sentations ont eu lieu du 24 janvier au 14 f\u00e9vrier 2009. C&rsquo;est dans ce cadre l\u00e0 qu&rsquo;ils ont donc pens\u00e9 leur spectacle, et c&rsquo;est aussi pour David Bob\u00e9e la volont\u00e9 d&rsquo;inscrire \u00ab\u00a0Nos Enfants nous font peur quand on les croise dans la rue\u00a0\u00bb dans le projet artistique du T2G.<\/strong><\/em><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3616 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2009\/01\/enfants-1200x520-600x260.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"260\" \/><br \/>\nL\u2019espace de l\u2019attente et du transit, celui d\u2019un a\u00e9roport ou d\u2019une gare est l\u2019espace dans lequel se d\u00e9roule le dernier spectacle du duo Ronan Ch\u00e9neau (auteur) et David Bob\u00e9e (metteur en sc\u00e8ne). Duo, car ce sont depuis Res-personna, pas moins d\u2019une demi douzaine de spectacles qu\u2019ils imaginent et r\u00e9alisent ensembles. (Res-persona, F\u00e9es, Cannibales, Petit fr\u00e8re, Warm et Nos Enfants\u2026). Duo aussi, car leur collaboration n\u2019est pas ce partenariat attendu d\u2019un auteur qui \u00e9crirait un texte et d\u2019un metteur en sc\u00e8ne qui lui donnerait corps devant des spectateurs. C\u2019est dans l\u2019\u00e9change, dans les productions de textes \u201cjetables\u201d de Ronan Ch\u00e9neau que David Bob\u00e9e imagine le spectacle. C\u2019est aussi dans les propositions de David aux acteurs que Ronan \u00e9crit. David Bob\u00e9e explique qu\u2019il imagine son travail de mise en sc\u00e8ne, en donnant une place \u00e9quivalente aux acteurs, \u00e0 la chor\u00e9graphie, \u00e0 la lumi\u00e8re, au son, aux textes, \u00e0 la vid\u00e9o\u2026 (C\u2019est l\u2019ordre alphab\u00e9tique qui pr\u00e9side \u00e0 cette liste comme vous l\u2019aurez sans doute soulignez). Dans leur travail, c\u2019est le partage et l\u2019\u00e9change qui pr\u00e9vaut. \u00c0 partir de l\u00e0, rien d\u2019\u00e9tonnant que ce duo devienne trio, et que la compagnie Rictus propose son dernier opus : \u201cNos Enfants nous font peur quand on les croise dans la rue\u201d en collaboration avec le chor\u00e9graphe DeLaVallet Bidiefono et sa compagnie BANINGA.<br \/>\nC\u2019est donc dans un espace de mouvement et d\u2019arr\u00eat que ce spectacle s\u2019organise. De mouvement choral quand l\u2019\u00e9quipe de com\u00e9diens, acrobates, danseurs circule sur sc\u00e8ne comme ces figures d\u2019anonymes que nous croisons ou dans les rues, ou dans ce genre d\u2019espace commun. Arr\u00eat quand, un de ces anonymes prend le plateau et sans sortir de l\u2019anonymat prend la \u201cparole\u201d, comme ce d\u00e9but grin\u00e7ant o\u00f9 en play-back, un danseur noir en tenue de balayeur de la RATP articule , \u201cil me semble que la mis\u00e8re serait moins p\u00e9nible au soleil\u201d de Charles Aznavour. Arr\u00eat aussi quand l\u2019auteur Ronan Ch\u00e9neau, le seul non-anonyme du spectacle, sur sc\u00e8ne, en marge du plateau, prend la parole pour dire, raconter la gen\u00e8se du spectacle. Sans faire l\u2019acteur, avec fragilit\u00e9 et m\u00eame maladresse dans la prise de parole il dit : \u201cOn m\u2019a demand\u00e9 d\u2019\u00e9crire un texte sur l\u2019Afrique, mais je ne connais rien de l\u2019Afrique et je ne sais parler que de moi\u201d. On entend dans cette accroche un peu provocatrice, une intimit\u00e9, la sienne. Cette intimit\u00e9 dans ses diff\u00e9rentes prises de parole donne \u00e0 son discours sa sinc\u00e9rit\u00e9, permettant du m\u00eame coup le d\u00e9bat \u00e0 partir de son point de vue, de sa r\u00e9alit\u00e9. Il y a, un double dispositif, \u00e0 savoir l\u2019arr\u00eat dans l\u2019espace de cette prise de parole et le mouvement li\u00e9 \u00e0 la sinc\u00e9rit\u00e9 de son \u00e9criture qu\u2019il \u00e9nonce. Du m\u00eame coup, c\u2019est un qui parle, et nos r\u00e9serves ne peuvent \u00eatre qu\u2019\u00e0 propos de ce qu\u2019il dit sans remettre en cause son int\u00e9grit\u00e9. Parall\u00e8lement son \u00e9criture est relay\u00e9e aussi par les acteurs sur sc\u00e8ne et l\u00e0 le mouvement de l\u2019intime est moins net, et le propos politique plus fig\u00e9, plus li\u00e9 aussi \u00e0 une d\u00e9nonciation manich\u00e9enne de la politique fran\u00e7aise. C\u2019est aussi une forme d\u2019\u00e9criture qui nous inclus, qui nous prend \u00e0 t\u00e9moin, qui pose comme acquis notre adh\u00e9sion. C\u2019est une prise de parole, une prise de position qui a le m\u00e9rite d\u2019\u00eatre propos\u00e9e m\u00eame si elle est simpliste, et sans autre r\u00e9flexion que celle du rejet. Mais c\u2019est aussi un choix, dans ce travail d\u2019\u00eatre dans un rapport de compr\u00e9hension imm\u00e9diat du discours. Du coup, l\u2019envie de faire du th\u00e9\u00e2tre politique manque sa cible du point de vue de l\u2019\u00e9criture. Mais c\u2019est dans certaines s\u00e9quences de la mise en sc\u00e8ne qu\u2019il faut peut-\u00eatre regarder la subtilit\u00e9 et l\u2019acte politique. Cette ouverture par exemple avec le play-back d\u2019Aznavour o\u00f9 on entend en m\u00eame temps l\u2019envie d\u2019ailleurs mais aussi le clich\u00e9 que la pauvret\u00e9 serait plus supportable en Afrique. On retrouve cette pertinence quand des petites voitures t\u00e9l\u00e9guid\u00e9es de police s\u2019arr\u00eatent devant un danseur noir venant avec une voix douce et sans revendication de relater un t\u00e9moignage sur la mani\u00e8re et les moyens d\u2019expulser les sans papiers de France. C\u2019est dans la construction de ce spectacle que se situe aussi une prise de position. En effet, fabriquer aujourd\u2019hui un spectacle avec une vingtaine d\u2019artistes d\u2019horizon et de pratique diff\u00e9rente est un pari ambitieux et \u00e9videmment politique. Enfin, la proposition faite aux Baninga (la compagnie de danse du Congo) de partager ce travail fait aussi parti d\u2019un propos politique. C\u2019est d\u2019ailleurs remarquable l\u2019\u00e9nergie et l\u2019enthousiasme avec lesquels ces quatre danseurs contaminent l\u2019espace et les autres acteurs \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des propositions chor\u00e9graphiques. Il y a, au del\u00e0 de la danse, un r\u00e9el enjeu et une n\u00e9cessit\u00e9 visible pour eux d\u2019\u00eatre et de s\u2019exprimer sur le plateau.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Th\u00e9\u00e2tre2Gennevilliers dirig\u00e9 par Pascal Rambert a propos\u00e9 \u00e0 Ronan Ch\u00e9neau et \u00e0 David Bob\u00e9e, la production et l&rsquo;accueil de la derni\u00e8re cr\u00e9ation de la compagnie Rictus, dont les repr\u00e9sentations ont eu lieu du 24 janvier au 14 f\u00e9vrier 2009. C&rsquo;est dans ce cadre l\u00e0 qu&rsquo;ils ont donc pens\u00e9 leur spectacle, et c&rsquo;est aussi pour David Bob\u00e9e la volont\u00e9 d&rsquo;inscrire \u00ab\u00a0Nos Enfants nous font peur quand on les croise dans la rue\u00a0\u00bb dans le projet artistique du T2G. 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