


{"id":871,"date":"2009-01-04T19:26:00","date_gmt":"2009-01-04T18:26:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=871"},"modified":"2022-10-05T10:34:17","modified_gmt":"2022-10-05T08:34:17","slug":"festival-international-dance-a-munich","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/festival-international-dance-a-munich\/","title":{"rendered":"Festival international DANCE \u00e0 Munich"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>\u00ab Cr\u00e9er un monde contre notre monde \u00bb, \u00ab \u00e9tablir une autre r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne \u00bb, c&rsquo;\u00e9tait le but d\u00e9clar\u00e9 du festival international DANCE, qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 entre le 25 octobre et le 8 novembre sous la devise \u00ab Contre-Mondes \u00bb (Gegenwelten) pour la onzi\u00e8me fois \u00e0 Munich. De notre correspondant Maurice Sass<\/strong><\/em><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3589 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2009\/01\/festival-international-de-danse_1-600x400.gif\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\"><br \/>\nComme cette devise vague et riche des associations, le programme du festival \u00e9tait un voyage plein des incertitudes perturbantes et des surprises curieuses. Quelques groupes \u2013 comme Wendy Houstoun \u2013 ont pr\u00e9sent\u00e9 des impressions de leurs ateliers de recherche. D\u2019autres, chor\u00e9graphes \u2013 comme Rosemary Butcher \u2013 ont questionn\u00e9 leurs \u0153uvres artistiques. Des pr\u00e9sentations de compagnies renomm\u00e9es \u2013 comme la Compa\u00f1ia Nacional de Danza (Madrid) \u2013 \u00e9tait remarquables avec des talents jeunes, comme VA W\u00f6lfl. Tous aussi impressionnants que le jeune talent jeune qu\u2019\u00e9tait Forsythe en 1987, quand il a ouvert le festival DANCE pour la premi\u00e8re fois. C\u2019\u00e9tait gr\u00e2ce \u00e0 Bettina Wagner-Bergelt, \u00e0 cette \u00e9poque-la, qu\u2019un tel festival international a pu \u00eatre install\u00e9 \u00e0 Munich \u00e0 la fin des ann\u00e9es quatre-vingt. Cette ann\u00e9e, Wagner-Bergelt qui est maintenant la directrice du ballet national de Munich, \u00e9tait encore pr\u00e9sente et responsable de la programmation du festival.<br \/>\nFace \u00e0 la diversit\u00e9 de tout cet ensemble tr\u00e8s riche et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, les trois chor\u00e9graphes suivants (Ivana M\u00fcller, Rosemary Butcher et Wim Vandekeybus) ont permis de donner l\u2019ambiance color\u00e9e du festival:<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3587 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2009\/01\/vandekeybu-1.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"339\"><br \/>\nParmi les trois, Ivana M\u00fcller, qui s\u2019interroge sur les limites de l\u2019expression orale et corporelle, continue de sonder cet espace et ses probabilit\u00e9s. Son spectacle While we were holding it together (traduisez : Pendant que nous le tenons en groupe), est compl\u00e8tement repr\u00e9sentatif de son cheminement. Rien ne se passe et paradoxalement, cet immobilisme et ce silence \u00e9tait parmi les prestations les plus vivants et les plus amusantes du festival. Proche d\u2019une action physique construite sur cinq positions, avec cinq performers, la cr\u00e9ation passe presque exclusivement par le regard des interpr\u00e8tes qui balaie le public. Ce n\u2019est que lorsque la nervosit\u00e9 du public devient palpable, que la parole des cinq performers se fait entendre. Moment o\u00f9 se manifeste un monde fantastique, plein d\u2019imagination, dense pendant sept minutes et qui commence toujours par la m\u00eame formule \u00ab I Imagine \u00bb. Un texte li\u00e9 \u00e0 l\u2019imaginaire qui favorise l\u2019\u00e9mergence de nouveaux contextes o\u00f9 le corps appara\u00eet diff\u00e9remment. V\u00e9ritables tableaux photographiques abstraits et sans signification pr\u00e9cise qui invitent \u00e0 la puissance de l\u2019imaginaire. Tableaux curieux o\u00f9 la parole reprend ces situations et laisse poindre la puissance du verbe aussi. Incroyables exp\u00e9riences visuelles et sonores qui sont relay\u00e9es par un dispositif sc\u00e9nique bas\u00e9 sur l\u2019utilisation de lumi\u00e8res et de technologies.<br \/>\nAu terme du spectacle chor\u00e9graphique, sonore et visuel, alors que ce monde visuel est inscrit dans l\u2019esprit du spectateur, on assistera \u00e0 des variations sur ces repr\u00e9sentations o\u00f9, entre autres, les performers \u00e9changent leur r\u00f4le. Et tout cela se fait sur un mode l\u00e9ger, une certaine veine comique o\u00f9 se m\u00ealent le f\u00e9minin et le masculin, o\u00f9 l\u2019apparence physique n\u2019est plus un rep\u00e8re. L\u2019ensemble d\u00e9jouant toutes les traditions, tous les genres, toutes les limites du th\u00e9\u00e2tre.<br \/>\nDans un autre genre, Rosemary Butcher qui est l\u2019une des artistes les plus renomm\u00e9es du festival, l\u2019une des plus radicales aussi depuis ces derni\u00e8res ann\u00e9es, l\u2019une des plus innovatrices de la sc\u00e8ne londonienne, l\u2019une des plus influentes aussi, sera revenue \u00e0 la sc\u00e8ne avec son propre langage chor\u00e9graphique. Langage corporel fond\u00e9 sur le minimalisme et l\u2019espace. Principes qu\u2019elle applique \u00e0 Episode of flight (traduisez : \u00e9pisode de vol). Une pi\u00e8ce qui met en avant une danseuse au milieu d\u2019une ar\u00e8ne bord\u00e9e de grands \u00e9crans, sur fond d\u2019un monochrome blanc. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019elle \u00e9voluera, dans cet espace froid, st\u00e9rile, born\u00e9, sans rien laiss\u00e9 au hasard puisque tout, ici, est mesur\u00e9, calcul\u00e9, jaug\u00e9. Un temps chor\u00e9graphique qui essaie de d\u00e9passer toute pesanteur, o\u00f9 le \u00ab vol \u00bb est recherch\u00e9 au point de d\u00e9velopper un rapport au sublime qui nous extrait du terrestre. O\u00f9 cette sensation finit par se faire sentir alors que, soulignons-le, la danseuse est couch\u00e9e sur le sol, accroch\u00e9e au terrestre, comme paralys\u00e9e. Des instants rares o\u00f9 l\u2019imagination du spectateur est justement le lieu du \u00ab vol de la danseuse \u00bb. O\u00f9 les ph\u00e9nom\u00e8nes acoustiques, les arrangements sonores et les \u00e9crans, aussi, multiplient les poses improbables d\u2019un corps au point de le rendre \u00e9tranger \u00e0 ses limites.<br \/>\nEnfin, Spiegel de Vandekeybus, \u00e0 la diff\u00e9rence de Butcher, travaillera \u00e0 rendre visible les forces naturelles et corporelles. Recherche terriblement radicale qu\u2019il m\u00e8ne avec sa compagnie Ultima Vez, fond\u00e9e en 1986 \u00e0 Bruxelles o\u00f9 les interpr\u00e8tes sont conduits \u00e0 leur limite physique. Spiegel est ainsi un spectacle qui m\u00e9lange des moments violents avec des sc\u00e8nes brutales, silencieuses et favorisant l\u2019apparition du vide. Moments adress\u00e9s aux spectateurs avec un certain humour aussi. Peut-\u00eatre parce que le travail de Vandekeybus, n\u00e9 en 1963 \u00e0 la campagne \u00e0 Herenthout (en Belgique) n\u2019est jamais vraiment \u00e9loign\u00e9 non plus des comportements animaux qui \u2026 nous ressemblent. Id\u00e9e et pens\u00e9e qu\u2019il partage avec Jan Fabre. Car les comportements des animaux, leur confiance en leur force et leur capacit\u00e9, leurs r\u00e9actions instinctives, leurs tactiques agressives et combatives sont des \u00e9l\u00e9ments qui inspirent le chor\u00e9graphe qui y voit des traits communs \u00e0 l\u2019homme. Spiegel se regarde donc comme la repr\u00e9sentation d\u2019\u00e9l\u00e9ments vivants et bestiaux mais aussi, de mani\u00e8re grave, comme une sc\u00e8ne o\u00f9 les danseuses port\u00e9es comme des cadavres sont accroch\u00e9es \u00e0 des crochets tels des animaux de boucherie. C\u2019est ce passage de l\u2019animal \u00e0 l\u2019humain, de l\u2019humain \u00e0 l\u2019animal qui s\u2019affirme dans la conscience du spectateur sous la forme de sensation intense.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3590 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2009\/01\/spiegelvan-1.jpg\" alt=\"\" width=\"410\" height=\"500\"><br \/>\nPour conclure disons qu\u2019 Ivana M\u00fcller, Rosemary Butcher et Wim Vandekeybus sont trois artistes qui n\u2019ont de commun que le traitement qu\u2019ils font subir au langage. Tous trois d\u00e9veloppant des \u00ab contre-mondes \u00bb, des envers \u00e0 notre monde \u00e0 l\u2019endroit. L\u2019originalit\u00e9 de Festival Dance est l\u00e0, dans cette r\u00e9appropriation du langage qui s\u2019ouvre \u00e0 nouveau \u00e0 sa pluralit\u00e9.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3591 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2009\/01\/ivanamller-1.jpg\" alt=\"\" width=\"425\" height=\"283\"><br \/>\nDANCE \u2013 \u00ab Gegenwelten \u00bb \u2013 onzi\u00e8me festival international de la dance contemporaine \u00e0 Munich (25.10.-8.11.2008)<br \/>\nSous la direction de Bettina Wagner-Bergelt<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n\u00ab While we were holding it together \u00bb<br \/>\ni-camp \/ Neues Theater M\u00fcnchen (27. &amp; 28.10.2008)<br \/>\nR\u00e9alisation, chor\u00e9graphie et texte : Ivana M\u00fcller; Performance et texte: Katja Dreyer, Pere Faura, Karen R\u00f8ise Kielland, Jobst Schnibbe, Jefta van Dinther; Regiemitarbeit ; Texte : Bill Aitchison; Son : Steve Heather; Lumi\u00e8re : Martin Eberlein.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n\u00ab Episodes of flight \u00bb<br \/>\nMuffathalle M\u00fcnchen (29. &amp; 30.10.2008)<br \/>\nConcept &amp; chor\u00e9graphie : Rosemary Butcher ; Danseuse : Elena Giannotti ; Conception de la projection : Matthew Butcher, Melissa Appleton ; Son : Cathy Lane ; Lumi\u00e8re : Charles Balfour.<br \/>\n\u00ab Spiegel \u00bb<br \/>\nMuffathalle (04. &amp; 05.11.2008)<br \/>\nDirection &amp; chor\u00e9graphie : Wim Vandekeybus ; Danseurs : Laura Ar\u00eds Alvarez, Konstatin Efthimiadou, Elena Fokina, Piotr Giro, Robert M. Hayden, Jorge Jauregui Allue, Ulrike Reinbott, Giovanni Scarcella, Helder Seabra ; Musique : Peter Vermeersch etc. ; Lumi\u00e8re : Francis Gahide, Ralf Nonn.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3592 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2009\/01\/p1-mueller-1.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"355\"><\/p>\n<hr>\n<p><small>Les photos pr\u00e9sent\u00e9es avec l&rsquo;article de Maurice Sass sont extraites du programme du Dance Festival<\/small><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Cr\u00e9er un monde contre notre monde \u00bb, \u00ab \u00e9tablir une autre r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne \u00bb, c&rsquo;\u00e9tait le but d\u00e9clar\u00e9 du festival international DANCE, qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 entre le 25 octobre et le 8 novembre sous la devise \u00ab Contre-Mondes \u00bb (Gegenwelten) pour la onzi\u00e8me fois \u00e0 Munich. 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