


{"id":875,"date":"2008-12-15T18:57:00","date_gmt":"2008-12-15T17:57:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=875"},"modified":"2008-12-15T18:57:00","modified_gmt":"2008-12-15T17:57:00","slug":"silenda-chantier-choregraphique-en-cours","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/silenda-chantier-choregraphique-en-cours\/","title":{"rendered":"Silenda : chantier chor\u00e9graphique en cours"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>En mati\u00e8re de danse contemporaine, le paysage Bas-Normand est caract\u00e9ris\u00e9 par une certaine atrophie. Sans vouloir dresser un tableau clinique alarmant de l&rsquo;\u00e9tat de la danse en r\u00e9gion, relevons que trop peu d&rsquo;\u00e9quipes artistiques d\u00e9veloppent une recherche chor\u00e9graphique qui d\u00e9passera les fronti\u00e8res de la Normandie. Il est vrai que pour avoir du grain chor\u00e9graphique \u00e0 moudre, il fait bon se rendre au Th\u00e9\u00e2tre de Caen ou au CRAC de Cherbourg o\u00f9 l&rsquo;on peut voir \u00e9voluer entre autres Kitsou Dubois et Fran\u00e7ois Verret (artiste associ\u00e9 2009-2010). Derri\u00e8re la locomotive que constitue le Centre Chor\u00e9graphique dirig\u00e9 par les Fattoumi\/Lamoureux, seuls quelques wagons isol\u00e9s parviennent avec plus ou moins de r\u00e9ussite \u00e0 \u00e9merger progressivement. La compagnie Itra- Sophie Lamarche-Damour, la Venturacompagnie &#8211; Anna Ventura et Silenda. Cette derni\u00e8re \u00e9quipe proposait \u00e0 l&rsquo;hippocampe (Caen) une \u00e9tape de travail de leur prochaine cr\u00e9ation intitul\u00e9e l&rsquo;ombra del bello &#8211; \u00ab\u00a0still life and songs\u00a0\u00bb.<br \/>\n<\/strong><\/em><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3577 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2008\/12\/compagnie-silenda-6-600x338.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" \/>\u00c7a se passe \u00e0 l&rsquo;Hippocampe, un lieu \u00e9quip\u00e9 de fa\u00e7on remarquable. Le plateau est un lieu de travail id\u00e9al pour la danse, quant au gradinage, on a le plaisir de s&rsquo;installer dans d&rsquo;anciens fauteuils rouges de cin\u00e9ma. C&rsquo;est assez agr\u00e9able si ce n&rsquo;est qu&rsquo;il faut se munir de son anorak et de ses moufles pour assister aux repr\u00e9sentations car la temp\u00e9rature chute brutalement le temps de la repr\u00e9sentation&#8230; C&rsquo;est anecdotique. Ce qui l&rsquo;est moins, c&rsquo;est la programmation du lieu qui, sans faire d&rsquo;offense \u00e0 ses h\u00f4tes \u2013 la compagnie Aller-Retour- fait office d&rsquo;auberge espagnole. Certains parleraient d&rsquo;\u00e9clectisme l\u00e0 o\u00f9 il semble qu&rsquo;il convient plut\u00f4t d&rsquo;une absence de projet de lieu en tant que tel et d&rsquo;une ligne nette dans la programmation. On trouve ainsi d&rsquo;un peu de tout, c&rsquo;est convivial, chacun peut venir avec un mets, mais le r\u00e9sultat est souvent al\u00e9atoire.<br \/>\nVenons-en \u00e0 la proposition de Silenda. Ce chantier con\u00e7u par Laura Simi, interpr\u00e9t\u00e9 par elle-m\u00eame et Philippe Rouaire, \u00e9clair\u00e9 par Damiano Foa (co-fondateur de la compagnie) est un diptyque compos\u00e9 d&rsquo;une proposition sc\u00e9nique et d&rsquo;un film. La premi\u00e8re partie se veut l&rsquo;exploration intime des relations au sein d&rsquo;un couple \u00e0 partir des chansons du musicien italien Fabio Viscogliosi.<br \/>\nCes variations de la vie \u00e0 deux sur fond d&rsquo;\u00e9tats contradictoires, si elles pr\u00e9sentent \u00e7a et l\u00e0 quelques fulgurances, finissent malheureusement par s&rsquo;\u00e9puiser, \u00e9tirant un propos parfois bavard au d\u00e9triment d&rsquo;une \u00e9conomie de mouvement n\u00e9cessaire. L&rsquo;ouverture de la proposition est d&rsquo;une grande force, les deux corps nus peints \u00e0 la mani\u00e8re des indiens de la Terre de feu se fondent et se meuvent dans un \u00e9clairage tr\u00e8s fin. Le travail autour du mobilier quotidien, une table et deux chaises ouvre des possibles tant sur le plan de la grammaire corporelle que dans le rapport signifi\u00e9-signifiant.<br \/>\nPar la suite, la pi\u00e8ce regorge de micro-\u00e9v\u00e9nements qui jalonnent le parcours d&rsquo;attraction-r\u00e9pulsion des deux corps dissonants. Le caract\u00e8re anecdotique de ces situations ne parvient cependant pas toujours \u00e0 d\u00e9passer l&rsquo;anecdote elle-m\u00eame pour trouver un \u00e9cho dans ce qui pourrait traduire si ce n&rsquo;est un \u00e9lan universel, disons une pr\u00e9occupation moins ancr\u00e9e dans la banalit\u00e9, car le sens est alors parfois trop fix\u00e9 et se ferme ainsi \u00e0 chaque imaginaire, fuyant, fragile on ne peut plus. L&rsquo;usage cocasse par exemple d&rsquo;h\u00e9licopt\u00e8res miniatures appara\u00eet davantage comme un \u00ab truc \u00bb, que comme une ligne de force qui m\u00e9riterait d&rsquo;\u00eatre d\u00e9velopp\u00e9e et creus\u00e9e \u00e0 la d\u00e9faveur de l&rsquo;accumulation d&rsquo;effets. La musique (de crooner italien) quant \u00e0 elle vient trop souvent appuyer ce qui est perceptible et emp\u00eacher le jaillissement du d\u00e9rapage. Sans doute faudrait-il avoir \u00e0 l&rsquo;esprit ce mot de Wajdi Mouawad : \u00ab\u00a0je suis plus interpell\u00e9 par ce que je devine que par ce que je comprends\u00a0\u00bb.<br \/>\nLes (habiles) danseurs \u00e9voluent plus avec force que finesse, notamment quand ils tentent des perc\u00e9es dans le champ de la parole ou dans un registre burlesque qui p\u00eache parce que trop surlign\u00e9. Que reste-t-il alors ? Philippe Rouaire, nu et fragile, ou plut\u00f4t fragile quand il est nu, le prologue et l&rsquo;\u00e9pilogue, pour le reste il convient de resserer, \u00e9purer davantage afin d&rsquo;atteindre l&rsquo;ambition affich\u00e9e par l&rsquo;\u00e9quipe artistique dans la bible distribu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e : \u00ab parler de l&rsquo;autre avec sa danse \u00bb. A suivre donc, ce n&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 qu&rsquo;une \u00e9tape de travail avanc\u00e9e, mais la qualit\u00e9 des esquisses pr\u00e9sent\u00e9es laissent pr\u00e9sager d&rsquo;une cr\u00e9ation 2009 solide&#8230;<br \/>\nLe film&#8230; J&rsquo;allais oublier le film et pour cause, il n&rsquo;a que peu de lien avec la proposition de plateau et se suffit presque \u00e0 lui-m\u00eame. Il s&rsquo;agit des p\u00e9r\u00e9grinations de deux excellents interpr\u00e8tes, Damiano Foa et Olivier Dubois (le ch\u00e9rubin pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de Jan Fabre) qui se livrent \u00e0 des joutes gargantuesques non d\u00e9nu\u00e9es d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. La table et les deux chaises sont encore l\u00e0, d\u00e9pos\u00e9es sur le sable et c&rsquo;est sur cette m\u00eame plage qu&rsquo;elles finiront devant l&rsquo;immensit\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments. Si le texte est parfois pompeux et l&rsquo;habillage sonore un peu trop marqu\u00e9, ces cinquantes minutes offrent des plans \u00e9l\u00e9gamment film\u00e9s, un rythme assez juste entre contemplation et corps \u00e0 corps d\u00e9lirant dans une \u00e9troite complicit\u00e9, pour un ensemble de tr\u00e8s bonne facture. Ne reste plus qu&rsquo;\u00e0 d\u00e9cider de l&rsquo;avenir de cette r\u00e9alisation dont l&rsquo;articulation (n\u00e9cessaire?) avec le spectacle n&rsquo;est pas encore convaincante.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En mati\u00e8re de danse contemporaine, le paysage Bas-Normand est caract\u00e9ris\u00e9 par une certaine atrophie. Sans vouloir dresser un tableau clinique alarmant de l&rsquo;\u00e9tat de la danse en r\u00e9gion, relevons que trop peu d&rsquo;\u00e9quipes artistiques d\u00e9veloppent une recherche chor\u00e9graphique qui d\u00e9passera les fronti\u00e8res de la Normandie. Il est vrai que pour avoir du grain chor\u00e9graphique \u00e0 moudre, il fait bon se rendre au Th\u00e9\u00e2tre de Caen ou au CRAC de Cherbourg o\u00f9 l&rsquo;on peut voir \u00e9voluer entre autres Kitsou Dubois et<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3577,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-875","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/875","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3577"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=875"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=875"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}