


{"id":894,"date":"2008-11-28T19:26:00","date_gmt":"2008-11-28T18:26:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=894"},"modified":"2008-11-28T19:26:00","modified_gmt":"2008-11-28T18:26:00","slug":"execution-de-tableaux-howard-barker","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/execution-de-tableaux-howard-barker\/","title":{"rendered":"Ex\u00e9cution de tableaux\u2026 Howard Barker"},"content":{"rendered":"<p><em> <strong>Patrick Ramade (directeur du Mus\u00e9e des Beaux-arts de Caen) et Jean-Jacques Passera (directeur de l&rsquo;\u00e9cole des beaux-arts) se sont associ\u00e9s pour pr\u00e9senter une exposition consacr\u00e9e aux peintures et dessins d&rsquo;Howard Barker. H. Barker, plus connu pour son \u00c5\u201cuvre th\u00e9\u00e2trale, comme dramaturge et po\u00e8te, a retenu l&rsquo;attention de Jean-Jacques Passera int\u00e9ress\u00e9 par ces \u00c2\u00ab auteurs qui ouvrent leur \u00c5\u201cuvre sur plusieurs champs d&rsquo;expressions \u00c2\u00bb. Une visite de son atelier l&rsquo;a confort\u00e9 dans l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;organiser une exposition \u00e0 Caen. Autour de celle-ci, en marge du catalogue r\u00e9alis\u00e9 pour cette exposition, est pr\u00e9vue une lecture d&rsquo;extraits des \u00c5\u201cuvres th\u00e9\u00e2trales de Barker au Mus\u00e9e des Beaux-arts. En anglais et en francais, ce jeudi \u00e0 18H00. Une rencontre en pr\u00e9ambule du cycle Barker \u00e0 l&rsquo;Od\u00e9on-Th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Europe qui se tiendra du 8 au 11 janvier 2009.<br \/>\n<\/strong><\/em><br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3552 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2008\/11\/howard-baker_1-600x393.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"393\" \/><\/em><br \/>\n<em>Devant l\u2019\u0153uvre.<\/em><br \/>\nDans sa pi\u00e8ce Les Europ\u00e9ens, un Peintre se prom\u00e8ne entre les victimes de guerre.<br \/>\nLes dessins et les huiles d\u2019Howard Barker ressemblent \u00e0 son th\u00e9\u00e2tre. Ils sont \u00e9crits. Et, disant cela curieusement d\u2019un dessin, il faut n\u00e9cessairement parler et pr\u00e9ciser ce que nous entendons par \u00ab \u00e9crit \u00bb. \u00ab Ecrit \u00bb d\u00e9signe ici un agencement de traits, de motifs, de figures, de couleurs, de mati\u00e8res qui sont compl\u00e9mentaires et s\u2019inscrivent dans une forme de narration elliptique et discontinue.<br \/>\nComme l\u2019\u00e9crit, le dessin chez Barker ne renseigne d\u2019aucune mani\u00e8re sur le contenu de ce qu\u2019il pr\u00e9sente. Aucune certitude sur le sens de ce qui vient \u00e0 \u00eatre vu\/lu. Comme l\u2019Ecrit (quand il a \u00e0 voir avec une \u0153uvre d\u2019art) le dessin rappelle un enjeu de l\u2019\u00e9criture qui est de montrer et de voiler\u2026 d\u2019\u00eatre perp\u00e9tuellement dans le temps du d\u00e9voilement.<br \/>\nPeut-\u00eatre, chez Barker, est-ce le souci d\u2019un art qui rappellerait la douleur.<br \/>\nLe dessin comme l\u2019\u00e9crit s\u2019inscrit ainsi dans un jeu de questions-r\u00e9ponses ind\u00e9passable et peut-\u00eatre sans fin. Qu\u2019est-ce que je vois ? Qu\u2019est-ce que je ne vois pas alors que c\u2019est visible ? Qu\u2019est-ce qui est montr\u00e9 ? Le dessin est-il une question adress\u00e9e \u00e0 celui qui s\u2019arr\u00eate pour le regarder ? Est-il plut\u00f4t une r\u00e9ponse qui attend de se r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 celui qui lui posera une question juste ?<br \/>\nLe dessin comme l\u2019\u00e9crit entretient avec l\u2019\u00e9nigme un lien t\u00e9nu. Il exerce une force sur celui qui le regarde. Il le dirige. Ce qui veut dire tr\u00e8s simplement qu\u2019il prend l\u2019ascendant sur l\u2019ind\u00e9pendance du sujet qui regarde. Il l\u2019oblige. Dans ce temps, entre l\u2019oblig\u00e9 et le dessin, quelque chose se met en place qui proc\u00e8de de l\u2019orientation de la pens\u00e9e de l\u2019oblig\u00e9. C\u2019est au mieux un jeu entre deux espaces. L\u2019un fait de connaissances, d\u2019attentes, de reconnaissances. L\u2019autre exposant un secret. On ne sait finalement rien ou presque de ce qui est expos\u00e9. Et le jeu, c\u2019est ainsi, repose sur une r\u00e8gle o\u00f9 l\u2019oblig\u00e9 tente de conna\u00eetre le secret du dessin. Et ce jeu ne conna\u00eet d\u2019autres r\u00e8gles, car \u00e0 tout moment l\u2019espace qui na\u00eet de la rencontre entre l\u2019oblig\u00e9 et le dessin peut dispara\u00eetre. L\u2019oblig\u00e9 s\u2019\u00e9loigne et il aura peut-\u00eatre pens\u00e9, peut-\u00eatre pas, quelque chose qu\u2019il sait ne concerner personne d\u2019autre que lui. A moins qu\u2019ayant pens\u00e9, il esp\u00e8re que cela concerne le dessin. Il esp\u00e8re que quelque chose de ce qu\u2019il a pens\u00e9 concerne le secret du dessin. L\u2019\u00e9motion qu\u2019il a ressentie, l\u2019indiff\u00e9rence que l\u2019\u00e9loignement trahit, le moment o\u00f9 le regard se d\u00e9tourne de ce qui l\u2019avait arr\u00eat\u00e9\u2026 sont le mouvement logique de la fin de la rencontre entre l\u2019oblig\u00e9 et le dessin. Dans l\u2019\u00e9loignement, parfois, quelque chose est conserv\u00e9 du secret du dessin. Une impression autant qu\u2019une sensation fait son chemin dans le pas de celui qui s\u2019\u00e9loigne. L\u2019oubli est mis \u00e0 la marge\u2026<br \/>\nBr\u00e8ve rencontre<br \/>\n\u00ab Je ne sais pas. Je dessine et je peints. Et \u00e0 un moment, j\u2019arr\u00eate. Ce que je sais c\u2019est que cette forme-l\u00e0, c\u2019est celle-l\u00e0. Pourquoi ? Je ne sais pas \u00bb r\u00e9pond Howard Barker. Et le dialogue se poursuivant, \u00e0 aucun moment l\u2019auteur, le metteur en sc\u00e8ne et le peintre qu\u2019il est n\u2019en dira plus sur ce qu\u2019il fait. Au mieux, avec humour, il confie que la sexualit\u00e9 l\u2019int\u00e9resse, que l\u2019isolement et la solitude sont des espaces investis par sa r\u00e9flexion. \u00ab On meurt seul. Quelqu\u2019un \u00e0 m\u00eame dit, je ne me souviens plus qui, qu\u2019on fait l\u2019amour seul \u00bb. La solitude, l\u2019isolement, la sexualit\u00e9 et la violence (qu\u2019il ajoutera au cours de notre entretien) semblent ainsi les quatre points d\u2019ancrage de la pens\u00e9e et du geste artistique d\u2019Howard Barker. Quatre points que l\u2019on retrouve peut-\u00eatre dans le format carr\u00e9 sous lesquels se pr\u00e9sentent ces images. Des cahiers qu\u2019il confectionne parce que son \u00ab p\u00e8re \u00e9tait relieur et qu\u2019il a appris de lui \u00e0 les faire \u00bb, ou des peintures suspendues (1mx1m), Howard Barker n\u2019en tire aucune conclusion, aucune autre signification. Le matin, il \u00e9crit. L\u2019apr\u00e8s midi il peint ou il dessine. Le temps est ainsi r\u00e9gl\u00e9, le geste continu et sans arr\u00eat. \u00ab Mais vous essayez peut-\u00eatre de rendre une id\u00e9e ? Votre travail semble inscrit dans la variation, l\u2019id\u00e9e semble obs\u00e9dante et comme mise en \u00e9chec ? \u00bb. \u00ab Je ne sais pas, je n\u2019ai pas de mission, pas de message, pas de conscience de ce que je fais. Il y a un lien entre ma peinture et mon th\u00e9\u00e2tre. C\u2019est visible. Mais je n\u2019analyse pas. C\u2019est comme \u00e7a \u00bb. Howard Barker n\u2019en dira pas davantage sur ce qui semble revenir de mani\u00e8re quasi obsessionnelle dans ses \u0153uvres picturales. Alors j\u2019insiste : \u00ab Vous \u00eates contemporain de la g\u00e9n\u00e9ration des jeunes hommes en col\u00e8re\u2026 \u00bb. Imm\u00e9diatement, Barker r\u00e9agira : \u00ab Je suis un prol\u00e9taire, je viens de ce milieu. Pas eux. Eux \u00e9taient des bourgeois qui vivaient la fin de l\u2019Empire britannique. Je n\u2019ai rien \u00e0 voir avec eux, ce qu\u2019ils pensent, ce qu\u2019ils \u00e9crivent. D\u2019ailleurs, je pense qu\u2019il n\u2019aime pas mon th\u00e9\u00e2tre, et ce que j\u2019\u00e9cris \u00bb. C\u2019est dit sans animosit\u00e9, presque avec humour. Pourtant, je devine qu\u2019il y a l\u00e0, peut-\u00eatre, un ancrage. \u00ab Je regarde vos \u0153uvres et je vous ai lu. J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il y a un spectre qui hante votre \u0153uvre. Vous savez, comme dans le Manifeste du Parti communiste de Marx. Il y a quelque chose qui pourrait \u00eatre de l\u2019espoir ou une d\u00e9ception \u00bb. La r\u00e9ponse de Barker ne me renseignera pas. \u00ab Un spectre, l\u2019espoir\u2026 Le spectre c\u2019est le mat\u00e9rialisme dialectique. Pas d\u2019espoir, peut-\u00eatre la d\u00e9ception oui \u00bb.<br \/>\nDans un fran\u00e7ais qu\u2019il parle assez bien, Howard Barker plaisante de tout et donne des r\u00e9ponses \u00e0 peine s\u00e9rieuses, mais toujours rigoureuses. Finalement, et parce que je lui demanderai ce qu\u2019il a entendu de plus juste sur son \u0153uvre, il conclura : \u00ab un critique \u00e9cossais a dit que c\u2019est magnifique. C\u2019est bien, non ? \u00bb.<br \/>\nDe quelques impressions<br \/>\nBlanc, beige, noir, sienne\u2026 sont les quatre couleurs qu\u2019utilise Barker pour peindre et dessiner. L\u2019ensemble des \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es montre alors une homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 figuratives ainsi qu\u2019une unit\u00e9 chromatique. Regardant ce paysage que forment les tableaux accroch\u00e9s au Mus\u00e9e des Beaux-arts de Caen[[Exposition Howard Barker, Peintures, du 20 Novembre au 5 janvier 2009.]], on a le sentiment de voir presque la m\u00eame chose : le m\u00eame tableau. C\u2019est-\u00e0-dire une succession de sc\u00e8nes o\u00f9 les silhouettes sans visages, sans v\u00eatements, prises dans des sortes de solitudes et arr\u00eat\u00e9es en des s\u00e9quences, campent dans des espaces ou domine la nature ou des reliefs d\u2019architecture. Les voyant, on ne peut \u00e9videmment ne pas penser \u00e0 des croquis, \u00e0 des peintures qui seraient des motifs de sc\u00e9nographies, de mises en sc\u00e8ne en construction. D\u2019ailleurs, Barker ne nie pas le rapport de sa peinture au th\u00e9\u00e2tre. La th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 de la peinture est donc forte, puissante, r\u00e9currente \u00e0 chaque tableau, \u00e0 chaque dessin. Il y a donc cette premi\u00e8re impression d\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 qui permet d\u2019imaginer qu\u2019il y a l\u00e0 une succession de motifs presque identiques. Impressions qui se r\u00e9v\u00e8lent partiellement fausse quand, s\u2019approchant de chaque visuel, apparaissent les d\u00e9tails : une t\u00e2che, un coup de couteau, un \u00e9clat de couleur, un trait plus fluide ou moins affirm\u00e9\u2026 soit un ensemble qui rend \u00e0 chaque tableau son autonomie, son ind\u00e9pendance, sa singularit\u00e9. T\u00e2ches ou traits qui, per\u00e7us, vues, semblent toujours jou\u00e9s le jeu du sens soulign\u00e9 sans qu\u2019il soit donn\u00e9.<br \/>\nPour autant, la premi\u00e8re impression demeure. Devant les tableaux dont la couleur majeure s\u2019apparente \u00e0 une sorte de glaise verd\u00e2tre propre \u00e0 nommer l\u2019origine humaine (Adama : la glaise en h\u00e9breu), chacune des huiles d\u00e9veloppe la constance d\u2019une sensation. Le vide, le fun\u00e8bre, la solitude, l\u2019anonymat, le bris\u00e9, la sc\u00e8ne de vie, l\u2019intime expos\u00e9, une certaine violence aussi\u2026 reviennent d\u2019un carr\u00e9 \u00e0 l\u2019autre. Quelque chose se d\u00e9ploie qui semble ramener ces figures humaines \u00e0 une \u00e9chelle r\u00e9duite, \u00e0 quelques miniatures apparaissantes, tout \u00e0 la fois visibles, rep\u00e9rables et partiellement absentes, hors d\u2019elles-m\u00eames. Des motifs qu\u2019agence Howard Barker, il semble que l\u2019on puisse les confondre avec des formes spectrales. Leur p\u00e2leur, leur extr\u00eame blancheur, leur caract\u00e8re livide et sans r\u00e9el contour en font des \u00eatres de glaise, des porcelaines fragiles et fissur\u00e9es. Une \u00e9pine dorsale plus affirm\u00e9e pointe la maigreur. Un ventre gonfl\u00e9 souligne une faim non rassasi\u00e9e. La d\u00e9ambulation comme le mouvement lorgnent vers l\u2019h\u00e9sitation, la titubation, le t\u00e2tonnement, l\u2019\u00e9quilibre instable. La chute semble constante. Des pendus hantent l\u2019air, des \u00eatres enivr\u00e9s se soutiennent ou dansent, la f\u00eate c\u00f4toie le macabre, la vie est ind\u00e9passablement rappel\u00e9e \u00e0 sa fin : la mort. Un trait artificiel les distingue comme dans l\u2019une des huiles La punition des juges.<br \/>\nIci, on torture, on supplicie, on se bat, on se bouffe dans des espaces improbables o\u00f9 les draps blancs qui flottent au vent sont comme autant de portraits, de fant\u00f4mes. Mise en abyme sans doute du geste du peintre et peut-\u00eatre, donc autoportraits. En d\u00e9finitive, ces figures se regardent comme des lambeaux o\u00f9 la vie est \u00e0 fleur de peau, tellement maintenue \u00e0 la surface, qu\u2019elle semble presque s\u2019en disjoindre, voire en \u00eatre \u00e9vacu\u00e9e. Et d\u2019ajouter que ces peintures de situations n\u2019est pas sans rappeler le trouble qui existe dans la peinture de Schiele. Ces figurations d\u2019un mal \u00e0 l\u2019\u0153uvre, d\u2019une l\u00e8pre qui semble avoir rong\u00e9e les visages et parfois les membres.<br \/>\nSans identit\u00e9s, sans signes reconnaissables, la nudit\u00e9 musculaire expos\u00e9e r\u00e9fl\u00e9chit un d\u00e9nuement o\u00f9 la voracit\u00e9 et la haine se donnent sur un mode paisible, presque sensuel et parfois \u00e9rotique. Comme si, et c\u2019est peut-\u00eatre ces indices qui nous rapprochent du th\u00e9\u00e2tre d\u2019Howard Barker, il y avait l\u00e0 un tragique constat\u00e9 et non plus comment\u00e9. Un tragique fig\u00e9 qui, avant de se donner par le prisme de la psychologie, se livre dans le saisissement des corps an\u00e9antis par une histoire qui les surplombe. Au vrai, \u00ab Un Th\u00e9\u00e2tre de la Catastrophe \u00bb comme il en fait l\u2019inventaire \u00e0 travers une \u0153uvre th\u00e9\u00e2trale constitu\u00e9e de plusieurs pi\u00e8ces et essais principalement publi\u00e9s aux \u00e9ditions Th\u00e9\u00e2trales et aux Solitaires intempestifs. Th\u00e9\u00e2tre de la Catastrophe qu\u2019il d\u00e9finit comme suit : \u00ab le sujet habituel du th\u00e9\u00e2tre contemporain est la fa\u00e7on dont nous vivons les uns avec les autres \u00e0 partir de pr\u00e9dicat moraux donn\u00e9s (\u2026) Mais il y a maintenant un probl\u00e8me avec les pr\u00e9dicats eux-m\u00eames. Ce nouveau th\u00e9\u00e2tre (de la catastrophe, je souligne), plus aventureux, plus courageux, demande au public d\u2019\u00e9prouver la validit\u00e9 des cat\u00e9gories qui r\u00e9gissent la vie. En d\u2019autres termes, son propos n\u2019est pas du tout la vie comme elle est v\u00e9cue, mais la vie comme elle pourrait \u00eatre v\u00e9cue ; il s\u2019agit encore de la pens\u00e9e qui n\u2019est pas autoris\u00e9e, et de l\u2019inconcsient qui a \u00e9t\u00e9 aboli \u00bb[[Propos d\u2019Howard Barker, Alternatives Th\u00e9\u00e2trales, n\u00b057, ISSN 0774-4145<br \/>\nwww.ville-caen.fr\/mba]]<br \/>\nNon plus la catastrophe dans son mouvement, dans son rapport au spectaculaire, dans son d\u00e9cha\u00eenement et ses vibrations. Non, les tableaux de Barker soulignent la catastrophe accomplie (C\u2019est cela qui fait la proximit\u00e9 de Barker d\u2019avec la Trag\u00e9die grecque. Tout a d\u00e9j\u00e0 eu lieu). Cette mani\u00e8re qu\u2019elle a d\u2019avoir install\u00e9 un d\u00e9sastre et un d\u00e9soeuvrement durablement dans l\u2019espace, rendant aux objets une libert\u00e9 ou une vacuit\u00e9, les privant d\u2019un fonctionnement et d\u2019un usage. Rompant avec une histoire des codes, une histoire des gestes, une histoire des comportements socialis\u00e9s. Des tableaux que l\u2019on regarde, dans le d\u00e9tail de ce qu\u2019ils montrent, se d\u00e9gagent une \u00e9nigme qui tient en partie \u00e0 des corps, \u00e0 des objets, \u00e0 un ensemble qui ont perdu leurs rapports \u00e0 la socialisation, \u00e0 l\u2019organisation. L\u2019inattendu a ainsi pris la place du pr\u00e9visible. La libert\u00e9 s\u2019est substitu\u00e9e \u00e0 la retenue. D\u00e8s lors, dans ce d\u00e9sordre organis\u00e9, dans ces configurations primitives que renvoient les tableaux, une sensation plus vive s\u2019affirme qui place le visiteur au seuil d\u2019un ressenti plus pr\u00e9cis o\u00f9 le mena\u00e7ant voire un certain danger inidentifiable se d\u00e9veloppe.<br \/>\nQuelque chose est l\u00e0. Quelque chose d\u2019animal est pr\u00e9sent.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Patrick Ramade (directeur du Mus\u00e9e des Beaux-arts de Caen) et Jean-Jacques Passera (directeur de l&rsquo;\u00e9cole des beaux-arts) se sont associ\u00e9s pour pr\u00e9senter une exposition consacr\u00e9e aux peintures et dessins d&rsquo;Howard Barker. H. Barker, plus connu pour son \u00c5\u201cuvre th\u00e9\u00e2trale, comme dramaturge et po\u00e8te, a retenu l&rsquo;attention de Jean-Jacques Passera int\u00e9ress\u00e9 par ces \u00c2\u00ab auteurs qui ouvrent leur \u00c5\u201cuvre sur plusieurs champs d&rsquo;expressions \u00c2\u00bb. Une visite de son atelier l&rsquo;a confort\u00e9 dans l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;organiser une exposition \u00e0 Caen. 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