


{"id":895,"date":"2008-11-11T19:28:00","date_gmt":"2008-11-11T18:28:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=895"},"modified":"2022-09-12T23:30:52","modified_gmt":"2022-09-12T21:30:52","slug":"danses-dailleurs-situation-daujourdhui","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/danses-dailleurs-situation-daujourdhui\/","title":{"rendered":"H\u00e9la Fattoumi et Eric Lamoureux : Danses d&rsquo;ailleurs \/ Situation d&rsquo;aujourd&rsquo;hui"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>En plein travail de r\u00e9p\u00e9tition et d&rsquo;organisation, alors que le festival Danse d&rsquo;ailleurs est \u00e0 quelques semaines de r\u00e9appara\u00eetre sur la sc\u00e8ne r\u00e9gionale, H\u00e9la Fattoumi et Eric Lamoureux (duo de chor\u00e9graphes \u00e0 la t\u00eate du Centre Chor\u00e9graphique National de Basse-Normandie) ont accord\u00e9 un entretien \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipe de L&rsquo;Insens\u00e9. Projets, missions, d\u00e9veloppements, partenariats&#8230; L&rsquo;un et l&rsquo;autre nous livrent leur analyse d&rsquo;une conjoncture r\u00e9gionale et nationale qui n&rsquo;est pas sans incidences sur leur travail&#8230;<br \/>\n<\/strong><\/em><br \/>\nH\u00e9la Fattoumi et Eric Lamoureux<br \/>\nLui, il cite Edouard Glissant \u00ab \u00e9changer pour changer \u00bb, elle, elle parle de \u00ab mondialit\u00e9 \u00bb. Eric Lamoureux se souvient d\u2019un sociologue indien, H\u00e9la Fatoumi \u00e9voque Susanne Burch, les danses d\u2019Afrique en appuyant le pluriel et avoue sa fascination pour le japon et leurs amis danseurs de Kyoto. Entre l\u2019un et l\u2019autre, dans un dialogue que l\u2019on sent constant et qui nourrit leur projet, il y a une envie commune de partages, de d\u00e9couvertes, d\u2019exp\u00e9riences, de joies \u00e0 saisir et \u00e0 fabriquer. De Fattoumi et Lamoureux, il serait possible de les d\u00e9finir comme des pionniers. Non pas des aventuriers (terme ambigu qui pourrait laisser entendre un manque de ma\u00eetrise), mais des personnes sinc\u00e8res qui ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019arpenter les espaces en qu\u00eate d\u2019une diversit\u00e9, d\u2019investir les territoires et leurs singularit\u00e9s, de construire et d\u2019offrir au public un lien durable avec les visages de la danse.<br \/>\nA Caen, \u00e0 deux pas du conservatoire o\u00f9 le Centre Chor\u00e9graphique National partage une fa\u00e7ade avec un gymnase, Eric et H\u00e9la forment le v\u0153u d\u2019une \u00e9coute qui se traduirait par un soutien accru des tutelles qui sont leurs interlocuteurs et leurs bailleurs. Si l\u2019Etat et la R\u00e9gion semblent attentifs au travail d\u2019\u00e9ducation, d\u2019exploration et de cr\u00e9ation qu\u2019ils m\u00e8nent, la nouvelle \u00e9quipe municipale, en l\u2019occurrence sa t\u00eate culturelle, semble tarder \u00e0 s\u2019engager, voire plus simplement \u00e0 se d\u00e9cider. \u00ab L\u2019audit \u00e9claircira peut-\u00eatre les choses \u00bb pensent-ils, sans trop comprendre comment tout \u00e0 la fois on peut les \u00ab f\u00e9liciter \u00bb de leur travail en direction du public, de l\u2019accueil que re\u00e7oit le festival et de la cr\u00e9ation, et comment, quand on aborde plus concr\u00e8tement le soutien au projet, un silence s\u2019installe. Silence qui peut-\u00eatre abrite une r\u00e9flexion ou, et c\u2019est possible aussi, un embarras. Sans doute, le d\u00e9veloppement et le soutien du Centre Chor\u00e9graphique National sont-ils seconds par rapport aux enjeux que l\u2019on pr\u00eate \u00e0 l\u2019existence du CDN de Normandie. \u00ab On est un peu le parent pauvre. Comme si on pouvait faire avec peu et \u00e7a semble normal \u00bb d\u00e9clarent-ils.<br \/>\nD\u00e9ficit de reconnaissance ?<br \/>\nNon pas sur le plan artistique et po\u00e9tique. Fattoumi et Lamoureux sont, \u00e0 cet endroit, confiants et les signes de fid\u00e9lit\u00e9 du public, les actions de soutien engag\u00e9es aupr\u00e8s de compagnies \u00e9mergentes (danse comme th\u00e9\u00e2tre), la programmation, les tourn\u00e9es de leurs propres cr\u00e9ations (Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot, entre autres, en 2009) laissent \u00e0 penser que depuis leur arriv\u00e9e, ils ont su donner un souffle au CCN. Non, le d\u00e9ficit de reconnaissance passe par des choses parfois \u00e0 peine perceptible et quelques autres enjeux \u00e9vidents. Du c\u00f4t\u00e9 du perceptible, mais ils s\u2019en amusent, l\u2019un et l\u2019autre s\u2019inqui\u00e8tent de voir que la signal\u00e9tique de la Ville ne donne aucune indication sur l\u2019existence du CCN. \u00ab Pas un panneau en centre ville pour indiquer o\u00f9 l\u2019on nous trouve \u00bb disent-ils en le regrettant. Pas de visibilit\u00e9 dans l\u2019espace urbain ou un oubli qui s\u2019interpr\u00e8te comme un signe de n\u00e9gligence. Comme il d\u00e9plore aussi le faible soutien de la Ville (5000 euros) pour le festival Danse d\u2019Ailleurs. Plus complexe et sans doute inexplicable, l\u2019absence de relation avec le CDN de Normandie. Eric et H\u00e9la se souviennent de la collaboration avec le pr\u00e9c\u00e9dent directeur du CDN, Eric Lacascade, qui les avait accueillis, soutenus et \u00e9paul\u00e9s. Plus \u00e9pineux, le lieu de la Halle aux Granges. L\u00e0, tr\u00e8s s\u00e9rieusement, H\u00e9la Fattoumi et Eric Lamoureux parlent d\u2019une logique de d\u00e9veloppement. En l\u2019\u00e9tat, cet espace appartient au CDN et jouxte le CCN. Or les deux chor\u00e9graphes aimeraient voir ce lieu rattach\u00e9 au CCN afin d\u2019avoir un studio de travail compl\u00e9mentaire de la salle qu\u2019ils ont d\u00e9j\u00e0 et qu\u2019ils ont am\u00e9nag\u00e9 pour le public. \u00ab \u00e7a serait logique d\u2019avoir un lieu de r\u00e9p\u00e9tition et de travail quand l\u2019autre lieu est occup\u00e9. Et \u00e7a ne veut pas dire que l\u2019on en priverait nos partenaires, mais juste que l\u2019on gagnerait en autonomie. Aujourd\u2019hui, on r\u00e9p\u00e8te sur la sc\u00e8ne du Th\u00e9\u00e2tre de Caen, notre dialogue avec Jean-Jacques Passera peut nous laisser esp\u00e9rer de travailler aussi avec la Nouvelle Ecole R\u00e9gionale des Beaux Arts\u2026 quand rien n\u2019est possible, on va travailler \u00e0 Paris, en location \u00bb. Et comme si cela ne suffisait pas, depuis des ann\u00e9es, le p\u00f4le administratif du CCN est en centre ville, loin de leur espace de travail et du plateau. \u00ab S\u2019il y avait une volont\u00e9 de regrouper les deux espaces, on pourrait \u00eatre ouvert en continu. Accueillir les gens, les renseigner\u2026 Actuellement, il faut se d\u00e9doubler \u00bb.<br \/>\nSe r\u00e9jouir aussi d\u2019Ailleurs !<br \/>\nEt d\u2019ajouter qu\u2019\u00e0 l\u2019expos\u00e9 de toutes ces petites souffrances, on en viendrait \u00e0 oublier qu\u2019il y a la danse. Le souci de la danse et du miroir qu\u2019elle pr\u00e9sente \u00e0 nos regards. \u00ab Le Festival a vocation \u00e0 se d\u00e9velopper. Aujourd\u2019hui l\u2019Afrique, bient\u00f4t l\u2019Asie\u2026 \u00bb confie H\u00e9la Fattoumi. Du Festival qui en est d\u00e9j\u00e0 \u00e0 sa quatri\u00e8me \u00e9dition, les deux directeurs n\u2019entendent rien minimiser, ni ignorer du parcours qu\u2019ils ont accompli avec les compagnies accueillies. C\u2019est tout d\u2019abord en terme d\u2019horizon d\u2019attente qu\u2019Eric Lamoureux confie qu\u2019ils ont r\u00e9ussi quelque chose. De fait, il s\u2019agissait de renouveler les repr\u00e9sentations du public, de permettre une familiarit\u00e9 avec des gestes, des mouvements, une histoire diff\u00e9rentes de la sienne, qui n\u2019est pas \u00e9trang\u00e8re \u00e0 ce qu\u2019il peut esp\u00e9rer. Ce regard, Fattoumi et Lamoureux, ils l\u2019ont travaill\u00e9 en programmant Danse d\u2019Ailleurs. \u00ab Non pas un festival ethnographique, mais un temps accord\u00e9 \u00e0 la diversit\u00e9, \u00e0 la singularit\u00e9, \u00e0 la diversit\u00e9\u2026 \u00e0 la mondialit\u00e9 \u00bb. Un temps danse qui ouvre sur d\u2019autres imaginaires, des pratiques distinctes, des rythmes m\u00e9connus, puisant dans des racines mais se nourrissant d\u2019exp\u00e9riences et d\u2019\u00e9changes. Quand ils \u00e9voquent ce festival, Lamoureux et Fattoumi ne font pas un festival de plus, une op\u00e9ration spectaculaire de plus, une offre de spectacles de plus\u2026 Non, ils s\u2019inscrivent dans un projet humaniste qui se fonde sur le connaissance. Celle que l\u2019on entretient, celle aussi que l\u2019on augmente. Celle qui a la conscience des fronti\u00e8res que les artistes n\u2019ont de cesse de d\u00e9border. \u00ab On oublie que lorsque Cunningham a commenc\u00e9, il ramassait des projectiles\u2026Aujourd\u2019hui, cette histoire est ignor\u00e9e et l\u2019on ne parle du Chor\u00e9graphe qu\u2019en termes qui le louent \u00bb expliquent-ils. Et c\u2019est \u00e0 raison qu\u2019ils r\u00eavent d\u2019un travail de profondeur qui permettrait de faire venir des conf\u00e9renciers en marge des spectacles. De r\u00e9unir le geste et la parole, et de faire entendre une parole sur la danse. On les quitte alors qu\u2019ils regagnent le plateau\u2026 D\u2019ailleurs que l\u2019on retrouvera du 1er au 6 d\u00e9cembre. A commencer par le 1er, sur la sc\u00e8ne d\u2019Ifs, \u00e0 l\u2019Espace Jean Vilar. Un nom qui nous rappelle l\u2019un des missionnaires du service public.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En plein travail de r\u00e9p\u00e9tition et d&rsquo;organisation, alors que le festival Danse d&rsquo;ailleurs est \u00e0 quelques semaines de r\u00e9appara\u00eetre sur la sc\u00e8ne r\u00e9gionale, H\u00e9la Fattoumi et Eric Lamoureux (duo de chor\u00e9graphes \u00e0 la t\u00eate du Centre Chor\u00e9graphique National de Basse-Normandie) ont accord\u00e9 un entretien \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipe de L&rsquo;Insens\u00e9. 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