


{"id":904,"date":"2008-10-19T19:47:00","date_gmt":"2008-10-19T17:47:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=904"},"modified":"2008-10-19T19:47:00","modified_gmt":"2008-10-19T17:47:00","slug":"larcheologue-et-larchitecte-limec-au-fond","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/larcheologue-et-larchitecte-limec-au-fond\/","title":{"rendered":"L&rsquo;arch\u00e9ologue et l&rsquo;architecte : l&rsquo;IMEC au fond"},"content":{"rendered":"<hr \/>\n<h6 style=\"text-align: right;\"><small>Le cumul est comme la constitution d&rsquo;un stock, il n&rsquo;est pas le contraire de la raret\u00e9, mais un effet de cette m\u00eame raret\u00e9.<\/small><\/h6>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Gilles Deleuze, <em>Le Nouvel archiviste<\/em>, Fata Morgana, 1972, p. 16<\/h6>\n<hr \/>\n<p><em> <strong>Au lieu de l&rsquo;abbaye d&rsquo;Ardenne, l&rsquo;Institut M\u00e9moires Edition Contemporaine concentre de nombreux fonds d&rsquo;archives. Notamment des archives de th\u00e9\u00e2tre dont la diversit\u00e9 est fascinante. L&rsquo;occasion nous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e de les consulter. Et nous avons cru y percevoir, comme le dit Olivier Corpet le Directeur et fondateur de cet institut, le chuchotement des archives entre elles.<br \/>\n<\/strong><\/em><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3531 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/9559353lpw-9559457-article-jpg_4456314_660x281-1-600x255.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"255\" \/><br \/>\nNOTES PRELIMINAIRES<br \/>\nQui consulte les fonds de th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Imec [[L\u2019Imec vient de publier aux \u00e9ditions du m\u00eame nom le R\u00e9pertoire des collections. Un ouvrage qui fait \u00e9tat de tous les fonds d\u00e9pos\u00e9s \u00e0 Ardenne.<br \/>\n]] est contemporain d\u2019une histoire du th\u00e9\u00e2tre de la fin du XIX au XXI si\u00e8cle. Un territoire privil\u00e9gi\u00e9 s\u2019offre ainsi au chercheur. Pas un lieu de culte, mais un espace o\u00f9 l\u2019archive -pi\u00e8ce documentaire avant toute chose- permet d\u2019interroger l\u2019agencement de l\u2019histoire et les dispositifs qui la r\u00e9fl\u00e9chissent. L\u2019analyse de l\u2019archive : son examen critique, suppose alors trois \u00e9tapes o\u00f9, explique Michel de Certeau, le chercheur peut adopter une strat\u00e9gie qui l\u2019oblige \u00e0 distinguer la phase documentaire de la phase explicative qui pr\u00e9c\u00e8de la phase repr\u00e9sentative de mise en forme de celle-ci. Mon expos\u00e9 s\u2019inscrira dans cette perspective.<br \/>\nPar ailleurs, devant cet ensemble labyrinthique, si une approche g\u00e9n\u00e9tique \u00e9tait envisageable au regard de la densit\u00e9 des documents \u00e9tudi\u00e9s, notre propos essaiera plut\u00f4t de montrer la compl\u00e9mentarit\u00e9 et la continuit\u00e9 qu\u2019il y a entre les archives. D\u00e8s lors, si les fonds se pr\u00e9sentent comme des \u00eelots qui peuvent \u00eatre abord\u00e9s ind\u00e9pendamment les uns des autres, nous avons choisi de les consid\u00e9rer comme un archipel o\u00f9 chacun d\u2019eux, s\u2019il est reconnu pour sa topographie propre et ses diff\u00e9rentes strates, n\u2019est en aucune mani\u00e8re \u00e9tranger \u00e0 l\u2019ensemble dans lequel il prend forme et fait sens.<br \/>\nCette approche imposait une s\u00e9lection qui peut nuire \u00e0 la repr\u00e9sentation de la diversit\u00e9 des fonds. En fait, la possibilit\u00e9 du choix r\u00e9v\u00e8le que la lecture des archives est ouverte. Ce que nous livrerons n\u2019est donc rien moins qu\u2019une petite histoire du th\u00e9\u00e2tre. Moins une r\u00e9\u00e9criture qu\u2019une lecture qui se fonde sur l\u2019archive. C\u2019est-\u00e0-dire des informations publiques\/priv\u00e9es qui forment un jeu de relations, des phrases \u00e9parses que l\u2019archive associe et constitue en discours, des documents qui renvoient bien s\u00fbr \u00e0 leurs auteurs mais aussi \u00e0 des espaces communs n\u00e9s du th\u00e9\u00e2tre, un assemblage de mat\u00e9riaux qui revient d\u2019un fonds \u00e0 l\u2019autre sous d\u2019autres angles, d\u2019autres l\u00e9gendes, annot\u00e9 de graphes diff\u00e9rents\u2026<br \/>\nToutes choses qui font du chercheur \u00ab un nouvel archiviste \u00bb : un arch\u00e9ologue et un architecte qui, dans une r\u00e9ciprocit\u00e9 ind\u00e9passable, \u00e0 partir des fouilles de l\u2019un et des plans de l\u2019autre, reconstituent une histoire et en saisissent les r\u00e9p\u00e9titions \u00e0 des \u00e9chelles que seules les archives rendent possibles.<br \/>\nL\u2019ARCHEOLOGUE<br \/>\nAvouons-le, devant l\u2019archive, le regard et le touch\u00e9 sont \u00e9prouv\u00e9s par la mati\u00e8re plurielle des supports[[ Nous ne pouvons tout d\u00e9velopper. Selon les \u00e9poques, les archives sont compos\u00e9es de nombreuses photos, films, cassettes, enregistrements, disquettes\u2026 Sur la nature des archives papier, il est impossible aussi de souligner la diversit\u00e9 des cahiers, carnets, programmes, journaux, revues, articles\u2026 Une s\u00e9lection s\u2019imposait. Chaque fonds sera signal\u00e9 par l\u2019utilisation d&rsquo;un caract\u00e8re gras. Et pas un nom propre ou patronyme de cet article n\u2019est \u00e9tranger aux fonds. C\u2019est la seule r\u00e8gle.<br \/>\n]] Les formats et les grains du papier qui ont pour nom chine, hollande, japon, v\u00e9lin, kraft, papier collant, carbone, buvard, calque, cristal, sulfuris\u00e9\u2026 accentuent le rapport entretenu au temps. Temporalit\u00e9 du papier qui n\u2019est pas \u00e9trang\u00e8re aux pratiques \u00e9ditoriales o\u00f9 les feuillets l\u00e9gers d\u2019un article ou d\u2019un manuscrit accompagnent un bristol plus rigide : une carte de visite gliss\u00e9e dans une enveloppe, ou la couverture glac\u00e9e d\u2019une carte postale. Emploi du papier respect\u00e9 recueillant les caract\u00e8res dans la presse, ou d\u00e9tourn\u00e9 parce qu\u2019il sert \u00e0 prot\u00e9ger une photo, une plaque de verre ; \u00e0 empaqueter une liasse d\u2019imprim\u00e9s ou qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9coup\u00e9 puis recoll\u00e9 comme c\u2019est le cas pour les articles de journaux ou ces rectangles ajout\u00e9s aux marges d\u2019un livre en cours. De la m\u00eame mani\u00e8re, les graisses d\u2019encre retiennent l\u2019attention. Elles racontent, du si\u00e8cle dernier \u00e0 aujourd\u2019hui, en passant par la clandestinit\u00e9 observ\u00e9e par les \u00e9crivains engag\u00e9s, d\u2019o\u00f9 qu\u2019ils aient \u00e9t\u00e9, une histoire de l\u2019impression de la linotypie au flashage, du dessin ex\u00e9cut\u00e9 pour la presse qui d\u00e9pose une poussi\u00e8re gris\u00e9e sur les doigts, \u00e0 la photo de revue en polychromie qui reste intacte. Parfois, un m\u00eame fonds souligne ces mutations. \u00c0 travers ces transformations techniques, on distingue ainsi la carri\u00e8re d\u2019un acteur qui, reconnu, voit son visage conserv\u00e9 par le biais d\u2019une photo, quand ses partenaires sont promis \u00e0 une disparition li\u00e9e au lent effacement de l\u2019encre qui r\u00e9fl\u00e9chit, finalement, leur anonymat.<br \/>\nEt de constater que le papier, sous toutes ses formes, sera le support privil\u00e9gi\u00e9 de l\u2019archive. Pr\u00e9cieux par son contenu, employ\u00e9 de fa\u00e7on inattendue, parfois sans int\u00e9r\u00eat, il revient sous maintes vari\u00e9t\u00e9s li\u00e9es \u00e0 son emploi. D\u00e9pliant touristique, ticket de m\u00e9tro, billet de train et d\u2019avion, jeu de cartes postales, plan d\u2019une ville, lot de lettres rang\u00e9es, invitation, affiche, programme, correspondance de travail et courriers amicaux, agenda\u2026 Un inventaire \u00e0 la Perec qui grossit de l\u2019in\u00e9vitable convocation, du formulaire administratif, du proc\u00e8s-verbal, de l\u2019ent\u00eate du papier officiel, du livret et du bulletin scolaire, de l\u2019album de photo de famille, de la carte d\u2019adh\u00e9rent, du livre d\u00e9dicac\u00e9, de l\u2019ouvrage personnel de la biblioth\u00e8que, du dipl\u00f4me, du m\u00e9moire et du rapport de soutenance, de la lettre de recommandation, des notes de cours, des cahiers d\u2019\u00e9coliers, d\u2019une photo (qui est la version imprim\u00e9e de la diapo, de la planche contact, de la plaque de verre, du n\u00e9gatif, du film, de l\u2019esquisse et du croquis), de l\u2019entretien retranscrit enroul\u00e9 avec \u00e9lastique autour de cassettes audio, de l\u2019imprim\u00e9 qui r\u00e9v\u00e8le le contenu de toute disquette, du brouillon\u2026<br \/>\nPour autant, ces premiers indices ne disent pas les pratiques singuli\u00e8res. L\u2019affection d\u2019un tel pour les pages quadrill\u00e9es, les montages, le go\u00fbt de la page blanche \u2013expression ambigu\u00eb renvoyant \u00e0 la page vierge qui ne fait pas oublier les couleurs qu\u2019elle peut prendre\u2013 et le plaisir de certains \u00e0 prot\u00e9ger ce papier, c\u2019est selon, dans une chemise cartonn\u00e9e, un cartable en cuir, un fichier de bois, une petite valise m\u00e9tallique, un porte-document, une pochette plastifi\u00e9e\u2026<br \/>\nCet ensemble de signes priv\u00e9s rend compte de fa\u00e7on plus ou moins \u00e9nigmatique de vies publiques qui furent d\u2019abord l\u2019histoire de destin\u00e9es personnelles. Vie en noir et blanc ou en couleurs consacr\u00e9e \u00e0 la recherche, \u00e0 la cr\u00e9ation, \u00e0 la lecture et \u00e0 l\u2019\u00e9criture ob\u00e9issant \u00e0 des pratiques de collectionneur, d\u2019inventeur, d\u2019ing\u00e9nieur et de bricoleur. Le th\u00e9\u00e2tre qui s\u2019est impos\u00e9 \u00e0 eux, auquel ils ont contribu\u00e9, qu\u2019ils ont parfois agenc\u00e9 en en renouvelant les enjeux et en en d\u00e9gageant la pertinence, et dont ils sont les repr\u00e9sentants. L\u2019archive montre alors \u2013en m\u00eame temps qu\u2019elle souligne des p\u00e9riodes\u2013 des modes de vie nomade ou s\u00e9dentaire, propres aux migrateurs et aux aventuriers, propice \u00e0 la formation de groupes ou de solitudes\u2026 Figures endoss\u00e9es alternativement par les uns et les autres qui renvoient \u00e0 des lieux et \u00e0 des rencontres, \u00e0 des plateaux de th\u00e9\u00e2tre, \u00e0 des festivals, des h\u00f4tels occup\u00e9s le temps d\u2019une conf\u00e9rence ou \u00e0 des retraites \u00e0 la campagne, \u00e0 des cit\u00e9s symboliques, \u00e0 une universit\u00e9, \u00e0 une adresse, un caf\u00e9&#8230; Dans l\u2019attraction de ces villes et de ces pays o\u00f9 les langues se m\u00ealent, l\u00e0 o\u00f9 une esth\u00e9tique et une pratique ont permis au th\u00e9\u00e2tre d\u2019\u00eatre distingu\u00e9, les uns et les autres se sont nourris de ces horizons et de ces va et vient. L\u2019archive en restitue la trace et les parcours.<br \/>\n\u00c0 une autre \u00e9chelle, s\u2019arr\u00eatant sur le contenu de ces documents \u2013l\u2019angle de vue d\u2019une photo, la symbolique d\u2019une carte postale, la pr\u00e9f\u00e9rence pour un timbre, la pr\u00e9dilection pour un format de papier, une encre ou une couleur, une mani\u00e8re d\u2019\u00e9crire ou d\u2019annoter, une bulle sur une lettre\u2026\u2013 le regard s\u2019ouvre \u00e0 des pratiques intimes. La pi\u00e8ce documentaire souligne une mani\u00e8re de voir perceptible dans les \u00e9crits. Un art de penser lisible dans les phases successives de la construction d\u2019un plan de travail. Une pratique d\u2019\u00e9criture qui, distante des contraintes et de la rigidit\u00e9, use du trait lib\u00e9r\u00e9 : le ratur\u00e9, le soulign\u00e9, le biff\u00e9, l\u2019encadr\u00e9 et l\u2019entour\u00e9, le grossi et le disproportionn\u00e9\u2026 Soit autant de manifestations de l\u2019important et du d\u00e9chu, du sup\u00e9rieur et de l\u2019exclu, du retenu parfois abandonn\u00e9. Un geste qui n\u2019est jamais neutre. Qui, chez le metteur en sc\u00e8ne, renseigne sur sa fa\u00e7on de se frotter au texte, aux id\u00e9es et aux pens\u00e9es. Cette mani\u00e8re que l\u2019\u00e9criture a de chercher sa place sur une page, \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un grand texte, dans ses lignes ou dans sa marge. Et qui, chez l\u2019intellectuel, fonctionne comme les tiroirs d\u2019un secr\u00e9taire o\u00f9 s\u2019affirment la rigueur d\u2019une id\u00e9e et la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une correction.<br \/>\nEn cela, aucune des archives n\u2019est \u00e9trang\u00e8re aux \u00e9volutions du th\u00e9\u00e2tre. Chaque fonds constitue un d\u00e9tail n\u00e9cessaire \u00e0 la compr\u00e9hension d\u2019un m\u00e9canisme historique qui recouvre un int\u00e9r\u00eat chronologique, mais permet surtout de distinguer les enjeux po\u00e9tiques, politiques et id\u00e9ologiques inh\u00e9rents \u00e0 la pratique du th\u00e9\u00e2tre. \u00c0 cet endroit, la mati\u00e8re des fonds renseigne encore sur la mani\u00e8re dont les \u00ab acteurs \u00bb du th\u00e9\u00e2tre sauront s\u2019affranchir des modes \u00e9ditoriales, se lib\u00e9rer des contraintes, se soustraire \u00e0 la critique, se trouver de nouveaux espaces, se d\u00e9gager de nouvelles marges\u2026 ou, au contraire se r\u00e9signeront \u00e0 servir un ordre et un jeu social. Le lieu des archives n\u2019est jamais consensuel.<br \/>\nL&rsquo;ARCHITECTE<br \/>\nDevant cette concentration de mat\u00e9riaux dispers\u00e9s, les archives offrent donc un ensemble homog\u00e8ne o\u00f9, si le d\u00e9tail professionnel et amical des fonds d\u2019auteurs[[ \u00ab Auteur \u00bb est \u00e0 prendre au sens large et d\u00e9signe aussi bien l\u2019acteur, le metteur en sc\u00e8ne, l\u2019\u00e9crivain, le critique, le sc\u00e9nographe, l\u2019universitaire que le chercheur.<br \/>\n]] et d\u2019\u00e9diteurs recouvre un int\u00e9r\u00eat central, c\u2019est aussi la r\u00e9currence, la constance et la persistance de documents (parfois identiques ou analys\u00e9s diff\u00e9remment) qui forment un espace de signification.<br \/>\nLes fonds sont ainsi li\u00e9s entre eux par de multiples patronymes qui, s\u2019ils ne se confondent pas aux archives originales des auteurs, en constituent le ciment. \u00c0 commencer par les cotisants du Syndicat et Association des journalistes (Robert Abirached, Georges Banu&#8230;). Miroir de l\u2019activit\u00e9 th\u00e9\u00e2trale, cette critique (journalistique ou universitaire, de radio, de revue ou d\u2019\u00e9dition savante) fait non seulement \u00e9cho \u00e0 l\u2019histoire de la repr\u00e9sentation, mais elle est aussi un espace encyclop\u00e9dique, parfois informel. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des fonds Esprit et Jean-Marie Domenach, Critique et Jean Piel, Th\u00e9\u00e2tre populaire et Roland Barthes ainsi que Bernard Dort ou, pour la radio, Moussa Abadi avec \u00ab Images et visages du th\u00e9\u00e2tre aujourd\u2019hui \u00bb ainsi que \u00ab Le Masque et la Plume \u00bb ou encore \u00ab Graines de Drame \u00bb voulus par Jean Tardieu, on trouve un nombre consid\u00e9rable d\u2019exemplaires[[Nous avons crois\u00e9 des exemplaires de : La Revue th\u00e9\u00e2trale \u00e9dit\u00e9e par Bordas, celle des Deux mondes, Teatret teori og teknikk, interscena, Rebelote, Das Wort dirig\u00e9 par Brecht, la revue du TEP, Europe fond\u00e9 par Romain Gary, Action, Empreintes, The Mask, VH 101, Litt\u00e9rature\/science\/id\u00e9ologie, la Revue (\u00e9dit\u00e9e par Aubervilliers), Th\u00e9\u00e2tre et universit\u00e9, La Table ronde, Etudes, Les Lettres Nouvelles, Communications, Tel quel, la Revue d\u2019histoire litt\u00e9raire de la France, Change, Esth\u00e9tique, Acteurs, Verve, La Nouvelle Revue Fran\u00e7aise, Dialogues, Les Temps modernes, Les Cahiers de la Maison Jean Vilar, Les Cahiers litt\u00e9raires de l\u2019ORTF, Les Cahiers de la com\u00e9die de l\u2019Est, Existences, Conferencia, Les Annales, La Pens\u00e9e, les Cahiers Renaud Barrault, Envol, Lire, Panorama, Perspective du th\u00e9\u00e2tre, l\u2019avant sc\u00e8ne, Atlantiques, French Review, Le Magazine litt\u00e9raire, Paraboles, Les Cahiers de Louvain, Les Cahiers de Varsovie, Obliques, Politis, Les Cahiers de la r\u00e9publique, D\u00e9mocratie nouvelle, Loisir, Art Press, Esprit, Travail Th\u00e9\u00e2tral, Th\u00e9\u00e2tre\/Public, La Revue d\u2019Histoire du Th\u00e9\u00e2tre, D\u00e9mocratie nouvelle, R\u00e9volution, Le Libertaire, Carrefour, Comoedia, Le Monde Dimanche, Les Lettres-Fran\u00e7aises, L\u2019Observateur litt\u00e9raire, Candide, Le Quotidien, Beaux-arts, Les Cahiers du Chemin, Le Nouvel Observateur, France Observateur, Forces Nouvelles, L\u2019Express, les Nouvelles litt\u00e9raires, Ce Soir, Combat, La Gerbe, Lib\u00e9ration, Le Monde, Le Figaro\u2026<br \/>\n]]de revues et de journaux isol\u00e9s et conserv\u00e9s. Signe d\u2019une activit\u00e9 th\u00e9\u00e2trale d\u2019horizons et de pays distincts, ces num\u00e9ros \u00e9gar\u00e9s constituent des traces rares qui mettent sur la voie d\u2019un parcours artistique ou d\u2019une recherche, mais \u00e9galement pr\u00e9cisent une histoire dans l\u2019Histoire&#8230; On pr\u00eatera particuli\u00e8rement attention \u00e0 ces archives qui sont souvent le lieu d\u2019\u00e9crits ponctuels et singuliers \u00e0 la marge des \u0153uvres. C\u2019est l\u00e0 que le dialogue de cette \u00ab communaut\u00e9 th\u00e9\u00e2trale \u00bb a pris forme et qu\u2019apparaissent les premi\u00e8res signatures de \u00ab jeunes \u00bb auteurs \u00e0 qui plus tard on confiera une rubrique, la direction d\u2019un num\u00e9ro dont ils seront le ma\u00eetre d\u2019\u0153uvre ou le centre.<br \/>\nDisons aussi que ces archives se confondent avec l\u2019histoire de la presse (principalement \u00e9crite) et renseignent sur la place du th\u00e9\u00e2tre qui, de centrale, est devenue p\u00e9riph\u00e9rique et se retranche d\u00e9sormais au sein des institutions th\u00e9\u00e2trales ou universitaires pour trouver une expression \u00e9ditoriale. La question de l\u2019espace est donc d\u00e9terminante et renvoie \u00e0 la visibilit\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre. En cela, les archives montrent qu\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ces supports \u00e9crits, le th\u00e9\u00e2tre s\u2019est fait \u2013se fera\u2013 toujours dans des lieux que certains conservent pr\u00e9cieusement.<br \/>\nLe fonds Denis Bablet est \u00e0 ce titre l\u2019un des plus fascinant. Directeur de recherche au CNRS, son int\u00e9r\u00eat pour la sc\u00e9nographie l\u2019a conduit \u00e0 archiver ces espaces photographi\u00e9s et vid\u00e9ographi\u00e9s o\u00f9 se m\u00ealent les villes et les d\u00e9cors, de l\u2019antiquit\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre polonais, de Josef Svoboda au Th\u00e9\u00e2tre National de Prague, de Craig au Th\u00e9\u00e2tre Royal de Londres, de Kantor \u00e0 la Cricoth\u00e8que rue Kanonicza \u00e0 Cracovie, des Pito\u00ebff dans la salle communale de Plaimpalais \u00e0 Gen\u00e8ve, de Brecht jouant dans la rue une Moritat avec Karl Valentin \u00e0 Munich dans les ann\u00e9es 20, de la Freie Volksb\u00fchne, du Berliner Ensemble, du th\u00e9\u00e2tre de la Commune d\u2019Aubervilliers, du Th\u00e9\u00e2tre national Belge de Bruxelles \u00e0 l\u2019occasion de la mise en sc\u00e8ne d\u2019Hamlet par Krejca en 1965, du Th\u00e9\u00e2tre Maison de la culture de Seine Saint-Denis en 1983 avec l\u2019ami Mehmet Ulusoy\u2026 Articuler l\u2019image et le conceptuel fut un programme de recherche \u00e0 part enti\u00e8re.<br \/>\nVilles r\u00e9elles objets de fiction, architectures th\u00e9\u00e2trales subordonn\u00e9es \u00e0 des enjeux esth\u00e9tiques, espaces sc\u00e9niques d\u00e9volus \u00e0 la pratique d\u2019un genre, festivals de rue, universit\u00e9, cabaret\u2026, tous li\u00e9s, ont parfois fait l\u2019objet d\u2019\u00e9tudes et de livres. D\u2019un fonds \u00e0 l\u2019autre, le chercheur voyage \u00e0 mesure qu\u2019il consulte les archives et s\u2019embarque dans des courriers. Au propre comme au figur\u00e9, il revient sur ses pas et modifie son savoir.<br \/>\nIl s\u2019\u00e9tonne que les travaux de l\u2019ethnopsychiatre Georges Devereux sur la trag\u00e9die et la mythologie grecque soient trop souvent d\u00e9laiss\u00e9s. Barthes les prit-il en compte, quand il \u00e9crivait son article \u00ab Sur une repr\u00e9sentation moderne d\u2019\u0152dipe \u00bb ? Que penser de la Sphinx et de Jocaste toutes deux incestueuses et \u00e9pouses de leurs propres fils ? L\u2019histoire s\u2019\u00e9crivant en excluant certains aspects, les repr\u00e9sentations de la gardienne de Th\u00e8bes s\u2019appauvrissent : son cannibalisme est comment\u00e9, sa sexualit\u00e9 oubli\u00e9e. Devereux, encore, qui fouille m\u00e9ticuleusement l\u2019histoire de la Gr\u00e8ce archa\u00efque non pas dans la perspective d\u2019une lecture sociohistorique, mais plut\u00f4t pour r\u00e9v\u00e9ler la complexit\u00e9 de ces figures l\u00e9gendaires r\u00e9currentes \u00e0 la sc\u00e8ne. Rares seront les acteurs, les sc\u00e9nographes, les metteurs en sc\u00e8ne, les \u00e9crivains, les critiques et les universitaires qui ne s\u2019affronteront pas, au moins une fois \u00e0 ces mythes anciens, copi\u00e9s et r\u00e9\u00e9crits par les classiques et renouvel\u00e9s par les contemporains. Que l\u2019on songe \u00e0 Antoine Vitez qui, en 1971, \u00e0 Ivry, propose Andromaque \u00e0 une classe de 3\u00e8me comme si c\u2019\u00e9tait un Lehrst\u00fcck ; \u00e0 Didier Georges Gabily qui \u00e9crira ses Gibiers du temps ; au Th\u00e9s\u00e9e de Chaillot en 1958 jou\u00e9 par Alain Cuny (divinis\u00e9 d\u00e9j\u00e0 par la critique) et Maria Casar\u00e9s qui seront l\u2019objet d\u2019une critique de Lucien Goldmann. Que l\u2019on pense \u00e0 Kolt\u00e8s qui, regardant celle que la presse appellera la Reine Lear et jouera aussi <em>M\u00e9d\u00e9e<\/em>, lui donnera l\u2019envie du th\u00e9\u00e2tre et lui inspirera le personnage de C\u00e9cile dans <em>Quai Ouest <\/em> qu\u2019elle interpr\u00e9tera \u00e0 Nanterre, en 1986, dans la mise en sc\u00e8ne de Ch\u00e9reau. Qu\u2019il d\u00e9couvre les notes de cours d\u2019Henri Berr sur ces chef-d\u2019\u0153uvres et son souci de rappeler que Racine fut influenc\u00e9 par Virgile. Aux disques enregistr\u00e9s chez Bordas de Horace, Polyeucte&#8230; ou relise le num\u00e9ro sp\u00e9cial de la revue Esprit de mai 1965 o\u00f9 Domenach \u00e9crira sur \u00ab la r\u00e9surrection du tragique \u00bb et remerciera Lindon de son aide pr\u00e9cieuse concernant Beckett. Num\u00e9ro auquel fera \u00e9cho celui de 1987 o\u00f9 l\u2019infra-tragique viendra ponctuer une histoire du th\u00e9\u00e2tre. Deux num\u00e9ros dont les sommaires se lisent comme une synth\u00e8se des grands courants th\u00e9\u00e2traux du XX\u00e8me si\u00e8cle : sa \u00ab plan\u00e9tarisation \u00bb, avec leurs chefs de file, leurs troupes et leurs compagnies, leurs publics. Chaque fonds restitue le d\u00e9tail de ces enjeux o\u00f9 le nom de Brecht semble la matrice d\u2019un th\u00e9\u00e2tre populaire et politique, quand celui de Beckett induit une autre voie que Bataille, dans Critique (n\u00b048, 1951) titre \u00ab Le Silence de Molloy \u00bb, apr\u00e8s qu\u2019il a \u00e9crit \u00ab La m\u00e8re trag\u00e9die, le voyage en Gr\u00e8ce \u00bb en 1937.<br \/>\nDans cette odyss\u00e9e o\u00f9 le tragique s\u2019est d\u00e9tach\u00e9 de la trag\u00e9die, la plan\u00e8te[[Le mot vient encore quand l\u2019\u00e9dition du Monde du 27 mai 1993 propose le dessin de la constellation des auteurs qui gravitent autour de Beckett, d\u2019apr\u00e8s une enqu\u00eate de Val\u00e9rie Vill\u00e9gi\u00e9.<br \/>\n]]th\u00e9\u00e2tre s\u2019est affranchie de sa gravit\u00e9 hell\u00e9nique. D\u2019autres \u00ab centres \u00bb se dessinent et autour d\u2019eux apparaissent de nouvelles constellations dans l\u2019attraction desquelles se forment de nouveaux cercles.<br \/>\nAutour du Piccolo Teatro (fond\u00e9 en 1947), Louis Althusser et Dort \u2013 que Barthes qualifie en 1971 de \u00ab savant et de combattant du th\u00e9\u00e2tre \u00bb\u2013 se rejoignent pour parler du brechtisme de Strehler et Grassi pour Goldoni. C\u2019est la suite d\u2019une conversation n\u00e9e en1958 alors que Dort, \u00e0 l\u2019ouvrage sur Corneille, partageait nombre de points de vue sur le livre du \u00ab Ca\u00efman \u00bb consacr\u00e9 \u00e0 Montesquieu. Brecht les r\u00e9unit, mais au-del\u00e0 de celui qui pensait \u00e9crire un anti-Godot, pour la conscience spectatrice de l\u2019un et de l\u2019autre, c\u2019est l\u2019id\u00e9e que les personnages brechtiens sont \u00ab des hommes complets, engag\u00e9s dans la vie, dans le monde \u00bb[[Bernard Dort, \u00ab La Le\u00e7on \u00bb, Cit\u00e9 Panorama, Janvier 1959. L\u2019article oppose le personnage beckettien au personnage brechtien.<br \/>\n]]. Perspective sans doute partag\u00e9e par Jean-Michel Palmier qui aura fait la critique de L\u2019Op\u00e9ra de quat\u2019sous de Strehler et qui, au pr\u00e9texte, en rappelle le titre initial \u00ab La Canaille \u00bb. Pi\u00e8ce dont Ernst Bloch, avec lequel il dialogue, estimait que la Chanson de Jenny devait \u00eatre l\u2019hymne national de l\u2019Allemagne. Palmier qui, se promenant dans Berlin, prend soin de photographier le clocheton de l\u2019enseigne cercl\u00e9e du Berliner. Signe d\u2019une fascination qui durera une vie, les travaux de Palmier sont essentiels pour qui veut apprendre sur l\u2019expressionnisme, l\u2019exil des intellectuels allemands, l\u2019influence du Bauhaus, l\u2019esth\u00e9tique kitch nazi, l\u2019importance de Piscator et la vie th\u00e9\u00e2trale p\u00e9riph\u00e9rique \u00e0 l\u2019histoire de Weimar, qu\u2019elle se tienne dans les grands th\u00e9\u00e2tres ou \u00e0 Sanary, pr\u00e8s de Toulon, au caf\u00e9 de la Marine. L\u00e0 o\u00f9 Brecht, guitare en main, jouait comme dans les bars de Munich. Fonds passionnant o\u00f9, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une photo avec Maria Piscator devant la fondation Piscator \u00e0 New York o\u00f9 s\u2019\u00e9tait r\u00e9fugi\u00e9 Grozs qui r\u00e9alisa les caricatures du brave Soldat Schweyk, on trouve nombre de documents concernant le th\u00e9\u00e2tre d\u2019ici et d\u2019ailleurs puisque la vie de Palmier est une archive. Qu\u2019il raconte une anecdote pr\u00e9cisant les conditions de sa rencontre avec Ko Mirobuschi -le ma\u00eetre du Butoh- \u00e0 Tokyo, en 1981, \u00e0 une table du cabaret Lotus ; qu\u2019il confie que c\u2019est \u00e0 son coll\u00e8gue Duvignaud qu\u2019il doit d\u2019avoir \u00e9crit un livre sur Berlin d\u00e9barrass\u00e9 de la th\u00e9orie ; qu\u2019il corresponde avec Aniouta Pito\u00ebff, qu\u2019il s\u2019emploie \u00e0 conserver toutes les traces du Mephisto de Klaus Mann mis en sc\u00e8ne par Mnouchkine \u00e0 la Cartoucherie ; qu\u2019il conserve un livre de Paul Virilio sur le sens et l\u2019architecture des bunkers, se passionne pour les promenades de Baudelaire qui inspirent aussi bien Dubillard que B\u00e9jart ou conserve soigneusement les coupures de presse souvent hostile au Concile d\u2019amour d\u2019Oscar Panizza d\u00e9fendu d\u00e8s 1919 par Kurt Tucholsky[[Ce dernier souhaitait que la pi\u00e8ce soit jou\u00e9e en signe d\u2019abolition de la censure au lendemain de la chute de l\u2019empire et que Max Pallenberg joue le r\u00f4le de Dieu, lui qui s\u2019\u00e9tait illustr\u00e9 dans le Schweyk de Piscator.<br \/>\n]] mis en sc\u00e8ne par Lavelli et publi\u00e9 plus tard par Pauvert en 1969. Go\u00fbt de la provocation et de la libert\u00e9 chez l\u2019\u00e9diteur et chez l\u2019argentin qui cultivent des affinit\u00e9s avec son compatriote Raul Damonte dit Copi, publi\u00e9 par Christian Bourgois, dont l\u2019une des \u0153uvres, Madame Lucienne, rassemble la communaut\u00e9 hispanisante Casar\u00e9s, Copi, Lavelli.<br \/>\n\u00c0 l\u2019\u00e9vidence, il n\u2019est de limites aux fonds.<br \/>\nBrecht, bien s\u00fbr, en est un sympt\u00f4me m\u00eame si Cuny s\u2019en d\u00e9sole \u00ab Brecht, Brecht, Brecht, ils sont ivres de lui \u00bb. Et de le retrouver encore dans le dessin de Yannis Kokkos adress\u00e9 au dos d\u2019une carte postale \u00e0 l\u2019effigie de Victor Hugo d\u00e9but janvier 1990. Un clin d\u2019\u0153il du sc\u00e9nographe[[Un ciel \u00e9toil\u00e9 encadre une faucille et un marteau lorgn\u00e9s par un savant \u00e0 lunette.]] \u00e0<em> La Vie de Galil\u00e9e<\/em>, derni\u00e8re mise en sc\u00e8ne de Vitez \u00e0 quelques mois de sa mort, le 30 avril 1990. De le trouver dans la correspondance qui lia Guy Dumur (pr\u00e9facier de la premi\u00e8re \u00e9dition de L\u2019Espace vide de Brook) \u00e0 Barthes, alias \u00ab Babar \u00bb, quand Jean Duvignaud qui \u00e9crira que \u00ab le th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est bien plus que le th\u00e9\u00e2tre \u00bb (qui fut le professeur de Gabily \u00e0 Tours) lui donne rendez-vous aux Deux Magots, etc.<br \/>\nPour autant l\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre n\u2019est pas r\u00e9ductible, loin s\u2019en faut, \u00e0 cette figure autour de laquelle s\u2019articule, pour une part, la pens\u00e9e sur le th\u00e9\u00e2tre. En arpenteur curieux, le chercheur ouvre d\u2019autres bo\u00eetes, remarque que la critique d\u2019Abirached de L\u2019H\u00e9ritier de village, mis en sc\u00e8ne \u00e0 Sartrouville en 1966, souligne encore la brechtisation du geste de Ch\u00e9reau, en cela bien \u00e9tranger au travail de Michel Deguy. Il se souvient que cette pi\u00e8ce sera accueillie en 1973, \u00e0 la Com\u00e9die de Caen n\u00e9e de la volont\u00e9 de Jo Tr\u00e9hard auquel Michel Dubois succ\u00e8dera. Il rep\u00e8re dans le fonds Adamov le livre de David Bradby. Un ouvrage capital qui recense tout ce qu\u2019a \u00e9crit le traducteur de Strindberg, tout ce qui s\u2019est \u00e9crit sur l\u2019un des auteurs majeurs de l\u2019Arche. Adamov dont s\u2019\u00e9loignera Jacques Audiberti au moment de Paolo-Paoli mis en sc\u00e8ne par Planchon en 1957 ; alors que Mar\u00e9chal, qui lui succ\u00e8dera au Th\u00e9\u00e2tre des Marronniers, honorera l\u2019auteur du Cavalier seul en 1963.<br \/>\nLa guerre d\u2019Alg\u00e9rie, depuis les \u00e9v\u00e9nements de Constantine en 1945 est l\u00e0. Les signataires du Manifeste des 121 se heurtent \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 et \u00e0 la censure. En 1959, l\u2019Etat, soucieux de pr\u00e9venir tout d\u00e9bat sur le nucl\u00e9aire militaire, interdit \u00e0 Vilar de monter au TNP Le Drame de Fukuryu-Maru de Cousin. En 1960, Marguerite Duras s\u2019interroge sur les raisons du silence du pr\u00e9sident Audiberti qui ne l\u2019invite plus aux r\u00e9unions de la commission consultative du cin\u00e9ma dont elle est membre. La m\u00eame ann\u00e9e, Dort, suspendu avec 1\/4 de son traitement \u00e9voque le d\u00e9but d\u2019une \u00ab chasse aux sorci\u00e8res \u00bb. La Guerre : la grande, la seconde, les coloniales et la froide, g\u00e9n\u00e8re son lot de pi\u00e8ces de guerre (diraient Bond et Fran\u00e7on) documentaire et m\u00e9taphorique.<br \/>\nYacine \u00ab l\u2019errant \u00bb, soutenu par Albert B\u00e9guin, publiera Le Cadavre encercl\u00e9 dans la collection Esprit, au Seuil de 54 \u00e0 55. Jean-Marie Serreau l\u2019aura mise en sc\u00e8ne en 1959 au Th\u00e9\u00e2tre de Lut\u00e8ce et se le verra reprocher par Oudard critique au quotidien Carrefour qui interdit cette \u00ab pi\u00e8ce fellaga \u00e0 Paris \u00bb. Lindon est mis en proc\u00e8s pour l\u2019\u00e9dition de Le D\u00e9serteur de Jean-Louis Hurst alias Maurienne. Vinaver confie \u00e0 Planchon Les Cor\u00e9ens (d\u2019abord titr\u00e9 \u00ab aujourd\u2019hui \u00bb et aussi dans une autre version \u00ab La chanson de Belair \u00bb) jou\u00e9 pour la premi\u00e8re fois au Petit Th\u00e9\u00e2tre de Com\u00e9die de Lyon en 1957 dont Barthes rendra compte dans le n\u00b023 de Th\u00e9\u00e2tre Populaire de mars 57. \u00ab Babar \u00bb s\u2019interrogera encore en avril 1959, dans Les Lettres Nouvelles sur \u00ab l\u2019emploi du verbe \u00eatre dans \u00ab\u00a0L\u2019Alg\u00e9rie est fran\u00e7aise\u00a0\u00bb \u00bb. Weingarten publie Les Charognards, Peter Brook met en sc\u00e8ne US, Gatti s\u2019approprie le V, le d\u00e9tournant de son effet, dans V comme Vietnam, Planchon joue Dans le Vent et Peter Weiss \u00e9crit Ballade pour un fantoche lusitanien, pi\u00e8ce sur l\u2019Angola\u2026 Liste incompl\u00e8te et \u00e9trang\u00e8re aux chronologies puisque le th\u00e9\u00e2tre convoque les spectres, aussi, de Don Juan revient de Guerre de Horvath jou\u00e9 en 1936, de M\u00e8re Courage pr\u00e9sent\u00e9 au Deustches Theater en 1949, dans les d\u00e9cors de Otto T\u00e9o, de L\u2019Instruction mis en sc\u00e8ne par Piscator qui a confi\u00e9 \u00e0 Schm\u00fcckle le soin de faire de la sc\u00e8ne un tribunal peupl\u00e9 de mannequins inertes et p\u00e9trifi\u00e9s devant un grand \u00e9cran en surplomb o\u00f9 d\u00e9filent les images des tortionnaires et des victimes d\u2019Auschwitz\u2026 des Mains sales de Sartre, mis en sc\u00e8ne par Pierre Valde en 1948, au Th\u00e9\u00e2tre Antoine, o\u00f9 une photo rapproche Cuny ce \u00ab Christ \u00bb de Sartre l\u2019\u00ab Ath\u00e9e \u00bb.<br \/>\nD\u2019\u00e9vidence, le th\u00e9\u00e2tre entretient un lien consubstantiel \u00e0 la guerre et \u00e0 ces batailles qui parfois gagnent la salle. Les Paravents de Genet, publi\u00e9 d\u2019abord chez l\u2019Arbal\u00e8te par Barbezat puis chez Gallimard, qu\u2019offrira en 1966 Roger Blin \u00e0 l\u2019Od\u00e9on Th\u00e9\u00e2tre vaudra m\u00eame au Figaro des querelles internes. Quand Sennep au bas d\u2019un dessin publi\u00e9 le 25 avril l\u00e9gende \u00ab n\u2019\u00eates-vous pas g\u00ean\u00e9 par ce qu\u2019il y a de g\u00e9nial dans le g\u00eanant g\u00e9nie de Gen\u00eat ? \u00bb, dans l\u2019\u00e9dition de la veille, Jean-Jacques Gautier se fendra encore d\u2019une sotte critique qui n\u2019aura \u00e9pargn\u00e9 pas plus Gen\u00eat, que Cuny, Casar\u00e9s,Vilar, Panizza, Beckett\u2026 Turlupin de la critique et Monsieur propre de l\u2019orchestre, il s\u2019\u00e9gosillera un 10 f\u00e9vrier 1969 \u00ab O libert\u00e9, que de salet\u00e9s on commet en ton nom \u00bb. C\u2019est bien, semble-t-il, le seul \u00e9nonc\u00e9 aux accents \u00e9luardiens incompris par Gautier qui l\u2019ait jamais guid\u00e9.<br \/>\nSans doute Barrault, directeur de l\u2019Od\u00e9on, en aura-t-il souri, alors qu\u2019en 1958 il promettait \u00e0 Georges Sch\u00e9had\u00e9 de \u00ab pleurer des larmes de sang \u00bb si l\u2019ami d\u2019Andr\u00e9e Chedid ne lui permettait pas de mettre en sc\u00e8ne ce manifeste anti-guerrier qu\u2019est Histoire de Vasco.<br \/>\nGen\u00eat ou l\u2019autre th\u00e9\u00e2tre, objet des cours de Dort et Goldman, des commentaires de Tardieu, de Bataille[[Georges Bataille, \u00ab Jean Paul Sartre et l\u2019impossible r\u00e9volte de Jean Gen\u00eat \u00bb, Critique, n\u00b066, 1952.]] entre autres, et d\u2019une phrase de Beckett, un 4 mars 1958, qui sort de son silence : \u00ab la nouvelle pi\u00e8ce de Gen\u00eat, Les N\u00e8gres, est tr\u00e8s belle \u00bb, ou d\u2019un dialogue entre Barthes et Alain Robbe-Grillet[[Alain Robbe-Grillet, Pourquoi j\u2019aime Barthes, \u00e9ditions Bourgois, 1971<br \/>\n]]. Ecoutons :<br \/>\nRG : Le Gen\u00eat de Sartre ?<br \/>\nRB : Je consid\u00e8re pour ma part que c\u2019est le plus beau livre de Sartre.<br \/>\nRobbe-Grillet ou le contemporain d\u2019un th\u00e9\u00e2tre que les \u00e9ditions de Minuit portent au-del\u00e0 de la pi\u00e8ce dialectique, distant de tout r\u00e9alisme et toutefois prompte \u00e0 \u00e9clairer les recoins du r\u00e9el. Se profile alors le cas Beckett, l\u2019autre \u00ab B \u00bb, ind\u00e9passable et comme Brecht incontournable. Et de d\u00e9couvrir chez Robbe-Grillet le programme du Th\u00e9\u00e2tre H\u00e9bertot qui, en 1956, apr\u00e8s le Th\u00e9\u00e2tre Babylone dirig\u00e9 par Jean-Marie Serreau, accueillera En Attendant Godot mis en sc\u00e8ne par Blin, la premi\u00e8re fois, un 5 janvier 1953. Programme \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur duquel figure le passage d\u2019un article de R.G. sur Beckett. Article et pens\u00e9e repris par Dort, \u00e0 l\u2019occasion du colloque du 8 octobre 1981, \u00e0 Beaubourg o\u00f9 l\u2019ex membre de Th\u00e9\u00e2tre populaire \u00e9crit dans \u00ab Beckett ou rien que le th\u00e9\u00e2tre \u00bb : \u00ab Je suis comme Dumur l\u2019a rappel\u00e9 un beckettien de vieille date. En Attendant Godot dans la mise en sc\u00e8ne de Roger Blin nous avait fait d\u00e9couvrir ce que Robbe-Grillet avait alors appel\u00e9 \u00ab\u00a0un th\u00e9\u00e2tre de l\u2019\u00eatre-l\u00e0\u00a0\u00bb. C\u2019\u00e9tait rafra\u00eechissant (\u2026) par la suite je me suis d\u00e9tach\u00e9 de Beckett, peut-\u00eatre \u00e0 cause de Brecht \u00bb. D\u00e9claration surprenante, moins un revirement qu\u2019une amn\u00e9sie chez Dort, si on se souvient avoir lu un article de lui en mai 1953, \u00e0 propos de Godot dans Les Temps Modernes : \u00ab Il est \u00e0 craindre que, refusant toute action, inscrivant sa pi\u00e8ce dans un mythe en trompe-l\u2019\u0153il, Beckett ne l\u2019ait dangereusement r\u00e9duite et que, loin de nous faire d\u00e9couvrir l\u2019insignifiance comme la plus profonde assise de toute vie, il n\u2019ait accul\u00e9 ses h\u00e9ros et son \u0153uvre \u00e0 une sorte d\u2019insignifiance (\u2026) n\u2019aboutirait-elle pas \u00e0 un th\u00e9\u00e2tre mort ? (\u2026) ce spectateur que Samuel Beckett oublie trop, \u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019emploie \u00e0 le berner \u00bb.<br \/>\nJugement sans aucun doute moins m\u00e9prisant que celui de Claude Sarraute au Nouvel Observateur aveugle \u00e0 la naissance de ce que Bernard Pingaud intitulera \u00ab Beckett le pr\u00e9curseur \u00bb[[Publi\u00e9 d\u2019abord dans Les Temps Modernes, cet article servira de post-face \u00e0 l\u2019\u00e9dition de Molloy au Livre de poche, collection 10\/18 chez Plon.<br \/>\n]], mais tout aussi insolite quand on se souvient que les r\u00e9dacteurs d\u2019Esprit, d\u00e8s 1949, s\u2019interrogeaient sur les premi\u00e8res manifestations d\u2019un \u00ab th\u00e9\u00e2tre moderne \u00bb o\u00f9 Brecht comme Beckett se c\u00f4toyaient dans le sommaire. Avis d\u2019autant plus \u00e9trange chez Dort, que Brecht comme Beckett ont particip\u00e9, chacun \u00e0 leur mani\u00e8re, \u00e0 la naissance d\u2019un nouveau public initi\u00e9 \u00e0 une dramaturgie \u00e9trang\u00e8re au sch\u00e9ma aristot\u00e9licien o\u00f9 la \u00ab distanciation \u00bb peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un humus commun aux deux B.<br \/>\nLe chercheur comprend que la consultation des archives, si elle g\u00e9n\u00e8re l\u2019\u00e9claircissement, produit parfois aussi de la confusion. Il pense qu\u2019il lui faudra v\u00e9rifier l\u2019influence d\u2019Emmanuel Bove sur Beckett et Sartre, quand en 1964, Louis Chavanne insinue que le fondateur des Temps Modernes et l\u2019auteur de La Naus\u00e9e se serait \u00ab inspir\u00e9 \u00bb du roman Mes Amis. Il redouble d\u2019attention quand Beckett recommande en 1977, dans le Journal Savoie-Leman, la lecture de Bove. Aveu ou reconnaissance qui compl\u00e8te l\u2019article de Jacques Sternberg, pour Le Magazine Litt\u00e9raire en d\u00e9cembre 1977, \u00ab Le moi Litt\u00e9raire \u00bb, o\u00f9 il rappelle que pour Topor \u00ab Bove annon\u00e7ait \u00e0 ses yeux la litt\u00e9rature morne et magique de Beckett \u00bb. Bove ou le troisi\u00e8me \u00ab B \u00bb encore associ\u00e9 \u00e0 Beckett chez Paul Morelle, auteur d\u2019un papier[[Le Monde, 3 d\u00e9cembre 1977.<br \/>\n]] titr\u00e9 \u00ab Avez-vous lu Emmanuel Bove \u00bb imm\u00e9diatement sous titr\u00e9 \u00ab En Attendant Beckett \u00bb. Dans cette perspective, il se promet d\u2019\u00e9couter les \u00e9missions consacr\u00e9es \u00e0 Bove par Peter Handke (son traducteur) et de regarder le fonds Colette qui fit publier son premier livre.<br \/>\nIl s\u2019impose aussi de ne pas recourir aux archives comme \u00e0 des pi\u00e8ces servant \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un hypoth\u00e9tique tribunal. Bien au contraire, le savoir qu\u2019il acquiert lui impose de r\u00e9fl\u00e9chir sur les barri\u00e8res et les limites fictives de l\u2019histoire litt\u00e9raire et dramatique. L\u2019hommage de Brecht \u00e0 Georg Kaiser, de ce point de vue, n\u2019est pas diff\u00e9rent de celui de Beckett \u00e0 Bove. La volte-face de Dort vis-\u00e0-vis de Beckett vaut vraisemblablement pour une pens\u00e9e en mouvement. L\u2019adaptation d\u2019H\u00e9siode \u00ab Les travaux et les jours \u00bb, mis en sc\u00e8ne en ao\u00fbt 1941 par Jean Vilar qui exalte le travail et les champs, est plus complexe que le rapprochement que l\u2019on pourrait en faire du programme du Mar\u00e9chal\u2026 Seule la pr\u00e9cision du livre de Serge Added, Le Th\u00e9\u00e2tre en France dans les ann\u00e9es Vichy, 1940-1944, le laisse sans voix. Pour le reste, il sait depuis longtemps que le th\u00e9\u00e2tre g\u00e9n\u00e8re des mouvements de r\u00e9voltes et qu\u2019en cela Artaud avait raison de l\u2019encourager chez Prevel.<br \/>\nAu nom du premier, il se rappelle l\u2019importance que Prieur et Mordillat pr\u00eateront \u00e0 Momo, mais bien plus encore de la voix de l\u2019acteur Cuny, \u00e0 la MC 93 de Bobigny en novembre 1986, qui lira Derrida, Barthes, Deleuze, Bataille\u2026 et pointera ainsi le rapport que le th\u00e9\u00e2tre entretient depuis longtemps avec la philosophie. Cuny compar\u00e9 \u00e0 Artaud par Fran\u00e7ois R\u00e9gis Bastide dans Les Nouvelles Litt\u00e9raires un 5 mars 1970 : \u00ab On dirait qu\u2019il invente, qu\u2019il recherche (\u2026) broyant sa folie dans ses maxillaires (\u2026) comme Artaud qui dirait \u00ab les pieds et les poings, c\u2019est ma philosophie \u00bb. Cuny qui, d\u00e8s 1962, citait Le P\u00e8ze nerfs \u00ab un acteur on le voit comme \u00e0 travers des cristaux \u00bb, renvoyant toute d\u00e9finition de son m\u00e9tier \u00e0 un horizon sans fin. D\u2019\u00e9vidence, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Brecht et de Beckett, Artaud aura influenc\u00e9 la pratique du th\u00e9\u00e2tre et en aura modifi\u00e9 les fondements qui permettront, entre autres, \u00e0 Grotowski et \u00e0 Vassiliev (\u00e9dit\u00e9 chez pol) de cheminer d\u2019autres voies.<br \/>\nC\u2019est aussi ce spectre qui hante le th\u00e9\u00e2tre et dont le fonds Michelle Kokosovski, inextricablement li\u00e9e \u00e0 celui de l\u2019Acad\u00e9mie Exp\u00e9rimentale des Th\u00e9\u00e2tres, en montre les divers reflets sonores, graphiques, iconographiques, photographiques et filmiques. Gr\u00fcber, M\u00fcller, Brook, Kantor, Littelwood, Cieslak, Merlin, Stein, Garcia, Wilson, Lassalle\u2026. Que de noms auxquels font \u00e9cho leurs travaux.<br \/>\nFonds rares par la nature des documents qui y sont d\u00e9pos\u00e9s qui, du festival du C.U.I.F.E.R.D de Nancy, en passant par le Th\u00e9\u00e2tre Laboratoire de Wroclav de Grotowski puis \u00e0 Pontedera, mais aussi la communaut\u00e9 d\u2019une profession de la sc\u00e8ne europ\u00e9enne et intercontinentale, des ann\u00e9es 50 au d\u00e9but du XXI\u00e8me si\u00e8cle, d\u00e9livrent leur flot de t\u00e9moignages intimes et publics. L\u00e0, il faut imaginer une \u00ab Cit\u00e9 des th\u00e9\u00e2tres \u00bb organis\u00e9e au gr\u00e9 des enseignements, des pratiques, des r\u00e9alisations, des rencontres, des exp\u00e9riences\u2026 o\u00f9 la constitution d\u2019une archive n\u2019est pas un acte testamentaire, mais la mati\u00e8re premi\u00e8re d\u2019un documentaire \u00e0 \u00e9crire. Projet imaginable \u00e0 partir des fonds de l\u2019Imec qui forment v\u00e9ritablement un ab\u00e9c\u00e9daire aux entr\u00e9es multiples o\u00f9 les noms de lieux, de personnes, de livres, de mises en sc\u00e8ne, d\u2019\u00e9diteurs\u2026 sont les petits m\u00e9canismes vivants du mouvement de l\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre.<br \/>\nEt d\u2019apprendre que Jean-Luc Lagarce comme Val\u00e8re Novarina viennent r\u00e9cemment de rejoindre l\u2019Abbaye d\u2019Ardenne, promettant \u00e0 ce lieu de m\u00e9moire d\u2019\u00eatre sans fin.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le cumul est comme la constitution d&rsquo;un stock, il n&rsquo;est pas le contraire de la raret\u00e9, mais un effet de cette m\u00eame raret\u00e9. Gilles Deleuze, Le Nouvel archiviste, Fata Morgana, 1972, p. 16 Au lieu de l&rsquo;abbaye d&rsquo;Ardenne, l&rsquo;Institut M\u00e9moires Edition Contemporaine concentre de nombreux fonds d&rsquo;archives. 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