


{"id":907,"date":"2008-10-10T19:53:00","date_gmt":"2008-10-10T17:53:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=907"},"modified":"2008-10-10T19:53:00","modified_gmt":"2008-10-10T17:53:00","slug":"cabaret-de-francois-verret","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/cabaret-de-francois-verret\/","title":{"rendered":"Cabaret de Fran\u00e7ois Verret"},"content":{"rendered":"<p><em> <strong>Fran\u00e7ois Verret est en r\u00e9p\u00e9tition de son prochain spectacle Cabaret \u00e0 La Br\u00e8che \/ Crac de Cherbourg et nous proposait une r\u00e9p\u00e9tition publique ce 7 octobre 2008.<\/strong><br \/>\n<\/em><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3520 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/parisart-16-tci-verret-cabaret-01G-5346-480x355.jpg\" alt=\"\" width=\"480\" height=\"355\" \/><br \/>\nLa br\u00e8che, le Centre R\u00e9gional des Arts du Cirque de Basse-Normandie (CRAC), situ\u00e9 \u00e0 Cherbourg-Octeville, propose cette saison beaucoup de chantiers de cr\u00e9ation. Ce sont des r\u00e9sidences pour une douzaine d\u2019\u00e9quipes. Ce sont des r\u00e9p\u00e9titions en vue de cr\u00e9ation qui ont toutes une dimension avec les arts du cirque. La br\u00e8che accueille des circassiens pour leur r\u00e9p\u00e9tition avant une cr\u00e9ation. Mais c\u2019est aussi dans l\u2019\u00e9change entre les disciplines (le cirque, la danse, le th\u00e9\u00e2tre, la vid\u00e9o\u2026) que s\u2019inscrivent certains de ces chantiers. Ces pr\u00e9sentations comme l\u2019\u00e9crit Jean Vinet (directeur de La br\u00e8che) \u201cnous permettent d\u2019\u00e9prouver ensemble des recherches fertiles et d\u00e9brid\u00e9es dont nous avons plus que jamais besoin, confondus par l\u2019affolement \u00e9conomique et m\u00e9diatique.\u201d C\u2019\u00e9tait le cas ce soir, avec la venue de Fran\u00e7ois Verret [[Fran\u00e7ois Verret a une formation d\u2019architecte, il d\u00e9couvre la danse, int\u00e8gre la compagnie de Karine Saporta en 1975 et travaille ensuite avec Yano. en 1979, il fonde sa propre compagnie et est prim\u00e9 \u00e0 Bagnolet l\u2019ann\u00e9e suivante. D\u00e8s le d\u00e9but, il associe \u00e0 ses cr\u00e9ations des com\u00e9diens, musiciens, danseurs, plasticiens ou \u00e9clairagistes. Fran\u00e7ois Verret d\u00e9veloppe un travail privil\u00e9giant l\u2019exp\u00e9rimentation, le processus de recherche. C\u2019est aussi \u00e0 travers la litt\u00e9rature qu\u2019il puise de la mati\u00e8re \u00e0 ses spectacles, comme Melville, Musil ou M\u00fcller\u2026]], chor\u00e9graphe et autodidacte et de son \u00e9quipe. Une \u00e9quipe que Fran\u00e7ois Verret a compos\u00e9 \u201ccomme un pari\u201d dit-il avec des individus venus de diverses disciplines, une chanteuse Doroth\u00e9e Munyaneza, un acteur lui aussi autodidacte et militant Ahmed Meguini, une contorsionniste, Ang\u00e9la Laurier, un circassien Mika Kaski et une pianiste.<br \/>\nJean Vinet, le directeur de La br\u00e8che pr\u00e9sente le travail en rappelant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9p\u00e9tition publique apr\u00e8s seulement quelques jours de travail de l\u2019\u00e9quipe au complet. Il s\u2019agit aussi pour la compagnie FV, de mettre en oeuvre leurs \u00e9bauches de travail et de les confronter \u00e0 un regard public.<br \/>\nCela leur permet deux choses : \u00e9prouver concr\u00e8tement leur intuition face \u00e0 des spectateurs, et entendre les r\u00e9actions d\u2019un public lors de la rencontre pr\u00e9vue apr\u00e8s la pr\u00e9sentation pour faire rebondir leurs pistes de travail.Le titre de la pi\u00e8ce est Cabaret, et Fran\u00e7ois Verret a choisi comme mati\u00e8re l\u2019\u00e9criture de Heiner M\u00fcller[[Heiner M\u00fcller, 1929-1995, est un dramaturge, directeur de th\u00e9\u00e2tre, po\u00e8te est-allemand, Le th\u00e9\u00e2tre de M\u00fcller est majoritairement constitu\u00e9 de r\u00e9\u00e9critures d&rsquo;anciens mythes. Le dramaturge \u00e9tablit ce qu&rsquo;il appelle un \u00ab\u00a0dialogue avec les morts\u00a0\u00bb. Sophocle, Euripide, Shakespeare (Hamlet machine) ou encore Laclos (Quartett) sont successivement invoqu\u00e9s. Interrog\u00e9 sur ce qui constitue pour lui le v\u00e9ritable th\u00e9\u00e2tre post-moderne, M\u00fcller r\u00e9pond sur le ton de la d\u00e9rision : \u00ab Le seul post-moderniste que je connaisse est August Stramm qui \u00e9tait un moderniste et travaillait dans une poste \u00bb]]. D\u00e8s le d\u00e9but de la proposition, une phrase nous indique : \u201cATTENTION CECI N\u2019EST PAS UN SPECTACLE\u201d. Ce que nous savions d\u00e9j\u00e0 gr\u00e2ce \u00e0 Jean Vinet, par contre l\u2019autre information importante c\u2019est qu\u2019il faut faire attention, c\u2019est-\u00e0-dire \u00eatre attentif aux esquisses que vont nous proposer les interpr\u00e8tes. Sans doute aussi, que pour cette \u00e9quipe c\u2019est une prise de risque de nous livrer ce geste dans sa fra\u00eecheur mais aussi dans sa fragilit\u00e9. Cabaret renvoie \u00e0 ce film de Bob Fosse avec Lisa Minnelli \u00e9voquant, la mont\u00e9e du nazisme dans l\u2019Allemagne des ann\u00e9es 30, post crac boursier. Notamment quand Ang\u00e9la Laurier, habill\u00e9 comme un enfant de choeur, chante en play-back sur sa propre voix une chanson enfantine et mystique. Mais cela fait penser aussi \u00e0 Bertolt Brecht, Kurt Weil et m\u00eame Karl Valentin qui dans ces m\u00eames ann\u00e9es 30, en Allemagne, travaillaient sur cette forme cabaret.<br \/>\nTout se passe dans un espace ouvert, ou un danseur s\u2019\u00e9tire dans la p\u00e9nombre du fond de sc\u00e8ne. \u00c0 cour, deux femmes autour d\u2019un piano ouvert comme un moteur de voiture qu\u2019il faudrait r\u00e9parer. C\u2019est ce qui se passe d\u2019ailleurs, la pianiste utilise son piano et produit du son en d\u00e9fonctionnalisant son instrument. Du coup, les sons qu\u2019elle produit s\u2019associent \u00e0 de la musique venant d\u2019un vieil \u00e9lectrophone, \u00e0 savoir qu\u2019il y a des grincements, des d\u00e9crochages harmoniques. Cela cr\u00e9e, un univers musical et sonore qui se tient mais qui est toujours au bord du gouffre, au bord de la rupture. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, un homme de dos face \u00e0 son ordinateur qui envoie des images sur deux \u00e9crans encadrant la sc\u00e8ne. Il nous montre des images mais ne s\u2019attarde jamais sur elle, et elles ne sont pas illustratives de ce qui se passe sur sc\u00e8ne. Elles arrivent et disparaissent comme des flashs, \u00e0 la mani\u00e8re de fant\u00f4mes. Ce sont des images assez concr\u00e8tes mais travaill\u00e9es et souvent recadr\u00e9es qui nous renvoient \u00e0 une image du monde fugace. Le monde d\u2019aujourd\u2019hui mais peut-\u00eatre aussi le monde des ann\u00e9es Cabaret. Nous apercevons des traders, des forces de l\u2019ordre pendant des manifestations. Mais c\u2019est ce qui se passe au centre qui capte notre attention. Pendant la petite heure que dure cette pr\u00e9sentation, nous avons une succession plus ou moins entrecrois\u00e9e de s\u00e9quences dans\u00e9es et chant\u00e9es. Il s\u2019agit pour Fran\u00e7ois Verret d\u2019avoir \u201cl\u2019ambition de nommer la rapidit\u00e9 du monde\u201d, et surtout de \u201crechercher l\u2019exc\u00e8s, la part d\u2019ombre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de nous\u201d. En effet, nous assistons, dans cet espace ouvert, \u00e0 diverses propositions qui ne cherchent pas \u00e0 d\u00e9montrer quoi que ce soit sur l\u2019\u00e9tat du monde, mais qui laisse l\u2019espace au spectateur pour associer les id\u00e9es et les sensations qu\u2019il re\u00e7oit pour faire son propre voyage po\u00e9tique et surtout pour se poser la question de l\u2019endroit o\u00f9 \u00e7a grince pour lui. Puisque les diff\u00e9rents tableaux sont construits dans une m\u00eame dynamique \u00e0 savoir un travail sur la r\u00e9p\u00e9tition ou plut\u00f4t sur quelque chose de cyclique qui petit \u00e0 petit grince ou coince. Un spectateur dira durant la rencontre, qu\u2019il s\u2019agit pour lui d\u2019un travail sur la \u201cd\u00e9r\u00e8glementation\u201d. Cela nous renvoie aussi \u00e0 des figures monstrueuses ou \u00e0 nos propres fant\u00f4mes int\u00e9rieurs comme cette femme enceinte qui donne des coups de pieds \u00e0 deux hommes ridicules assis par terre. C\u2019est aussi un travail sur le d\u00e9s\u00e9quilibre, notamment quand Fran\u00e7ois Verret, commence \u00e0 faire danser, le danseur qui s\u2019\u00e9tirait dans la p\u00e9nombre du fond de sc\u00e8ne qui s\u2019av\u00e8re \u00eatre un mannequin. Fran\u00e7ois Verret r\u00e9ussit \u00e0 d\u00e9ployer et \u00e0 chor\u00e9graphier l\u2019univers grin\u00e7ant de l\u2019\u00e9criture d\u2019Heiner Muller :<br \/>\nJe suis l\u2019ange du d\u00e9sespoir, de mes mains je distille l\u2019ivresse, la stupeur, l\u2019oubli, jouissance et tourment des corps.<br \/>\nC\u2019est en tout cas, un travail exigeant qui donne envie de le suivre dans sa construction et pour les repr\u00e9sentations pr\u00e9vues en 2009 : du 14 au 16 janvier au Th\u00e9\u00e2tre de Saint Quentin en Yvelines, le 27 janvier au Forum de Flers, le 29 janvier Th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;Alen\u00e7on et le 6 avril au Prato \u00e0 Lille.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fran\u00e7ois Verret est en r\u00e9p\u00e9tition de son prochain spectacle Cabaret \u00e0 La Br\u00e8che \/ Crac de Cherbourg et nous proposait une r\u00e9p\u00e9tition publique ce 7 octobre 2008. 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