


{"id":927,"date":"2015-06-13T11:40:29","date_gmt":"2015-06-13T09:40:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=927"},"modified":"2015-06-13T11:40:29","modified_gmt":"2015-06-13T09:40:29","slug":"champ-dappel-ou-un-appel-du-pied-pour-rever-dun-autre-monde","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/champ-dappel-ou-un-appel-du-pied-pour-rever-dun-autre-monde\/","title":{"rendered":"Champ d&rsquo;appel, ou un appel du pied pour r\u00eaver d&rsquo;un autre monde"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">&#8212;&#8212;<br \/>\n<center><i>Champs d\u2019Appel<\/i>,<br \/>\nde <a href=\"https:\/\/laccordsensible.wordpress.com\/champs-dappel\/\">L&rsquo;Accord Sensible<\/a><br \/>\n<br \/>Direction artistique \u2013 Fran\u00e7ois Lanel<\/center><br \/>\n<small><br \/>\n<br \/>&mdash;&nbsp;7 juin 2015 \u00e0 20h, Festival Premi\u00e8res, Kleines House, Karslruhe<br \/>\n<br \/>&mdash;&nbsp;10 &#038; 11 d\u00e9cembre 2015, Quai des Arts, Argentan<br \/>\n<br \/>&mdash;&nbsp;8 janvier 2016 \u00e0 19h30, Th\u00e9\u00e2tre de la Renaissance, Mondeville<br \/>\n<br \/>&mdash;&nbsp;21 janvier 2016, Dieppe Sc\u00e8ne Nationale<br \/>\n<\/small><\/p>\n<hr \/>\n<p><center><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/83375190\" width=\"500\" height=\"281\" frameborder=\"0\" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen><\/iframe><\/center><\/br><\/p>\n<p><sc>Avertissement<\/sc><br \/>\n<quote>\u00ab\u00a0Le loup qui comprend l\u2019agneau est perdu, mourra de faim, n\u2019aura pas compris l\u2019agneau, se sera m\u00e9pris sur le loup\u2026 et presque tout lui reste \u00e0 conna\u00eetre sur l\u2019\u00eatre.\u00a0\u00bb<br \/>\nHenri Michaux<\/quote><br \/>\nCe n\u2019est pas pour manifester une connaissance et une compr\u00e9hension plus instruites de \u00ab\u00a0champs d\u2019appel\u00a0\u00bb que nous risquons ici, un t\u00e9moignage. Il s\u2019agit peut-\u00eatre pour nous de cultiver \u00e0 notre usage un accord sensible. L\u2019incompr\u00e9hension offre un b\u00e9n\u00e9fice de singularit\u00e9 et de solitude. Michaux pr\u00e9tend que l\u2019on ternit et abime d\u2019une certaine mani\u00e8re, tout ce que l\u2019on pr\u00e9tend comprendre. Donc s\u2019en tenir \u00e0 l\u2019accord sensible c\u2019est \u00e9pouser les modalit\u00e9s d\u2019une intelligence des choses qui sortent un peu des sentiers battus. Il ne faut pas s\u2019y tromper et de cela\u2026 s\u2019avertir. Il sera juste question ici, d\u2019une approche, que l\u2019on pourra qualifier de farfelue et alors\u00a0?<br \/>\nNous esp\u00e9rons par l\u00e0 faire \u00e9tat d\u2019une contamination\u2026 Celle-l\u00e0 m\u00eame qu\u2019explore dans le registre de la peinture dont il d\u00e9borde volontiers le cadre, notre ami Jo\u00ebl Hubeau. Pour tirer sur la corde sensible et en obtenir du son, il est recommand\u00e9 de se doter d\u2019un humour solide et de l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit ad\u00e9quat.<br \/>\n<sc>Pour commencer<\/sc><br \/>\nIl vous prend par la main, c\u2019est un Leo Librius, un non acteur, avenant\u00a0: c\u2019est-\u00e0-dire un venant, un bien venant (variation de la bien veillance) un s\u00e9ducteur du latin \u00ab\u00a0seducere\u00a0\u00bb, prendre \u00e0 part, c\u2019est-\u00e0-dire tirer \u00e0 l\u2019\u00e9cart (donc \u00e9cart de conduite garanti, car \u00ab\u00a0tirer\u00a0\u00bb, c\u2019est aller bien au-del\u00e0 de l\u2019attirance selon la mauvaise langue. Le th\u00e9\u00e2tre en proc\u00e8de avec son aptitude \u00e0 suspendre et contourner la morale et l\u2019ordre dominants et ses lois.<br \/>\n Bref, un Leo Librius d\u2019apr\u00e8s le Petit Larousse serait quelqu\u2019un qui se distingue du commun par \u00ab\u00a0une excentricit\u00e9 stupide\u00a0\u00bb. Marque v\u00e9ritablement distinctive de ce <em>Champ d\u2019appel<\/em> concoct\u00e9 par Fran\u00e7ois Lanel et ses comparses (autre qualificatif pertinent d\u00e9signant les acteurs \u00ab\u00a0complices\u00a0\u00bb de la d\u00e9composition\/recomposition de la fable th\u00e9\u00e2trale \u00e0 laquelle nous sommes convi\u00e9s.<br \/>\nUn autre et nouveau monde, ce serait \u2014 soyons prudents \u2014 semble-t-il, d\u2019abord cela\u00a0: le <em>Champ d\u2019appel<\/em> que nous propose l\u2019Accord Sensible. Le spectacle, semble-t-il, arrive \u00e0 son terme\u00a0: \u00e0 l\u2019heure du bilan et de la m\u00e9moire. Que pourra ou pourrait-on en retenir\u00a0?<br \/>\nNous avons retenu l\u2019appel \u00e0 r\u00eaver d\u2019un autre monde.<br \/>\nSeul l\u2019avenir permettra d\u2019en v\u00e9rifier la juste mesure. Voil\u00e0 \u00e0 quoi se pr\u00eate la pr\u00e9sente divagation qui nourrit l\u2019espoir de concourir \u00e0 stimuler l\u2019espoir d\u2019une vie autre, en particulier pour ceux que l\u2019Histoire tient \u00e0 l\u2019\u00e9cart<br \/>\n<sc>Un art de l\u2019\u00e9cart<\/sc><br \/>\nLa stimulation de la r\u00eaverie dans le champ de l\u2019imaginaire social implique que l\u2019on satisfasse \u00e0 certaines conditions et certaines exigences. Il faut donc en passer par un rituel initiatique. Une sorte d\u2019expos\u00e9 des motifs. \u00c0 quoi satisfait L\u00e9o Librius, dont le propos, au demeurant, s\u2019av\u00e8re d\u00e9routant, mais dont le pouvoir de s\u00e9duction peut et doit se prendre \u00e0 la lettre, pour consentir au  \u00ab\u00a0tirer \u00e0 l\u2019\u00e9cart\u00a0\u00bb, o\u00f9 va cohabiter \u00e0 la fois la stupidit\u00e9 (excentricit\u00e9, d\u00e9centr\u00e9e \u00e0 l\u2019exc\u00e8s) et la plus fine des  subtilit\u00e9s (intelligence calcul\u00e9e).<br \/>\nSe trouvent ainsi sollicit\u00e9e la libert\u00e9, ou plus exactement, les libert\u00e9s que l\u2019on peut prendre avec le conformisme et l\u2019orthodoxie qui r\u00e9gissent au principal toutes les formes de la vie sociale et culturelle, et accessoirement la forme usuelle reconnue aux manifestations th\u00e9\u00e2trales.<br \/>\nIl sera donc question du th\u00e9\u00e2tre et de son langage dans ses rapports au \u00ab\u00a0politis\u00a0\u00bb, \u00e0 la d\u00e9mocratie. D\u00e9mocratie revisit\u00e9e. Utopie r\u00e9-investie.<br \/>\nLe double tranchant (stupidit\u00e9\/intelligence) qui structure l\u2019espace sc\u00e9nique structure le travail du regard du spectateur entre plaisir et r\u00e9flexion.<br \/>\nAbandon souriant \u00e0 la b\u00eatification (fa\u00e7on d\u2019\u00eatre stupide ensemble \u00e0 ne pas confondre avec b\u00e9atification m\u00eame si de b\u00e9at \u00e0 ba ba il n\u2019y a qu\u2019un petit a, \u00e0 franchir.<br \/>\nS\u2019avouer juste b\u00eate, assumer cette connerie dont l\u2019esp\u00e8ce se trouve bien pourvue, et dont personne n\u2019est exempt.<br \/>\nTentative de s\u2019exercer \u00e0 une pens\u00e9e en train de s\u2019inventer, p\u00e9ch\u00e9 d\u2019orgueil fort justement relev\u00e9 par Baudrillard<br \/>\n<quote>\u00ab\u00a0Il y a bien un jeu entre le corps et la pens\u00e9e. Plus celui-ci accuse de faiblesse, plus appara\u00eet la mis\u00e8re organique, ou la d\u00e9su\u00e9tude de cette machine, plus la pens\u00e9e se fait libre et aventureuse. Elle participe elle aussi de cette sorte de jeunesse intemporelle qui n\u2019a rien \u00e0 voir avec la fleur de l\u2019\u00e2ge. La pens\u00e9e ne vit pas de sant\u00e9 ou de vitalit\u00e9, mais de lucidit\u00e9 et d\u2019orgueil, et la d\u00e9faillance du corps excite cette lucidit\u00e9 et cet orgueil.\u00a0\u00bb<br \/>\nBaudrillard (<em>Cool memories<\/em>. Galil\u00e9e. 1987.)<\/quote><br \/>\n<sc>La Renaissance<\/sc><br \/>\nVoil\u00e0 de quel ordre furent le plaisir et la r\u00e9flexion, \u00e0 quoi nous fumes convi\u00e9s \u00e0 \u00ab\u00a0la Renaissance\u00a0\u00bb de Mondeville, proximit\u00e9 de Caen, en cette soir\u00e9e du mercredi 20 mai o\u00f9 \u00e9tait programm\u00e9 le\u00a0<em>Champ d\u2019appel<\/em> de l\u2019Accord Sensible avec le bienveillant soutien de l\u2019Odia Normandie.<br \/>\nObservons, avant d\u2019en venir au fait th\u00e9\u00e2tral, que \u00ab\u00a0la Renaissance\u00a0\u00bb, ex cin\u00e9ma de la cit\u00e9e r\u00e9sidentielle ouvri\u00e8re des hauts-fourneaux\u00a0de la Soci\u00e9t\u00e9 M\u00e9tallurgique de Normandie offre depuis des ann\u00e9es un programme culturel d\u2019une vive originalit\u00e9 nourrie d\u2019esprit critique. En l\u2019occurrence <em>Champ d\u2019appel<\/em> ne pouvait qu\u2019y \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 avec la plus certaine des pertinences.<br \/>\n\u00ab\u00a0La Renaissance\u00a0\u00bb pr\u00e9sente donc assez souvent des spectacles qu\u2019on ne voit pas ailleurs\u00a0: ainsi de la \u00ab\u00a0Corinne Dada\u00a0\u00bb de Mohammed El Khatid, ou d\u2019un plus lointain \u00ab\u00a0Devant nous\u00a0\u00bb d\u2019Antonin Menard. Semble s\u2019y entretenir une m\u00e9moire plus socialis\u00e9e qu\u2019ailleurs, un regard singulier d\u2019ordre sociologique qui permet que l\u2019on y croise des personnalit\u00e9s politiques dans le dedans\/dehors de leur strict territoire de pr\u00e9dilection politique.<br \/>\n\u00ab\u00a0Champs d\u2019appel\u00a0\u00bb a pu donc y trouver un cadre de r\u00e9f\u00e9rence.<br \/>\nL\u2019endroit parait donc bien indiqu\u00e9 pour faire l\u2019exp\u00e9rience d\u2019un th\u00e9\u00e2tre pr\u00e9occup\u00e9 d\u2019imaginaire social.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-923\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/kandiski.jpg\" alt=\"kandiski.jpg\" align=\"center\" width=\"500\" height=\"337\" \/><br \/>\n<center><small><em>Pour et Contre<\/em> de Kandiski<\/small><\/center><br \/>\n<\/br><\/p>\n<p><sc>Le bon tempo du savoir<\/sc><br \/>\nBon lieu et bon temps dans cette p\u00e9riode o\u00f9 l\u2019\u00e9cole r\u00e9publicaine fait d\u00e9bat \u00e0 travers la r\u00e9forme du coll\u00e8ge propos\u00e9e par Najat Vallaud-Belkacem, peut s\u2019interroger un art de la paresse. \u00ab\u00a0La paresse comme v\u00e9rit\u00e9 effective de l\u2019homme\u00a0\u00bb de Kasimir  Malevitch. Le peintre comme le th\u00e9oricien ont \u00e0 voir avec <em>Champ d\u2019appel<\/em>, comme la r\u00e9forme de Najat ne vaudra que du tempo qu\u2019elle permettra et de la capacit\u00e9 de r\u00eaverie et de paresse qu\u2019elle autorisera.<br \/>\nLa r\u00e9forme se met en place aussi r\u00e9solument que \u00ab\u00a0chant d\u2019appel\u00a0\u00bb permet \u00e0 tout un chacun de faire sobrement et efficacement sa r\u00e9vision du bac.<br \/>\n \u00ab\u00a0R\u00e9vision du bac\u00a0\u00bb\u00a0! c\u2019est, effectivement, ce qu\u2019un spectateur hurluberlu s\u2019est autoris\u00e9 de hurler dans la salle. \u00c0 sa mani\u00e8re, Accord Sensible met en question le savoir, sa l\u00e9gitimit\u00e9 et sa place. On dira cette mani\u00e8re, po\u00e9tique. Dans le champ de <em>Champ d\u2019appel<\/em> se cultive la r\u00eaverie. Cette r\u00eaverie que Michaux s\u2019employa \u00e0 identifier. Il note dans son <em>Poteaux d\u2019angle<\/em> ceci\u00a0:<br \/>\n<quote>\u00a0\u00bb Supposons un espace de temps de quinze secondes. Ce n\u2019est pas beaucoup. Si, c\u2019est beaucoup. C\u2019est une bonne norme. La fa\u00e7on d\u2019utiliser ce court espace de temps suffit \u00e0 faire la diff\u00e9rence entre les uns et les autres et pour la vie enti\u00e8re.<br \/>\nUne nature r\u00eaveuse n\u2019est pas seulement celle d\u2019une personne qui au cours de tel ou tel \u00e9pisode de la vie se sera montr\u00e9e distraite, sans prendre de d\u00e9cision ou r\u00eaverait d\u2019\u00eatre cheval ou&#8230; g\u00e9n\u00e9ralissime. Non. Dans chaque suite de quinze ou m\u00eame de cinq ou six secondes, le vrai r\u00eaveur s\u2019\u00e9tale en \u00e9coulement m\u00e9ditatif ou en radeaux de d\u00e9bris flottants, que vont suivre, s\u2019y accrochant, d\u2019autres \u00e9coulements-\u00e9croulements, o\u00f9 personne ne dirige, o\u00f9 tout est entra\u00een\u00e9 sans commandement, o\u00f9 ce qui semble vague cependant est ind\u00e9tournable.\u00a0\u00bb<br \/>\nNe se proportionnant pas au r\u00e9el, au r\u00e9el ext\u00e9rieur subalterne qui est le souci des autres, le r\u00eaveur-n\u00e9 n\u2019en fait qu\u2019une prise n\u00e9gligente, infid\u00e8le, bient\u00f4t vou\u00e9e \u00e0 la perte, \u00e0 l\u2019oubli ou \u00e0 de vains d\u00e9formants recommencements. Continuellement d\u00e9port\u00e9 d\u2019instant en instant, par un cheminement d\u00e9viant, atteint d\u2019une inclination pour les secondes \u00e9vasives, l\u2019\u00eatre de r\u00eaverie par une attention naturellement glissante se trouve d\u00e9tourn\u00e9.\u00a0\u00bb<\/quote><br \/>\n\u00ab\u00a0L\u2019\u00eatre de r\u00eaverie\u00a0\u00bb ou la reconnaissance du \u00ab\u00a0r\u00eaveur-n\u00e9\u00a0\u00bb seraient-ils au c\u0153ur d\u2019une r\u00e9forme introuvable de l\u2019\u00e9ducation de nos enfants\u00a0?<br \/>\nNous sommes enclins \u00e0 penser que l\u2019imaginaire s\u2019affirme source et capacit\u00e9 de transformation du monde. Sous condition\u00a0: l\u2019histoire nous a gravement appris que du po\u00e8me \u00e0 sa r\u00e9alisation sociale, il y a loin de la coupe aux l\u00e8vres.<br \/>\n          <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-924\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/220px-teacupmalevich.jpg\" alt=\"220px-teacupmalevich.jpg\" align=\"center\" width=\"220\" height=\"221\" \/><br \/>\n<center><small><em>Le service \u00e0 th\u00e9<\/em> de Malevitch<\/small><\/center><br \/>\n<\/br><\/p>\n<p>Il y a un hiatus, une b\u00e9ance dans l\u2019id\u00e9e d\u2019imaginaire social. Un vide \u00e0 combler\u00a0? En tout cas une recherche est \u00e0 mener\u2026 Et c\u2019est de cette recherche que Fran\u00e7ois Lanel et ses complices se pr\u00e9occupent. L\u2019adh\u00e9sion du public montre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence qu\u2019elle se recoupe avec les pr\u00e9occupations de nombre de nos citoyens.<br \/>\n<sc>De l\u2019art du d\u00e9rapage contr\u00f4l\u00e9<\/sc><br \/>\nC\u2019est un fait que de la r\u00e9forme des coll\u00e8ges on nous rebat les oreilles, car il y aurait en elle des virages \u00e0 prendre.<br \/>\nIl semblerait que les citoyens soient retissant, voire m\u00eame hostile \u00e0 l\u2019id\u00e9e de r\u00e9forme, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 virer de bord.<br \/>\nObstination de la ligne droite. Elle favorise une vitesse maximum jusqu\u2019au paradoxe de rester sur place et m\u00eame de r\u00e9trop\u00e9daler. Il s\u2019agit d\u2019aller au plus court pour aller au plus loin\u2026 pour finalement, se retrouver chez soi.<br \/>\nQuand on voyage, il semble qu\u2019il faille \u00ab\u00a0se faire au plus court, et au plus bref\u2026 La malle&#8230; poste.<br \/>\nPas question de d\u00e9tour&#8230;. D\u00e9tour s\u2019indique comme contour ou tour de con si vous pr\u00e9f\u00e9rez. Ainsi en serait-il de la r\u00e9forme promise. On y tourne en rond, et rond et rond petit patapon&#8230; Pas loin de tourner en bourrique, en \u00e2ne b\u00e2t\u00e9.<br \/>\n\u00c0 cela nous ne r\u00e9pugnons pas et \u00e0 sa mani\u00e8re \u00ab\u00a0champs d\u2019appel\u00a0\u00bb enfonce le clou.<br \/>\nCar.<br \/>\nIl semble bien que ce champ-l\u00e0 nous ait offert l\u2019archa\u00efque prestation d\u2019un \u00e2ne b\u00e2t\u00e9. Faire l\u2019\u00e2ne pour avoir du son. La musicalit\u00e9 du langage fait sens. L\u2019\u00e9cole buissonni\u00e8re reste la seule promesse d\u2019une \u00e9cole \u00e9mancipatrice \u00e0 venir, et dans le m\u00eame esprit, l\u2019accord sensible fonde son th\u00e9\u00e2tre buissonnier.<br \/>\nTout en virage et tout en rond\u00a0: il offre de d\u00e9licieux moments d\u2019\u00e9garement et <em>Champ d\u2019appel<\/em> se fait la chambre d\u2019\u00e9cho des al\u00e9as et d\u00e9bats concernant les in\u00e9vitables mutations sociales politiques et culturelles en cours. Notre r\u00e9flexion sur la r\u00e9forme n\u2019\u00e9tait pas une digression, mais travaux pratiques, utilisation concr\u00e8te du po\u00e8me dramatique propose. Avec la po\u00e9sie, laboure ton champ et pousse ta vie vers son sens et son terme.<br \/>\n<sc>De l\u2019entourloupe<\/sc><br \/>\nNous avons \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 suivre un dr\u00f4le de guide (Leo Librius alias Leo Gobin dans le civil) invit\u00e9 \u00e0 se fier \u00e0 une voix pour trouver la voie du plaisir th\u00e9\u00e2tral. Propos introductif qui tient lieu de tableau d\u2019exposition. Entr\u00e9e en mati\u00e8re par laquelle s\u2019annoncent et se d\u00e9finissent th\u00e9\u00e2tre et plaisir propos\u00e9s. Nous nous en offrons la d\u00e9clinaison sous plusieurs angles, \u00e0 commencer par l\u2019entourloupe par laquelle nous d\u00e9signons le bon tour de passe-passe qui nous introduit au spectacle. Expliquons-nous. L\u2019entourloupe produit un effet de loupe, met en \u00e9vidence que quelque chose va se manquer dans l\u2019ordre d\u2019un mal entendu pour une mise \u00e0 mal de l\u2019attention (la tension dramatique).<br \/>\n Ce qui fait le lien, l\u2019accord c\u2019est le plaisir de l\u2019\u00e9cart de conduite, reconnu dans l\u2019\u00e9cart de langage, \u00e9cart de langage th\u00e9\u00e2tral, il va sans dire.<br \/>\nS\u2019agit-il de th\u00e9\u00e2tre ou pas\u00a0? Lapsus\u00a0? Dans un ouvrage r\u00e9cent, Jean-Loup Rivi\u00e8re rel\u00e8ve qu\u2019\u00e0 tout prendre le th\u00e9\u00e2tre pourrait bien \u00eatre un lapsus du monde [[Jean-Loup Rivi\u00e8re, <em>Le monde en d\u00e9tails<\/em>, Seuil. F\u00e9vrier 2015. Page de garde.]].<br \/>\nMais puisque nous avons parl\u00e9 d\u2019entourloupe comment peut-on l\u2019identifier et la d\u00e9finir\u00a0?<br \/>\nElle tient dans les limites que l\u2019on se reconna\u00eet. Limites dont, semble-t-il, la science s\u2019est faite porteuse et \u00e0 travers elle, limites rep\u00e9rables de l\u2019esp\u00e8ce humaine quand elle ne reconna\u00eet pas son d\u00e9passement dans la croyance en Dieu. Manque de pot (coup de peau), cohabite avec la science un foutu inconscient qui, lui, ignore toute limite.<br \/>\n<sc>Sur quel pied danser\u00a0? <\/sc><br \/>\nLe dilemme va trouver son incarnation avec l\u2019entr\u00e9e en mati\u00e8re de Leo Gobin qui ouvre le spectacle en se pr\u00e9sentant comme un non-acteur. Il va compl\u00e9ter avec malice le rituel qui veut qu\u2019un membre anonyme du personnel (sauf quand c\u2019est le Directeur du th\u00e9\u00e2tre) nous assigne d\u2019avoir \u00e0 la boucler. Non la bouche, mais la sonnerie des portables. Il est clair qu\u2019une repr\u00e9sentation th\u00e9\u00e2trale sereine implique l\u2019\u00e9conomie de tout appel ext\u00e9rieur. Il s\u2019agit de se couper du monde. Quoique Bertold Brecht ait pu d\u00e9noncer cette n\u00e9cessit\u00e9. Il souhaitait qu\u2019au th\u00e9\u00e2tre on fume sa pipe (d\u2019ailleurs il \u00e9tait fumeur de havane) et que ne s\u2019\u00e9teignent pas les lumi\u00e8res de la salle. Fumer sa pipe, la loi nous l\u2019interdit, mais garder les lumi\u00e8res de la salle allum\u00e9es fut bien r\u00e9alis\u00e9 de fait. Ces lumi\u00e8res nous invitaient \u00e0 ne pas nous d\u00e9partir trop rapidement de notre r\u00e9alit\u00e9 sociale et ne pas reconna\u00eetre trop rapidement dans Leo Gobin, un acteur. Conscientiser la perte de r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 temps partiel. Priv\u00e9 d\u2019image au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019un discours se pr\u00e9sentant, voire se pr\u00e9tendant scientifique.<br \/>\n\u00c9conomie de la l\u00e9gitimation religieuse et ordinaire dont use et abuse le th\u00e9\u00e2tre. Et comme dit Jean-Loup Rivi\u00e8re\u00a0:<br \/>\n<quote> \u00ab\u00a0Le th\u00e9\u00e2tre ne commence \u00e0 compter et n\u2019\u00eatre lui-m\u00eame qu\u2019au moment o\u00f9 il pourrait \u00eatre toute autre chose. Ne commence \u00e0 na\u00eetre qu\u2019au seuil de sa disparition [[ Jean-Loup Rivi\u00e8re, <em>Le monde en d\u00e9tails<\/em> Seuil. F\u00e9vrier 2015. Page de garde]].\u00a0\u00bb <\/quote><br \/>\nLeo Godin joue sur cette fronti\u00e8re, il montre avant que d\u2019incarner et si sa d\u00e9monstration fait illusion c\u2019est que le th\u00e9\u00e2tre para\u00eet \u00eatre ce lieu ou \u00ab\u00a0l\u2019on peut croire sans ce faire d\u2019illusions [[ idem page\u00a012]]\u00a0\u00bb, comme il met une certaine virtuosit\u00e9 dans cet artifice, cela induit \u00ab\u00a0qu\u2019il laisse au spectateur un peu de la fonction d\u2019interpr\u00e8te [[ idem page\u00a0232]].\u00a0\u00bb<br \/>\nLe th\u00e9\u00e2tre fait figure d\u2019antidote \u00e0 l\u2019esprit religieux et cette entr\u00e9e en mati\u00e8re tr\u00e8s revendiqu\u00e9e par l\u2019Accord Sensible nous invite \u00e0 l\u2019exercice d\u2019un point de vue critique de la chose th\u00e9\u00e2trale en g\u00e9n\u00e9ral et de \u00ab\u00a0champs d\u2019appel\u00a0\u00bb en particulier.<br \/>\nConcordance ou discordance\u00a0? l\u2019important c\u2019est que vibre la corde sensible.<br \/>\nC\u2019est bien un pari sur l\u2019intelligence \u00e0 quoi nous sommes convi\u00e9s.<br \/>\nEspace et temporalit\u00e9 vont donc se disputer nos sens comme \u00eatre ou n\u2019\u00eatre pas acteur se recoupe d\u2019\u00eatre ou n\u2019\u00eatre pas spectateur conscient. Conscient de quoi\u00a0? Nous allons y venir. Mais les r\u00e8gles du jeu sont in fine, bien pos\u00e9es,<br \/>\n<sc>Raison raisonnante\u00a0: parlons transcendance<\/sc><br \/>\nDonc l\u2019acteur Leo  Gobin  para\u00eet partir du principe de r\u00e9alit\u00e9, de ce qu\u2019il est, et du sens de ce qu\u2019il dit\u00a0: \u00e7a communique. L\u2019\u00e9ducation que l\u2019on a re\u00e7ue est cens\u00e9e nous avoir dot\u00e9s de raison. Donc <em>Champ d\u2019appel<\/em> prend corps dans la raison et le raisonnement. Nous sommes d\u2019abord que ce que nous sommes. Avouons-le des pas grandes choses.<br \/>\nCe qui diff\u00e9rencie Leo Godin de nous c\u2019est que lui nous cause et que nous l\u2019\u00e9coutons, quand la convention th\u00e9\u00e2trale nous enjoint de nous taire. Cette situation tout un chacun a pu, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9ral, la vivre tout au long de sa scolarit\u00e9, se fut-elle prolong\u00e9e jusqu\u2019aux \u00e9tudes universitaires. L\u00e9o G. nous en rappelle l\u2019usage fond\u00e9 sur le savoir du ma\u00eetre distribu\u00e9 \u00e0 une communaut\u00e9 (l\u2019ensemble des \u00e9l\u00e8ves). L\u2019ironie para\u00eet \u00eatre d\u2019assimiler la d\u00e9monstration \u00e0 ce que pourrait \u00eatre la th\u00e9orie des ensembles (c\u2019est-\u00e0-dire donner corps et sens au rassemblement des spectateurs pr\u00e9sents.<br \/>\nQu\u2019est-ce que c\u2019est que cette communaut\u00e9 qui s\u2019est rassembl\u00e9e l\u00e0, dont nous sommes\u00a0? Pour quoi faire et dans quel but\u00a0? On le comprendra mieux au terme de l\u2019exp\u00e9rience propos\u00e9e, sens et questions, mais d\u2019embl\u00e9e elles intriguent et d\u00e9routent. Serions-nous possiblement, des spectateurs de bonne foi\u00a0? Va se trouver sollicit\u00e9e et stimul\u00e9e notre capacit\u00e9 d\u2019imaginaire social\u00a0: qu\u2019est-ce qui nous permet et nous autorise \u00e0 r\u00eaver d\u2019un autre monde\u00a0?. \u00ab\u00a0Champs d\u2019appel\u00a0\u00bb en propose les travaux pratiques.<br \/>\n<sc>Sources lointaines et historiques<\/sc><br \/>\n\u00ab\u00a01. Nous voulons chanter l\u2019amour du risque, l\u2019habitude de l\u2019\u00e9nergie et de la t\u00e9m\u00e9rit\u00e9.\u00a0\u00bb C\u2019est par cette profession de foi que Marinetti, anarchiste, amoureux des sciences et de la vitesse, augurait en 1909 son <em>Manifeste du Futurisme<\/em>. Marinetti ne jurait que par le devenir, le \u00ab\u00a0devenir\u00a0\u00bb \u00e9tant devenu, semble-t-il, un concept majeur de la pens\u00e9e de Deleuze, il devait passer par des transformations consid\u00e9rables, renvoyant les r\u00eaveurs d\u2019homme nouveau \u00e0 une niaiserie politique certaine. Marinetti en anarchiste de droite cons\u00e9quent deviendra un supp\u00f4t du fascisme mussolinien. Du c\u00f4t\u00e9 de la r\u00e9volution russe, on observera que le supr\u00e9matisme (Malevitch) et le constructivisme (Tatlin) trouveront avec Ma\u00eeakovski, le chantre de l\u2019art et de l\u2019homme nouveau et c\u2019est Dada (Tsara) et le Surr\u00e9alisme (Breton) qui nous conduiront jusqu\u2019\u00e0 l\u2019art contemporain d\u2019aujourd\u2019hui dont \u00ab\u00a0champs d\u2019appel\u00a0\u00bb constitue, selon nous, un fleuron. On peut voir d\u2019ailleurs dans la tentative de construction du  sc\u00e9nographe\/com\u00e9dien David S\u00e9chaud, un joyeux clin d\u2019\u0153il au monument de Tatlin d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la IIIe Internationale. Clin d\u2019\u0153il, car tous les artistes fascin\u00e9s par l\u2019utopie ont vu leur r\u00eave requalifi\u00e9 de \u00ab\u00a0moulin \u00e0 vent\u00a0\u00bb, et renvoy\u00e9 \u00e0 la figure de Don Quichotte.<br \/>\nLe chantier de l\u2019utopie qui conjoint imaginaire et social en art, exige l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, prudence, humour et esprit critique pour se d\u00e9gager de toutes id\u00e9ologies.<br \/>\nAlfred Jarry devenant l\u2019heureuse r\u00e9f\u00e9rence visionnaire des dangers et d\u00e9rives ubuesques qui menacent et p\u00e8sent sur ce devenir.<br \/>\n\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-925\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/monument_a_la_troisieme_internationale__centre_pompidou_metz___4961047799_.jpg\" alt=\"monument_a_la_troisieme_internationale__centre_pompidou_metz___4961047799_.jpg\" align=\"center\" width=\"220\" height=\"330\" \/><br \/>\n<small><center>Tatlin, Maquette : <em>Monument \u00e0 la IIIe internationale <\/em><\/center><\/small><br \/>\n<\/br><\/p>\n<p><em>Devient donc ce que tu es<\/em> pour reprendre la c\u00e9l\u00e8bre formule freudienne \u00ab\u00a0Wo es war, soll ich werden\u00a0\u00bb et bien distinguer les \u00ab\u00a0je veux\u00a0\u00bb entre le Wunsch (d\u00e9sir) et le Will (volont\u00e9\u2026 Volont\u00e9 de puissance explor\u00e9e par Nietzsche). Accord Sensible navigue avec finesse et malice entre tous les \u00e9cueils de l\u2019aventure et produit des enchantements qui proc\u00e8dent du  sortil\u00e8ge et de l\u2019exorcisme<br \/>\n<sc>L\u2019utopie dans tous ses \u00e9tats.<\/sc><br \/>\nIl s\u2019av\u00e8re que nous en avons le go\u00fbt c\u2019est-\u00e0-dire que cela parle \u00e0 nos sens d\u2019abord (vertu du th\u00e9\u00e2tre) avant que cela ne nous donne \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir (penser par le th\u00e9\u00e2tre) ensuite. Prise de conscience de ce que la communaut\u00e9 rassembl\u00e9e ressort de l\u2019extra-ordinaire.<br \/>\nPar miracle ne plus ignorer de quel bois on se chauffe.<br \/>\nLe bonheur d\u2019\u00eatre ensemble est-il possible et \u00e0 quel prix\u00a0?<br \/>\nChamps d\u2019appel r\u00e9chauffe le c\u0153ur, fusse \u00e0 en passer par quelques frissons, quitte \u00e0 \u00e9prouver un certain froid dans le dos (construction ou machines mena\u00e7antes surgissant de la nuit th\u00e9\u00e2trale), car les lumi\u00e8res finissent par s\u2019\u00e9teindre pour les feux de la rampe et le surgissement du th\u00e9\u00e2tre et de sa magie, mais nous en avons \u00e9t\u00e9 avertis et pour mieux dire instruits.<br \/>\nPasser d\u2019un \u00e9tat de raison raisonnante \u00e0 un autre de r\u00eave \u00e9veill\u00e9 c\u2019est fait avec gourmandise que l\u2019on se pr\u00eate au jeu de la transcendance\u00a0: d\u2019une croyance librement consentie. Revenons un instant sur le comportement de L\u00e9o G. C\u2019est bien lui qui nous a embarqu\u00e9s dans l\u2019aventure. Il nous invite \u00e0 une totale empathie, rigolo le dr\u00f4le, pince et prince sans rire, il est l\u00e0 en personne jusqu\u2019au moment o\u00f9 l\u2019acteur fait son nid de coucou dans sa personne. Ni vu ni connu, je t\u2019embrouille.<br \/>\n\u00c0 quel moment per\u00e7oit-on qu\u2019on s\u2019y est tromp\u00e9\u00a0?<br \/>\nAlors l\u00e0, on peut se le donner en mille, le Rubicon fut franchi sans crier gare.<br \/>\nComme quoi limite et fronti\u00e8re peuvent \u00eatre imperceptibles.<br \/>\n Il arrive qu\u2019un acteur bafouille et que de ce fait, le spectateur jouisse de reconna\u00eetre une personne dans le personnage et y prenne un vif plaisir. Jouissance de ce que l\u2019acteur s\u2019est croque-enjamb\u00e9 en mettant \u00e0 jour la doxa, le langage cod\u00e9 et quasi secret dont il use. Fin de la confusion et de l\u2019abus de confiance. Le spectateur est d\u2019accord pour qu\u2019on l\u2019abuse \u00e0 condition qu\u2019il le sache (formule d\u00e9j\u00e0 relev\u00e9e dans \u00ab\u00a0le monde en d\u00e9tail\u00a0\u00bb de Jean-Loup Rivi\u00e8re.<br \/>\nPar accident l\u2019acteur donne \u00e0 jouir de ce qu\u2019il est l\u2019artifice de sa souverainet\u00e9 par le lapsus ou le balbutiement. Petit rien qui confirme le pas grand-chose. \u00c9croulement des idoles.<br \/>\nAll\u00e9gement de la charge des artifices sur laquelle reposent l\u2019art et l\u2019artificier qu\u2019il soit acteur ou autre. Redistribution du pouvoir, redonner du jeu au d\u00e9sir\u00a0: nous sommes dans le vif du sujet, voil\u00e0 en substance sur quoi <em>Accord sensible<\/em> fonde son approche du th\u00e9\u00e2tre. On ne s\u2019y trompe pas. Le langage s\u2019avoue dans sa d\u00e9faillance [[Baudrillard. <em>Cool Memories<\/em>. Galil\u00e9e.1987. Cit\u00e9 notre propos introductif]] (cf Baudrillard)<br \/>\nD\u2019ailleurs il ne faut pas confondre vif et vivant, car en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019art vivant n\u2019est pas n\u00e9cessairement vif, c\u2019est-\u00e0-dire cru, c\u2019est-\u00e0-dire cr\u00e9dible comme chairs vives ou viande\u00a0: ce que Bernard No\u00ebl appelle \u00ab\u00a0ciel de viande [[ Bernard Noel, <em>La chute des temps<\/em>, po\u00e9sie Gallimard. 2005.]]\u00a0\u00bb. Aux antipodes d\u2019une certaine po\u00e9sie dont l\u2019esth\u00e9tique trahirait la vie et ses parties honteuses, il y a bien une po\u00e9sie crue et lucide qui ne s\u2019embarrasse pas de joliesse, mais du concret et de l\u2019indispensable \u00e0 la vie. Une po\u00e9sie qui touche et qui pense. Une pens\u00e9e qui se fait dans la bouche proclamait Tsara. Autrement dit la pens\u00e9e avec laquelle on embrasse la femme ou l\u2019homme ou la chose que l\u2019on aime. Embrasser la personne que l\u2019on aime ne serait-ce pas embrasser\u00a0le monde dans tous ses d\u00e9tails [[ c\u2019est sans doute le sens profond de l\u2019amour du th\u00e9\u00e2tre dont t\u00e9moigne le dernier ouvrage de Jean-Loup Rivi\u00e8re intitul\u00e9 <em>Le monde en d\u00e9tail<\/em>]]\u00a0?<br \/>\n<sc>Petite histoire normande du laboratoire d\u2019imaginaire social<\/sc><br \/>\nIl existe une petite histoire locale de l\u2019option th\u00e9\u00e2trale et artistique de l\u2019imaginaire social. Il faut revenir une douzaine d\u2019ann\u00e9es en arri\u00e8re. 2001\/2004. La jeune garde th\u00e9\u00e2trale caennaise, promue par Eric Lacascade, alors directeur du Centre Dramatique de Normandie, organisait un whork shop en forme de Laboratoire d\u2019imaginaire social. Conduisaient la recherche un triumvirat compos\u00e9 de M\u00e9d\u00e9ric Legros (Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Astrakan) David Bob\u00e9e (Cie Rictus) et Antonin Menard (Chantier\u00a021). Il est int\u00e9ressant aujourd\u2019hui de revenir sur leurs itin\u00e9raires respectifs d\u00e8s lors que \u00ab\u00a0champs d\u2019appel\u00a0\u00bb renouvelle et enrichit cette approche sensible. Le plus exigeant et radical d\u2019entre eux, M\u00e9d\u00e9ric Legros op\u00e8re \u2013 croit-on savoir \u2013 loin des feux de la rampe officieux, discr\u00e8tement, mais toujours pr\u00e9sent \u00e0 la chose th\u00e9\u00e2trale, mais dans la sph\u00e8re \u00e9ducative. David Bob\u00e9e a connu quelques succ\u00e8s retentissants qui l\u2019on conduit \u00e0 assumer la direction du Centre Dramatique haut normand (Rouen). Sa r\u00e9ussite n\u2019emp\u00eache qu\u2019il reste homme d\u2019une certaine fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 des valeurs relevant de l\u2019imaginaire social en \u00e9largissant sa r\u00e9flexion \u00e0 l\u2019international et l\u2019investissement des formes du c\u00f4t\u00e9 du cirque et de la danse. Reste Antonin Menard demeur\u00e9 un explorateur attentif des pratiques sociales de sa g\u00e9n\u00e9ration et des g\u00e9n\u00e9rations post\u00e9rieures. Curieux de tout, Antonin Menard peu soucieux de r\u00e9ussite (au sens de faire son nid dans la nomenklatura culturelle) poursuit son travail d\u2019exploration sans concession. Travail dans l\u2019ombre. Ombre, car \u00ab\u00a0l\u2019imaginaire social\u00a0\u00bb n\u2019est pas un centre d\u2019int\u00e9r\u00eat qui attire gloire et renomm\u00e9e sur ceux qui s\u2019y adonnent. Il s\u2019agit le plus souvent d\u2019un travail risqu\u00e9 assez peu complaisant avec la soci\u00e9t\u00e9 du spectacle. Dans cette occurrence, l\u2019ami David Bob\u00e9e fait figure d\u2019exception\u2026 Mais pour les M\u00e9d\u00e9ric et autres Antonin, leur travail se rappelle \u00e0 notre m\u00e9moire pour peu qu\u2019on veuille \u00e9chapper \u00e0 l\u2019emprise de la consommation (quoiqu\u2019on en dise il y a un march\u00e9 de la consommation culturelle dont se d\u00e9marquent de courageux artistes dont on peut penser que David Bob\u00e9e du dedans ou un M\u00e9d\u00e9ric Legros du dehors et un Antonin Menard dans l\u2019entre-deux (Cf sa compagnie si bien nomm\u00e9e Chantier\u00a021) restent de solides et probants exemples.)<br \/>\nS\u00fbrement, \u00e0 travers eux et quelques autres, il y a \u00e0 identifier ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler un courant.<br \/>\n\u00c0 la fois courant artistique et courant de pens\u00e9e.<br \/>\nIls sont \u00e0 un moment de l\u2019histoire ou la culture de l\u2019excellence voit s\u2019\u00e9puiser son mod\u00e8le \u00ab\u00a0Renaissance\u00a0\u00bb (rien \u00e0 voir avec la salle du m\u00eame nom), mod\u00e8le historique \u00e0 bout de souffle, auquel mieux que quiconque ils sont en capacit\u00e9 d\u2019offrir une alternative.<br \/>\nCe n\u2019est pas par hasard que ce courant a pu prendre naissance avec, si l\u2019on peut dire, la b\u00e9n\u00e9diction d\u2019\u00c9ric Lacascade\u00a0; c\u2019est que ce dernier \u00e9tait arriv\u00e9 en bin\u00f4me \u00e0 Caen, en 1997\u00a0; son compagnon\/collaborateur d\u2019alors Guy Alloucherie devait finalement faire s\u00e9cession et rejoindre le pays minier (Pas-de-Calais) emportant avec lui sa double orientation personnelle\u00a0: la multidisciplinarit\u00e9 (cirque et danse) et sa forte fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l\u2019imaginaire social.<br \/>\nD\u2019une certaine mani\u00e8re le jeune triumvirat que nous \u00e9voquons ici viendra compenser et objectiver le manque \u00e0 exister, laiss\u00e9 par le d\u00e9part de Guy Alloucherie en redonnant et offrant \u00e0 \u00c9ric lacascade tout l\u2019\u00e9ventail po\u00e9tique (et politique) qui pouvait lui \u00eatre n\u00e9cessaire.<br \/>\nAinsi en va-t-il d\u2019une histoire qui s\u2019est \u00e9crit sur le terrain caennais et bien entendu qui s\u2019\u00e9crit encore\u2026 o\u00f9 l\u2019on voit que le manque fait son travail.<br \/>\n<sc>Au risque du r\u00e9el<\/sc><br \/>\nSi nous estimons devoir distinguer un v\u00e9ritable courant artistique qui se serait cristallis\u00e9, ici localement, au d\u00e9but de ce si\u00e8cle\u2026 C\u2019est pour mieux appr\u00e9cier dans le travail de l\u2019accord sensible une continuit\u00e9 certaine m\u00eame si Fran\u00e7ois Lanel t\u00e9moigne d\u2019un itin\u00e9raire qui aura pu lui \u00eatre propre.<br \/>\nDans la m\u00eame veine, on a pu aussi ces derni\u00e8res ann\u00e9es appr\u00e9cier les tentatives de Melchior Delaunay et Mathieu Cirrode et de leur GrupO.<br \/>\nCe qu\u2019il faut souligner concernant ces artistes, c\u2019est que leur approche commune se fait le plus souvent au risque du r\u00e9el.<br \/>\nDans leur pratique, existe un lien \u00e9troit entre vivre sa vie et faire du th\u00e9\u00e2tre\u2026 R\u00e9alit\u00e9 et fiction se recoupent pour donner \u00e0 penser le monde. Les pr\u00e9occupations d\u2019ordre anthropologique et sociologique viennent architecturer l\u2019acte po\u00e9tique et le langage sc\u00e9nique.<br \/>\nCe qui peut se nommer risque du r\u00e9el, c\u2019est un refus de f\u00e9tichiser l\u2019acte po\u00e9tique pour laisser la vie ou la pr\u00e9sence de l\u2019acteur, fid\u00e8les \u00e0 leur r\u00e9alit\u00e9 sociale et historique (cf le \u00ab\u00a0Devant nous\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Randonn\u00e9e\u00a0\u00bb d\u2019Antonin Menard).<br \/>\nLe risque\u00a0? Que la r\u00e9alit\u00e9 de la vie fasse pr\u00e9valence sur l\u2019art par quoi l\u2019artifice, voire le po\u00e8me ne tiendrait qu\u2019\u00e0 un fil\u2026 La ligne de d\u00e9marcation rel\u00e8ve d\u2019un pari incessamment reconduit. Le spectre qui hante ces jeunes gens s\u2019appelle Rimbaud\u2026 Un ailleurs peut donner un sens \u00e0 la rupture des sens.<br \/>\nSortie de route.<br \/>\nSurgit l\u2019inadvertance. S\u2019il n\u2019y a pas de diff\u00e9rence comme l\u2019indique Celan entre le po\u00e8me et une poign\u00e9e de main, et il arrive que le po\u00e8me s\u2019y condense et s\u2019y absorbe.<br \/>\nLe silence y prend sa densit\u00e9. N\u2019avoir plus rien \u00e0 dire n\u2019est pas la cons\u00e9quence, mais l\u2019origine m\u00eame de ce que l\u2019on pouvait s\u2019entendre dire. L\u2019inadvertance est une m\u00e9garde. Le silence fut dans toute sa densit\u00e9, la tentation et l\u2019exploration de M\u00e9d\u00e9ric Legros du temps de l\u2019Astrakan. Qu\u2019aujourd\u2019hui, qu\u2019il s\u2019y tienne, n\u2019emp\u00eache que l\u2019air en vibra et en vibre encore.<br \/>\n<sc>Quand trop de raison nuit<\/sc><br \/>\nQue trop de raison nuise, Kafka s\u2019en pr\u00e9occupait et s\u2019en prot\u00e9geait par l\u2019\u00e9criture. La raison raisonnante peut s\u2019av\u00e9rer empoisonn\u00e9e et source de folie. L\u00e9o G. dans champs d\u2019appel nous en fait une d\u00e9monstration bienfaisante par son raisonnement jusqu\u2019\u00e0 l\u2019exc\u00e8s. La malice serait dans la question\u00a0: \u00e0 quel moment perd-on cette pr\u00e9cieuse raison d\u2019y croire\u00a0? \u00e0 quel moment prend-on le parti d\u2019en rire\u00a0? De disqualifier l\u2019ordre scientifique du discours au b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019ordre po\u00e9tique\u00a0?<br \/>\n L\u2019enjeu para\u00eet effectivement tenir dans le passage de la \u00ab\u00a0raisonnance\u00a0\u00bb \u00e0 la r\u00e9sonnance et du champ au chant.<br \/>\n D\u00e9placement s\u00e9mantique et basculement d\u2019un exc\u00e8s, l\u2019autre\u00a0; Champs d\u2019appel nous parle de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, de la folie, de la folie ordinaire qui maintient la conscience en \u00e9veil et, parfois fait qu\u2019elle s\u2019y perd. On ne fait pas l\u2019omelette (l\u2019Hamlet) de sa conscience sans casser des \u0153ufs.<br \/>\nPar o\u00f9 passe la ligne\u00a0?<br \/>\nEntre se garder du r\u00e9el qui \u00e0 tout instant peut vous rattraper et se garder de la folie qui vous guette, le fil est \u00e9troit\u2026 On sait depuis Genet que le funambulisme [[Jean Genet, <em>Le funambule<\/em>, Edition l\u2019arbal\u00e8te, 1958]] d\u00e9signe la marge \u00e9troite du po\u00e8te dans le champ de l\u2019espace sc\u00e9nique. Fran\u00e7ois Lanel et ses com\u00e9diens empruntent cette voie et cette exigence.<br \/>\nSur le d\u00e9lire d\u2019autrui, il faut s\u2019entendre\u2026 Une soci\u00e9t\u00e9 (Cf Foucault) y reconna\u00eet ses valeurs et sa culture. L\u2019id\u00e9e qu\u2019elle se fait d\u2019elle-m\u00eame et de l\u2019homme. Nous sommes bien au ch\u0153ur d\u2019un questionnement de l\u2019imaginaire social.<br \/>\nComment l\u2019entendre sourdre de soi\u00a0? Du lieu de son enfance sans doute, au plus pr\u00e9s de l\u2019infans, du \u00e7a parle au je parle\u2026 L\u00e9o parle, parle, parle jusqu\u2019\u00e0 ce que parler dit de lui\u2026 Qu\u2019il est acteur.<br \/>\nFaute de cette issue\u2026 sur quoi se fonde le th\u00e9\u00e2tre et son extraterritorialit\u00e9 sociale\u2026 L\u00e9o is not  mais to be est son exigence.<br \/>\n<sc>Passage \u00e0 l\u2019acte<\/sc><br \/>\nConsistance et inconsistance de la parole qui se donne au th\u00e9\u00e2tre\u00a0?<br \/>\nDire qu\u2019une parole se donne, c\u2019est convenir qu\u2019elle serait d\u2019honneur. C\u2019est \u00e0 dire vraie.<br \/>\nLe th\u00e9\u00e2tre serait bien ce lieu o\u00f9 le mensonge se d\u00e9nature en v\u00e9rit\u00e9.<br \/>\nMais de quelle v\u00e9rit\u00e9 serions-nous saisis\u00a0?<br \/>\n De celle qui est consubstantielle au doute\u00a0: je doute donc je suis.<br \/>\nChamps d\u2019appel d\u00e9ploie un univers qui laisse notre incr\u00e9dulit\u00e9 s\u2019investir et d\u00e9fier les apparences. Pass\u00e9 le discours initial et initiatique, sous la houlette de David S. autre non acteur appel\u00e9 \u00e0 le devenir \u00e0 notre insu, vont s\u2019inscrire les TP (travaux pratiques). Qu\u2019est-ce qu\u2019on peut faire l\u00e0\u00a0?<br \/>\nCampement, cabane, montagne\u2026 \u00c9rigeons, \u00e9rigeons. On voit Leo faire la taupe d\u2019un monde susceptible de s\u2019\u00e9crouler\u2026 David vise plus haut\u2026 Apr\u00e8s une jolie s\u00e9quence de prout\/prout, il va \u2013 en b\u00e2tisseur d\u2019empire, \u00e9riger sa pyramide de Ch\u00e9ops, sa tour Effel, tutoyer les sommets\u2026. On est toujours dans l\u2019imaginaire social quand il transforme le paysage, le cadre de vie. Leo, David et Fran\u00e7ois semblent les membres fondateurs d\u2019une communaut\u00e9 po\u00e9tique qui revivifie l\u2019utopie communautaire. Se trouve toujours pos\u00e9e la question de la solitude d\u00e8s lors que le vivre ensemble s\u2019interroge.<br \/>\nC\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que Pascal Quignard explore dans son dernier ouvrage sur Port-Royal et les jans\u00e9nistes, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0sur l\u2019id\u00e9e d\u2019une communaut\u00e9 de solitaires\u00a0\u00bb (Arl\u00e9a \u00e9ditions). Outre le magnifique hommage qu\u2019il rend au sanglier, \u00e0 propos duquel il dit\u00a0:<br \/>\n<quote>Le mot fran\u00e7ais de sanglier veut dire singulier<br \/>\nSingularis porcus, singlier, sanglier.<br \/>\nTel est le porc qui <em>devient<\/em> singulier,<br \/>\nc\u2019est-\u00e0-dire qui devient solitaire au bout de son temps, aux termes de ses jours, qui quitte les siens, qui quitte le groupe, qui rejoint le c\u0153ur de la for\u00eat. <\/quote><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-926\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/improvisation_no_35.jpg\" alt=\"improvisation_no_35.jpg\" align=\"center\" width=\"960\" height=\"937\" \/><br \/>\n<small><center><em>Improvisation 35 Kandinski<\/em><\/center><\/small><br \/>\n<\/br><\/p>\n<p>Ainsi me fut-il donn\u00e9 par <em>champs d\u2019appel<\/em> d\u2019appr\u00e9hender une vraie solitude ou une solitude singuli\u00e8re. D\u2019appr\u00e9hender le paysage mental de cette solitude. R\u00eaverie d\u2019alunissage. Sur terre. \u00ab\u00a0Erro vagus et profugus\u00a0\u00bb. J\u2019erre \u00e0 la surface de la terre dit Ab\u00e9lard, propos rapport\u00e9s par Quignard qui \u00e0 propos de Port-Royal\u2026 des Champs, \u00e9crit\u00a0:<br \/>\n<quote>Les champs dans l\u2019expression Port-Royal des \u00ab\u00a0champs\u00a0\u00bb, ce sont exactement ce que les tao\u00efstes de la Chine ancienne appelaient, loin des bourgs, les \u00ab\u00a0montagnes\u00a0\u00bb.<\/quote><br \/>\nVous ne verrez pas \u00ab\u00a0<em>champs d\u2019appel<\/em>\u00a0\u00bb qui a fini son p\u00e9riple \u00e0 la Renaissance\u00a0\u00bb en ce mois de mai 2015, mais l\u2019accord sensible aime \u00e0 soulever des \u00ab\u00a0montagnes\u00a0\u00bb en lieu de \u00ab\u00a0champs\u00a0\u00bb. Il se dit qu\u2019un nouveau chantier se serait ouvert sous l\u2019intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Massif Central\u00a0\u00bb.<br \/>\nAinsi, vous en \u00eates pr\u00e9venus\u2026 Fran\u00e7ois Lanel et ses complices se pr\u00e9parent \u00e0 atteindre des sommets\u2026 Veiller \u00e0 ne pas rater l\u2019occasion de s\u2019encorder sensiblement \u00e0 leur future proposition pour r\u00eaver d\u2019un autre monde.<br \/>\n<\/br><\/p>\n<p><center><br \/>\n<iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/85248379\" width=\"500\" height=\"281\" frameborder=\"0\" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen><\/iframe><br \/>\n<\/center><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;&#8212; Champs d\u2019Appel, de L&rsquo;Accord Sensible Direction artistique \u2013 Fran\u00e7ois Lanel &mdash;&nbsp;7 juin 2015 \u00e0 20h, Festival Premi\u00e8res, Kleines House, Karslruhe &mdash;&nbsp;10 &#038; 11 d\u00e9cembre 2015, Quai des Arts, Argentan &mdash;&nbsp;8 janvier 2016 \u00e0 19h30, Th\u00e9\u00e2tre de la Renaissance, Mondeville &mdash;&nbsp;21 janvier 2016, Dieppe Sc\u00e8ne Nationale Avertissement \u00ab\u00a0Le loup qui comprend l\u2019agneau est perdu, mourra de faim, n\u2019aura pas compris l\u2019agneau, se sera m\u00e9pris sur le loup\u2026 et presque tout lui reste \u00e0 conna\u00eetre sur l\u2019\u00eatre.\u00a0\u00bb Henri Michaux Ce n\u2019est<\/p>\n","protected":false},"author":35,"featured_media":923,"menu_order":0,"template":"","categorie_article":[27],"class_list":["post-927","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_article-critique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article\/927","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/35"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/923"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=927"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_article?post=927"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}