


{"id":953,"date":"2015-07-12T18:36:54","date_gmt":"2015-07-12T16:36:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=953"},"modified":"2015-07-12T18:36:54","modified_gmt":"2015-07-12T16:36:54","slug":"le-roi-lear-du-petit-trot-pas-du-galop","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/le-roi-lear-du-petit-trot-pas-du-galop\/","title":{"rendered":"Le Roi Lear\u00a0: du petit trot, pas du galop\u00a0!"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">&#8212;&#8212;<\/p>\n<p><center><a href=\"http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?mot52\"><i>King Lear<\/i><\/a> (<i>Le Roi Lear<\/i>), de William Shakespeare,<br \/>\ntraduction et mise en sc\u00e8ne <a href=\"http:\/\/insense-scenes.net\/spip.php?mot17\">Olivier Py<\/a>,<br \/>\nAvignon 2015<br \/>\n<\/center><\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-952\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/arton358.jpg\" width=\"920\" height=\"613\"><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-941\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/2015_roi_lear.jpg\" alt=\"2015_roi_lear.jpg\" width=\"1392\" height=\"613\" align=\"middle\"><\/p>\n<hr \/>\n<p><quote><quote><quote><i><small>(Critique \u00e9crite dans le cadre des ateliers d&rsquo;\u00e9criture ouverts au public \u2013 partenariat Insens\u00e9 \/ BNF &#8211; Maison Jean-Vilar)<\/small><\/i><\/quote><\/quote><\/quote><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Toujours chez lui Shakespeare encore une fois dans la Cour d\u2019Honneur\u2026 Mais cette ann\u00e9e, c\u2019est Olivier Py, Directeur du festival depuis un an qui l\u2019adapte et le met en sc\u00e8ne.<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p><sc>Relire <em>Lear<\/em><\/sc><br \/>\nLa traduction de <em>Lear<\/em> qu\u2019il murit depuis des ann\u00e9es, il l\u2019a voule concise et d\u00e9pouill\u00e9e. Sa mise en sc\u00e8ne au service de sa lecture du <em>Roi Lear<\/em>&nbsp;: une sorte de pr\u00e9figuration des catastrophes du XX\u00e8me si\u00e8cle&nbsp;, les guerres et Auschwitz.<br \/>\nCela d\u00e9marre avec un beau d\u00e9cor sobre, un piano \u00e0 queue solitaire sur l\u2019immense sc\u00e8ne, devant une palissade claire un peu gribouill\u00e9e. Les deux premi\u00e8res filles du Roi (jou\u00e9 par Philippe Girard, acteur de pr\u00e9dilection de Py qui \u00e9tait <em>Orlando<\/em> l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re) font leur d\u00e9claration d\u2019amour \u00e0 leur p\u00e8re et re\u00e7oivent chacune en partage un tiers du royaume dont le vieux Roi veut se d\u00e9pouiller.<br \/>\nArrive le tour de Cord\u00e9lia, la fille pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e. Elle reste muette comme un \u00e9cho de la phrase inscrite depuis le d\u00e9but en lettres de n\u00e9on sur le grand mur du Palais \u00ab&nbsp;Ton silence est une machine de guerre&nbsp;\u00bb. Et ce silence de Cord\u00e9lia \u2013 faillite du langage \u2013 est le point de d\u00e9part de la catastrophe qui, in\u00e9luctablement, conduit au chaos d\u2019abord puis \u00e0 la destruction finale.<br \/>\nS\u2019ensuivent dons des vilenies de tous ordres&nbsp;: adult\u00e8res, trahisons, violences des filles mais aussi des fils du vieux duc de Gloucester rest\u00e9 quant \u00e0 lui fid\u00e8le \u00e0 son Roi. Le fou du Roi qui dit la v\u00e9rit\u00e9 (Jean Damien Barbin, magistral) ne peut rien emp\u00eacher. Edgar, le fils l\u00e9gitime de Gloucester devient fou lui aussi. Edmond le fils b\u00e2tard qui d\u00e9barque \u00e0 moto s\u00e9duit les deux filles du Roi et trahit tout le monde. C\u2019est au tour du vieux Roi de devenir fou et quand Cord\u00e9lia revient vers lui il ne ne discerne plus s\u2019il s\u2019agit d\u2019un spectre ou d\u2019une vivante.<br \/>\nChacun, peu \u00e0 peu se roule dans la boue et est englouti par le trou noir qui, \u00e0 mi parcours du spectacle, ont remplac\u00e9 le d\u00e9cor initial. Les mots qui n\u2019ont pas su ou pas pu se dire sont \u00e0 l\u2019origine du malheur.<br \/>\n<sc>Le tourni du r\u00e9cit<\/sc><br \/>\nLe propos d\u2019Olivier Py de faire un <em>Roi Lear<\/em> au galop \u00e9tait s\u00e9duisant mais en d\u00e9finitive n\u2019aboutit pas. Annonc\u00e9 pour 2H30, le spectacle a dur\u00e9 en r\u00e9alit\u00e9 3h00. Les gesticulations nombreuses, les sc\u00e8nes de guerres figur\u00e9es par des terroristes encagoul\u00e9s\u2026 ralentissent l\u2019action. Et que dire de la folie d\u2019Edgar&nbsp;? Il arrive de la for\u00eat faisant mine de dissimuler sa nudit\u00e9 par une couverture de survie. Quelques instants pour traverser la sc\u00e8ne auraient suffi au lieu de quoi il a paru s\u2019exhiber pendant un long moment, en agitant sa couverture qui ne cachcait rien, avec beaucoup de complaisance.<br \/>\nLa sc\u00e8ne de la temp\u00eate illustr\u00e9e par des \u00e9clairages et des coups de tonnerre emplissant la cour semblait elle aussi durer une \u00e9ternit\u00e9. Tout \u00e0 coup un grand cerf en plastique attirait et d\u00e9tournait l\u2019attention. Figure de l\u2019innocence de la nature face \u00e0 la corruption et aux turpitudes des hommes&nbsp;? On a pens\u00e9 \u00e0 cette sc\u00e8ne du film <em>The Queen<\/em> de Stephen Frears, o\u00f9 la Reine d\u2019Angleterre la semaine de la mort de Lady Di, au d\u00e9tour d\u2019un sentier forestier en Ecosse se trouve soudain face \u00e0 un grand cerf. Le lendemain, le cerf est abattu et la Reine se rend seule lui rendre hommage dans le relais de chasse o\u00f9 il est expos\u00e9. Elle, si impassible face \u00e0 la mort de la Princesse Diana, ne peut s\u2019emp\u00eacher de verser une larme. Le Roi Lear, la Reine Elisabeth m\u00eame combat&nbsp;?<br \/>\nDans le projet d\u2019Olivier Py, si le texte reste clair et audible tout le temps, il n\u2019en va pas h\u00e9las de m\u00eame pour la mise en sc\u00e8ne.<br \/>\nOn se souvenait alors d\u2019un autre metteur en sc\u00e8ne qui avait os\u00e9, en 2008, trois pi\u00e8ces de Shakespeare en un seul spectacle \u2013 de plus de cinq heures tout de m\u00eame. C\u2019\u00e9tait Ivo Van Hove, avec ses trag\u00e9dies romaines&nbsp;: <em>Coriolan<\/em>, <em>Jules Cesar<\/em>, <em>Antoine et Cl\u00e9opatre<\/em>. Id\u00e9e magnifique. Les r\u00e9cits de bataille se contentaient alors de d\u00e9filer sur un ruban lumineux tandis que l\u2019action continuait, au galop, sur sc\u00e8ne.<br \/>\nLe spectacle d\u2019Olivier Py va ainsi lui, plut\u00f4t au petit trop, \u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019agisse d\u2019un galop d\u2019essai pour le directeur du festival, dans la cour d\u2019Honneur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;&#8212; King Lear (Le Roi Lear), de William Shakespeare, traduction et mise en sc\u00e8ne Olivier Py, Avignon 2015 (Critique \u00e9crite dans le cadre des ateliers d&rsquo;\u00e9criture ouverts au public \u2013 partenariat Insens\u00e9 \/ BNF &#8211; Maison Jean-Vilar) Toujours chez lui Shakespeare encore une fois dans la Cour d\u2019Honneur\u2026 Mais cette ann\u00e9e, c\u2019est Olivier Py, Directeur du festival depuis un an qui l\u2019adapte et le met en sc\u00e8ne. 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