


{"id":971,"date":"2015-07-14T19:31:20","date_gmt":"2015-07-14T17:31:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=971"},"modified":"2015-07-14T19:31:20","modified_gmt":"2015-07-14T17:31:20","slug":"verdonck-alpiniste-dun-himalaya-interieur","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/verdonck-alpiniste-dun-himalaya-interieur\/","title":{"rendered":"Verdonck, alpiniste d\u2019un himalaya int\u00e9rieur"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">&#8212;&#8212;&#8212;-<br \/>\n<center><strong><i>Notallwhowanderarelost<\/i>, de Benjamin Verdonck<br \/>\n<br \/><a href=\"http:\/\/www.festival-avignon.com\/fr\/spectacles\/2015\/notallwhowanderarelost\">Avignon 2015<\/a><\/strong><\/center><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-970\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/arton366.jpg\" width=\"604\" height=\"403\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Avec <i>Notallwhowanderarelost<\/i>, pr\u00e9sent\u00e9 Chapelle des P\u00e9nitents Blanc, Benjamin Verdonck joue une partition minimaliste o\u00f9 l\u2019\u00e9quilibre des choses, sans desseins ou finalit\u00e9s, est l\u2019unique enjeu. 45 minutes d\u2019un temps ralenti o\u00f9 la contemplation se substitue \u00e0 la compr\u00e9hension.<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p>Ce n\u2019est pas un hasard si le Kuntsfestivaldesarts de Bruxelles et le Steirischer Herbst de Graz en Autriche soutiennent et coproduisent Verdonck. Ces festivals sont connus pour prendre non seulement le risque de la diffusion, mais ils promeuvent l\u2019id\u00e9e que l\u2019art est avant tout une exp\u00e9rience inconnue, voire un mode de vie qui tr\u00e8s concr\u00e8tement doit renouveller les modes de travail. R\u00e9guli\u00e8rement, ils sont le lieu de cr\u00e9ations impr\u00e9visibles, de tentatives improbables, de Manifestes aussi, et d\u2019une certaine mani\u00e8re ces deux festivals sont la pouponni\u00e8re de cr\u00e9ateurs des marges aux formes singuli\u00e8res et novatrices.<br \/>\nRegardant <em>Notallwhowanderarelost<\/em> (en un seul mot et tout attach\u00e9), il faut imaginer que le titre de la cr\u00e9ation de Verdonck fait sens pour la seule raison qu\u2019il est d\u00e9j\u00e0 un d\u00e9paysement avec notre pratique de la lecture et du langage. Une sorte de jeu de langage comme aimait \u00e0 les produire les oulipiens et leurs h\u00e9ritiers familiers des effets d\u2019\u00e9tranget\u00e9. <em>Notallwhowanderarelost<\/em>, ou ce que l\u2019on lit en premier, fonctionne ainsi comme une amorce, un commencement vers un ailleurs que l\u2019on va apprendre \u00e0 d\u00e9couvrir. Car comme le dit ce titre que la raison ne peut s\u2019emp\u00eacher de traduire, \u00ab Ceux qui errent ne sont pas tous perdus \u00bb. Ceux qui errent cherchent, tournent autour de, questionnent, s\u2019interrogent\u2026 et recourent \u00e0 leur Raison et aux deux chemins qu\u2019elle offre pour \u00ab conna\u00eetre \u00bb le monde, le sens du monde\u2026 D\u2019un c\u00f4t\u00e9 le chemin de la logique et ses lois parfois math\u00e9matiques. De l\u2019autre, le sentier ou les sentiers de l\u2019imaginaire que l\u2019on emprunte sans jamais savoir ce qu\u2019ils nous r\u00e9servent ou ce que l\u2019on y trouvera.<br \/>\nVerdonck attend donc sur le plateau des P\u00e9nitents, en jean, magnifique pull jaune et chaussure de ville. Il attend et veille dans l\u2019ombre d\u2019une machine en bois, \u00e0 fil et \u00e0 panneau qui nous rappelle le monde des inventions. Merveilleuse machine qui ressemble de loin \u00e0 un m\u00e9tier \u00e0 tisser. Quand il s\u2019en \u00e9loignera, ce sera pour mettre en \u00e9quilibre, sur deux cannettes de Coca-cola, une chaise en \u00e9quilibre. Il augmentera la difficult\u00e9 en y posant ensuite un ballon de foot\u2026 Puis, sans qu\u2019on ait vraiment la cl\u00e9 de l\u2019agencement de ce mobile curieux, il se mettra \u00e0 actionner les fils de la Machine. De petits triangles, et d\u2019autres plus gros, parfois rouges et parfois couleur carton, deviennent ainsi le jeu d\u2019un ballet insolite o\u00f9 l\u2019\u00e9quilibre, la rotation, le passage d\u2019une rampe aussi d\u00e9licate \u00e0 franchir qu\u2019un escarpement sont les \u00e9preuves dont on ne saura jamais rien. La satisfaction de r\u00e9aliser ces op\u00e9rations est \u00e0 peine palpable chez Verdonck, mais on sent qu\u2019il y avait le pari rare de r\u00e9aliser un geste artistique \u00e0 vue. Allant et venant autour de cette installation, Verdonck gratifiera le public de quelques \u00e9pisodes suppl\u00e9mentaires. Ici une pancarte \u00ab Warheit : Konkret \u00bb (la v\u00e9rit\u00e9 : le concret), l\u00e0 une esquisse de po\u00e8me \u00ab Le temps est un fleuve \u2026 le temps est un tigre\u2026 le temps est un feu \u00bb ponctu\u00e9 syst\u00e9matiquement par Mais je suis le fleuve, je suis le tigre, je suis le feu \u00bb. Le tout est \u00e0 peine accentu\u00e9. Plus loin, quelques carr\u00e9s de lumi\u00e8res organisent un ensemble de tableaux abstraits.  Tout aussi abstrait que le visage de Verdonck qui, dans cette fen\u00eatre cubiste qui lui donne une allure d\u2019autoportrait, se met \u00e0 tourner sur 380\u00b0, non par magie, mais simplement parce que ne faisant qu\u2019un avec sa machine, il finit par en int\u00e9grer le mode de fonctionnement.<br \/>\nCe petit travail et cette installation de Verdonck sont enti\u00e8rement li\u00e9s au geste artisanal, au geste minimal, au geste artistique qui est d\u00e9compos\u00e9, \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la visibilit\u00e9, tourn\u00e9 vers l\u2019excellence et la virtuosit\u00e9. Ce que partage avec son public Verdonck, c\u2019est non seulement un monde int\u00e9rieur, mais surtout une prise de risque pour des choses mineures, un banal que sa po\u00e9sie \u00e9l\u00e8ve au rang d\u2019\u00e9v\u00e9n\u00e9ments majeurs. Sorte d\u2019alpiniste qui fait de son petit monde d\u2019adresse un himalaya int\u00e9rieur. Le regardant, finalement, on mesure que Verdonck est en train de battre un record qui ne figurera dans aucun livre, sinon celui qu\u2019il \u00e9crit pour lui et qu\u2019il veut bien, de temps en temps, partager.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;&#8212;&#8212;- Notallwhowanderarelost, de Benjamin Verdonck Avignon 2015 Avec Notallwhowanderarelost, pr\u00e9sent\u00e9 Chapelle des P\u00e9nitents Blanc, Benjamin Verdonck joue une partition minimaliste o\u00f9 l\u2019\u00e9quilibre des choses, sans desseins ou finalit\u00e9s, est l\u2019unique enjeu. 45 minutes d\u2019un temps ralenti o\u00f9 la contemplation se substitue \u00e0 la compr\u00e9hension. Ce n\u2019est pas un hasard si le Kuntsfestivaldesarts de Bruxelles et le Steirischer Herbst de Graz en Autriche soutiennent et coproduisent Verdonck. 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