


{"id":995,"date":"2015-07-18T14:54:06","date_gmt":"2015-07-18T12:54:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=995"},"modified":"2015-07-18T14:54:06","modified_gmt":"2015-07-18T12:54:06","slug":"biais-du-statu-quo-retour-a","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/article\/biais-du-statu-quo-retour-a\/","title":{"rendered":"Biais du statu quo\u00a0: Retour \u00e0\u2026"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">&#8212;&#8211;<br \/>\n<center><i>Retour \u00e0 Berratham<\/i>, texte de Laurent Mauvignier,<br \/>\n<br \/>Chor\u00e9graphie et mise en sc\u00e8ne de Angelin Preljocaj<\/center><\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-993\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/arton374.jpg\" width=\"1440\" height=\"900\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-994\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/2015_retour.jpg\" alt=\"2015_retour.jpg\" align=\"center\" width=\"921\" height=\"613\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Preljocaj montre <em>Retour \u00e0 Berratham<\/em> \u00e0 la Cour d&rsquo;Honneur.<br \/>\n<br \/>Premi\u00e8re hier soir.<br \/>\n<br \/>Rien&#8230; Ennui\u2026 Ridicule\u2026 ou trois fois \u00ab\u00a0Putain\u00a0!\u00a0\u00bb.<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p>Cour d&rsquo;honneur, Palais du pape\u00a0: Il y a eu Castelucci, Marthaler, Ostermeier\u2026<br \/>\nJe les ai tous rat\u00e9. Et pour ma d\u00e9couverte du Cours d&rsquo;honneur, j&rsquo;ai Preljocaj. \u00c7a donne pas envie d&rsquo;y retourner.<br \/>\nUn mythe. Encore un. En tout cas, une tentative d&rsquo;un mythe. Une belle histoire. Une grande histoire. Une copie d&rsquo;une \u00e9pop\u00e9e antique dans une langue contemporaine, une trag\u00e9die de plus, classique, tellement vu, avec des mots autres. \u00ab\u00a0Putain\u00a0!\u00a0\u00bb<br \/>\n<quote>\u00ab\u00a0Un jeune homme revient \u00e0 Berratham. Il avait quitt\u00e9 cet endroit juste avant la guerre, il avait laiss\u00e9 Katja derri\u00e8re lui. Il n&rsquo;a qu&rsquo;une obsession : tenir sa promesse en la retrouvant. L\u00e0, il ne reconna\u00eet plus les lieux de son enfance, d\u00e9vast\u00e9s, ni les gens qui y vivent encore, livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames&#8230;\u00a0\u00bb (v. programme)<\/quote><br \/>\n S&rsquo;en suivent meurtres, coucheries, viols, tromperies, jalousies, enfants perdus, amours si vrais, orphelins\u2026 et c&rsquo;est tellement tragique que les com\u00e9diens ne peuvent pas s&#8217;emp\u00eacher de chantonner une m\u00e9lodie tragique en \u00e9tirant les voyelles et terminant les phrases gravement. Oh. Oh\u00a0! Oh, lalaaa\u00a0!!! Katjaaaaa\u00a0! Ai-je bien entendu que le m\u00e9chant s&rsquo;appelle Whisky parce qu&rsquo;il a l&rsquo;alcool mauvais\u00a0? Enfin, les mecs se battent et gueulent de toute fa\u00e7on. Les femmes y sont des Madeleines ou de Marie, enfin, des victimes, \u00e0 part si le texte que je n&rsquo;ai pas entendu parce qu&rsquo;il ne passait pas la rampe, disait autre chose. Non, non, ce n&rsquo;\u00e9tait pas du tout une question acoustique. Ce texte \u00e9tait tellement masqu\u00e9 par un jeu path\u00e9tique, de m\u00e9lodie pseudo-tragique, m\u00e9lodramatique, les bras dans l&rsquo;air\u2026<br \/>\nC&rsquo;\u00e9tait un tel effort pour arriver au sens des mots qu&rsquo;une voisine faisait signe de me taire avec mes feuilles de papier sur lesquels je notais quelques trucs. Confusion entre l&rsquo;acoustique et l&rsquo;\u00e9nonciation. Mon dieu, on est \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise. D&rsquo;autant que les quelques phrases qui me parviennent bavent d&rsquo;un bas moralisme\u00a0: \u00ab\u00a0vous regardez, nous regardons et personne ne baisse les yeux pendant qu&rsquo;elle est en train de s&rsquo;\u00e9battre et pleurer\u2026\u00a0\u00bb ai ai ai\u2026 donnez moi un fouet pour que je m&rsquo;auto-flagelle\u00a0! \u00ab\u00a0Taisez-vous\u00a0!\u00a0\u00bb cri\u00e9, gueul\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises\u2026 \u00ab\u00a0Putain\u00a0!\u00a0\u00bb (Mauvignier)<br \/>\nDe toute fa\u00e7on, le texte aurait pu \u00eatre le <em>Manifeste du parti communiste<\/em> que cette mise en sc\u00e8ne n&rsquo;aurait pas pos\u00e9 moins de probl\u00e8mes. Les ballerines, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il faut les nommer, les ballerines de seconde ordre sont l\u00e0 comme \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e le prol\u00e9tariat. C&rsquo;est la chair aux canons. C&rsquo;est le corps ali\u00e9n\u00e9 dans un ordre dominant. Qu&rsquo;il suive le mouvement exactement, parfaitement, parce qu&rsquo;on VOIT tous les d\u00e9fauts\u00a0! C&rsquo;est ces corps, la majorit\u00e9 des corps sur sc\u00e8ne qui servent d&rsquo;image, de glorifier une minorit\u00e9 absolue et dans les moments rares o\u00f9 ils tentent une lib\u00e9ration, ils sont vite remis \u00e0 leurs places. Des images qui sont souvent redondants avec le texte comme si on semble nous dire\u00a0: au cas o\u00f9 vous ne comprenez pas, regardez. La redondance du texte, avec son \u00e9nonciation, avec les corps dansants devant, parfois des duos doubl\u00e9s ou tripl\u00e9s, un copier-coller\u2026 Mais qu&rsquo;est-ce que \u00e7a raconte\u00a0!? Rien. Ou peut-\u00eatre l&rsquo;injonction de faire ses devoirs, le retour d&rsquo;un autoritarisme, disciplinaire, tout contre quoi l&rsquo;avant-garde du 20i\u00e8me si\u00e8cle s&rsquo;est r\u00e9volt\u00e9. Les femmes ont des fr\u00e9n\u00e9sies de m\u00e9nage et ne savent pas pourquoi. La mochet\u00e9 et la violence de ce monde d&rsquo;apr\u00e8s-guerre que Preljocaj et Mauvignier ont peut-\u00eatre voulu probl\u00e9matiser, nous est livr\u00e9 de telle sorte qu&rsquo;elle nous laisse aucune ouverture, possibilit\u00e9 de r\u00e9flexion, critique. Elle n&rsquo;est nullement cr\u00e9dible ! Elle est donn\u00e9e et accept\u00e9e, banalis\u00e9, in-cr\u00e9dible, et du coup sign\u00e9e comme le sang dans les films hollywoodiens. Tout est appauvri. Que le statu quo r\u00e8gne\u00a0! Statu quo ante bellum\u00a0? Il y a eu certes des guerres, mais il me semble de ne pas abuser de dire que l&rsquo;ambiance actuelle du monde ressemble plut\u00f4t \u00e0 une situation avant-guerre qu&rsquo;une post-guerre. C&rsquo;est seulement dans cette c\u00e9cit\u00e9 du monde qu&rsquo;on peut oser nous raconter une telle histoire. \u00c0 moins qu&rsquo;on pr\u00f4nerait un retour esth\u00e9tique \u00e0 l&rsquo;avant-guerre\u2026 ce qui ne reculerai aucunement, voire le contraire, les guerres \u00e0 venir\u2026  Et quand la narration avec son \u00e9nonciation mielleuse vient aux \u00e9bats sexuels, cela devient carr\u00e9ment g\u00eanant. Sinon, on a envie de rire. Oui, je dirais que ce serait risible, ridicule m\u00eame, si les collectivit\u00e9s territoriales ne d\u00e9penserait pas pr\u00e8s de 3 000 000 d&rsquo;euros par an pour ce CCN.<br \/>\n\u00ab\u00a0Putain\u00a0!\u00a0\u00bb (Mauvignier) Mais j&rsquo;ai le plaisir d&rsquo;\u00eatre pour une fois d&rsquo;accord avec le public qui, au noir, hue les 1h45 de trop\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8212;&#8211; Retour \u00e0 Berratham, texte de Laurent Mauvignier, Chor\u00e9graphie et mise en sc\u00e8ne de Angelin Preljocaj Preljocaj montre Retour \u00e0 Berratham \u00e0 la Cour d&rsquo;Honneur. Premi\u00e8re hier soir. Rien&#8230; Ennui\u2026 Ridicule\u2026 ou trois fois \u00ab\u00a0Putain\u00a0!\u00a0\u00bb. Cour d&rsquo;honneur, Palais du pape\u00a0: Il y a eu Castelucci, Marthaler, Ostermeier\u2026 Je les ai tous rat\u00e9. Et pour ma d\u00e9couverte du Cours d&rsquo;honneur, j&rsquo;ai Preljocaj. \u00c7a donne pas envie d&rsquo;y retourner. Un mythe. 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