


{"id":1578,"date":"2017-07-16T16:43:42","date_gmt":"2017-07-16T14:43:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.insense-scenes.net\/wordpress\/?p=1578"},"modified":"2017-07-16T16:43:42","modified_gmt":"2017-07-16T14:43:42","slug":"edito-juillet-2017","status":"publish","type":"edito","link":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/edito\/edito-juillet-2017\/","title":{"rendered":"Juillet 2017"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1579 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/2017-07-11-13.11.08-600x450.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"450\" \/><br \/>\n&nbsp;<br \/>\nAvignon toujours recommenc\u00e9. Et avec le festival, les hurlements des cigales et le pi\u00e9tinement des festivaliers (ou inversement), cette c\u00e9r\u00e9monie du spectacle qui rivalise avec la c\u00e9l\u00e9bration du <em>commun<\/em>. Au milieu, o\u00f9 trouver des espaces de conflit (de pens\u00e9e) ?<br \/>\nMarchant dans une m\u00eame ville, d&rsquo;un m\u00eame pas, dans une m\u00eame direction, nous sommes d&rsquo;un m\u00eame espace et d&rsquo;un m\u00eame temps : faudrait-il que fatalement nous partagions \u00e9galement de la vie ses r\u00e9signations et de l&rsquo;art ses r\u00e9ponses ? Serions-nous, irr\u00e9m\u00e9diablement, contemporains d&rsquo;une m\u00eame \u00e9poque, d&rsquo;un m\u00eame monde ? Si c&rsquo;est pour partager \u2014 ce geste si violent qui met en pi\u00e8ces, s\u00e9pare, tranche dans le vif des choses \u2013 que nous sommes l\u00e0, alors que le partage soit cette rupture au sein du temps, et cette violence op\u00e9r\u00e9e dans l&rsquo;ordre du r\u00e9el.<br \/>\nContemporain, le mot fran\u00e7ais ne dit rien : en allemand, il para\u00eet qu&rsquo;il se prononce <em>Zeitgen\u00f6ssisch<\/em> : \u00ab camarade du temps. \u00bb Puissions-nous \u00eatre au nom de ce nom, <em>insens\u00e9ment<\/em>\u00a0camarades de ce temps (sa br\u00fblure, sa laideur, ses outrages commises au temps) : ce serait le programme de l&rsquo;Insens\u00e9 pour les jours \u00e0 venir, ceux qui vont passer sur nous comme autant de liens \u00e0 trancher.<br \/>\nAu milieu des spectacles, chercher la br\u00fblure, non pour la trace qu&rsquo;elle laisserait, mais pour le mouvement de retrait qu&rsquo;imm\u00e9diatement elle suscite, et qui nous rend soudain \u00e0 notre corps, \u00e0 notre puissance. Exigeant tout, il est possible que nous sortions des spectacles plus d\u00e9pouill\u00e9s encore : mais c&rsquo;est pourquoi nous allons voir, et exiger davantage du th\u00e9\u00e2tre, s&rsquo;il en est encore.<br \/>\nCette phrase d&rsquo;Agamben, enfin, pour ne pas finir :<\/p>\n<blockquote><p>\n\u00ab le contemporain est celui qui re\u00e7oit en plein visage le faisceau de t\u00e9n\u00e8bres qui provient de son temps [\u2026] C\u2019est comme si cette invisible lumi\u00e8re qu\u2019est l\u2019obscurit\u00e9 du pr\u00e9sent projetait son ombre sur le pass\u00e9 tandis que celui-ci, frapp\u00e9 par ce faisceau d\u2019ombre, acqu\u00e9rait la capacit\u00e9 de r\u00e9pondre aux t\u00e9n\u00e8bres du moment \u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1580 aligncenter\" src=\"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/2017-07-11-13.11.05-600x450.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"450\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Avignon toujours recommenc\u00e9. Et avec le festival, les hurlements des cigales et le pi\u00e9tinement des festivaliers (ou inversement), cette c\u00e9r\u00e9monie du spectacle qui rivalise avec la c\u00e9l\u00e9bration du commun. Au milieu, o\u00f9 trouver des espaces de conflit (de pens\u00e9e) ? Marchant dans une m\u00eame ville, d&rsquo;un m\u00eame pas, dans une m\u00eame direction, nous sommes d&rsquo;un m\u00eame espace et d&rsquo;un m\u00eame temps : faudrait-il que fatalement nous partagions \u00e9galement de la vie ses r\u00e9signations et de l&rsquo;art ses r\u00e9ponses ?<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":1579,"menu_order":0,"template":"","class_list":["post-1578","edito","type-edito","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/edito\/1578","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/edito"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/types\/edito"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1579"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliechaumard.paris\/winsense\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1578"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}